CINQUIÈME PAI1T1E
votre maîlre; il sera toujours prût à vous guider par ses avis ; il vous dira que le progrès est aussi ennemi de la
Sont bouchés avec du chaume. Par-dessus la terre on met 15 à 10 cent, de charbon pilé, puis un pavage ordinaire. — Du blé ainsi ensillé s'est trÈs-bien conservé sept années, c'est-à-dire a permis d'acheter pendant l'abondance des groins et de revendre pendant la disette. — Un point essentiel, et sur lequel on ne saurait trop insister, est une fermeture hermétique, c'est-à-dire qui ne permette pas même à l'air de pénétrer dans le silo. En effet, le blé s peine ensillé fermente ; il se forme de l'acide carbonique, et cet acide ayant eu besoin, pour se produire, de l'oxygène de l'air, L'azote se trouve plus prédominant dans ce mélange d'acide carbonique et d'air privé d'une partie de son oij-g^ne. Dans cet air le blé ne peut plus continuer à se décomposer; mais s'il en venait du nouveau du dehors toute la masse fermenterait peu à peu.
Oa se sert pour tout silo, en Espagne, de grands vases en terre vernissée; on fait déjà des vases de ce genre (quoiqu'ils soient moins volumineux) dans quelques départements français, notamment dans l'Allier, le Puy-de-Dôme, la Haute-Vienne. C'est là le point de départ d'un excellent mode d'ensillage. Supposons que l'on mette dans le fond de tels vases de la chaui recouverte de planches, puis que l'on remplisse de blé et qu'on ferme avec soiit, on aura nn excellent silo. Si de plus on pratique au-dessus des planches qui supportent le blé et recouvrent la chaux une ouverture qu'on puisse ouvrir et fermer tour à tour (avec une forte bonde), n'est-il pas évident que l'on pourrait au besoin tirer le blé, par cette ouverture, comme on tire le vin d'un fût avec un robinet ï Enfin, à mesure qu'on en tirerait par le bas on pourrait en remettre par le haut, et l'on aurait un silo perpétuel. Au Heu de ces vases, on fabrique depuis peu à Paris des silos en tôle, d'un prix modéré, et qui peuvent contenir jusqu'à plusieurs centaines d'hectolitres de blé. Ces silos portatifs, une foie établis dans un sol convenablement choisi et rempli de blé préalablement desséché, atteindront le but recherché, car étant hermétiquement fermés, on ne saurait plus douter do leur imperméabilité : or, sans humidité et sans air, le blé ne peut pas s'altérer. Des expériences faites dans les environs de Paris, sur une grande échelle, ont confirmé les prévisions de la théorie.