‹ Petit dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue françaiseChapitre 355 sur 520 · PARTICIPE ENTRE VEUX · texte numérisé non relu

PARTICIPE ENTRE VEUX

que. Le participe passé entre deux que est toujours invariable; exemple : La lettre que, j'ai présumé que vous recevriez est enfin arrivée. La raison en est que le premier que, mis pour lettre, est complément passif ou direct du dernier verbe recevriez, et non de fai présumé. En effet, je n'ai pas présumé la lettre; j'ai présumé ceci, savoir, que vous recevriez cette lettre.

50 PARTICIPE PASSÉ IlIVé- DIATEHENT SUIVI D'UN INFI- NITIF. Le pronom qui précède un participe passé suivi d'un infinitif est comi^ément passif (direct) de ce participe, ou bien du verbe à l'infinitif. Dans le premier cas, le participe s'accorde; exemple : Madame Dulac peint bien. Je L'ai VXIE peindre (c.nà^. y J'ai vumadaxse Dulac, elle a été vue Calsapt l'action de peindre, eUe peignait). Dans le second cas, si le pronom est complément de l'infinitif^ le participe reste Invariable ; exemple : Madame Durlac a fait faire son portrait, je L'ai vu peindre (c.»à-d„ J'ai vu>pelndre.m«dametDulac ; elle ne jkeigoalt pas, 4^ étmft peinte)»

PAR

On TOit , par ces exemples :

lo que le pronom est complément passif (régime direct) du participe passé, lorsque le verbe à IMnflnltir exprime une action faite par la personne ou la chose dont on parle; on peut alors , en mettant ce verbe à un autre temps, le remplacer par une proposition active :

Elle peignait» 2° Que le pronom est complément passif du verbe à rinflnitif, lorsque Paction que ce verbe exprime est supportée par la personne ou la chose dont le pronom rappelle ridée; dans ce cas, le verbe à rinfinitif, bien loin de pouvoir être mis à un autre temps, serait remplacé par une proposition passive : Elle était peinte.

Remarques. I. Le participe passé ne s'accorde point avec un pronom employé comme complément circonstanciel (régime indirect), quoique ce pronom ne soit pas non plus complément du verbe à rinfinitif : C'est une question que Je LEUR ai LAISSÉ démêler; c.-à-d^ Pai laissé à eux /« soin de démêler cette question.

VL. Le participe passé, suivi d'un Infinitif, est Invariable toutes les fois que le secs de la phrase , se refusant à ce que le participe ait pour complément passif ou direct le substantif dont le pronom que rappelle IMdée, ne lut en donne pas d*autre que l'expression vague ceci, déterminée par la proposition que l'on veut énoncer. Exemples : Cest une af* faire que y»at pensé devoir réiMsir (Je n»al point pensé l*afralr«; j»al pensé c^ir/, savoir, '

PAR

l'affaire devoir réussir). Le* paroles qu'// a dit être celles du roi lui-même ( II n'a pas dit les paroles; il a dit ceci, savoir, ces paroles être celles du roi).

Mous n'approuvons donc pas cet exemple de la grammaire de M. Bonlface : Les personnes Qu'on a CRUES avoir été g-riè' vement blessées, n'ont reçu que de légères contusions,- ni celuici de M. Bescher : Elle employait cette prière ql''«/& avait DITE être celle du malade. Elle n'avait pas cUt la prière ; elle avait dit ceci , savoir, que cette prière était celle du jnalade. On n'avait pas cru les personnes; on avait cni ceci» savoir , que ces personnes avaient été grièvement blessées. Nous dirions cependant , et nous écririons : Les personnes i^Ji^on avait CRUES blessées, parce <iue le participe n'étant point séparé de l'adjectif par un infinitif, fa phrase est dans l'analogie des exemples du paragraphe 2 cf-dessus, et que, du reste, l'on dirait très-bien i On a cru ces personnes grièvement blessées y tandis que la phrase : On a cru ces personnes avoir été grièvement blessées, n'est polot française.

6° PARTICIPE fait DETAKT

DM IMFIMITIP. Le particlpe/o//, employé comme auxiliaire devant un Infinitif, est toujours Invariable. Elle s'*est paît aimer, elle m*a paît haïr (Corneille). Louis XI fit taire ceux QV'il avait fait si bien parler (Voltaire). La raison en est que ie parUclpc fait et l'infinitif formeat une expressioa verbale

PAR

PAR

dont les parties sont Inséparables dans la pensée.

T PARTICIPE PASSE A lA SUITE DÏJQDEL ON SOUS-EN- TEWD UN INFINITIP OU UNE

PROPOSITION. Certains participes, tels que pu, dâ, voulu, permis, sont Invariables lorsque le pronom qui les précède est complément d'un Infinitif ou d'une proposition que l'on sous-entend. Exemples : Fous avez aimé votre prochain, si vous lui aMZ rendu tous tes services que vous avez pu ( sous - entendu lui rendre ) > QUE vous avez ht (sous-cntendo lui rendre). S*il avait demandé M. de Fontenelle pour examinateur, Je lui aurait /ait tous les vers <iv*il aurait ' VOULU (Voltaire) , c.-à-d. qu'il aurait voulu que Je fisse.

Remarque. Le participe pu est toujours Invariable, parce que toutes les fols qu'il est employé seul, Il y a ellipse d'un infinitif ou d'une proposition; mais les participes voulu, dû, permis, s'emploient souvent seuls, sans qu'il y ait ellipse; alors Ils prennent l'accord : Elle m^a payé les sommes Qn^elle m'a DUES. // veut fortement les choses QU'// a une fois voulues. Il faut toujours bien savoir ce que Ton veut exprimer.

8* PARTICIPE passé SUIT!

Page 1