‹ Petit dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue françaiseChapitre 497 sur 520 · UNI · texte numérisé non relu

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même pour ni Vun ni Vautre; exemples : Ni l'un ni Vautre ne viendra, ni Vun ni Vautre ne viendront (Académie, au mot AVTRB ). Mous pensons que ce sujet doit suivre la même règle que les substantif^ on les pronoms formant les parties d'un sujet composé unies par la conjonction ni, et que l'on doit dire : Ni Vun ni l'autre ne sera nommé ambassadeur, sll ne s'agit que d'une seule nomination, et. Ni Vun ni Vautre ne seront nommés, s'il s'agit de plusieurs nominations ( Voir m).

L'un ou Vautre veut le verbe au singulier , parce que le sens est toujours dlstrlbntif : L'un ou Vautre achèvera mes peines ( Corneille ).

un DE, uir BBS, suivi du pronom qui, avec le singulier ou le pluriel (Voir le pronom qui).

PLUS D'UN (Voir PLUS ).

UNGLALE. adj. f. T. d'Antiquités. Il n'a point de masc. On écrit aussi onciale.

VKGUIS.s. m. On prononce ongu-ice. T. d'Analomie. Usité seulement dans cette locution, Osunguù, le plus petit des os de la face.

UNIR. T. a. on transit. Unir^ dans le sens propre, veut la préposition à ou la préposition avec : Unir wn moi à un autre jOtec un autre (Acad.).

Au figuré, il ne prend que la préposition à. T%tTmne wnissait la fTudênce à la hardiesse.

Cette jeune personne unit la modestie au mM>.— Son composé reu;ar veut la préposition à, lorsqu'il est emi)loyé au propre ; L« cou réunit la tête

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au corps. Mate, au flgaré, dans le sens de Posséder en même temps, réunir veut que les parties similaires du coroplëmeat ou régime direct soient Jointes par la conjonction et: Turenne réunissait la prudence et la hardiesse- Cettejeune personne réunit la modestie et le mérite.

UNISEXUEL, ELLE. ad). On prononce le s fortement , cornme dans sexe. T. de Botanique.

Fleurs qui n*ont qu'un seul sexe , des étamlnes ou des pls- Uls.

UMVBRSAUX a. m. pi. Voir UlVIVEKSEI.. S. m.

UNIVERSEL, ELLE, adjec Général , qui s'étend à tout ou partout. Un mal universel.

UNIVERSEL s. m. T. de Logique. Ce qu'il y a de commun dans les individus d'un même genre, d'une môme espèce. En ce sens son pluriel est universaux. On distinguait cinq universaux :

le genre t la différence, Ves^ pèce , le propre , et l'accident (Acad.).

URE. s. m. Espèce de taureau sauvage qu'on appelle autrement aurochs.

URINAL. s. m. Sorte de vase de nuit. L'Académie n'indique point le pi. Nous pensons qu'il faut dire des urinais.

US. s. m. pi. On prononce le s. T. de Droit. Les règles, la pratique ^n'on a coutume de suivre en quelques pajrs touchant certaines matières : Les us et coutumes,

USAGE, s. m. Contuine, pratique reçue, emploi d'une chose.

• II r- dit particulièrement de

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L'emploi qu'on fait des mots de la langue, et il offlre deux sens bien distincts. En général^ II se dit de l'emploi des mots, tel que la coutume I*a réglé. JL*U' sage est l'arbitre souverain des langues. Vusage a introduit ^ a consacré cette expression, cette tournure. Ce mot est d*Ksage. Ce mot n'est plus d*usage, n'est plus en usage, est maintenant hors d'usage. Cette eX' pression n'est pas du bon usage. Quelquefois il se dit de L'emploi particulier qu'on fait des mois , soit que , servi par son talent et consultant l'analogie, on trouve des moyens neufs de s'exprimer, soit qu'on tombe dans des fautes qu'entraîne le défaut de goAt et de raison. L'usage qu'il a faU de cette expression est heureux, Fous faites des mots un usage 'Vicieux, barbare (Acad.). »

Dans toutes les langues il y a un bon usage et un mauvais usage. Les grands écrivains et la bonne compagnie font le bon usage ; la multitude ignorante et grossière fait le mauvais.

Les décisions du bon usage ne sont pas toujours Irrévocables.

Souvent aussi 11 arrive qu'un mot, qu'un tour de phrase, après avoir fait fortune un certain temps, de même qu'une création élégante de la mode, cesse d'être du bon ton , sauf à reprendre faveur dans le siècle suivant, ou seulement quelques années après sa proscription.

Sous Louis XIV, à la phis belle époque de notre littératore, La Bruyère regrettait un grand nombre de mots que le boa usage « repris dcpuli > grAce

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sans doute à Pbeareux emploi qu*en ont fait les écrivains venus après La Bruyère.

La connaissance du bon et du mauvais usage est une des difficultés de la langue, et ce n*est pas la moins importante aux yeux de toute personne qui craint de passer pour ignora n* te , ou , qui pis est , de se rendre ridicule par Papparence d'un manque d'éducation. Nous avons donc pensé qu'il pourrait être utile de rassembler ici en un seul article quelques observations disséminées dans le courant de ce livre. Nous devons dire que , dans le cboix des locations que nous présentons A l'attention du lecteur, nous avons souvent pris pour guide rexcellent ouvrage de madame

la comtesse de B , intitqlé

Du savoir-vivre en France au I9« siècle.

Époux et épouse ne sont guère usités qu'en poésie , dans le style soutenu, et au barreau.

Dans la conversation on dit mari tX femme; mon mari, ma femme s son mari , sa femme.

SI» vous adressant à un bomme, vons loi parlez de sa femme, ne dites pas madame, tout court; ajoutez le nom : Madame Durand, Madame la comtesse du Vergy, De même, si vous parlez ir madame Durand de son mari, ne dites pas, par exemple : Comment se porte monsieur? dites. Comment se porte monsieur Durand?

Mais il est contraire au bon usage d'apostropher u'oe personne par son nom à la suite du 0iOt monsieur, ou madame, ou jnademoiselle. Ainsi, en parlant à M. Durand, dites simplement :

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Monsieur. Oui, monsieur. Dites de même : Ou/, madame. Non, mademoiselle-

Les gens du peuple seuls dt« sent manuelle pour mademoiselle.

Ne dites point qu'un homme, qu'une femme a de l'usage, car on pourrait vous demander l'usage de quoi? et sans doute vous voulez dire l'usage du monde. Ne dites pas non plus qu'une femme a du teint, de la peaui on a toujours l'un et l'autre : dites que son teint a de l'éclat, que sa peau est blanche , etc.

Louez la parure, la toilette d'une femme; ajoutez qu'elle est bien mise, mise de bon goût; mais quoique l'Académie admette ce mot comme substantif dans le sens de Manière de se mettre, ne dites pas la miit d'une personne.

Dites d'un gros homme qu*Il est gros, d'une femme grasse qu'elle est grasse, et non qu'il est puissant, qu'elle est puttsante. Le mot puissant est admis « il est vrai, dans ce sens par l'Académie ; mais il est populaire, et l'on fera bien de l'éviter.

Le mot cadeau, quoique à l'usagé de beaucoup de gens, n'est guère reçu dans la bonne compagnie. Il faut lui substituer celui de présent ou blende don, s'U est question de lagéûé.

rosité d'un prince ou de quelque chose de magnifique.

Dire que Ton va en société, pour dire que l'on va dans le monde, ne peut s'entendre que lorsque l'on est convenu d'employer cette tournure. Aller en soirée se dit, et l'Académie a

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adopté cette locatioii ; mais on ne dirait pas aller en matinée, quoique cette expression soit tout à fait dans Pânalogie de la première.

Ceux qui disent la bonne so^ ciitâ ne sont pas de la bonne compagnie.

Autrefois la bonne compagnie disait chevalier de l'ordre (cà-d. clieTaiier dn Saint-Esprit), et non cordon bleu. Aujourd'hui cordon bleu se dit flgnrément et par plaisanterie d'Une bonne cuisinière.

Pour dire qu'une oliose est à la mode , ne dites pas : C'est le bon genre s ni, qnand tous vou* lez blâmer une façon d'être:

Cela est de mauvais genre.

Genre , employé comme synonyme de rtuHle on de goût, est familier, et proscrit de la bonne compagnie.

Vous n'emploierez le mot orf/> qu'en parlant de l'antiquité ; 11 ne doit pas plus retentir dans un salon que celui de bacchanales, à moins que ee ne soit pour montrer l'aTcrsIon que TOUS inspirent les scènes que ces expressions peignent.

Les provinciaux dlseot quMl faut aller en cour, écrire en coUr/ qa'un honmie est bien en cour; cas locutions sont mauvaises. On doit dire : ^lier, écrire à la cour, et Cet homme est bien^avec la cour,

JHe confondez pas les mots conséquent et conséquente avec l'expression, de conséquence.

Un homme conséquent est celui dont les principes et la con- »«Jî* *l°°* parfaitement d'aocord. Un homme de consé-

Place, par «on rting, par son

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caractère, Joutt de la considération publique. La fortaUM, nne terre ne peuvent être «o»séquentesi mais al elles ont beaucoup de valeur, elles sont considérables, c'est-à-dire elé conséquence,

£>ite8 : Du vin de Chmmpet gne, du «Wn de Bordeaux, et non <ûê Champagne, du bordeaux. Dites du bauf, et dob du bouilli.

Ne vous servez Jamais de l'expression révoltante crachat pour désigner une décoration, nne plaque d'ordre attachée sur Fbablt.

N'appelez point Paris ta ea* pitale,' cette façon de dire, usitée surtout en province, où elle a dû prendre naissance, n'a {amais été reçue dans la bonne compagnie de Paris.

On ne dit pas pincer de Im harpe ;\e mot Jouer vaut mieux, et s'applique à tous les instmments.

Ne dites ni un louis d'or, ni nn napoléon d^on dites simplement un iouis, un napdion.

Le peuple dit ta croisée» an lieu de la fenêtre i n'imites pat le peuple , et ne vous servez dn mot croisée que lorsque toos voulez désigner ces andennes espèces de fenêtres divisées ca croix par un montanten pierre ou en bois, et par une on plusieurs traverses.

Vous devez préférer porf à gageure , et parier à gagtr.

C'est s'exprimer d'une Aiçon trés-vuIgalrê que de dirt : J'ai mangé un fruit, un ratste.

Dites : J'ai mangé du fruit» du raisin.

Blanc comme un lait, comme un satin / a/enir à bonne hemrit

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passer eontre quelqu'un ; être assis eoMtre quelqu'un^ faire une chose à la perfection ; faire tout à la rebours; comme de Juste f tâchez que je sois satisfait, antres loontiens Tulgtilres et tnoorreotes. IHtes : Blanc comaae da lait, cfHiime du satin; veotr de bonne heure; passer prk» de qitelqn^in ; être assis près ou auprès de quelqu'un ; faire une chose parfarN tement ; faire tout an rrt>ours ; comme de raison; faites en sorte que Je sois satisfait.

Laisses les gens du commun dire : En usez^^ous ? pour Prenez-vous da tabac? Il a des écus, ou Jl est fortuné, pour Il est riche; Traverser un pont ( ce qui à la lettre sisrnMe I9 passer en travers), pour Passer un pont; Sa détruire ou se sut" cider (m^ qui n'est pas fnu^ cals et qui ne peut point l'élre)»

pour Se tuer ; Vis-à-vis de moi, pour Envers mol; Malgré que, pour Quoique; Sottises, pour Injures ; Des farces, un farceur, pour Des plaisanteries, un plaisant; Excusez, pour Je vous demande pardon ; Je vous demande excuse, pour Je vous fais excuse; Douceurs, chatteries, pour Sucreries, frtandiass; Cixrr^, pomr Palier; Beau rdtettef, pour Belles dents; Vue bonne trotte, pomr Une longue course ; Fendant, pour Présomptueux ou tranchaat; Pas moins, pour Cependant; Quoique ça, peur Malgré ça ; Eduquer, pour Élever; Rester, pour Demeurer; Embêter, pour Snnuyer ; Priser, pour Prendre du tabae; Craquer, blaguer, pour Mentir; Craqueur, bkh guêur, pour Mentewr; Flâner,

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.fidneur, pour Muser, mnsard ; Décesser, pour Cesser; Faire bisquer, faire rager quelqu'un, pour L'impatienter, le contrarier; Érelnté, pour Harassé, aceftJ»lé cfee fatigue; Dépersua»

der, pour Dissuader; Repris mandable, pour HeprébensI* ble; Bémouler, émouler, pour Émoodre; L'air minable, pour L'air malheureux; Transpiderj pour Transvaser. La plupart de ees looutlens ne sont point frai^çaises \ les autres sent prises dans Htt sens qnVlles n'ont point et qu'elles ne peuvent avoir.

Evitez les expressions de maiH vais goût ou trés-famlIlèrcs , telles que soâl, se soûler, pour Ivre, s'enivrer; Faire endéuer, pour In»patlenter; Bougonner, Gronder entre ses dents; Bâfrer. Manger avidement et avec excès; Venez manger ma soupe , au lieu de Venez dîner avee moi; ou les tours de phrases ridicules, comme ceux-ci : Les Jambes me r crurent dans le corps, pour Je suis très-las; // fait les cent coups, pour II fait mille folies ; Uidàe lui a pris de sortir, pour L'idée lui est venue do sortir; Vn petit pett, pour Une très^pctite quantité ; Votre chaise est sur moi, pour Votre ebaise est smr ma robe; Se changer, pour Changer de vêtement; Se suerar, pour Sacrer son thé, son eafé; Jouir d'une mauvaise santé, pour Se mal porter, avoir une mau* vaise santé.

Ne confondez pas« comme le font bien des personnes, certains mots avec d'autres, par exemple, croasser, qui se dit du cri des corbeaux, avec coasser.

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VAD

mais seoleraeut au féminfo, daus cette phrase de Jurisprudence : Fille ma jeure usaate ^ Jouissante de ses droits,

U8EB. V. n. ou intraiMlt. Il ne ae met qu'avec la préposlt.

de ou avec en, qui ea eat 1*6qul valent. Ou dit : En user bien, en user mat avec quêiquhtn.

Agir bien ou mal avec lui (votr AGIR ).

C^xer est aussi v. a. ou transit.

On use bien du bois dams cettm maison.

II s'emploie aussi comme subs.

et se dit en parlant Des choses qui durent /ongtemps. Cette étoffe, ce drap est d'un 6on user, Uy a des itoffts ^ui deviennent plus belles à Poser.

Ne dites pas : En us&^•^^fous^ pour Prenez-vous du tabac ?

USQUBBAC. s. m. Sorte de liqueur. On écrit SMsaXseuàac.

USANT, partie, prés, du v. USUEPATEUR. s. m. U fém. user. Il est aussi adject. verb., correspondant est usurpatrice.

qui ne se dit que des grcnouU- \ les ; colorer, donner la couleur ou de la couleur, avec colorier, appliquer les couleurs convenables sur une estampe, sur un dessin ; pire, adjectif comparatif de mauvais, avec pii^ adverbe, etc.

Gardez-vous enfin d'altérer les formes des mots, et de dire :

Dernier adieu, au lieude Denier à Dieu (arrhes d'un marché) ; Errhes, au lieu d'Arrhes ; ilfar* Tonner, pour Marmonner ; Désagrafer, pour Dégrafer ; £/»brouillamini, pour Brouillamini; Rancuneur, pour Rancunier; Chipoteur pour Ghlpotler; Colophane pour Colophane ; Corporence , au lieu de Corpulence ; Z>« bonne gruette»

pour De bon guet; Pointilleurj pour Pointilleux; Tentatif, toi lieu de Tentant; Bisbts, au lieu de Bisbille.

V. s. m. La vingt-deuxième lettre de l'alphabet. On l'appelle 4/0 suivant la méthode nouvelle, et ^é suivant l'appellation usuelle.

La prononciaUon de cette lettre ne varie pas, et on ne redouble le V que dans quelques mots étrangers que l'usage a francisés.

VA. impér. du t. aller. Employé adverbialement pour Soit, J'y consens.

Le va est aussi un T. de Jeu.

VACANT, ANTE. adj. Vne place vacante. l\ ne faut pas

le confondre avec ^viuguant, part, prés, du v. vaqmer»

VACARME. S. m. Grand bruit de gens qui se querellent tw qui se battent.

VACHER, s. m. Celui qui garde les vaches. Au ftîminin , vachère.

VACILLANT, part. pr^. da V. vaciller, et adj. verb. Onikft sentir les deu x / dans vaciUant, vacillation et vacilier.

VADE-MECUM. s. mase. Oa prononce vadé-mécome ( Aca»

demie). Terme emprunté do tai>

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