Lorsque le même comr plément ne peut servir à pi
sieurs verbes à la fois , il Awt donner à chacun d'eux le «oiil-
VER
plément qut lui convient. Ainsi Ton ne dirait pas bien : Le roi de France avait su connaître et se servir de ses avantagts. Ce courrier va et revient de Bordeaux en trois Jours. Le complément de ses avantages ne peut servir en même temps aux deux verbes connaître et se servir i le complément, de Bordeaux, ne convient pas à la fols aux ver|^ t/a et revient; 11 faut dire : Le roi de France avait su connaître ses avantagées et s'en servir. En trois Jours ce courrier ma à Bordeaux et en revient.
On remarquera que cette règle s^appllque à tous les mots dont le sens exige des compléments de forme différente. Au lieu de // est utile et chéri de ses concitoyens ; Il a parlé en même temps contre et en faveur DE ses adversaires, il faut dire:
// est utile et cher à ses concitoyens,' Il a parlé en même temps contre ses adversaires et en leur faveur.
4. — Il ne faut pas donner à un verbe un autre complément que celui quUl exige. Racine ii*âurait pas dû dire : Ne 'vous Informez pas ce que Je deviendrai. Il fallait : Jfe vous informez pas de ce que Je deviendraii on sMnforme «Tune chose.
AtosI c'est mal s'exprimer que de dire : Je le pardonne de bon cœur. On pardonne à quelqu'un, on lui pardonne quelque chose. Il faut dire : Je lui pardonne de bon cœur.
(Voir au mot Un, l'expression l*t$n l'autre).
5.-* Les parties d'un complénaeot unies par et, ni, ou, dol- TentCtre des mots de même
espèce ou des locations de même nature. Voir aux mots et, ni, ou,
6. — Dans les temps composés de l'auxiliaire être et du participe passé, le complément nommant la personne ou la chose personnifiée qui fait l'action annoncée par le participe , est en général précédé de la préposition de, lorsqu'il s'agit d'un sentiment, d'une passion, d'un mouvement du cœur : exemples : Qui vit heSL de tous ne saurait longtemps vivre (Corneille). Nous sommes moins offensés DU mépris €Us sots que d'être médiocrement estimés DBS gens d'esprit ( Vauvenargues). Mais ce complément prend la préposition par lorsqu'il s'agit d'une opération de l'esprit, d'une action du corps, ou de ces deux choses ensemble. C^ beau secret (les lunettes) fut trouvé PAE Alexandre Splna (Voltaire). Les Gaules furent conquises par César.
En poésie, la contrainte des règles , l'oreille ou le goût, fait souvent substituer la préposition efo à la prépos. par : Fain^ eu du pouvoir de vos charmes (Racine).
Il faut remarquer qu'avec un complément nom de choses, l'usage veut la préposition de dans beaucoup de cas où il ne s'agit point d'un sentiment, d'une passion, d'un mouvement du coeur : // est accablé de visites (Acad.) Ils furent accablés de la chute d'un mur (Id.). Vn homme rongé d'ut' eères (id.).
Accord da Tcrbe avec «q» ii^.
On sait que le verbe s'accorde
5ia
VER
en nombre et en personne avec •on 8tt|«t, et que cet accord a lieu , quelle que wlt la plaoe du sujet : Je chante, to chantes , nous chantons, chanté^le, chantes'tn , ehantone^wto» , écoute» ce que 'vous disent vos pareata»
On satt ansil que le verbe se met au plwtel lorsque le sujet est composé de deux sujets particuliers dti nombre singulier :
Le rossignol et la fauvette CBAifYBiiT; et enite que si les sujets particuliers sont dedif> fërentes personnes, le verbe se met à la peraMine qui remporte sur les autres (U première per> sonne l'emporte sur la deuctè^ me , et la deuxlèaae sur la troisième) : Toi e< moi somiBS ac' courue. Vous et votre ouvrage HÉaiTBZ d^être parfaits (Voltaire), ou Toi et moi, nous sommes accourus i ohms et 'votre ouvrage, vous méritez d'hêtre parfaits.
L'application de cette régie donne lien dans quelques cas à des exceptions on k déa. dif- Acuités que noua devons examiner.
I. — Sujets particuliers à peu près synonymes ou en grtida^ tion» Le verbe s'aeeorde dans cecas«vec le dernier su Jetpavttculfer t La douceur, la bonté du grand Henri a été célébrée de mille maniérée. Douceur et bonté sont à peu près synony mes : celui qui parle n*a voulu exprimer qu'une seule Idée, et le verbe s'accorde avec le d»* nier mot qui exprime le mieux cette Idée. Un seul mot, un soupir, un coup d'cEil nous trahit (Voltaire), c.-à-d., unseulmot; •— '- que tetm, un soupir!
VER
moins que eelaeneore, un coup d'oeil nous trahit. II y a Ici gra»
dation descendante; le demitf substantif C(»ap d*œil reste comme expression dominante, et te vert>e s'accorde avec ce aubs»
tantif.
^.-^SufetsrécapituUspearum mot. Le verbe s'accorde aoaal avec le dernier sujet partlen- Uer, lorsque l'énumératton des substantifs sujets esf suivie d'une expression telle que fov^ rien, chacun, nul, aucun, personne, qui présente en quelque sorte le total, la récapitulation des idées exprimées par ces substanttft, et qvd dès lors est le véritable sujet du verbe ; exemples : Remords, crainte, péril, RIEN ne m*a retenue (Racine). 2/a souffle, une ombre.
un rien , tout lui donnait la fièvre (La Fontaine). Facteurs , associés, CHikCUN /«/ tatfldàle (Id.).
Z,^ Sujets accompagnes de tout, chaque, quelque, répéiés.
Dans ce cas, }ea su/ets sont à peu prés synonymes, ou bien Ils sont en gradation, ou enfin le sens est dlstributif ; le verbe ne doit donc s'accorder qu*a* vec le dernier sujet particulier.
Exemples: tout rang, toqx sexe, tout ftge, doit aspirer au bonheur (Voltaire), CHAQm vers, CHAQUE mot court à r événement {Hon^u). chaqub état et CHAQUE âge k ses dé* voirs (3. J. Rousseau). QUKI.QVS brtUant déstr, quelque ardeur qui le PRISSE, etc.
4. — Substantif collectif eujet du ^erbe. Le collectif est général on partitif.
Le colteettf général ex^fiOM la totalité de la coUectioa qiA
indique, et commande Paecord du verbe, lorsqu'il est sujet.
Exemples : la foule des humains EST sujette à Verreur.
LA MULTITUDE des étoiles ÉTONNE ^imagination, cette FOULE de nobles réunis dans /« Prusse SE CEUX assurée (Tun appui (Rulhlères). Dans ce dernier exemple, 11 n'est question , Il est vrai, que d'un certain nombre de nobles ; mais ce nombre est déterminé et 11 forme une totalité, c^est toute la fouie des nobles qui étalent réunis dans la Prusse : le collectif cette foule est donc général. Il en est de même du substantif la moitié, dans cette phrase : J'ai perdu la ■oitie des arbres de mon Jardin : le nombre est déterminé et forme une totalité; Il s'agit de tous les arbres formant la nioitlé de ceux qui sont dans mon fardln.
Le collectif partitif exprhne une partie seulement de la collection , un nombre indéterminé des personnes on des objets dont on parle. Employé comme sujet, il ne commande point l'accord du verbe; le verbe s'accorde avec le substantif ou le pronom plaeé à la suite du collectif pour en déterminer le sens. Exemples : une nuée de barbares désolèbent ie pays (jLoad.)' UN NOMBRE ir^finl d'oiseaux FAISAIENT résonner ces bocages de leurs doux chants (Fénelon). Cet accord se fait par syllepse. On peut remarquer que le collectif partitif est ordinairem«kt précédé de un, une.
Remarques. — I. On trouve quelques exemples de l'accord dn verbe avec le substantif qui
VER
suit le colléetif général : IiA MOITIÉ de nos concitoyeiM, épart dans le reste de FEurope et du monde, vivent et mbu* RBNT Mn de la patrie (J. J.
Rousseau). C'est une syllepse très-légttime; l*ldée exprimée par les verbes suivre et mourir se rattache ni^urellemeiit à l'Idée de nos coneltoyens.
Souvent, au contraire, le collectif partitif commande l'accord do verbe. Cet accord a lieu , si l'Idée exprimée par le verbe se lie naturellement à l'idée exprimée par le collectif partitif. Ainsi, quoique l*oii dise, d'après la règle ci-dessus; UNE NUEE de barbares béso- LÉEENT le payis, on dira : UNE NUÉE deiraitsoBSGURcrr Pair (Fénelon). Effectivement, un des effets les plus ordtaiair«s des nuéesj c'est d'ebsciffdr l'air.
Il peut arriver même que le sens d'une phrase soit tout antre, selon que le verbe s'accorde avec le collectif partitif, ou avec le substantif qui le suit, Marmontel , pour faire entendre qu'un Etat peut avoir à souffrir d'une grande pepula« tfon, a dit: un gband nombbb d'hommes peut être nuisible à l'État : comme l'attrihutloa nuisibie est affirmée du grand nombre, le verbe a éù s'accorder avec ce collectif, et non avec le subBteoïUf hommes, SHl avait
dit : UN GBAND NOMBBE d'bODI-
mes PEUVENT être nuisibles à l'État, cela aurait signifié qu'»»
grrand nombre d'hommes , que plusieurs hommes penventse trouver capables de nuire à l'État U. La plupart des, /« pliu
VER
grande partie des, bien des, les adverbes de quantité, tels que beaucoup, peu, aww, etc., les locutioDS adverbiales çuontité de, nombre de, sont considérés comme collectifs partitirs, et ne commandent jamais Faccord : \a plupart des imuiTS destinée à la nourriture de l'homme flattent sa vue et son odorat (Bernardin de Saint-Pierre).Quantité de gens ont dit cela. L'accord se fait avec le sabstaniif, même lorsgu*ilest80us-en tendu: Lesénat fut partagé, la plupart fnpent d'avis (Acad.) ; c-à-d. la plufMrt des sénateurs.
6. — Injvntttf emp loyé comme sujet. Diaprés les exemples nombreux des bons écrivains, on peut faire ellipse ou non du pronom ce devant le verbe étre^ a la suite d'un ou de plusieurs infinitifs employés comme sujets; et le verbe ^tre^pcut se mettre au pluriel: lorsqu'il est suivi d'une troisième personne plurielle. Exemples : Vivre «ans se connaître est un trop dur supplice (Corneille). Vivre ou mourir n'eût été rienpour elles (J. J. Rousseau). Vivre e( jouir seront pour lut même chose (là.). Apprendre ks langues les plus difficiles^ connaître les livres et les auteurs, ç'ont été vos premiers plaisirs (Fénelon).
Remarque. Lepronomcedoit nécessairement précéder le verbe être entre deux infinitife (Voir Ce).