DEUXIÈME PARTIE
ment fertiles renferment tous les principes nécessaires aux plantes. Mais celles-ci n'en ont pas un égal besoin 1 ; et c'est ce qui fait que tous les sols ne conviennent pas également à toutes les plu/des. En effet, on conçoit que cellesci se plaisent et réussissent mieux dans les terres où elles trouvent en abondance les principes qui leur sont le plus essentiels 3 .
1 II serait bon de tracer sur les murs de la classe le tableau suivant, qui démontrera quelle différence il y a entre la quantité de substances Ikes qu'absorbent les plantes. 1,000* de cendre des plantes ci-dessous contiennent :
SUnSTAKCKS
liies.
rouge.
blanc.
luierne.
Ainsi, les 1,000" de cendre de ray-grasu contiennent 594 k de silice, elles 1,000* de cendre de luzerne n'en contiennent que 34 k . De même les premières n'ont que ÎOO^ de chaui, et il y eu a 508 dans les secondes. De tels tableau* doivent toujours rester sous les yeui des élèves.
* C'est de l'étude comparée des cendres et du sol que découle la théorie des amendements, c'est-à-dire la science qui apprend quels principes minéraux manquent au sol et doivent lui être
ÉTUDE DU SOL
49. Certaines plantes ne prenant dans le sol que de très-petites quantités de certaines substances », on est porté A se demander si elles ne pourraient pas s'en passer 1
Mais il n'y a aucune raison de le croire ; et pour nous servir d'une comparaison vulgaire, nous dirons que les quelques grammes de fil qui servent à coudre un habit sont aussi essentiels à sa confection que les quelques kilogrammes de drap qui sont employés pour ce vêtement.
51. Il faut doue bien se persuader qu'un sol qui serait complètement dépourvu d'une de ces substances ne donnerait que de très-mauvaises récoltes, et que s'il contenait beaucoup de toutes, excepté d'une seule, dont il renfermerait très-peu, il n'y aurait à. y. bien réussir que des plantes * ayant besoin des substances qui seraient abondantes dans ce sol.
52. Ce que nous venons de dire explique comment il y a des sols naturellement stériles et des sols naturellement fertiies. Ces derniers sont ceux qui contiennent en bonnes proportions toutes les subslances organiques et inorganiques nécessaires pour la vigoureuse végétation
donnés. On nomme engrais les substances qui rendent au sol, sous forme de débris végétaux ou animaux, ce que les plantes lui ont pris; et amen déments les substances minérales qu'on est obligé de lui donner parce qu'elles lui font défaut.
1 Faire remarquer dans le tableau ci-dessus que la luzerne, par exemple, ne contient que trois parties d'oxyde de fer sur 1,000k de cendre, alors qu'elle en contient 508 de chaux,
s Parle tableau précédent ou voit qu'une terre contenant peu de chaux pourrait donner une bonne récolte de ray-grass (puisque, cette plante n'a pas un grand besoin de chaux); mais, par uue raison inverse, cette même terre serait pour ainsi dire dans l'impossibilité de nourrir une récolte de trèfle, et à plus forte raison de luzerne, qui exigent l'une et l'autre beaucoup de cette même substance.