DE LA QUANTITÉ DES SYLLABES
Le vers français diffère essentiellement de la prose par le nombre limité et régulier des syllabes qui le composent, et parla consonnance finale qui forme la rime.
Toutes les syllabes comptent dans le vers, à l'exception de celles qui se terminent par un e muet , ou qui sont formées d'un e muet seul , quand cet e est immédiatement suivi d'une voyelle ou d'un h non aspiré.
Les trois dernières lettres eut de l'imparfait et du conditionnel des verbes ne comptent pas comme une syllabe : ainsi, pouvaient, tiendraient, ne forment que deux syllabes. De plus , le subjonctif des deux auxiliaires, aient, soient, ne compte que pour une syllabe. Hormis ces exceptions , les lettres ent forment toujours une syllabe dans tous les temps des verbes.
L'e muet qui se trouve à la fin d'un mot, et qui n'est pas immédiatement suivi d'une voyelle ou d'un h aspiré, est toujours compté pour une syllabe.
Quand deux voyelles se suivent dans le corps d'un
2 PHECIS DES RÈGLES
mot, comme ia, iony ter, etc., la règle générale est que chacune de ces voyelles compte pour une syllabe. Les exceptions sont cependant fort nombreuses; mais nous n'avons pas à nous en occuper pour le moment. On ne risquera pas de tomber dans Terreur, si Ton veut bien se rappeler que, dans toute la série des rimes, les mots au milieu desquels deux voyelles se rencontrent devront nécessairement compter chacune de ces voyelles pour une syllabe, sauf le cas où nous indiquerons, par un chiffre placé à côté du mot, le nombre total des syllabes qui le composent; ce que nous ferons toutes les fois que deux voyelles devront être réunies en une seule syllabe, ou que la quantité du mot sera incertaine.
La même observation s'applique aux dipbthongues suivies d'une voyelle, oua, oué , oui, etc.(; à moins que nous ne l'indiquions autrement, la diphthongue et Ja voyelle devront compter chacune pour une syllabe. Nous aurons soin également de ne laisser aucun doute sur la quantité de certains mots qui contractent deux voyelles en une seule dans la prononciation , comme Saône, août,, paon, etc.