‹ Petit dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue françaiseChapitre 465 sur 520 · II. Du participe présent on forme · texte numérisé non relu

II. Du participe présent on forme

TEM

I« Le pluriel du présent de l'indicatif, en changeant ant en ons, ez, ent. Exemples : Aimant, nous aimons, vous aimez, ils aiment; pourvoyant, nous pourvoyons , vous pourvoyez , ils pourvoient^ etc.

Nota. On remarquera qu'au lieu de ils pourvoyant , U faut écrire ils pourvoient^qnl est plus conforme à la prononciation.

En général, devant une terminaison par un e muet, la lettre y se change en /'. ( Voir comme exception le verbe payer).

A la 3» personne pluriel des verbes en evoir de la troisième conjugaison , ev se change en oiv par raison d'euphonie : Recevant, nous recevons, vous recevez , ils reçoivent. L'oreille serait choqua d'entendre les deux syllabes muettes consécutives, cevent.

2° Vimparfait de Vindicatif, en changeant ant en ais : aimant. J'aimais-, finissant. Je finissais ; pourvot/ant , Je pourvoyais; rendant. Je rendais.

3o Le présent du subjonctif , en changeant aiU en e muet :

Aimant , que j'aime ; finissant, que Je finisse.

Nota. D'après les deux observations précédentes, devant un tf muet l'y du participe présent prévoyant se change en t^ et ev de recevant en oiv : Que je prévoie, que tu prévoies, qu'il prévoie, que nous prévoyions, que vous prévoyiez , qu'ils pré* voient; que Je reçoive, que tu reçoives , qu'il reçoive , que nous recevions, que vous rece^ fiez, qu'ils reçoivent,

llï. Du participe passé, on forme tous les temps composés, en y joignant l'auxiliaire : J'ai

TE M

aimé, favaîsfiniy y aurai pourvu y que y aie rendu , je serais sorti, etc.

IV. Du présent de Vindicatif, on forme l'impératif en ôtant le pronom i J'aime^ aime y je finis, /inis ; Je recois, recois; Je rends y rends. * *

V. De la seconde personne du passé défini on forme, en ajoutant se, ^imparfait du subjonctif. Exemple: Tu aimas, que J'aimasse; tu finis, que je finisse ; tu pourvus, que je pourvusse; tu rendis, que je rendisse.

Remarque. A la troisième personne du singulier de l'imparfait du subjonctif, on supprime le j qui provient du passé défini, et l'on met un accent circonflexe sur la voyelle qui précède :

Qu'il aimdt, qu'il finit , qu'il reçât, qu'il rendit. On écrivait autrefois qu'il aimast , qu'il finist, etc.; comme on écrivait aussi testCy apostrCy aujourd'hui tête, apôtre. En général , l'accent circonflexe annonce la suppression d'un s après la voyelle.

Les règles de la formation des temps s'appliquent à la presque totalité des verbes français.

Une trentaine seulement s'en écartent dans quelques*uns de leurs temps dérivés; ce sont ces verbes qui sont véritablement irréguliers.

Emploi. des temps de IMndicalir et dn conditionnel.

I. Présent pour le passé et pour le FVTVR. Souvent, pour rendre l'expression plus vive, plus animée, pour frapper davantage l'esprit de ceux à qui l'on s'adresse, on met le présent à la place du passé ou du futur.

Exemples ;

TE M

Mais Iiltr il m'icoaps, rt, me serrant U

(miin :

Ah ! monsieur, m'«-t-il dit , je tou« ittsiids

:deautia.

(BOILEIO.)

au lieu de mais hier il m'aborda, et Je n/ous attendrai demain.

Son procès se juge demain (Académie), pour se jugera demain.

Turenne meurt, tout se confond, la fortune chancelle, la victoire se lasse , la paix j'éloigne, les bonnes intentions des alliés se ralentissent, le courage des troupes est abattu, par la douleur. Tout le camp demeure immobile; les blessés pensent à la perte qu'ils ont faite, et non aux blessures qu'ils ont reçues (Fléchler). Combien ce tableau est plus animé, plus frappant, que si l'orateur avait dit : Quand Turenne fut mort, tout se confondit , la fortune chancela, etc. !

Dans ces sortes de tableaux .

Il faut avoir soin de ne point rompre la liaison des tdces en sautant du présent au passé.

Fiéchier aurait péché contre les principes de l'art d'écrire et contre le bon goût , s'il avait dit : Turenne meurt, tout se confond , la fortune chancela, la paix s'éloigne. Mais 11 a pu mettre au passé les verbes des propositions qu'ils ont faite, qu'ils ont reçues, parce que ces propositions* complétives eosprlment des choses passées relativement à la manière d'être actuelle des blessés.

2. Présent ou imparfait après un passé. Voyons des exemples: // concluait que la sagesse vaut encore mieux que

ïEiM

^éloquence (Voltaire;. It re^on- XMUssalt que îa 'véritable gvanémr n't»% qae^ki mmdémtiMi, ta Justice y la modestie et l'humanité ( Fénelon ). 1« verbe de la proposition principale est à un temps passé ( concluait, reconnaissait)^ et celai de la proposition complémentaire est au présent ( vaut, est ).

Voici des exemples dans lesquels le second verbe est h l'iinparfalt : Jl/aut un corps d*Uercule pour vivre icii mais J* y suis libre, et j'ai trouvé que la liberté valait encore mieux que la santé ( Voltaire ). // assurait que c'était faute de vertu et de courage que les hommes avalent si souvent besoin de médecine ( Fénelon ). Jean- Jacques disait que rien ne rendait les mœurs plus aimables que l'étude de la botanique (Bernardin de Saint- Pierre).

Laquelle de ces deux formes, du présent ou de lUmparfalt, est préférable? Les grammairiens sont ici divisés en deux camps : les uns disent que lorsqu'il s'agit d'une qualité essentielle ou habituelle, d'une chose vraie dans tous les temps, il faut mettre le verbe au présent et non à IMmparfait; les autres, que toutes les fois que le verbe de la proposition principale est à un temps passé , il fout que celui de la proposition complémentaire soit à l'imparfait. Lemarea fort^ien démontré que l*une et l'autre de ces règle» absolues -sont contraires aux faits, et 11 conclut en disant, avec les melUeups grammairiens modernes, qu'après un passé on peut employer le présent ou l'Imparfait : le pré-

sent, si Pon veut €3(primer une maxime, une vérité tndép«Q* dante de toute circonstance , plutôt qu'un scntiaient ou qukin fait partieulier, eonMne dans la phrase de Féatk>a ? /Z TeconnaLssait que la ^ritable grandeur n'est que la modéra" tion, etc.; l'imparfait , si c'est un sentlmant phit^Vt i^u'une maxime , an fait partleuMer plutôt qu'une vérité. générale :

Il tasuralt que c'étult faut^ de vertu et de courage gue les hommes avalent m sau9ent be^ soin de médecine.

Remarque. Quelquefois les écrivains ont employé les deux temps dans la même phrase :

;Ayant fait réflexion, depuis quelques a-nnées, ^u*on ne gagnait rien à être bon homme.

Je me suis mis à être tm peu gai , parce qu'on m-^ dit que cela est bon à la sauté ( Voltaire).

3. — PASSÉ 'BBPiJvret'.rAftaÉ HVDéFiMi. Le pasaé «Mflni ne doit s'employer qfwe pour «ne époque t-owipléteœeot éeouiée, comme /««r, avant'hier, la semaine dernière y^ic. dLln&l VoD ne doit pas dire, Técri^is^eeUe semaine, Je^o^tigeaioemtoisci. Je le Afi* ectte annéeiperce que ces expressions . indiquent des période» de temps qui durent encore ; .11 to«t dire avec le passétiidéQnl: J'ai écrit cette semaine, J'ainwyagé ce mois ci. Je l\ti wi cette année.

On dira aussi , J'ai écrit ce matin, «t non J ^écrivis ù$ matin, parce ^vte i'éffoqon^ matin appartient à 4a iouraée , période de tea^ps^ui dnre encore au moment «ù 1'«q .parle.

Pour qu'on puisse fatce «sage

du passé déflûl, fl «nit quMI y ait, entre 4e moment où Pou parle etletanpsôù Fon rapporte kl nmotèred^étre, «u moins IMntervaUe d*tme nuit.

En poésie > cepeaëatit, on ne s'arrête pas à cette «insWération , par PimpossIMMté de faire entrer dans le fers le "passé Indéfini des serbes i|«il'GorameBeent par une ToyeHe , comme Pai aimé, H a apporté, etc.

Ainsi Tiiéramène, faisant fe récit de la «of t d»Bippolyte , dit avec le passé défini : Le flot qui rapporta reeal&éponvanté ; cependant il n'y a qu'un moment que la chose a eu Heu.

Le pa<né Indéfini s*emi^H)ie pour cîEprimer une manière d'être complètement écoulée ou non. Je l'ai tu hier. JeVt^i rvutujourWhui,

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