GARANTIR, PRÉSERVER, SAUTER
Garantir une chose, c'est la protéger contre l'injure, répondre de sa sûreté ; la préserver, c'est pourvoir à sa conserration, parer d'avance aux accidents; sauver, c'est déli- Trer d'un mal, faire échapper à un malheur. Elle (cett* peau) f aranttrait des froids les plus cuisants (LaFohtaikb). Je «ouf garantirai du mal, La sobriété^ la tempérance présenroit de beaucoup de maladies (Acad.). Un Juif m'e
il± GARD — GASP
préservé du glaiw de$ Pertans (Bàcirb). Mwa voit sa perU <uswri$; ses meilUurs régiments soni défaits : te nuit sauve les restes de son armée (Bossubt). Il a savvé son pays des désordres de la guerre (FLicanv).
B71S« CAEDBE, BSTEHIR.
Garder, c'est ne vouloir pas donner; retenir, ne vouloir pas rendre. Je vetix garder cela^ à catae de la personne qu% me Va donné (Acàd.]- Cinna, par vos conseils^ je retien» drai Vempire (Corneille). Voir 829.
«76. CARDIBN, GAEDB.
Le gardien est simplement tenu de conserver la chose et peut même veiller sur elle librement, volontairement, par les moyens qu'il juge convenables; le garde a, de plus, certains devoirs à remplir sous les ordres d'un supérieur. Le gardien surveille en effet, et surveille de près; le métier du garde , qu'il le fasse ou non en conscience , est de surveiller. Aujourd'hui surtout, le gardien est sijnplement un serviteur, un homme de peine ; le garde est un fonctionnaire public. Le gardien d'un monument pubUc On Va étor Ui gûrdien des meuUes. Garde des archives^ du trésor ; garde des sceaux (Acàd.). Le travail et la sobriété fuirent Us premiers gardiens de cette liberté (Voltaire). Ces verrous et ces grilles, ces miséraUes gardiens qui vous obtet'vent me mettent en fureur (Montesquieu). H n'y a que quatre ou cinq siècles qu'un roi de France (î^hilippe Auguste] prtt des gardes (Montesquieu). Ce roi de la côte de Guinée a/oait trois ou quatre gardes anec des piqiM de bois
PIONTEIQUIBU).
V77. CASPILUem, DISilPBm, DILATOB.
GaspiUer, c'est mal administrer son bien, le fdrt passer en fausses dépenses ; disttper, c'est semer son bien, son argent de tous côtés, en dépenses désordonnées; ddapiâer^
6£Nfi — OËNl 173
e*e>t détruire une belle fortune par le désordre et la prodigalité.
»78. GÉK£EAL, UNITERSBL.
Ce ({ui est général regarde le plus grand nombre et umS' fre des exceptions; ce qui est univertel s'applique à tous et n'admet point d'exception. Quand Vinfortune est générale dans un pays, Végoîsme est universel (Kadame m Stàel). Je crois pouvoir appuyer la raison sur la volonté générale (La Harpb). Déluge universel (Agad.). L'envie est comme le viee et comme la contagion universelle def cours (Massillon).
K79. GÉNIE, GOCT, SATOIR.
Le génie est un don de la nature, créateur, fécond, indépendant des préceptes; le goût est l'ouvrage de l'étude et du temps, il consiste dans le sentiment exquis des défauts et des beautés des œuvres d'art ; le savoir, stérile quand il est seul, est simplement la connaissance des règles de l'art et des procédés des artistes. Quand on joint à Vtusiduité du travail la facilité du génie (FLâcniBR). Il y a de grands capitaines qui, hors de là, sont de fort petits génies (Bourdaloub). Cest avoir le goût fort mauvais que de trouver de Vesprit à cela (Acad,). Le méchant goût du siècle en cela me fait peur (Moliârb). Il a acquis un grand savoir par ses études et ses méditations (Acad.). laissex dire lês sots; }e savoir a son prix (La Fontaine). Voir 176, 486, 580,728.
»80. GimE, TALENT, QUALITÉ.
Le talent est une aptitude particulière; le génie est l'assemblage des talents ou bien la perfection d'un talent particulier ; la qualité est l'un des traits du caractère. Tu m'es trop précieux, et je te prie de vouloir employer pour moi se génie admirable qui vient à bout de toutes choses (Molièrk). J'avoue que le ciel ne m'a pas donné tes talents tjîoLiÉmi). Les msrveilkux talents quHl a eu* pwr la m^
174 GENS — GËRE
dêcim (VOLiiRs). La première et la plu$ importante qua lité d*un$ femiM ut la douceur (J. I. Rousssàu). Nous phitons souvent plvu, dans le commeree de la vie, par nos défauts que par not ^alités (Là Rochifougauld). voir ne, 486, 579.
K81. GENS, PERSONITES.
fiM# désigna la foale ou la quantité indéfinie, la collée* tioQ dei personnes qui sont de ménie état, de même jirofe»aioo, ou qui ont des qualités communes; pemmnet est moins général, il désigne des individus différents» qui n'ont pas de rapports particuliers entre eux ou qui n*ont qu'un rapport de circonstance. U y a exception à la définition que nous avons donnée de gens, lorsqu'il est précédé d'un adjectif. Les gens de bien; les gens de la campagne f les gens de guerre^ d'affaires (Acàd.). Cest des gens de cùur U plus heau privilège (Boilbau). Des personnes des deu» texes, La plupart des personnes que fai vues (Agad.)* ^^ personnes d'uprit ont en elles les semences de to/vAes Us vérités (Là Brutèrb).
KSa. GENTILS, PaIÔBNS.
On appelait gentils tous ceux qui ne («oyaient pas à la religion chrétienne; païens^ ceux qui repoussaient le christianisme et adoraient de faux dieux. Les grands hommes si célèbres parmi les goitils (Bossubt). Certain païen €he$ lui gardait un dieu de bois (Là FoErrÀiKs).
M5. GÉRER, RÉGIR, DIRIGER, ADMIKUTRBR, CONDUIRE, GOITFBRNER.
On gère une affaire; on régit des biens; diriger marqae une certaine distribution, un certain ordre que l'on est chargé de maintenir; administrer se dit d'objets d'iuw haute importance, comme les ihunces ou la justice d'un «tat ; conduire désigne de la sagesse et de l'habUeté dane
GIBE — GLOR 175-
le maniement des affaires ; gouverner marque une grande* supériorité de place, et se dit surtout en parlant des chose» politiques. Il a géré longtemps les affaires dTun tel (Acad.). Le peuple, qui a assex de eapaeité pour se faire rendre compte de la gestion des autres^ n*est pas propre à gérer par Iiit4iiéme (MORTBSQUiiu). Régir une succession par awlorité de justice. Diriger des travaux^ «n thédtre (ÂCAn.)* Diriger les affaires (Kassilloh). Les finances bien administrées par Coïberi (Yoltairi.)* TeuUl jamais un homme phu sage 4t plusprévogant, qui condui^t une guerre avec plus d^ordre et de jugement (FLiCHiBR) 7 Cependant les Cretois, n'ayant plus de roi pour les gouTemer... CFénelon). Voir 252.
tt84. 6IBBT, POTENCB.
Gibet est plus Tague que potence : il se dit de la potenoe où l'on étranglait les coupiJ>les, des fourohea patiiulairea où on les exposait, et même de la croix du Christ ; potence n'a que le premier de ces trois sens.
tt8». GLOIRE, BONHEUR.
La gloire est plus éclatante, elle naît d'entreprises diffi* elles et TOlontaires; Vhonneur consiste simplement dans l'accomplissement de tous les devoirs. Porter bien loin la gloire de son nom (Acad.). Savex-vous pour la gloire oublier le repos (BoiLiAu)T La gloire de ses actions effau celle dé sa naissance (Fléchibr). Il g a l'honneur «itiîfatre» rhonneur des corps, l'honneur des joueurs, etc. ; et tous cet honneurs sont peu d'aceord avec la vertu (Di Uyis). Voir 933.
VM. «LORIBUX, FIER, ATARTACiBCX, ORGUEILLEUX.
Le glorieux est plein de vanité ; le /ter a de l'arrogance, du dédain; V avantageux croit être quelque chose; l'orgueilleux étale la bonne opfaiion qu'il a de lui-même. H a
i76 GLOS — GlUC
du mérite, mait il e$% un peu glorieux (Acàd.). Ce fffetî çti'icn glorieux qui ne dit rien de tendre (Boiliao). Datif et pays, la noblesse est fière et oisive (Voltàirb). Va1fe> lofton et les vices avantageux sont Venseigne de la médiO" trité (Madame Rolland). U est insolent et orgueilleoi (AcAD.)- Orgueilleuse rivale, on faime, et iu miirm«fw (Racinb). Voir 850.
tt87. GLOSE « GOMMENTAIEB.
La glose est une interprétation à peu près littérale , uce «xplication courte et correcte du texte; le commentaire ttt une interprétation développée.
K88. GOURMAND, GOUfFRE, GOULU, GLOUTON.
Le gourmand aime à manger et à faire bonne chère; le goinfre mange à pleine bouche avec un appétit brutal ; le goulu mange avidement, ne fait que tordre et avaler; le glouton est plus vorace encore que le goulu^ il engloutit avidement et bruyamment les morceaux. En fait de louanges, la vanité dit comme cet enfant gourmand : Donnexm'en trop (Grouvblle). C'est un goinfre. Le canard est un oiseau tré«-goulu. Le loup est un animal glouton (Acad.).
»89. GOUTBRNEMKNT, RÉGIME, ADHINISTRATMMf.
Le gouvernement est la forme politique établie dans un Btat ; le régime est Tordre, la règle à laquelle soumet le gou« vemement; V administration est la direction des affaires sekm les principes du gouvernement, l/ngouvemementerl le centre des intérêts de la plupart des hommes (Madame m Stau). Le gouvernement de Venise était aristocratique. Ils mvaiwU sous un régime paternel (Agad.). Le roi lui confe l'ûdmaûstrAtiorkd'une desesplus grandes provinces {D^Àavn--
tSAU).
»90. GRACE, PATBUR.
La grdce est un bienfait accordé & celui qui n'y a poiiil
GRAC — GRAN 177
un droit rigoureux; la /laveur, un bienfait accordé à celui que Ton aime , que Ton distingue , que l'on préfère. Àjoutex cette grftce à tant d^autres hontes (Ràcinb). S'il vout accorde telle chose, ce sera une pure grlce. Combler qu^ qu'un de faTOurs (Acab.)- S'attacher à quelqu'un par Ut &7eur8 qu'on lui accorde (Lk BauriRB]. Voir 12, 170» 2M,