‹ Petit cours de chimie agricole, à l'usage des écoles primairesChapitre 2 sur 116 · V] PRÉFACE · texte numérisé non relu

V] PRÉFACE

C'est trop scientifique I II est essentiel de discuter cette singulière critique.

On peut presque dire que la chimie vient de faire son entrée dans le domaine de l'agriculture; or, est-il possible qu'elle ne parle qu'à condition de laisser de côté les termes et définitions qui constituent son propre [langage? Non, sans doute ; autrement, autant vaudrait dire à ceux qui enseignent les mathématiques de ne parler aux enfants ni de fractions, ni de racines carrées, ni de proportions, etc.

Mais les connaissances élémentaires des sciences mathématiques s'enseignent depuis longtemps, et dès lors, rien dans ces locutions ne semble extraordinaire. La chimie, au contraire, ne fait partie essentielle de l'éducation publique que depuis peu de temps, et ses termes, loin d'être passés dans le langage général, comme ceux des mathématiques, ne sont guère familiers qu'aux hommes qui se sont livrés à quelques études spéciales.

Le petit cours de ciumie agricole que j'offre aux écoles primaires essaye de rompre cette barrière opposée aux progrès de l'agriculture, et quoique rien n'y soit dit d'étranger à la science, toutyestmis à la portée des jeunes intelligences. Pourquoi celles-ci seraient-elles plus rebelles à ces connaissances élémentaires qu'elles ne le sont aux connaissances géo-

PBÉFAUE.

graphiques, par exemple, dont le rapport avec les travaux de la terre ne leur est pas facile à saisir? Certes je ne tenterais pas avec l'âge mûr ce que je tente ici avec la jeunesse ; mais celle-ci est une terre où toute bonne semence doit réussir.

Quelque difficulté qu'il y ait à parler à des enfants une langue dont chaque mot est nouveau pour eux, ma tache aura été facile, en comparaison de celle qui incombe aux instituteurs. C'est à eux que revient la plus lourde part de l'obligation de faire goûter aux élèves la chimie appliquée à l'agriculture; aussi ai-je doublement apporté mes soins a les seconder dans l'œuvre nouvelle.

Dans ce but, le cours a été divisé en deux enseignements : le texte, qui est exclusivement destiné aux élèves, et les notes qui, étudiées par le maître, seront la source d'un enseignement oral qu'il donnera subsidiairement aux élèves, en le répartissant selon les aptitudes. Ce mode nouveau m'a paru satisfaire à la double nécessité d'exposer quelques données scientifiques et de ne pas surcharger la mémoire des enfants.

En Angleterre, où l'on publie beaucoup de livres élémentaires à l'usage de toutes les professions, la forme de catéchisme est très-usitée. Je n'ai pas cru devoir suivre cette voie, car un catéchisme n'est

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