TROISIÈME PARTIE
AMÉLIORATION DES SOLS
SECTION I re .
Effet «les récoltes sur les sols.
95. Nous avons dit que l'agriculture est l'art de tirer du sol le meilleur parti possible. Il suit de là qu'un bon fermier doit savoir r ce que [les plantes prennent à la terre; car si on ne rend pas a celle-ci l'équivalent de ce qu'on lui emprunte , elle finira par s'appauvrir, c'est-àdire ne sera plus susceptible de rendre de bonnes récoltes.
96. Les plantes sont comme les animaux : chacune d'elles a des aliments qu'elle préfère. Or, la terre qui ' pendant plusieurs années de suite serait cultivée au moyen d'une même plante finirait par ne plus contenir les substances dont celle-ci a besoin et se refuserait à la
97. Il importe donc de savoir quelles matières inorganiques sont plus spécialement nécessaires à telle ou à telle culture, et aussi quels sont les divers engrais ou amendements qui peuvent les fournir à la terre. Pour résoudre la première de ces questions, cherchons quelles substances inorganiques dominent dans les cendres des plantes les plus fréquemment cultivées. A cet effet, étudions le tableau suivant, qui nous offre la composition moyenne de 100 kilogrammes de diverses cendres.
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98. On voit par ce tableau que toutes les graines ont surtout besoin des alcalis (pofasse et soude), de magnésie et d'acide phosphorique. Or, cultiver successivement
AMÉLIORATION DES SOLS
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les plantes qui puisent ces alimenta dans le sol, c'est évidemment appauvrir celui-ci, d'autant plus que les substances que nous venons d'indiquer sont les moins abondantes, mime dans les sols les plus fertiles. (Voyez, n" 52, le tableau de la note.)
99. Il n'en est pas de même des pailles. Toutes, et en premier lieu la paille de blé, ont surtout besoin de silice. Or, nous avons vu que celle-ci fait rarement défaut dans les terres arables, si bien que, lorsqu'il s'est agi de savoir par quelles expériences on peut constater la présence de certaines suhslances dans le sol, nous avons jugé superflu de nous occuper de la silice.
100. Cette substance n'abonde pas seulement dans les pailles, auxquelles elle donne là force nécessaire pour se tenir droites et supporter les épis; on la trouve aussi dans la cosse de toutes les graines et surtout dans celle de l'orge. Là encore la silice, sert à donner à l'enveloppe extérieure la force dont elle a besoin pour proléger la graine, cette partie si essentielle de la plante.
101. I.e foin, qui ne figure pas au tibleau ci-dessus, est, de toutes les récoltes, celle qui emprunte au sol le plus de ma|ières minérales ou inorganiques. Mille kilogrammes de loin n'.NfVniicnl. rie t'-'< ;'i MHi kilogriiminr-H rte, ces matières. 11 serait donc la culture la plus épuisante de toutes si le fermier le vendait entièrement; une bonne pratique conseille ou de le faire manger aux bestiaux et de le rendre à la terre sous forme d'engrais, ou de restituer à celle-ci', par un moyen quelconque, les substances que le foin lui à empruntées.
102. La terre, en effet, est comme la bourse du cultivateur : s'il lui prend toujours, sous forme de récolte, les substances qu'elle donne aux plantes et s'il ne lui en rend jamais, elle finira par se vider, c'est-à-dire par devenir stérile. U faut donc rendre à la terre, pour la maintenir fertile, des substances convenables, en quantités convenables et aux époques convenables.