Petit catéchisme électoral à l'usage du peuple [microforme]
Le droit nouveau issu de la Révolution française ne pouvait prendre, assurément, l'Eglise de Dieu par surprise, mais il a pris les théologiens au dépou vu. Et j'entends par là que les droits et prérogatives, non plus que les devoirs et responsabilités du peuple vis à-vis du régime gouvernemental, n'avaient pas été dûment exposés dans les traités de morale. On se contentait d'étudier, à la suite de saint Thomas, les devoirs des princes ainsi que les avantages et inconvénients des diverses formes de gouvernem : : Aujourd’hui encore, il nous manque une théologie vique complète et unifiée ; c’est à peine s: les p.us récents manuels contiennent une brève “nnexe sur la nature du suffrage électoral, la néressité di :ate consciencieux et les conséquences d'' : nauvais vote au point de vue restitution.
Cependant, les éléments de doctrine épars dans l'œuvre catholique ne manquent pas. Une littérature immense a été consacrée au sujet, depuis cent ans, dans chaque pays du monde et plus notamment en France. Des journanx, des brochures, des revues, des manifestes, des harangues parlementaires et des discours de congrès nous ont clairement enseigné qu'il existe un devoir civique et surtout un devoir électoral. Dans une sphère plus haute et lus vénérable, des Lettres et Mandements d'évêques, des Conciles provinciaux et jusqu’à des Encycliques romaines
Pourquoi cette étude?
ne
sont venus, dans les p'riodes de crise, révéler au peuple et à ses gouvernants leurs obligations de justice. Et certes, on peut trouver, dans ces documents de la pensée chrétienne, des données plus que suffisantes pour déterminer ce qui est obligatoire, licite ou défendt. en morale politique. Mais, je le répète, ce travail de condensation et de précision n'est pas accompli : et je crois bien que seules, les circonstances historiques l’ont empêché jusqu'à présent. Je n'en fournirai pas d'autre preuve que ce Catéchisme électoral publié par quinze évêques français, en 1891, et tout aussitôt retiré ‘8e la circulation, pour ne pas