Ceux qui sont au chœur doivent toujours s’y
‘ tenir dans le silence, avec modestie et recueillement,
se gardant bien de tout ce qui pourrait marquer de la légèreté ou quelque défaut de respect, comme il arriverait si on lisait des lettres, si l’on causait ensemble, si lon s’offrait du tabac l’un à l’autre (2), si l’on avait les yeux peu retenus et qu’on les tonrnât de tous côtés, si l’on se croisait les jambes, si l’on se tenait couché sur son siége, etc. Puisque le Concile de Trente veut que tous les Ecclésiastiques montrent une gravité religieuse dans toutes leurs actions, même sur les places publiques
(1) Il y a exception quand il s’agit d’un Prélat: celui qui lui donne la paix ne met point les mains sur ses épäules.
(2) Urbain VIII (Bull. Cum Ecclesia, 30 januar, 1641) a interdit tout usage du tabac dans les églises da diocèse de Séville; il l’a même défendu sous peine d’excommunication ipso facto aux Prêtres de ce diocèse lorsqu’ils célèbrent le saint Sacrifice. Deux Conciles tenus, l’un à Lima et l’autre à Mexico, et qui ont été tous deux approuvés à Rome, ont détendu très-sévèrement d’en prendre avant la Messe. Il faut avouer que ces sévères prohibitions n’ont pas été faites seulement à cause des inconvénients qu’offre en lui-mèrae l’usage du tabac, mais encore à raison de ce qu’avait d’odieux et de choquant une pratique qui était surtout celle des soldats on de gens trop peu honorables. Aujourd’hui ces raisons n’ont plus la même force, et les ordonnances en question ne font pas loi pour nous; néanmoins il est bon de se les rappeler pour régler sagement sa conduite sur ce point. On doit au moins sentir combien il serait inconvenant que le tabac devint un lien de politesse frivole et mondaine, dans un temps et un lieu où l’on parle à Dieu au nom de l’église, et où l’on doit éviter avec le plus grand soin tout ce qui peut distraire de ce grave et sérieux exercice, et présenter aux fidèles un sujet de mauvaise édification.
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et dans les rues, Vif nisi grave, moderatum, ac religione plenum pre se ferant, ils doivent comprendre combien ces recommandations leur sont plus applicables quand ils sont au chœur pour le service actuel et direct de la divine Majesté.
ARTICLE IN
Dispositions intérieures pour bien assister au Chœur.
13. Intention pure. I] faut apporter au chœur l’intention droite de faire cet acte de religion uniquement pour la gloire de Dieu, sans intérêt personnel, sans vaine complaisance. On ferait preuve d’être mû par ces indignes motifs, si l’on venait au chœur volontiers quand il y a quelque émolument, et qu’on s’en absentât facilement lorsqu'il n’y en a pas ; si l’on faisait bien son Office lorsqu'on est vu des hommes, et qu’on le fit d’une manière défectueuse lorsqu’on n’en est pas observé.
14. Prévoyance de ce qu’on doit faire. Elle est nécessaire pour prévenir les inadvertances qui donnent lieu à beaucoup de fautes. Avant donc d’aller au chœur, il faut prévoir à l’avance son Office, lire les instructions qui le concernent, ou se les remettre à l’esprit par un instant de recueillement sérieux, et même dans le chœur, lorsqu’on n’est pas occupé, lorsqu'on est assis, par exemple, se dire : Aprés ceci j'aurai à faire cela, et cela se fait de telle et telle manière. Par ce moyen, rien ne sera imprévu, et toutes chnses se feront bien.
15. Attention. Il faut avoir l'esprit sérieusement appliqué à ce qui se fait, et ne pas s’occuper de pensées étrangères, qui, même en les supposant bonnes de leur nature, en cette circonstance ne viennent pas de Dieu, mais d’un principe mauvais, puisqu’elles tendent à nous distraire du bien qui doit se faire actuellement. Ce qui vient bien en aide pour maintenir cette attention, c’est la présence de Dieu et le soin d’accompagner de l’esprit ce qui se dit ou ce qui se fait, en tâchant de comprendre le sens des paroles et de conformer les affections de son cœur aux sentiments qu’expriment les paroles, conformément au bel enseignement que nous donne saint Augustin dans sa glose sur le psaume 10: 3 orat psal-
PART. I, CHAP. Il, ART. IV.
mus, orate ; et sù gemit, gemile ; et sù timet, limete. Omnia enim, quæ hic conscripta sunt, speculum nostrum sunt. Et ce que saint Augustin nous dit qu’il faut faire en chantant les psaumes, nous devons le pratiquer dans tout ce que l’on récite ou ce que l’on chante, soit à la Messe, soit en tout autre Office. ù
16. Dévotion. Elle a pour effet de nous donner le goût intérieur des saints exercices de la religion : ils en manquent certainement, ceux qui s’en acquittent négligemment et avec ennui; c’est sur eux que tombe cet anathème de Dieu: Maledictus homo qui facit opus Dei fraudulenter.
ARTICLE IVe
De l’Ordre qu’il faut garder pour la sainte Communion.
17. Après que la paix est distribuée à tous ceux du Chœur, ceux qui doivent communier, laissant leur barrette, s’en vont au milieu, deux à deux, les mains jointes, se mettent à genoux, s’inclinent pendant le Confiteor, se frappent la poitrine, etc. Les Ministres sacrés, parati, qui assistent le Célébrant, se présentent les premiers à la communion, ainsi que les autres Prêtres, s’il y en a (1). Ceux-ci portent l’étole de la couleur du jour ; et s’ils sont Prélats, ils la portent sur la mozette ou la manteletta ; ensuite viennent les Acvlytes (2). En même temps que ceux-ci descendent des deux côtés de l'autel, les deux Clercs qui doivent communier immédiatement après eux montent aussitôt au milieu d’eux, ayant auparavant fait la génuflexion 2n plano ; et quand
(1) L’Auteur suppose que les Ministres sacrés sont Prêtres, puisqu’il ajoute: ainsi que les autres Prêtres; mais lors même qu’ils ne seraient pas revêtus de ce caractère, nous croyons qu’ils devraient encore recevoir la communion les premiers, ratione paramentorum (16 mars 1700).
(2) Sous cette dénomination, on comprend tous les Clercs qui servent à l’autel. On veut qu’ils reçoivent la communion avant ceux du Chœur. Un décret de la S. Congrégation des Rites, quoique donné pour des circonstances particulières, semble, en effet, prescrire cette pratique : In casu prædicto Ministrum Sucrificii, non ratione præeminentiæ, sed ministerii præferendum esse cæteris quamvis dignioribus (die 3 jul.1658). Les chapiers, toutefois, feraient exception, et recevraient la communion avant les Ministres non parati.
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ils sont descendus, ils font de même la génuflexion très posément, en ligne droite avec les deux qui suivent, ceux-ci toujours au milieu, et ceux qui suivent font de même (1). Tous reçoivent la communion sur le bord du marchepied. Après, chacun s’en retourne à sa place du chœur, où, tout en arrivant, il prend la position du reste du Clergé.
Les laïques, s’il y en a pour la communion, la recevront à genoux à la balustrade du chœur, ou sur le pavé au pied de l’autel ; et, en ce dernier cas, on descend sur le dernier degré pour la leur donner : ce que l’on fait en commençant toujours par le côté de l’épître.
18. On observe le même ordre lorsqu'on va recevoir les cierges bénits, les cendres, les rameaux, baiser les saintes reliques, et en autres circonstances semblables : alors chacun porte à la main sa barrette, et personne ne garde de calotte sur la tête ; on baise d’abord le cierge ou le rameau bénit, ensuite la main de celui qui le donne.
ARTICLE V
De la Sortie du Chœur
19. Personne ne doit sortir du chœur sans nécessité ; et, lorsqu'elle se rencontre, celui qui en sort se rend d’abord au milieu, où il fait la génuñflexion ; puis il salue
(1) I! est important de bien comprendre cette cérémonie, pour ne pas trop prolonger la communion du Clergé lorsqu'il est nombreux. Aussitôt donc que deux Clercs ont communié et qu’ils se lèvent pour descendre, les deux premiers arrivés au bas de l’autel, et qui doivent déjà avoir fait la génuflexion, montent au milieu d’eux et prennent leurs places tout de suite, tandis que les deux qui suivent s’approchent de l’autel et font la génuflexion en même temps que ceux qui descendent. Ainsi on fait la génuflexion quatre à quatre, en même temps que deux reçoivent la communion, ce qui fait que le Célébrant la
istribue sans interruption. L’Auteur ne dit pas à quel moment ceux qui se présentent à la communion se lèvent, puisqu’ils sont tous à genoux et inclinés pendant le Confiteor. Le texte semble indiquer qu’ils se lèvent deux à deux, au fur et à mesure que cela deviert nécessaire pour se présenter au pied de l’autel et y faire la génuflexion avec les deux qui en descendent après, avoir communié. Cependant, pour plus de facilité et d’uniformité, nous pensons que le Cérémomaire peut faire lever tout le monde en même temps. Il le faut même pour qu’il n’y ait pas d’interruption.
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