‹ Petit cours de chimie agricole, à l'usage des écoles primairesChapitre 87 sur 116 · L'alimentation du bétail a des buts divers ; mais · texte numérisé non relu

L'alimentation du bétail a des buts divers ; mais

1 Dans quelques pays on donne an bétai! des fourrages ferai entés; il y a des raisons en faveur de cette pratique, entre autres celle-ci, que la fermentation désagrège les parties coriaces des végétaux et les rend plus assimilables. Il y a contre, que U même fermentation détruit une partie du principe carboné, et peut rendre le fourrage moins propre à l'alimentation. En résumé, l'emploi des fourrages fermentés ne semble utile que quand il s'agit de ne pas perdre des produits avariés.

en géndral elle tend à l'engraissement, et le problème posé au cultivateur est celui-ci : Avoir le plus possible de chair de bœuf, de mouton, etc., avec une quantité donnée d'avoine, de foin, de betteraves, etc. Or, on peut dire que pour obtenir ce résultat il faut tenir son bétail dans un lieu suffisamment chaud et bien abrité, lui assurer un air salutaire, lui donner peu de lumière, et le tracasser aussi peu que possible

324. Veut-on, au lieu de la chair, développer surtout la graisse, il faut tenir aussi le bétail chaudement et le tracasser peu ; de plus, on doit lui donner des aliments qui excitent cette tendance; tels sont : les tourteaux oléagineux, l'avoine, le maïs, les décoctions de graine de lin, etc., et des navets en abondance *.

1 Quoique ceci ne rentre pas précisément dans les attributions d'un cours do l'iiimio agricole, nous ne pouvons nous empiklier d'appeler toute l'attention du maître sur ce point, que la douceur envers les animaui est une des causes de leur bonne santé. Comparant l'homme aux animaux, nous demandons quel est celui qui fatigué sans cesse de corps et d'esprit engraissera? Les bestiaux sont-Ils, aux veux de la nature, soumis à une autre règle ? « En « Auvergne, a dit un agronome (M. Grogmer), les bœufs attelés o trouvent une excitation au travail, non dans l'aiguillon, maïs o dans la parole et le chant de leur conducteur. Transportés dans « le Limousin pour y être engraissés, c'est encore le chant du « bouvier qui les invite à manger. Le bouvier cesse-t-il de chan- « ter, le bœuf cesse aussi de manger, u On objecterait en vain qu'il y a des animaux qu'on ne peut réduire que par les coups: en général, l'animal traité doucement est doux.

* La nature de l'animal est un point à consulter aussi. L'animal né dans un pays montagneux, aux pâturages étendus et balayés sans^ cesse par le vent, pourrait inaigrir si on le confinait dans une

ciimatation qu'on ne peut tout à coup changer impunément. La nature des aliments n'est pas non plus indifférente ; ainsi, tandis que pour engraisser, la vache et le bœuf veulent une nourriture

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325. Enfin, le fermier tend-il à obtenir beaucoup d'engrais, la marche est (oui inverse ; il faut alors mettre le bétail dans un lieu frais, peu abrité, et lui faire prendre beaucoup d'exercice.

326. On a depuis quelque temps pris l'habitude de ne donner au bétail ses aliments que broyés, coupés ou cuits. L'art médical confirme cette pratique, et apprend que la nourriture est ainsi plus complètement digérée et profite plus. Enfin, la variété dans celle-ci rend l'animal susceptible d'acquérir un plus grand poids

327. Indépendamment de tout ce que l'on vient d'indiquer comme nécessaire pour rendre la nourriture profitable au bétail, il faut encore se préoccuper de la propreté, c'est-à-dire l'étriller et le brosser, au lieu de le laisser couvert de cette crotte qui, habituellement, recouvre en écailles dures et sales les membres du bétail K

douce et fraîche, le cochon veut des aliments aigres. Une curieuse remarque a été faite à ce sujet, c'est que les peuples qui se nourrissent presque exclusivement de lait ne l'emploient que lorsqu'il est légèrement acide.

1 Des expériences faites aux États-Unis (à Lebanoo), sur 500,000 porcs à l'engrais, ont démontré que 3 kil. de maïs broyés équivalent à 4 de non broyé, et que 3 kil. de mais cuit équivalent à 4 de non cuit. Cependant aux approches du moment où l'animal doit être envoyé à la boucherie, on lui donne une nourriture sèche et non broyée, surtout quand 11 s'agit d'animaus que l'on sale. Cela rend la partie grasse plus ferme, elle prend mieux et retient mieux le sel, enfin elle diminue moins à la salaison et à la cuisson.

a Nous avons vu que l'homme rend par la transpiration une partie de ses aliments. A cet effet, sa peau n'a pas moins de sept millions de petits pores ou ouvertures que le microscope seul peut nous faire voir, et par lesquels sort la sueur. Les animaux, non plus que l'homme, ne sauraient se bien porter si ces pores venant à être bouchés par la saleté, la transpiration était retenue dans le corps et forcée de prendre un autre cours.

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328. Il faut, en finissant ce que nous avions A dire sur Jes soins à donner au bétail, répéter ce que nous avons dit en commençant cette partie, que les conditions essentielles pour assurer sa prospérité sont : la disposition de l'étable, la nourriture et la propreté des animaux.

SECTION il.

329. La fabrication du pain, du vin, du cidre et de la bière, qui sont souvent exécutés par les cultivateurs, se rattachent toutes à ce qu'on nomme la fermentation ; il est donc utile qu'on se fasse une idée de ce phénomène.

330. Certains corps ont la propriété d'exciter, en se décomposant, la décomposition d'autres corps avec lesquels ils se trouvent môlés. On nomme fermentation l'ensemble des changements que produit cette double décomposition. C'est ce qui se passe dans le moût de raisin qu'on laisse au contact de l'air, dans le cidre sortant du pressoir, dans la pute qne l'on fait lever, dans la bière enfin.

331. La fermentation n'est pas toujours la même quant à ses causes et quant a ses résultats. Ainsi l'air seul peut faire fermenter le moût de raisin, et il en résulte de l'eau-de-vie (alcool). Le moût de bière, au contraire, et la pâte de froment ne fermentent, c'est-à-dire ne deviennent ni bière ni pain, que sj < n y ajoute un peu de levure. L'alcool produit par la fermenlalion du moût de raisin peut à son tour fermenter et se transformer en vinaigre (acide acétique), etc.

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