DEUXIÈME PARTIE i
40. Quand un sol contient un excès do l'une de ces substances , on lui en donne le nom : ainsi l'on dit qu'un sol est calcaire {ou marneux), argileux, sableux, etc. Si deux substances y dominent, on les fait figurer toutes deux dans le nom qu'on donne au sol. C'est ainsi que l'on dit : sol argile-sableux, sol argilo-cakaire, etc.
41. On donne aussi aux sols les qualifications de terres lourdes et de terres légères. Les dernières, qui sont celles où le sable domine, sont généralement plus faciles à cultiver ; on les nomme aussi vulgairement terres à orge, à maïs, à navets, parce que ces cultures, et en général celles des plantes fourragères, leur conviennent mieux. Les autres terres sont plus difficiles à cultiver, car étant une fois mouillées , elles sont comme pâteuses, et sèches elles sont dures. Ces terres lourdes sont propres à l'avoine, à la luzerne, au trèfle ; quand elles sont argileuses, elles conviennent mieux encore au blé ou aux fèves.
42. Faut-il labourer profondément ou superficiellement ? En général, labourer profondément est bon, parce que les racines des plantes vont plus facilement à la recherche de leur nourriture dans un sol ainsi défoncé. La terre que les labours profonds ramènent à l'air ne devient bonne qu'après avoir mûri, c'est-à-dire après avoir subi l'action des pluies et des gelées : c'est pourquoi les défoncements et les labours profonds doivent se faire en automne.
43. Parfois, en labourant profondément, on ramène à la surface de la terre qui contient des substances nuisibles aux plantes ; mais on peut éviter "cet inconvénient en se servant d'une charrue spéciale, dite h charrue à défoncements, » qui coupe le sous-sol sans le déplacer ; ce sous-sol peut alors mieux laisser passer l'air et les eaux de pluie ; il devient ainsi plus apte à être un jour ramené à la surface et à nourrir aussi les plantes.
ÉTUDE DU SOL
SECTION II
Alimentation des plante» par la terre arable
44. Nous avons dit (n° 3) que l'air et la terre sont les deux milieux dans lesquels vivent lus plantes. L'air, ainsi que nous l'avons vu, leur donne le carbone (n° 18); voyons ee que la terre leur fournit.
45. La terre rend aux plantes un double service : 1° elle les aide à se soutenir dans l'air eu donnant un point d'appui à leurs racines : 2" elle leur fournit la portion minérale de leur nourriture.
46. A cet effet, la terre contient d'autres principes que les calcaires, les sables et les argiles. Ces substances sont : la potasse, la soude, la magnésie, l'oxyde de fer, l'oxyde de manganèse, l'acide sulfurique, l'acide pbosphorique, le chlore, l'acide azotique, et probablement ' le brome, l'iode et le fluor.
47. Ainsi une plante, en brûlant, restitue a. l'air tous les principes qu'elle y a puisés, et, par sa cendre, peut rendre à la terre tout ce qu'elle lui a emprunté.
48. Les cendres contiennent donc la plus grande partie des principes que renferme le sol sur lequel on a cultivé les plantes d'où elles dérivent ; et les sols vrai-
1 Nous disons probablement, car bien qu'on ait constaté la présence de ces trois substances dans les plantes, on n'a pas encore prouvé qu'elles existent dans le sol. Cependant celui-ci doit renfermer le fluor, puisqu'on le trouve dans les os et surtout dans les dents des animaux.
Presque tous les sables et toutes les argiles sont eux-mêmes formés à'atumine eltls silice; les calcaires sont formés ùechaux. Ces trois dernières substances complètent la liste des principes fixes (c'est-à-dire non volatilisables) que les plantes peuvent trouver dans le sol.
-DigilLzefl 0/ Cooglî