CINQUIÈME PARTIE
SOINS A DONNER AU BÉTAIL. - INDUSTRIE AGRICOLES . CONSERVATION DES BLÉS.
SECTION I"
Soin* ii donner on nctall.
312. La prospérité d'un troupeau dépend du trois causes principales : la disposition de l'étable, la nourriture, la propreté des animaux. Nous étudierons successivement ces trois conditions.
313. 11 y a a peine cinquante ans que l'on a commencé à apporter quelques soins particuliers aux Stables; mais c'est Mathieu de Dombasle surtout qui a propagé en France les excellentes méthodes usitées en Belgique, méthodes qui ont pour résultat de diminuer la quantité de fourrages à donner au bétail, en mOme temps que d'augmenter la quantité de fumier que l'on en obtient.
314. Les traités d'agriculture donnent la description des étables améliorées : ce n'est pas ici le lieu d'en parler. 11 suffit de dire qu'on reconnaît une étuble mal tenue 1° à ce que les animaux n'ont pas de crèche pour recevoir leur nourriture, foulent celle-ci à leurs pieds, la gaspillent et la détériorent ; 2" a ce que les purins n'étant pas absorbés, ou n'ayant pas d'écoulement, les
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animaux séjournent dans leurs excréments et en conservent les traces.
315. L'espace, la propreté sont ce qu'il faut rechercher pour le bétail. Si la déperdition de la nourriture et du fumier est A éviter, l'air est aussi un des éléments de la bonne santé des animaux ; ceux qui en manquent souffrent ainsi que les fleurs souffrent faute d'air et de soleil. Si Vécurïe ou l'étable ne sont pas spacieuses, hâtez-Yous d'y remédier en pratiquant dans la toiture une espèce de cheminée composée de quatre planches et donnant un vide d'environ 25 centimètres de côté. La ventilation qui s'établit par celte cheminée peu dispendieuse assainit les étables et maintient la santé des animaux.
316. La Vache laitière étant, dans le gros bétail, la plus intéressante béte de toute l'étable, son alimentation est aussi la plus importante de toutes pour un fermier. Nous allons y consacrer quelques moments.
317. Les fourrages secs forment presque toute la nourriture d'hiver dans les fermes mal organisées, ot c'est un tort, car la paille donnée pure aux vaches laitières les fait dépérir Il faut, pour bien faire, entremêler le sec et le vert.
318. On donne, scion les divers pays, quatre, cinq ou même six repas. L'essentiel est de ne distribuer le fourrage qu'à des heures fixes, et de laisser du repos au bétail après chaque repas. En général il faut par chaque jour d'hiver, à une vache moyenne, 3 à 4 kilogrammes de foin de trèfle, 1 litre d'orge moulue, 18 a 20 kilog.
1 II est bon de constater ici que les pailles ne sont pas toutes également nutritives. Voici l'ordre de leur valeur : froment, avoine, orge, seigle. Le maître se souviendra de ce que nous avons dit de la bonne qualité des fanes de pommes de terre, de fèves et de pois.
de betteraves, pommes de terre, navets ou carottes ', et de la paille à discrétion. Ces aliments doivent être répartis entre les quatre, cinq ou six repas; on peut y «jouter, surtout pour les vaches laiiïères, une espèce de soupe faite avec de l'eau tiède, des i'euilles de chou, de la farine d'orge ou des débris de brasserie.
319. L'hiver il faut s'assurer que les vaches boivent l'eau qu'on leur donne, car si elle est trop froide le bétail se refuse à boire. On doit l'y engager en faisant tiédir l'eau, ou en y mêlant un peu de son 2 .
320. On ne doit passer que graduellement de la nourriture d'hiver à celle d'été, car le fournie vert donné trop abondamment peut causer de graves accidents s. 11
' Toutes ces racines peuvent être données hachées et crues, -urtout atn \:<r.ht> hitii-res; mnh mieux vaut qu'ellus sn\<:n\ cuites pour les bêles à l'engrais. Il est évident que, dans l'un comme dans l'antre cas, il est essentiel d'avoir des crèches, et de ne pas laisser les bestiaux répandre autour d'eux la meilleure partie de cette nourriture. Les pommes de terre crues données en trop grande quantité occasionnent dus. indigestions. Les belteraws sont plus faciles à digérer, niais fllos vci;k lient. Quand on peu! donner diverses racines au bélail, il est bon de les mélanger.
* 11 faut abreuver le bélail au moins une heure après un de ses repas. Rien n'est plus mauvais que de lui présenter à boire sitôt après qu'il a mangé.
3 L'un des plus graves de ces accidents est le (ronflement ou la météorisation. Cet accident se combat à l'aide de l'alcali volatil; à cet effet, on en fait avaler à la bf te malade depuis vingt gouttes (pour un mouton), jusqu'il dans cuiSleri'-es (piiiir une vadit) ; dans, l'un comme dans l'autre cas, on mélange avec huit fois plus d'eau. On promène l'animai et on le bouchonne. Si au bout d'une demiheure il n'a pas désenflé, on recommence. Un flacon d'alcali volatil est une chose essentielle dans une ferme, car en outre de ce qu'il sert à combattre la météorisation, il est utilement employé contre toutes les piqûres d'insectes venimeux, et mêlé à l'eau dans la proportion d'une cuillerée pour un verre, il dissipe l'ivress;.
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en résulte que la méthode qui consiste à mettre les bestiaux libres de paître dans de gras pâturages ne saurait être approuvée. Eu général il faudrait que le pâturage ne servît qu'à faire prendre l'air au bétail, auquel on ne demande pas du lait abondant et de bonne qualité. Sa santé y gagne, puisqu'il continue à être rationné dans sa nourriture, et le fumier de la ferme s'en augmente considérablement.
321. Quand les hestiauv paissent sur les prairies, ou dans les champs dépouillés de leurs récoltes, ils durcissent la terre et la pétrissent par leur poids considérable, ne plus, quand cette terre est humide et forte, leurs pieds y creusent une infinité de petits marais. Or, qui ne sait que les plantes que produisent les sols marécageux sont généralement tout autres que celles qui croissent dans une terre ni trop sèche ni trop humide, et ne sont guère désirables pour le bétail non plus que pour le fermier?
322. Quand est venue l'époque des fourrages verts, il faut les donner avec autant d'exactitude que les fourrages secs. Beaucoup de cultivateurs croient qu'il est dangereux de donner an bétail du vert mouillé. C'est une erreur ; cependant il faut éviter de le laisser séjourner dans les étables, car il est dans ce cas plus facile à fermenter et à prendre un mauvais goût