V. pr
Verbe pronominal.
Rp.
Participe passé.
Vieux.
P. pr.
Participe présent.
Changement d'acception.
A remplace é dans écouter, élever, e dans enrhumer, effronté, en dans enjamber, enrhumer, em dans embrasser, o dans dommage, omelette, gosier, etc.
A s'ajoute au commencement de certains mots, ablouquer, aboutonner, aconduire, adevancher.
A est toujours nasal lorsqu'il est suivi des lettres m, n, à moins, quoi qu'a me foi, crâne, se prononcent an moins, quoi qu'an me foi, cranne.
A, prép., chez, aller à che médecin, — au ou à che 6oM/en<7er, signifient aller chez le médecin, chez le boulanger; c'est comme une abréviation de à ^a maison du médecin, à la boutique du boulanger,
A, prép., disparaît devant un nom commençant par une voyelle ou une h muette ; é-je m,' en vo Amiens — Ignaucourt — Hacblenne — Omiécourt, etc.
A', pr. pers., 3' pers. du fém., s'emploie devant une consonne au lieu de aile; a' m'envoie vous air; a' ne varo point.
A, pr. dém., cela; quoi qu'a me foi?
Abeyant, ante, adj., qui regarde quelque chose bon à manger ou à boire dans l'espoir d'en obtenir, qui fait preuve d'une curiosité indiscrète.
Abeyer, V. a., se montrer curieux jusqu'à l'indiscrétion.
Abîmer, v. a., salir, gâter; il o abîmé se calotte ; — V. pr., se blesser.
Ablouque, s. f., boucle.
Ablouquer, V. a., attacher avec une boucle, avec une agrafe.
Ablouquette, s. î., lanière de cuir servant de cordon au soulier.
Aboinir, V. n., devenir bon.
Aboutant, s. m., aboutissant.
Aboutemen, s. m., action d'abouter.
Abouter, V. n., aboutir; — enfler par suite d'un commencement d'apostème, apostumer.
Aboutonner, V. a., boutonner; aboutonne ten patalon; — fig., aboutonner samedi aveu dimenche, passer un bouton dans une autre boutonnière que celle qui lui fait face; — v. pr., attacher son vêtement avec des boutons; on dit de celui qui se laisse mener par sa femme : da se moison, é-che moite V s'aboutonne aveu d's épinque.
Abouture, s. f., enflure produite par un apostème; il o enne abouture à se main.
Arracher. V. Enbracher.
Abrisser, v. a., abriter, garantir du froid, du vent ou de la pluie; — v. pr., se mettre à l'abri, à couvert.
Acaircaner (s'), v. pr,, s'embarrasser, se donner une charge inutile.
Acaner (acan-ner) v. a., injurier grossièrement, insulter une personne qui passe, provoquer une dispute; il acàne tous cheux qui passe-té devant se moison.
Accroupi, s. m., simple d'esprit, sot; on dit d'un individu peu déluré : il o l'air d'u7i saint accroupi.
Accusette, s. f., dénonciation.
AcHE, s. m., âge; homme ou femme d'ache, entre deux âges; on répond à un curieux qui pose une question indiscrète : O ne té demane point i'nache.
AcLAMEu, oiRE, S, 111. et f., celui, celle qui prodigue la louange, qui exagère le mérite d'autrui et va le proclamer partout.
AcLiQUER, V. a., fermer une porte avec le cliquet. (V. ce mot.)
AcoiTiR, V. a., blottir, arranger un lit pour qu'il soit bien doux; — v. pr., se blottir.
AcoNDUiRE, V. a., amener; se foire aconduire, se faire conduire, se faire accompagner,
AcouFETER, V. a., couvrir, recouvrir, ensevelir.
AcouPE, s. f., lanière de cuir qui unit la batte du fléau au maintien; la peau d'anguille donne l'acoupe la plus solide et la plus souple.
AcouTER, V. a., écouter; on dit de celui qui a l'air pensif, qui semble n'être pas présent à la conversation : Il acouie ches blè lever.
AcouTEU, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui écoute aux portes, qui rase les maisons en marchant doucement pour entendre ce qui s'y dit, qui va se coller le soir contre les fenêtres ou les contrevents pour savoir ce qui se dit à la veillée ; c'est ce que l'on appelle, dans ce dernier cas, acouter à ches cassi.
ACOUVETER. V. ACOUFETER.
Acre, adj., aphérèse de sacré, juron; acre malapattel acre porcheu!
AcRENQUiLLACHE, S. m., attirail, ensemble d'oulils.
AcTEU, s. m., se dit de quelqu'un qui est capable, adroit, habile à se tirer d'affaire.
AcuLER, V. a., éculer.
Adé, interj. et s. m., adieu.
Adelibe, s. m. et f. et adj., celui, celle dont tous les membres fonctionnent bien, qui a tous ses mouvements bien libres; V n'est poin adelibe, il est impotent.
Adevancher, v. a., devancer, aller au-devant d'une personne que l'on attend.
Adeviner, Agueviner, v. a., deviner.
Aditè, adj,, qui a toujours lieu à jour ou à époque fixe, il est arrivé au Jour aditè; — accoutumé, ch'est se plache aditèe, c'est la place qu'il occupe de préférence, c'est là qu'il se met habituellement.
Adon (à l'), à la donc, loc. adv., parce que, pour la raison que, ch'est à Vadon que je V attend, qu'i' ne varo point, c'est parce que je l'attends qu'il ne viendra pas.
Adordeler (s'), Adorder (s'), V. pr., s'endormir fréquemment et d'un sommeil léger, en parlant des malades et des vieillards.
Aféron, s. m., passe-lacet.
Affilée (d'), loc. adv., de suite, sans interruption, tout d'une traite.
Affligé, èe, s. m, et f., estropié, infirme.
Affoire, s. f., affaire; enrie quiote a.JJoire, un peu; au pi., tout ce que contient un pupitre d'écolier; — vêtements, ensemble d'outils, d'instruments.
Affronté, èe, adj. et s. m. et f,, impudent, qui ne rougit de rien, effronté, (|ui tient tête.
Affronteu, oire, s. m. et f., celui, celle t(ui est hardi, qui provoque, qui brave, qui est insolent.
Affrioler, v. a., affriander, allécher.
Afistoler, V. a., donner un mauvais coup; — ironiquement, mal accoutrer.
Aflaquir (s'), V. pr., devenir mou, flasque.
Aflater, V. a., caresser avec la main.
Afoler, V. a,, blesser.
Afolure, s. f,, blessure.
Afuler, V. a., coiffer; — v. p^r., se coiffer.
Afulure, s. f., coiffure, manière de se coiffer; que belle afulure'.
Afut (d') (d'afu-te), loc. adv., qui est adroit, rusé, fin, futé; ch'est un homme d'aj'ut, ch'est enne femme d'afut.
Afutier, s. m., braconnier qui va à l'affût.
Agache, s. f., pie; bren d'agache, gomme du prunier, du cerisier; nid d'agache, durillon, œil de perdrix;
— Agache greuéle, pie-grièche grise, lanius eœcubitor.
Agacher, V. a., irriter, tariuiner, agacer, provoquer; n' agache point ches gens qui passe-te.
Agambèe, Agamèe, s. f., enjambée,
Agamer, V. a., enjamber.
Agis, s. m, pi., les êtres d'une maison.
Agonir, Agoniser ou Agoniser de sottises, v. a., injurier, honnir, accabler de mauvais propos.
Agrape, s. f., ou Agrapin, s. m., agrafe.
Agripper, v. a., s'emparer d'une chose en jetant vivement les mains comme si l'on avait des griffes.
Agriper, v. a., saisir avidement, prendre en cachette ;
— V. pr., s'accrocher.
Agripeu, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui prend avec subtilité, hardiesse, qui vole.
Agu, usse, adj., aigu, pointu,
Aguevaler, v. a., se mettre à califourchon, enjamber.
Agueviner. V, Adeviner.
Aguïle, s. f., aiguille.
Aguïsier, v. a., aiguiser,
Aguïsoir, s, m,, pierre à aiguiser,
Ahéner, v. a., parler avec hésitation, avec difficulté, en bégayant,
Ahéneu, oire, s. m. et f. et adj., qui ahéne.
Aherde, v. a., se saisir de quelqu'un ou de quelque chose, attraper, accrocher, empoigner vivement.
Ahoque, s. f., crochet, petit croc.
Ahoquer, v. a., accrocher, suspendre.
Ahoter, v. a., couvrir la tête; — v. pr., se couvrir la tète d'un ahotoir, relever sa blouse ou sa jupe sur sa tête; ceux qui ne veulent pas être reconnus le soir ne manquent pas de s'ahoter.
Ahotoir, s. m., sorte de voile noir très épais couvrant la tête et le buste; n'est plus porté aujourd'hui que par les vieilles femmes.
Ahu, s. m. et f. et adj., niais, simple d'esprit, hébété.
AiDiER, V. a., aider.
AiGNELER (ain-gneler) , v. a., mettre bas en parlant de la brebis.
AiGNiEU (ain-gnieu) , s. m., anneau, agneau.
AiRÈ, ÈE, adj., aéré, en bon air ; é-te moison est bien air'ee.
AiRÈQUE, S. f., arête de poisson.
AiRNiLE, s. f., araignée, toile d'araignée.
AisiÈ, adj., à son aise, aisé.
AisiuTÈ, S. f., aide, utilité, facilité, aisance.
Aïu, s, m., aïeux; — narcisse des prés, narcissus pseudo-narcissus.
Al, ALLE, pr. pers., elle.
Albran, s. m., de mauvaise foi, marchandeur.
Aléguer, V. a., donner des raisons différentes, être d'un avis opposé.
Alégueu, oire, s. m. et f. et adj., raisonneur, qui n'est jamais de l'avis des autres.
Alenconte, prép., contre, auprès.
Alentour, prép., autour; est presque toujours précédé de tout : tout alentour.
Alever, V. a., élever, éduquer.
Alezan, s. m., vif, dégourdi.
Alie, Alisse, s. f., fruit de l'alisier.
A LIER, s. m., alisier, sorbus torminalis.
Aliner, V. a., rendre souple, uni.
Allant, ante, adj., qui marche encore bien, malgré son grand âge; il est coire bien allant pou s'n ache.
Aller, v. n., s'emploie clans cette locution : laissier aller desous li, faire ses excréments sans le sentir; — perdre sa fortune; os le voirons aller à pied dékeux; — fig., aller iou qu'i' ne passe point de voiture, aller se coucher.
Allez! interj., exclamation marquant l'indifférence, d'un emploi très fréquent; os povez vou mouquer de li, allez! V né se fâchero point.
Aloter, V. a., diviser par lots.
Alouette, s, f., luette; — pour engager les enfants à être moins turbulents, on leur promet du pain d'alouette; — pied d'alouette, dauphinelle, delphinium consolida.
Aluquer, V. a., élever, dresser un arbre, une haie; vlo un ape bien aluquè, — enne haie tout aluquèe.
Alummelle, s. f., lame d'un couteau.
Amain (an-main), adv., se dit surtout d'un outil qui se manie aisément, qui tient bien à la main; fo enne sarpe bien amain.
Amasse, s. f. pi., provisions, économies, ?7 o/o?' d'.s amasse; — embarras gastrique, abondance de sang, t' /eut te purger, Vo enne amasse.
Amécher (an-mécher), v. a., arranger, remonter la mèche d'une lampe.
Amelette ( an-melette ) , s. f., omelette.
Amène (an-ménej, s. f., amende.
Amer (an-mére), s. f., rancune; ?' n'o point d'amer.
Amére (an-mére), adj., ne se dit que d'une espèce de pomme à cidre d'un goût sûr.
Ameur (an-meur), s. f., amour; se dit surtout des animaux à l'époque du rut; ches pigeon V sont en ameur.
Ami gomme cochon, locution d'un usage général, mais singulièrement altérée; il faudrait dire ami comme sochon; sochon ou soichon vient de socius, compagnon, associé; les sochons étaient des associés
ayant la permission de cuire leur pain ailleurs qu'au four banal et formant une socine. (Nisard, Chansons populaires, I, 39-42, note.)
Amiéler (an-miéler), v. a., entortiller quelqu'un par des paroles doucereuses, mielleuses, allécher.
Amioler (an-mioler), v. a., caresser, amadouer.
Amioter (an-mioter), v. a., faire des caresses, donner des marques d'amitié, enjôler, séduire.
Amiteu, eusse (an-miteu), s. m. et f. et adj., caressant, amical, affectueux, qui témoigne de l'attachement.
Amoine (an-moine), s. f., sorte de petit colombier pour loger seulement une paire de pigeons par chaque compartiment s'il y en a plus d'un.
Amoitir ( an-moitir ) , v. a., humecter, rendre moite.
Amolier (an-molier), v. a., rendre mou, adoucir.
Amont, adv., en haut, vent d'amont, vent d'en haut, du nord.
Amouillante, s. f. et adj., se dit d'une vache dont la mamelle commence à s'emplir de lait et qui ne tardera pas à vêler; se dit aussi d'une vache qui donne du lait jusqu'à l'époque oîi l'on cesse de la traire parce qu'elle est pleine.
Amuserolle (a,n-muserolle),s. m. et f., personne qui s'arrête à des riens, à des bagatelles, qui se détourne aisément de son travail pour muser.
Amusette (an-musette), s. m., passe-temps; a aussi le même sens que le précédent.
Andain, s. m., enjambée, pas que l'on fait pour mesurer.
Andèe, s. f., s'emploie dans cette locution :j'y serai d'en deux andèe, la distance est si peu importante que je la franchirai en deux pas; syn., agambèe.
Andeh, v. a., mesurer en comptant les pas f|ue l'on fait en marchant.
Andoule (a l'J, loc. adv., se dit de quelque chose qui est mal fait; — grand dépendeu d'andoule, homme de haute taille, très mince.
Ange é-de basse-cour, s. m., cochon.
Angnus, s. m., enfant; — fig., se dit d'une grande personne qui se livre à des enfantillages.
Anicher (ûn-nicherj, v. a. et pr., se blottir, se pelotonner dans son lit comme le font les petits oiseaux dans leur nid.
Ansel, diminutif d'Anselme, nom d'homme.
Antenois, s. m., se dit des animaux d'un an, mais surtout des moutons.
Anuitier (s'), V. pr., s'attarder de nuit.
AouïE, s. f. pi., abat-son, lames de bois recouvertes d'ardoises ou de feuilles de plomb placées aux fenêtres d'un clocher destinées à renvoyer vers le sol le son des cloches.
AouïR, V. a., entendre, ouïr, vx.
Aparier (s'), V. pr., vivre en concubinage.
Apatéle, s. f., becquée, pâtée.
Apateler, V. a., donner la becquée en parlant des oiseaux; se dit aussi des tout petits enfants qui ne mangent pas encore seuls.
Ape, s. m., arbre.
Aperchuvoir, V. a., apercevoir.
Apiei), s. m., petite planchette placée en avant des trous du colombier ou du trou de la ruche.
Aplonquer (s'), V. pr., se baisser en s'appuyant sur les jarrets.
Aponner (s'), V. pr., s'accroupir à la manière d'une poule, d'une cane, etc., qui se met à pondre.
Appétit, s. m. et pi., civette, petite ciboulette, allium schœnoprasum.
Apprins, part, du verbe apprenne^ apprendre; ce mot se place toujours après bien ou mal; mal apprins
(au masc. comme au fém.), mal élevé, qui manque d'éducation.
ÂPRivEUDER, V. a., apprivoiser, priver, rendre famir.or.
Aque, s. m., acte.
Aqueulure, s. f., détour pour faire retourner les chevaux.
Aqueuter, v. a., se dit des charretiers qui font avancer leurs chevaux à une grande distance avant de les faire tourner ou qui s'écartent outre mesure pour tourner à un coin de rue; — v. pr., s'accouder.
Aqueuture, s. f., prendre son élan, se préparer à sauter; action de courir après avoir reculé pour faire un saut.
Aquiénè, èe, adj., qui travaille comme un chien, qui travaille avec ardeur; — fig., se dit d'une personne tellement assolée d'une personne de l'autre sexe qu'elle est sans cesse dans la maison de celle-ci.
Araquer, v. n., embourber.
Arcassier, s. m., de mauvaise foi, trompeur, chicanier.
Archétèque, s. m., architecte.
Argotè, èe, s. m. et f. et adj., déluré, malin, rusé.
Ariére, adv., hors, dehors; — en arriére, loc. adv., en cachette, à l'insu.
Arriéré (été en), être au-dessous de ses affaires.
Ariette, diminutif de Henriette, nom de femme.
Arland, s. m., maquignon, chicanier, marchandeur.
Arlander, v. a., marchander.
Arméno, s. m., almanach.
Armoirette, s. f., petite niche pratiquée dans les cheminées de chaque côté du foyer.
Aroquè, adj., se dit de tous les mammifères dont le lait est durci dans les mamelles.
Arouter (s'), v. pr., se mettre en route, commencer à faire bien une chose, un métier.
Aroyer, V. a., tracer le premier sillon, la première roie.
Arrangemen (gens d'), adv., personne avec laquelle il est aisé de s'entendre.
Arsoule, s. m. et f., qui a une mauvaise conduite, débauché.
Arter, V. a., arrêter.
Arummè, èe, adj., qui a un rhume.
Arummer (s'), V. pr., s'enrhumer.
AssASiiNEu, s. m., assassin.
Asseurè, adj., certainement, assurément, assuré.
AssiR, V. a., asseoir.
Assommiller (s'), V. pr., s'endormir, s'assoupir.
Astiquer, v. a., s'emploie dans cette locution : astiquer enne baffe, donner un soufflet.
Astoupier, s. m., mauvais garnement, vaurien.
Atache (foire), Ioc. adv., faire attention, prendre garde.
Atarger, V. a., retarder en parlant d'une horloge; — V. pr., s'attarder.
Atchite! interj., onomatopée du bruit que l'on fait en éternuant.
Atelèe, s. f., demi-journée de travail; se dit surtout des laboureurs qui attellent deux fois par jour.
Atenne, V. a., attendre.
Atérir, V. a., attendrir, bois qui se pourrit.
Atêter, V, a., aller trouver quelqu'un pour le quereller, le disputer, lui tenir tête.
Atier, s. m., atelier.
Atout, s. m., coup, blessure, tape, soufflet, mauvais coup.
Atrenper,v. a., tremper, faire mouiller complètement.
Attaque, s. f., attache, attaque; — î7 est fort comme enne attaque, parce que l'attaque d'apoplexie a raison des personnes les mieux portantes.
Attaquer, v. a., attacher.
Attente (a-tinte), s. f., tentative, espérance ;rfonner attente, sonder le terrain, lancer un ballon d'essai; Vespérancefoi vive l'homme, le longue attente le foi moirir.
Attrape, s. f., piège pour prendre des oiseaux ou des animaux; enne attrape à mounet, — à rot.
Atuir, V. a,, tutoyer.
AvAiNT, 3" pers. du pi. de l'imparfait de l'indicatif du verbe avoir, il avaint fûim.
Avalant, Avalon, s. m., gorgée.
Avaler se lanque, loc. signifiant mourir.
AvALOiR, s. m., pièce de harnais qui sert aux chevaux pour retenir la voiture dans les descentes ; — flg. gosier.
Avant, ante, adj., profond.
Avanteur, s. f., profondeur.
Avant-z-hier, s. m., avant-hier.
Aveine, s. f., avoine; — flg., on dit que le cheval, l'âne ou le mulet ont gagné l'avoine quand, après s'être renversés sur le dos, ils se tournent d'un flanc sur l'autre.
Avenèe, s. f., bouffée de mauvaise odeur apportée par le vent.
Aveu et Aveuc, prép., avec.
Avinée, s. f., forte pluie t(ui se produit au moment oià les avoines sont coupées; la paille d'avoine qui a été ainsi mouillée est préférée par les bestiaux.
AviNNE, V. a,, prendre une chose qui se trouve haut placée.
AviNER, V. a., se dit de la pluie cjue reçoivent les avoines après qu'elles ont été coupées alors qu'elles sont en routes ou en javelles sur le sol; — fîg., améliorer une chose en s'en servant.
AvisiER, V. a., regarder avec attention.
AvoLÈ, ÈE, adj., étourdi, léger.
AvuLE, s. m. et f., aveugle.
Ayeuf, s, f., élève; ch'est enne belle ayeuj\ dit-on d'un veau qu'on élève.
Ayute, s. f., aide, utilité.
B se supprime dans abstenir, obscur, obstacle, obstiner.
Baba, s. m., niais, simple d'esprit, grand baba.
Babac, s. m., excrément et tout ce qui est sale; terme enfantin.
Babéle, diminutif d'Isabelle, nom de femme.
Babette, diminutif d'Elisabeth, nom de femme.
Babiceie, s. m. et f., niais, enfantin.
Babittr, s. m., a la même acception que babiche.
Babluche, s. f. pi., niaiseries, choses de peu de conséquence, bagatelles, petits contes, fadaises; syn. de bibus.
Baboinne, s. f. pi., abajoues du porc; terme méprisant envers les personnes joufflues ou lippues.
Babure, s. m., babeurre.
Bac, s. m., sorte d'auge en bois, en pierre ou en portland pour recevoir l'eau d'un puits ou d'une pompe destinée aux bestiaux.
Bachon, s. m., brassée d'herbe, de paille, de fourrage, etc.
Bachonner, V. a., prendre des brassées de paille ou de fourrage et les disposer en repliant les deux extrémités pour en faire ensuite des bottes; — fig., faire un travail à la hâte et sans soin, mal arranger, fagoter.
Bacul, s, m., homme gros et court; on dit d'un bacul ; deux pouce é-de gamme, treu du c. tout de suite.
Baculer, V. a., se dit de deux personnes qui en prennent une troisième par les bras et par les jambes et lui frappent à petits coups le derrière sur le sol; amusement spécial aux enfants.
Badestamier, s. m., faiseur de bas au métier.
Badou, s. m., fessier; —fig., enfant joufflu et bien portant, que grou badou!
Badrouillis, s. m., chemin fangeux, couvert d'une boue liquide.
Badroule, s. f., boue très liquide ;/?an à lebadroule, tourte garnie de bouillie.
Baffe, s. f., claque, soufflet sur la joue.
Bafouiller, v. a, bredouiller, parler peu distinctement.
Bafouilleu, oire, s. m. et f. et adj., (pii bafouille.
Bagnole (ban-gnole), s. f., maison, voiture en très mauvais état ou incommode.
Bagou, s. m., bavardage, jactance; se dit de celui qui parle beaucoup.
Baigner, v. n., dans le sens de prendre un bain, se baigner, vos-tu baigner?
Bailler, v. a., donner, vx.
Bajeu, s. m., chambranle d'une cheminée et mur d'une cave du pavé à la naissance de la voûte; — sobriquet; il o un nom bajeu.
Bajoue, s. f. pi., s'applique aux personnes qui sont joufflues.
Balayette, s. f., petit balai confectionné avec les panicules du roseau à balais, arundo phragmites, ou avec l'épi-du-vent, agrostis spica-venti.
Balife, s. f. pi., grosses lèvres.
Balonche, s. f., balance, vx.
Baloncher, v. a., balancer.
Balonceieu, oire, s. ni. et f., qui se dandine en marchant; grand baloncheu.
Baloufe, s. f. pL, grosses joues, grosses lèvres.
Balourd, adj., chargé plus lourd d'un côté que de l'autre; — fig., envoyer à le balourd, envoyer quelqu'un chercher une chose qu'on sait ne point exister ou une chose qu'il ne trouvera pas; envoyer promener un importun ou un niais.
Bamboche (foire), loc. adv., faire la noce, se déranger.
Bambocheu, s. m., qui fait la noce.
Baptême, s. m., les personnes qui assistent à la cérémonie du baptême, V passe un bien baptême; — repas donné à cette occasion, aller au baptême, — en respectant le baptême, locution d'un emploi fréquent lorsque l'on compare un animal à une personne.
Baptisiou, s. m., festin donné à l'occasion du baptême d'un enfant; la cérémonie du baptême.
Baquetèe, s. f., contenu d'un baquet.
Baracher (se), V. pr., se moquer; Je me barache bien de ti, je ne me retourne pas de toi ni de ce que tu peux dire ou faire.
Barai, baroimes, baront, divers temps du verbe bailler.
Barbette (tranner les), loc, claquer les dents par suite du froid ou de la fièvre.
Barbillon, s, m., barbe de certaines graminées, spécialement de l'orge, de la pamelle et du blé locart.
Barbusse, s. f. et adj., fém. de barbu.
Barre, s. f., nuage en forme de barre; V no des barre à che temps, au soleil, c'est un indice d'une pluie prochaine; — el barre d'ê-che lit, le devant du lit; — ête à le barre fondue, se dit de quelqu'un qui se trouve au-dessous de ses affaires.
Baru, s. m., tombereau.
Baruchèe, s. f., contenu d'un baru.
Bas-du-cul, s. m., celui qui est de petite taille, basset.
Basou, s. m,, benêt, niais, naïf.
Bassure, s. f., lieu situé dans une vallée arrosée par un cours d'eau.
Bastailleu, s. m, et adj., batailleur.
Bastrenque ou Bastrengue, s. f., femme ou fille mal attiffée ou de mœurs légères.
Bataclen, s. m., bataclan.
Batèe de burre, s. f., quantité de beurre qui a été battue en une fois.
Bateler, V. a., se servir du batelet; — battre, en parlant du cœur, il o sen cœur qui batéle comme un ieuf d'en so.
Batelet, s. m., petit instrument composé d'un marteau en bois frappant sur une planchette, servant aux enfants pour annoncer l'heure des offices pendant les trois derniers jours de la semaine sainte; — fîg., babillard, babillarde, é-te femme ch'est un vrai batelet.
Baterie, s, f., batteuse mécanique.
Baterole, s. f,, pilon qui servait à battre le beurre dans les anciennes barattes; — sorte de roseau appelé enbronyoire à Abbeville, massette, quenouille, canne de jonc, masse d'eau, typha latifolia, typha angustifolia.
Batiére, s. f., lanière de cuir qui joint les deux pièces du fléau, le maintien a la batte.
Bâtir sur l'é-devant, loc, se dit d'une personne dont le ventre grossit.
Bâtisse, diminutif de Baptiste, nom d'homme.
Batte, v. a., s'emploie absolument pour dire battre les céréales en grange; un tel bot m'on un tel; — s. f,, pièce supérieure du fléau qui sert à battre les grains.
Baverette, s. f., rabat des ecclésiastiques;— morceau d'étoffe ou de toile placée sous le menton des tout petits enfants pour recevoir leurs 6arion;— c/iinoir à baverette, tablier qui monte jusqu'au menton.
Baveu, oire, s. m. et f., baveu, baveuse; — fîg., qui aime à bavarder,
Bavion, s. m. pi., bave; — médisances.
Bavionner, V. a., bavarder, dire des riens.
Bavionneu, oire, s. m. et f., celui, celle qui dit des niaiseries.
Bec, s. m., action de baiser, d'embrasser, donner un bec, donner un baiser.
Bec-bou, s. m., pic vert, picus viridis.
Begile (bgile), s. m., vigile; — fig., il est begile, cela est défendu, il ne faut pas y compter, il n'y a pas moyen de réussir.
Béguer, V. a., bégayer; g devient q dans les temps du verbe.
BÉGUEU, dire, s. m. et f., celui, celle qui bégaie.
Beil, s. m. (bei-le), bail.
Belzamie, s. f., balsamine.
Bénir, v. a., bannir.
Benne, s. f., bande; enne benne é-de toile.
Béque et borne, loc. adv., étonné, interloqué, stupéfait; il est tout béque et borne (borgne).
Béquer, V. a., se dit du blé qui commence à poindre.
Ber, s. m., ridelle d'une voiture.
Berbis, s. f., brebis.
Berchou, s. m., berceau, bercelonnette.
Berdale, s. f,, se dit de celui ou de celle qui a un gros ventre.
Berdandoule (à le), loc. adv., en désordre, à l'abandon, à vau-l'eau; tout est à le berdandoule da se maison.
Berdeler, V. a., bougonner, gronder, radoter.
Berdeleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui bougonne souvent.
BerdifI Berdouf! Berdaf! interj., exclamation poussée lorsque l'on entend quelqu'un qui frappe sur les meubles, ou donne des giffles à un autre, ou ferme les portes avec violence.
Berdoule, s. f., femme très puissante; ch'est enne grosse berdoule.
Berlafe, s. f., gros morceau de viande, — lambeau de vêtement déchiré.
Berlen, s. m., groupe de personnes assises ou couchées à terre près d'une porte ou sur une place après leur journée faite ou à l'heure du déjeuner ou du goûter; altération de brelan.
Berlenguer, V. a., sonner les cloches sans accord.
Berleudier, s. m., marchand de mauvaise viande;
— fig., paillard; au fém., berleudiére, femme de mauvaise vie, coureuse.
Berleute, s. f., brebis malade, viande de mouton de qualité inférieure; —fig., femme de mauvaises mœurs.
Berlon, adj., qui pend plus d'un côté que de l'autre, inégal; ses cotron sont berlon.
Berloquer, V. a., se dit d'objets qui vont et viennent comme des berloque (breloques).
Berlou (père), s. m., terme d'amitié que l'on donne aux petits enfants paisibles; ch'est un quiou père berlou ; avoir ou rapporter père berlou, se dit du retardataire qui rentre le dernier ses récoltes.
Berluque, s. f., petit objet, paillette ou ordure qui se trouve dans la boisson ou qui est entré dans l'œil;
— fig., bagatelle, un rien.
Berlurer, V. a,, leurrer, attraper; — v. pr., faire erreur, se tromper.
Berluser (se), V. pr., a la même signification que le précédent.
Bernate, s. f., matière fécale; — fig., liquide boueux.
Bernatier, 1ÈRE, S. m. et f., celui, celle dont les pans de la chemise sont souvent malpropres.
Berneu, eusse, s. et adj., malpropre, repoussant, qui est couvert de saleté ou de br., morveux.
Bernifiquer, V. a., jeter ou enfoncer dans la matière fécale.
Bertéle, s. f., bretelle; — fîg., femme qui gronde sans cesse, qui ne sait ce qu'elle veut.
Berteler, V. a,, murmurer, gronder, bougonner.
Berteleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui bougonne sans cesse. V. Berdeleu.
Berziller, V. a., briser, casser, mutiler, blesser; on dit d'un pommier dont les branches se courbent sous le poids des fruits : i' berzile é-de pumme; quand le blé est fort sec et que la tige, après une pluie ou une rosée, fait entendre un pétillement sous l'action de la chaleur du soleil, on dit qu'il berzile.
Beseu, oire, s. m. et f., faiseur; — heseu de bos, badestamier, faiseur de bas; — besoire d'embarros, faiseuse d'embarras.
Besiner, (bziner), v. a., se dit des vaches qui courent la queue en l'air lorsqu'elles sont importunées par les mouches et les taons, ou même quand elles les entendent bourdonner; — fîg., sortir fréquemment sans dire où l'on va ; s'enfuir.
Béteil, s. m. pi. , bétail, bestiaux ; os-tu donné à menger à ches ou à che béteil? aux vaches, aux chevaux, aux brebis.
Béto, s. m., imbécile, sot, bêta, grosse bête.
Beude, s. f,, ânesse; — fig., femme de forte corpulence, gaillarde, de mœurs dissolues.
Beudelèe, s. f., ce que peut porter un baudet.
Beudeler, V. a., couvrir de boue, crotter.
Beudet, s. m., âne; — chevalet qui sert aux scieurs de long, tréteau; — fîg., imbécile, sot, ignorant, dupe; ête é-che beudet, supporter tout le poids ;/or^ comme un beudet, être très fort; par antiphrase, swer comme un beudet, suer beaucoup.
Beue, s. f., boue; — fig., o n'y connoi point des beu, on n'y connaît goutte tant le désordre est grand.
Beyer, y. a., regarder.
Beyeu, cire, s. et adj., curieux, qui regarde.
BiBACHE, s. f., moucheron, cousin; — fig., jeune fille très grande et très mince; ch'est enne granne bibache.
Bidet (ju de), s. m., manège de chevaux de bois installé sur la place à l'occasion de la fête locale.
Biécœup, adv., beaucoup; d'un emploi fréquent.
Bien seur, loc. adv., certainement, bien sûr.
Bieu, adj., beau.
Bieuf, s. m., terre argileuse très compacte, glaise, terre propre à la fabrication des tuiles, des pannes et des briques.
BiEUTÈ, s. f., beauté.
BiGU, ussE, s. m, et f. et adj., prognathe.
BiGUE, s. f., bique; — fig., terme de mépris employé pour désigner une femme très méchante, ch'est enne vieile bigue.
BiLLON, s. m., fragment de branche affilé d'un bout qui sert aux enfants pour un jeu consistant à enfoncer dans la terre un certain nombre de ces branches; — fig., rapporter che billon, se dit d'une jeune fille qui revient d'une fête ou d'un bal sans avoir été invitée à danser; c'est un grand affront.
BiLLou, s. m., billot; — grosseur produite sur le front par suite d'un coup ou d'une chute.
BiNARD, S. m., sorte de voiture sans ridelles montée sur deux roues très hautes qui sert au transport des arbres, que l'on suspend en balance sous l'essieu.
BiNARDACHE, S. m., action de binarder.
BiNARDÈE, s. f., ce que transporte un binard.
Binarder, v. a., transporter des arbres à l'aide du binard.
BiNOTER, V. a., préparer la terre avec le binon.
Binou, s. m., charrue dépourvue du contre et des
deux oreilles, conduite par un cheval; la terre se trouve rejetée des deux côtés.
BisARD, adj., se dit d'un ciel couvert de nuages gris; temps bisard, temps bis.
BiSELER, V. a., avoir la peau de la figure et des mains d'un ton bistre par suite d'un séjour à l'air, au hâle, à la bise.
Biset, s. m., espèce de pigeon (columbalivia); pain fait avec de la farine de seigle ou d'avoine pour les chiens; du biset à quien, dit-on d'un pain bis de qualité très inférieure; — flg., celui dont la peau est brune; fém., bisette, petite femme dont la peau est brune; — matineu comme un biset, se dit de celui qui se lève de très bonne heure.
BissoN, s. m., buisson.
Bistencuin (de), loc. adv., de biais, de travers, d'un coin à l'autre, de guingois.
BiTARTE, s. f., chasse aux petits oiseaux dans les buissons pendant les soirs d'hiver; — flg., envotjer à le bitarte, chasser quelqu'un, l'envoyer promener.
BiTE, s. m., malinj rusé, capable; ne s'emploie que très rarement; ch'est che bite del biterie, c'est le malin des malins; — mot d'amitié donné aux tout petits enfants.
BiTENBOU (de), loc. adv., tout droit, tout au long.
BiTERLOu, s. m,, petit garçon bien portant, presque aussi gros que grand.
BiULÈ, adj., linge, bois ou papier altéré par l'humidité ; couvert de taches de moisissures.
Blagueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui conte des mensonges, des blagues, des craques.
Blanc bonnet, s. m., nom par lequel on désigne les femmes, de ce qu'elles portaient surtout autrefois des bonnets blancs.
Blanc bou, s. m., bois blanc.
Blanfate, adj., blanchâtre.
Blanque, adj., blanche.
Blanquette, s. f. et adj., blanchetle.
Blanquir, V. a. et n., blanchir.
Blanquirie, s. f., blanchisserie.
Blasser, V. a., faire des lotions ou des fomentations sur une plaie.
Blettir, v. n., se dit des fruits qui ont dépassé la maturité et sont devenus mous sans se gâter, comme les poires, les alises, etc.
Bleues vue, s. f. pi., hallucinations.
Bleusse, adj., fém. de bleu; — fig., s. f. pi., n'en foire vir des bleusse, en faire voir de toutes les couleurs, en conter de toutes sortes; — maltraiter. Bleutier, s. m., bleuet, centaurea cyànus. Bloquet, s. m., billot servant aux bouchers et aux charcutiers pour découper la viande, hachoir de cuisine. Blouque, s. f., boucle.
Blouquette, s. f., petite boucle.
Bobinne, s. f., bobine.
Bocaile, s. m., bocal, globe en verre blanc que l'on
emplit d'eau claire et que les faiseurs de bas placent
près de leur lampe afin de concentrer la lumière sur le
bas qu'ils confectionnent.
Boche, s. f., bosse; diminutif, 6o6oc/ie, bossu, bossue.
Bœu, s. m., bœuf.
Bofiche, s. m. et f. et adj., bouffi et bouffie. BoiCHON, s. f., boisson.
Boichonner, V, a., se livrer à la boisson, s'adonner à l'ivrognerie; — v. pr., absorber différentes sortes de tisanes.
BoiN, BoiNNE, adj., bon, bonne.
BoiNEMEN, adv., bonnement.
BoiNETÈ, s. f., bonté.
BomiR, V. a., devenir bon, bonifier.
BoisiER, v. a., embrasser, donner un baiser. BoisîEu, CIRE, s. m. et f., celui, celle qui aime à embrasser.
BoisiuRE, S. f., endroit du pain qui n'a pas de croûte et laisse voir la mie par suite d'une cassure produite pour le séparer d'un autre pain placé trop près dans le four,
BojouR, s. m,, bonjour; simpe comme bojour.
BoMME, s. m., menthe à feuilles rondes, mentha rotundifolia , et toute espèce de menthe sauvage ou cultivée.
Bonne, s. f., borne.
Bonnet blanc, s. m., femme; ches bonnet blancs, les femmes.
Boquet, s. m., bosquet; pommier sauvage qui pousse naturellement dans les bois.
Boqueusse, adj, f., ne s'emploie qu'avec le mot brique; on désigne sous le nom de brique boqueusse celle qui présente des inégalités par suite d'une trop forte cuisson.
Boquillon, s. m., bûcheron.
Boquillonner, V. a., faire un travail de bûcheron, travailler le bois sans soin, le hacher.
Boquin, s. m., lapin mâle, bouquin.
BoRDON, s. m., pièce de bois mobile servant à fermer une porte cochère; — bourgeon, porte-graine de certaines plantes telles que l'oseille, la salade, etc.
BoRDON DE Saint-Jacques, s. m., rose trémière, althœa rosea.
BoRDURER, v. a,, longer, être sur le bord.
BoRÈE, s. f., bourrée.
BoRGNESSE, s. f., femme ou fille borgne.
BoRNiBus, s. m. (bornibusse), borgne ou louche.
BosoiR, s. m, (boçoir), bonsoir; on dit d'un voisin que l'on ne fréquente pas ou d'un parent que l'on ne visite pas : ch'est bojour bosoir, ch' est pour deux fois.
Bote, s. f., s'emploie dans cette locution : en avoir se bote, en avoir sa part, sa charge; fen ai me bote, j'en ai assez.
Boter, v. a., élaguer, émonder un arbre.
BoTERON, S. m., petite botte soil de blé, de paille, de foin, de fourrage ou de toute autre chose.
BoTURE, s. f., produit de l'élagage des arbres ou des haies; desfagou de boture.
Bou, s. m., bois, forêt; — Pâque à bou, le jour des Rameaux.
BouDEu, s. m., jeune veau mâle.
Bouffer, v. a., manger beaucoup, avec avidité, gloutonnement.
BouFFLETTE, S. f., petite houppe, bouffette.
BouFRE, interj., juron à peu près équivalent de bougre, mais moins énergique, boufre d'imbécile! Ah! bou/re!
Bougre, interj., juron souvent précédé du mot sacré; — s. m., boin bougre, bon diable.
Bougresse, s. f., méchante femme.
BouiLLET, s. m., bouleau; ramon de bouillet, balai de bouleau.
Bouillon, s. m., inégalités dans le fil; — bouillon A QUiEN ou simplement bouillon, forte pluie, os érons du bouillon, vlo un bouillon qui co/e, dit-on en été par un temps d'orage ; — bouillon d'onze /leures, breuvage empoisonné.
Bouis, s. m., buis.
Boulant, ante, adj., qui bout; JUan tout boulant; tout cœud, tout boulant.
Boule, s. f., s'emploie dans cette locution : perde la boule, perdre la tête, radoter, dire ou faire des choses insensées.
Bouler, v. a., maltraiter, pousser avec le pied comme une boule, envoyer promener; é-jevo l'envoyer bouler.
BouLiR, V. a., bouillir; du lait bouli, aliment fait avec du lait et de la farine bouillis ensemble;^an à lait bouli; — part, passé, boulu.
BouLOiRF, S. f., jeu de boule. ( Voy. 3* partie, p. 9.)
BouLou, OTTE, S. et adj., petite boule, boulot; on dit d'un petit enfant gros et gras : ch'est un grou houlou.
BouQUE, s. f., bouche; ête porte su se bouque, être porté à la gourmandise; tu inenges comme si t'acoi enne bouque à ti. — Si ch'étoi à ti, Je q deden.
Bouquet, s. m., toute espèce de fleur en général; on dit en voyant une seule fleur : Que bien bouquet! — Os avez tout plein de bouquets da vou gàrdin, vous avez beaucoup de fleurs dans votre jardin; pour le vulgaire, la botanique se divise en deux catégories, les herbes et les bouquets; — fig.,« U, à elle é-che bouquet, en parlant d'une personne qui l'emporte sur ses semblables, en beauté, en adresse ou en toute autre qualité.
BouQUETTE, s. f., petite bouche.
BouQuiE, s. f., bouchée; menger enne bouquie, prendre un léger repas, casser une croûte.
BouRBATis, s. m., amas de boue; — flg., désordre, embarras.
BouRiQUET, s. m., petit fagot de branches d'épines, petite bouri'ée.
Bourre, s. f., s'emploie dans cette locution : Juer à le bourre, manger avec avidité.
BouRRiER, s. m., bourrelier.
BouRSELET ou BouRSELOu, S. m., petite bourse à la tête produite par un coup ou une chute.
BouRSEu, s. m., bourseau.
BouRSicou, s. m., argent économisé, petite bourse, bourpicaui.
BousAQuÉRE, S. f., femme malpropre.
RousERER, V. a., salir, noircir la figure.
Bouso, s. m., fiente de bœuf ou de vache, bouse; — fig., femme sale, gauche, maladroite, ch'est un grou bouso.
BouTEiLE, s. f., bouteille; V pieu à bouteile, se dit des gouttes de pluie qui, en tombant, forment des bulles d'air sur la surface de l'eau; dans ce cas, la pluie, dit- on, doit durer vingt-quatre heures; — foire des bouteile, c'est produire des bulles avec de l'eau savonnée que les enfants soufflent dans l'air pour s'amuser de leur ascension et des couleurs irisées qu'elles produisent; ces bulles s'obtiennent à l'aide d'une coquille de noix et de deux brins de paille.
BouTEROLE, s. f., excroissancc de chair qui se produit sur l'une des parties du corps, mais principalement sur la tête.
BousTiFAiLE, s. f., repas plantureux.
BousTiFAiLLER, V. a., faire bombance, festiner, manger avec appétit.
BouTiNETTE, S. f., nombril.
BouTiNNE, s. f., nombril.
Boutique, s. f., appartement où se trouve le métier du faiseur de bas et où se tient ordinairement toute la famille lorsqu'elle travaille; — fig., ch'est me boutique, loc, signifiant c'est mon affaire, c'est ce qu'il me faut, ce que je désire.
Bouton d'argent, s. m., renoncule à feuilles d'aconit, achillea ptarmica.
Bouton d'or, s. m., renoncule à fleurs jaunes, ranunculus acris.
BouTRi, s. m., ventru, pansu.
Boutroule, s. f., femme grosse et courte; ch'est enne grosse boutroule.
Bouvranne, s. f., plante rampante à rameaux épineux, à fleurs roses ou jaunes, poussant sur le bord des chemins, sur les rideaux ou sur les terres en
friche; la piqûre en est dangereuse; c'est Vononis repens des botanistes.
BoYETTE, s. f., jupon de dessous placé entre la chemise et le cotron.
BoYEU, s. m., boyau; n'avoir point de boijeu, se dit de celui qui n'a pas de ventre parce qu'il est mal nourri.
Brache, s. f., brasse.
Brachie, s. f., brassée, plein les bras.
Brader, v. a., vendre à perte, prodiguer, gaspiller.
Braderie (à le), loc. adv., se dit de tout ce qui est vendu pour peu de chose, pour presque rien, tout est à le braderie.
Bradeu, oire, s. m. et f., celui, celle qui brade, qui vend à vil prix.
Braie, s. f., ouverture de côté d'un jupon, fente.
Braire, v. a., pleurer.
Braise, s. f., ce mot a la même acception qu'en français, mais il s'emploie dans cette locution : o n'y connoi point des braise, on n'y connaît rien du tout.
Brandet, s. m., manivelle.
Brandiller, v. a., balancer, remuer de côté et d'autre.
Branque, s. f., branche; — fig., tiens-te à ches branque, ne te laisse pas mourir.
Braquer. V. Bréquer.
Brasser, v. a., agir en dessous, manigancer quelque chose sournoisement, tramer un complot.
Brélemen, s. m., bandage pour une hernie.
Bréler, v. a., enrouler un câble sur le bréloir d'une voiture chargée de récoltes, de paille ou de fagots.
Bréloir, s. m., rouleau placé derrière une voiture, servant à serrer le chargement de la voiture à l'aide du câble.
Bren d'agache, s. m., gomme des arbres à noyau; — bren de Judo, taches de rousseur sur la peau ; — bren d'éreile, cérnmen ; — bren-de-vin, eau-de-vie.
Brenquè, s. f,, femme mal bâtie, mal accoutrée ; ch'efit enne granne brenque; on dit aussi : salé comme del brenque.
Brèque, s. f., brèche; brèque-den, brèche-dents.
Bréquer, V. a., incliner d'un côté ou de l'autre, tourner à droite ou à gauche.
Breuhinne, s. f., bruine, brouillard épais.
Breute, s. f., paraît être une contraction deberleute et signifie femme de mauvaises mœurs, coureuse.
Breyeu, oire, s. m. et f., celui, celle qui pleure souvent, qui a la larme facile.
Bricole, s. f., objet de peu de valeur; — fig., personne de mauvaise foi; Ves-t-enne bricole; — au pi,, sangles que l'on emploie pour les vaches qui viennent de vêler.
Bricoler, v. a., entreprendre différentes choses et n'en finir aucune;— tergiverser, essayer détromper dans un marché.
Bricolier, Bricoïer, Bricouiller ou Bricou, s. m., celui qui n'est pas de bonne foi pour conclure un marché, qui cherche des détours pour tromper.
Brideler, V. a., brider; bridéle é-che guevo.
Brigader, V. a., barricader; — v. pr., s'enfermer.
Brignon, s. m., pain noir, de qualité inférieure que l'on donne aux chiens.
Brimber, v, a., vagabonder, flâner, courir.
Brimbette, s. f., jeune fille qui aime à courir et dont la conduite laisse à désirer.
. Brimbeu, s. m., vagabond, fainéant, coureur.
Brimborion, s. m., a la même signification (ju'en français, mais, employé au pluriel, ce mot désigne les courtes prières dites rapidement à l'église par le clergé.
Brique assis, s. f. pi. (briques assises), ne s'emploie qu'au pluriel; locution qui sert à effrayer les enfants; ches brique assis s'en vont te prenne.
Brisefeuder (brissefeuder), v. a., casser, briser par maladresse tout en voulant raccommoder.
Brisefeudeu (brissefeudeuj, oire, s. m. et f,, celui, celle qui brisefeude, qui use beaucoup d'habits, de chaussures.
Brisier, V. a., briser.
Brissaque, s. m., qui brise, qui use beaucoup.
Brisseuder, V. a., ne pas savoir employer utilement les choses qu'on a, en user plus qu'il n'en faut.
Bro, s. m., bras.
Brocreu, s. m,, traverse qui sert à maintenir l'écartement des pieds d'une chaise, d'un fauteuil.
Broisse, s. f., brosse.
Brongne, s. f., terme de dérision qui s'emploie pour désigner une grosse tête enflée.
Broque, s. f., longue dent du chien; défense du sanglier; désigne aussi les incisives d'une longueur démesurée qu'ont certaines personnes.
Broquenziu, adv., s'emploie dans cette locution : o ne voi ne broquenziu, on n'y voit goutte, on ne voit pas jusqu'aux bras avec les yeux.
Broquer, V. a., pointer, poindre, commencer à sortir de terre en parlant de graines ou du blé nouvellement semé; — dent qui perce à un enfant.
Broquette, s. f., cheville, brochette, partie naturelle des petits garçons; — tirer à le boine broquette, tirer au tonneau qui contient le meilleur cidre ou le meilleur vin; — tirer à le broquette, tirer à la courte-paille, non avec des brins de paille, mais avec de petits fragments de brindilles.
Broquin, s. m., brodequin.
Brosse (a foi), loc. adv., contrariété, espoir déçu, affaire rîianquée; a t'a foi brosse, tu n'as pas réussi, cela t'a passé sous le nez.
Broussèe, s. f., ondée, petite pluie de peu de durée qui tombe au moment où l'on ne s'y attend pas.
Broutée, s. f,, brouettée.
Broyé, part,, être fatigué, moulu, harassé; é-je sus broyé.
Bruhinne, s. f. V. Breuhinne.
Brulin, s. m., morceau de toile que les fumeurs fout consumer à demi et qu'ils renferment dans une petite boîte de fer-blanc pour l'employer en guise d'amadou,
Brulou, s, m., eau-de-vie brûlée avec du sucre; punch.
Brunette, s, f,, adonide, adonis annua.
Bruvache, s. m., breuvage; vlo du boin bruvache, se dit ironiquement d'une mauvaise boisson, mal préparée.
Buée, s. f., lessive, /oire el buée; la buée se compose de trois actes : 1° on essange; 2" on coule; 3" on lave; chaque acte demande une journée.
Bueresse, s. f., lessiveuse.
BuEUR, s. f., vapeur s'élevant d'un liquide qui bout.
BuHOU, s. m., extrémité de la cheminée qui dépasse le toit.
BuiGNER, V. n,, penser, réfléchir, songer.
BuiGNEU, oiRE, s. m., cclul, Celle qui buingne.
BuissE, s. f., tuyau de gouttière, petit canal souterrain.
BuLiR, V. n., se dit de ce qui est altéré par l'humidité ou de ce qui est mangé par les vers; bou buli, bois pourri ;/eMrre buli, paille réduite en menus brins.
BuLOTTE, s. f., tige de chanvre décortiquée, d'une longueur de dix centimètres environ, que l'on souffrait aux deux extrémités, et était d'un usage général avant l'emploi des allumettes chimiques.
BuLTER, V, a., bluter, BuLTiEU, s. m., bluleau, blutoir, BuQUER, V. a., frapper à grands coups, heurter, retentir; — fig., donner une roulée.
BuQuoiR, S. m., tube de sureau dont se servent les
enfants en guise de canonnière.
Bure, s. m., beurre.
BuRiÉRE, s. f., marchande de beurre; vache dont le lait produit de bon beurre et en grande quantité.
BuRON, s. m., chaumière, cabane, maison de chétive apparence, vx; i' n'o ne maison ne buron, il n'a ni feu ni lieu; loc. d'un usage général.
BusER, v. n., penser, réfléchir.
BuvATER, V. a., boire beaucoup.
BuvATiER, s. m., ivrogne.
C prend la place du g dur dans vagabond, gangrène, vacahond, cangréne.
Ch remplacent g dans les finales âge, ège, ige, inge, oge, ouge, uge, urge; on prononce âche, manéche, prodiche, linche, éloche, rouche, déluche, purche, pour âge, manège, prodige, linge, éloge, rouge, déluge, purge.
Ch remplacent s au commencement de certains mots, chabou, chavatte, chaque, chucher, pour sabot, savatte, sucre, sucer.
Ch remplacent ss dans chausser, chasser et ses dérivés, débarrasser et ses dérivés, dresser et ses dérivés, glisser, hausser et ses dérivés, nourrice, nourrisson.
Ch s'ajoutent dans toupie, boufïi, topiche, bojiche.
Che remplacent x dans chaux, queuche.
Cabi'ine, s. f., cabane.
Cabernette, s. f., cabane de berger, très petite maison, appartement exigu.
Cabochard, s. m., entêté.
Caborne ou Caborgne, s. f., petit poisson d'eau douce à large tête, chabot, cottus gobio.
Caboter, v. a. ou pr., qui reste petit; se dit d'un enfant, d'un arbre ou d'un légume dont la croissance s'arrête.
Cabri, s. m,, chevreau.
Caca, s. m., cacare, terme enfantin.
Cacaile, s. m., œuf de poule, terme enfantin.
Cacar, s. m., a la même signification que le mot précédent.
Cache, s. f., chasse, terme de jeu de balle ou de tamis, c'est l'endroit où la balle s'est arrêtée; — fig., ête au bout de ses cache se dit de quelqu'un qui se ruine ou se meurt; n'ète point au bout de ses cache signifie que l'on aura beaucoup à souffrir ou que l'on arrivera difficilement au but proposé.
Cache-Manèe, s. m., garçon meunier qui se rend à domicile pour recueillir le blé et le transporter ensuite au moulin pour le convertir en farine.
Cacher, v. a., chasser, poursuivre, faire avancer, cacher ches vaque, les faire avancer en les suivant avec un fouet ou un bâton.
Cacheu, s. m., chasseur;
Cacheu, péqueu, tendeu.
Trois métier ib' gueu.
Cachoire, s. f., fouet; — fig., cœup de cachoire, dernier verre d'eau-de-vie que l'on prend avant de se séparer.
Cachou, s. m., cachot; — adj., teinte jaunâtre donnée à la laine, des bas cachou.
Caclique, s. m., ou Lémichon a caclique, escargot.
Cacouiller, v. a., plaisanter, dire des riens.
Cacouilleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui s'arrête à chaque pas dans les rues pour raconter aux passants des choses de peu de conséquence.
Cagoule, s. f. pi., plaisanteries, conversations insignifiantes, saugrenues.
Cadave (cadaf), s. m., cadavre; se dit aussi des personnes vivantes d'une très forte corpulence : que cadaf!
Cade, s. m., ouvrage de peinture, de gravure, etc., encadré; se dit d'une partie pour le tout.
Cadf.t, s. m., qui n'a pas peur, sans gêne; ch'efii un cadet, c'est un homme que rien n'embarrasse. — Bos cadets, terme de badestamier signifiant bas moyens, entre ceux d'hommes et ceux de femmes.
Cadoter (se), V. pr., se prélasser en marchant, prendre des airs d'importance.
Cadou, s. m., chaise à bras, fauteuil.
Cafernou, s. m., caveau pratiqué au-dessous d'un four pour y mettre la cendre.
Cafignon, s. m., trognon de pomme.
Cafiou, s. m., café, et surtout café très faible, très léger.
Cafiquer, V. a., faire un travail de peu d'importance et inutile, remuer.
Caflou, s. m., enveloppe de certains fruits, tels que noix, noisettes, châtaignes, écale.
Cafornou. Voy. Cafernou.
Cafouillache, s. m., travail de peu d'importance et inutile.
Cafouiller, v. a., tisonner un poêle, cafiquer. V. ce mot.
Cafouilloir, s. m., tisonnier pour le poêle,
Cafouilleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui s'occupe à des riens, à des futilités, qui remue plusieurs objets pour en trouver un autre.
Cafournou. Voy. Cafernou.
Cafut, s. m., objet de qualité inférieure ou animaux de mauvaise venue dont on se débarrasse.
Cafuter, V. a., mettre à la réforme, éliminer, se défaire d'objets médiocres, abattre les mauvais arbres, vendre ou tuer les mauvaises bêtes à laine.
Cagnon (can-gnon), s. m., femme sans énergie, lourde, maladroite.
Cagueno, s. m., cadenas.
Cahou, s. m., cahot, chaos, matou, petit tas que l'on fait avec des javelles de récoltes dressées en forme de cône quand la pluie est persistante pour que l'eau
puisse s'égoutter; un caliou se compose ordinairement de trois ou quatre gerl)es ou même de trois ou quatre javelles.
Caïéle, s. f., chaise, vx.
Caile, s. f., caille; — fig,, terme d'amitié à une toute petite fille.
Cailleu, s. m., caillou.
Cairbon, s. m., charbon.
Cairbongnier, s. m., charbonnier.
Cairchin, INNE, s. m. et f., celui, celle qui se met facilement en colère, (|ui se fâche i)()ur un rien.
Cairiache, s. m , charriage.
Cairier, V. a., charrier.
Cairiole, s. f., carriole.
Cairioleu, s. m., qui charrie avec une petite voiture, avec une carriole.
Cairminne, s. f., charogne, viande de mauvaise ((ualité; — fig., femme méchante, insupportable.
Cairnache, s. f., fente, crevasse, Ivou; é-c/ie cairnache de l porte, interstice d'une porte mal jointe.
Cairon, s. m., charron.
Caironnache, s. m., travail de charron.
Cairpen, s. m., bruit; tapage.
Cairpenter, V. a., faire du bruit, charpenter; — fig., battre quelqu'un, donner une roulée.
Cairpenteu, s. m., celui qui fait un travail de charpentier, mais le fait mal, sans soin.
Cairpentier, s. m., charpentier.
Cairpie, s. f., charpie.
Cairque, s. f., charge; —fig., aller à le cairqiie, aller dans les champs, la nuit, charger une voiture de récoltes appartenant à autrui pour se l'approprier.
Cairquer, V. a., charger; v. pr., se charger, s'embarrasser.
Cairue, s. f., charrue.
Cairvure, s. f., gerçure de la peau, crevasse.
Calé, p. p., riche, à son aise; il est calé.
Calée, s. f., portée d'une chatte, d'une chienne et de quelques autres femelles d'animaux qui mettent bas plusieurs petits à la fois.
Galène, s. f., charançon, calandre.
Caler, v. a., mettre bas en parlant de la chatte et de quelques autres femelles d'animaux.
Caliborneou Caliborgne, s. m., borgne, qui louche, qui a la vue basse.
Câliner, v. n., être d'une mauvaise santé; od/roi que ien frère V calinne, il semble que ton frère ne jouit pas d'une bonne santé.
Calipette, s. f., bonnet de femme d'une étoffe grossière et sans ornement qui enveloppe la tète et se noue sous le menton; ne sert plus aujourd'hui que comme bonnet de nuit aux vieilles femmes.
Calit, s. m., bois de lit.
Calongnier, s. m., corruption de canonnier, artilleur.
Calou, s. m., s'emploie dans cette locution : // o che cûlou, il a le sac, il s'est enrichi dans ses affaires.
Camamile ( can-manmile ) , s. f., camomille, cirneline, mi/agrum saiivum et matricaria chamomilla, anthémis nobilis.
Cambien, adv., combien.
Camoussi (can-moussi), p. p., moisi, couvert de moisissure.
Camoussir f can-moussir j , v. n., moisir.
Camp, s. m., champ ; à tout bout de camp, loc. adv., à chaque instant.
Camper, v. a., applitiuer un coup, camper enne baffe; — fîg.,jeterà la face, dire quelque chose de désagréable à quelqu'un, rappeler un vilain souvenir.
Campinne, s. f., campagne.
Camuciie (can-muche), s. f., petite étable, cabane de chien, réduit, retraite cachée.
Camuciiou (can-muchou), s. m., petite camuche.
Cancheler, V. a., chanceler.
Canchon, s. f., chanson.
Candiére, s. f., Chandeleur, vx; on dit plutôt candeleur.
Canf, s. ni. et f., chanvre; il o des cavieu comme del canf, il a des cheveux qui paraissent être de la nature du chanvre.
Canichou ( can-nichou ) , s. m., petite niche, earhette.
Cantet, s. m., morceau de pain ou de gâteau, chanteau.
Canteu, cire, s. m. et f,, chanteur, chanteuse, qui aime à chanter.
(Iantibert, s. m., grosse pièce de bois mal éiiuarrie.
Cantrouiller, V. a., chanter faux, chantonner.
Canvriére, s. m., chènevière; il se trouve sur le terroir, au nord-ouest, un lieudit nommé ches canvriére, de ce t(u'autrefois on y cultivait du chanvre; il est transformé aujourd'hui en jardinages.
Cape, s. f., voûte; el cape d'un four, — el cape du ciel.
Capéle, s. f., chapelle; — foire enne capéle, on se raufer à capelle, se dit d'une femme qui relève ses jupons pour se chauffer au foyer d'une cheminée.
Capelet, s. m., chapelet; s'emploie dans cette locution : é-Je m'en co te dire ien capelet, je vais te réprimander, te laver la tète, te dire de grosses vérités qui ne te feront pas plaisir, te dire tout ce que j'ai sur le cœur; — é-che co V di sen capelet, le chat fait ronron.
Capernote, s. f., baie du fusain; dire ses cajiernote, dire ses patenôtres; — fig., réprimander.
Capernoter, V. a., se dit du chat qui fait ronron.
Capernotier, s. m., fusain, evonijmus Europœus.
Capieu, s. m., chapeau; — fig., ches capieu, les hommes, par synecdoche; à l'église, ches capieu i' ne sont point aveu ches blancs bonnet.
r.APON, s. 111., chapon; — fig., liomme de peu d'énergie, poltron.
Caponner, V. a., battre en retraite, se retirer, s'enfuir.
Caqueteu, oiue, s. ni. et f., celui, celle (|ui catjuette, qui a un bon caquet.
Caqun, pr. ind., chacun, vx.
Carabine, p.p., robuste, solide, fort, vaillant; ch'est lin corps carabine, dit-on d'un homme de forte corpulence, de ce ciu'on n'admettait autrefois dans le régiment de carabins, créé sous Henri IV, que des gaillards solides; — il o Vâme carabinée da le vente (ventre), se tlit d'un vieillard parvenu à un âge avancé, qui paraît encore robuste.
Carcaillot', s. m., caille; onomatopée de son cri.
Cardon, s. "m., chardon; on dit d'un vieillard qui marche encore bien et se tient droit : T marche comme un cardon se.
Cardoreu, s. m., chardonneret, fringilla carduelis.
Carieu, s. m., carreau, vitre.
Carillon de Dunkerque, s. m., jasione de montagne, appelée herbe bleue dans certains pays, de la famille des campanulacées.
Carimaro, s. m., sorcier, vx.
Carme ou Carne, s. m., charme, carpinus beiulus.
Carnache, s. m., carnage; — fig., bruit assourdissant, tapage, tumulte.
Carnassière, s. f., carnier.
Carner (se), v. pr., se fendillei-, se crevasser sous l'action de la cJialeur.
Carnette, s. f., petite mèche de cheveux que l'on fait passer sur l'oreille et fiui couvre la tempe, cadenette.
(Garonne, s. f., charogne.
Carquelou, s. m., échaudé de forme allongée.
Carteler, V. a., conduire une voiture à quartier, c'est-à-dire faire rouler les roues en dehors des or-
nières, soit pour les éviter et rendre ainsi le roulement plus doux, soit pour laisser passer une autre voiture, cartayer.
Casée, s. f., chenille.
Caseret, s. m., moule à fromage, éclisse.
Casse, s. f,, chas d'une aiguille.
Casse-tête, s. m., souci, peine, tourment, chagrin; aooir du casse-tête, être tracassé, ennuyé, avoir de l'inquiétude lorsque l'on a beaucoup d'affaires; synonyme, tête rompue (V. ce mot).
Casser les bros, loc, décourager quelqu'un, lui dire des choses qui trompent son attente ou lui font de la peine.
Cassi, s. m., carreau de fenêtre, et, par extension, croisée; ch'est un acouteu à ches cassi, se dit de celui qui va écouter aux fenêtres le soir; — flg., yeux, tes cassi ne sont po coire ouverts, dit-on à celui qui n'est pas bien réveillé.
Casterole, s. f., casserole.
Castonnate, s. f., cassonade.
Cataplasse, s. m., cataplasme; — fig., on dit à celui que l'on voit passer monté sur un cheval : Ten guevo est don malate? — A cœusse ? — Ilo un rude cataplasse sur sen dou. On dit aussi à peu près dans le même sens avec accompagnement de rime :
Ch'est l'entrée du Portugal, La béte sur l'animal.
Catéchisse ou Catéchime, s. m., catéchisme.
Caterneu, eusse, s. m. et f., maladif, mal portant; viande ou fruits gâtés; — fig., douteux, qui est au-dessous de ses affaires.
Cathelinne, s. f., altération de Catherine, vx.; — fig., ch'est enne Marie-Cat helinne , c'est une femme qui a peu d'ordre, peu de jugement.
Catiche, s. f., digue bordant une rivière.
Catiére, s. f., ouverture dans la porte d'un poulailler pour l'entrée et la sortie des poules.
Catieu, s. m., château.
Catignier, s. m., châtaignier,
Catignolle, s. f., pièces de bois ayant à |jeu près la forme des ressorts on fer (\ue l'on place sous une voiture quand les roues sont trop basses.
Catin, s. m., buste en carton figurant une tête de femme servant de mannequin pour monter les bonnets.
Catrè, s. et adj, des deux genres, châtré; — fig., homme froid, timide, lourd, sans énergie.
Catreu de guernoule, s. m., mauvais couteau qui ne coupe pas.
Cavailler, s, m., meulette de blé se composant de dix-sept gerbes disposées on forme de croix; les quatre bras sont figurés par quatre gerbes superposées; la dix-septième, nommée bonnet, est placée au sommet; ces meulettes, dont la confection est due, paraît-il, aux Cosaques venus en France en 1815, ressemblent de loin à des cavaliers.
Cavelure, s. f., chevelure.
Cavet, s. m., chevet; J'oir^e des cavet, se dit des faucheurs qui ne coupent pas à hauteur égale et laissent des éteules plus hautes du côté du talon de la faux que du côté de la pointe, ce qui donne l'aspect d'un chevet.
Cavieu, s. m., cheveu.
Cavron, s. m., chevron.
Cavronner, V. a., placer des chevrons.
(]a\vant, s. m., chat-huant; i' dort, — i' roufe comme un cawant.
Cawite (ca-ouite), s. m., cochon d'Inde; — fig., homme qui a des idées étroites, niais; cliest un vrai cawite.
CÉLÉPE, s. m., vaurien, polisson, célèbre par ses méfaits.
Censémen, adv., à peu près, soi-disant, pour ainsi dire.
Censif, s, t., gencive.
Cebisieu, s. m., ciseau, ciseaux.
Certifis, s. m., salsifis, tragopogon.
CÉRUSiEN, s. m., chirurgien.
(Ifiaboter, V. a., faire du bruil en marchant.
Chaboteu, dire, s. m. et f., celui, celle qui cliabote.
Chabou, s. m., sabot.
CiiACHALE, diminutif de Charles.
Chafeter, V. a., faire mal un travail, raccommoder à la manière des savetiers qui i)rennent souvent peu de soin.
CiiAFETiER, s. m., savetier; — fig., celui qui fait mal son ouvrage, de quelque espèce que ce soit.
Chagriner (se), v. pr., se dit du ciel qui se couvre de nuages; vlo le temps qui se chagrinne; ~f\g., se courroucer, se mettre en colère, se fâcher,
Chambuquer, V. a., frapper, donner des coups, faire du bruit.
Chame (chan-me), s. f., chambre.
Chamillart ( chan-millart ) , s. m., (jui marche d'une façon ridicule,
Chamiller, V. a., marcher mal.
Chan, adj. dém. , ce; Chan que, ce que.
Chape, s. f., on dit qu'un poulet, une poule ou un oiseau porte chape lorsqu'il est malade et que ses ailes traînent en marchant.
Chaqun, pr. ind., chacun.
Chartutier, s. m., charcutier.
Chavate, s. f., savate; — fig., peu habile, maladroit.
Chelle (chéle), pr. dém., celle; chelle-chi, celle-ci ; c.helle-io, chelle-lol, celle-là; clrest chelle-lol qiCV Jeu prenne, c'est celle-là (|u'il faut prendre.
Chelofe (aller à, loc. adv., aller coucher; expression importée par les Allemands en 1815 et en 1870,
Chemenche, s. f. pi., semailles.
Chenah.lére, s. f., espèce de grenier à. jour fait avec des pièces de bois mobiles que l'on ]»lace au-dessus
d'une aire de grange pour y inetlre de la paille ou du foin.
Chendrief^x, s. m., pièce de toile très épaisse que l'on place sur un cuvier rempli de linge et sur laquelle on dépose de la cendre pour couler la lessive. Chendron, s. m., chaux en poussière.
Chêne, s. f., cendre.
Chenique ou CiiENAPE, S. m., eau-de-vie, le plus souvent de qualité inférieure; ces mots viennent des invasions de 1815 et 1870.
Chent, adj. num., cent.
Cherclke, s. f., volée de coups de bâton. Chercler, V. a., battre violemment.
Cherlou, ou mieux Chaiklou, altération de Charles, nom d'homme.
Cherinne, s. i'., baratte, serène.
Cherlin, s. m., noix de terre, corum bullocastanum; cette bulbe est très recherchée par les petits gardeui's de vaches.
Cherolle, s. f., vesce sauvage, viclo. seplani. Cherque, s. m., cerceau, cercle.
,Ches, pr, dém., ces.
Ch'est, c'est.
Ch'est-i"? est-ce?
Ch'est- jou? est-ce?
Ch'est lelo fl'lo), c'e^t cela; ch'est lelol, c'est celle-là.
Ches-telo ou Ches-tei.ot., ])V. dém., ceux-ci, ceuxlà. celles-ci. celles-là.
Che-ti cm, ou Che-ti i.o, ou C.ue-ti loi,, pr. dém., celui-ci, celui-là.
Cheu, pr. dém., ceux; lém. pi., chea.'use.s, celles. Cheuï, s. m., sureau, sambucus nigra.
('hicatrer, V. a., couper sans soin, taillader. Chicatrl're, s. f., blessure, plaie ouverte par un instrument tranchant.
Chiferne, s. f., rhume de cerveau; H o le chiferne. Voy. Enchifernure.
CuiGON, s. m., laitue romaine, lactuca sativa.
Ciiiisientiére, s. f., cimetière, vx; on dit plus communément Chimetiére.
Chimette, s. f., rejeton d'un chou dont la tête a été coupée.
Chinoir, s. m., tablier.
Chion, s. m., petite baguette, branche d'arbre très flexible, scion.
Chionner, V. a., frapper avec un chion.
Chipoter, v. n., chicaner en marchandant; — fig., agacer, taquiner.
Chipoteu, oire, s. m. et f., celui, celle (|ui chipote.
Chique, s. f., gros morceau de pain ou de viande; que chique é -de pain qu'i' menchel
Chiquer, v. a., manger beaucoup et goulûment.
Chiquet, ette, s. m. et f., petit morceau de pain ou de viande.
CniQUETER, V. a., couper par petits morceaux; — fig., frapper, donner des coups.
Chiroter (se), v. pr., se dit d'une jeune fille ou d'une jeune femme qui prend beaucoup de soin pour sa toilette et qui lisse soigneusement ses cheveux.
Chirou, s. m., sirop.
Chite, s. m., cidre.
Chitroule, s. f., citrouille.
Choque, s. f., bûche, souche; — tig., i)ersonne bornée, peu intelligente.
Choquelet, s. m., copeau, petite souche; — fîg., têtu, ch'est un crai choquelet.
Chouette, adj., de première qualité, excellent, chic, chenu.
Chuc, s. m., suc, sucre.
Chucher, v. a., sucer.
Chucheu, s. m., qui cherche à se faire payer à boire et à manger, parasite.
Chuchon (foire à), Ioc. adv., se dit de deux petits laboureurs qui s'associent pour cultiver avec le cheval que chacun d'eux possède; — fig., vivre en concubinage.
CnucnoNNER, v. n., être associé pour labourer à cliuchon.
Chuchou, s. m., morceau de toile que l'on donne à sucer aux petits enfants ([ui ne sont plus au sein ou que l'on veut sevrer.
Churchin, s. m., résidu de blé ou de paille qu'ont produit les souris en rongeant; désigne aussi l'odeur ((ue répand ce résidu; a sent le churchin.
Churchinè, adj., rongé par les souris.
Churquette, s. f., piège à souris, souricière.
Cm, s. m., ciel, cieux.
Clabeu, eusse, s. m. et f., celui, celle qui a l'air triste, taciturne, par suite de maladie, d'indisposition ou de contrariété.
Clabeuder, v. n., bavarder, clabauder.
Clacander, v. n., se rendre de maison en maison pour bavarder ou apprendre une nouvelle plus ou moins scandaleuse; propager un faux bruit.
Clacart, s. m., mauvais bruit portant atteinte à l'honneur ou à la réputation de quelqu'un, qui éclate à l'imprévu et se propage avec rapidité; il o ieu da le temps un clacart.
Claineville, s. f., perquisition faite dans différentes maisons pour la découverte d'objets volés.
Clairtè, s. f., clarté; à le clairtè del lunne.
Clamp, s. m., petite perche posée sur les chevrons des toits couverts en chaume; bâton qui sert à faire une haie, une claie, etc.
Claque, s'emploie dans la locution ; prenne ses clique et ses claque, pour prendre son bagage et s'enfuir.
Claquesinf.r, V. a., frapper légèrement avec le plat de la main, donner do peliLes claques.
Clate, s. m,, partie de la maçonnerie d'une cheminée qui est visible à l'endroit du foyer; plaque de cheminée; le foyer lui-même; — adj., terre compacte, froide, humide.
Clerc, s. m., maître d'école, vx.
Clergie, s. f., clergé, vx.
Cleu, s. m., clou, furoncle,
Cleuter, V. a., clouer.
Cliché, s. f., petite harl très mince que l'on emploie pour fabriquer les balais; planchette de bois qui sert à la confection des tamis, éclisse.
Clichou, s. m,, noyau de fruit.
Cliclac, s. m., jouet en écorce produisant un bruit
semblable à celui (jue font les castagnettes. (V. 3" part., p. 31.) Clicoter, V. a., cliqueter, agiter le cliquet. Clique et ses claque (prenne ses), loc. signifiant partir précipitamment lorsque l'on vous a dit des choses désagréables auxquelles on n'a rien à répondre, et que l'on craint d'en entendre davantage en restant. Cliquet, s. m., loquet, targette, clenche; on dit qu'un cheval menf/e du cliquet lors(iu'il reste longtemps attaché à la porte d'une auberge ou d'une maison sans avoir de quoi repaître, tandis que son maître se divertit à l'intérieur.
Cliquette, s. f., petite targette.
Cloie, s. f., claie.
Clongnari), oire, s. m. et f., celui, celle qui regarde en dessous.
Clongne ou Clonne, s. f., cheville qui sertà tourner le BRÉLom (V. ce mot) pour enrouler le câble derrière un chariot ou une voilure chargée de récoltes ou de fagots.
Clongner, V. a., regarder de côté, de travers, en dessous.
Cloyonnache, s. ni., action de cloyonnkr.
Clovonner, y. a., entrelacei* le bois d'une haie en l'orme de claie.
Cloyonnure, s. f. V. Cloyonnaciie.
Co, s. m., chat.
CocARD, s. des 2 g., qui n'est ni mâle ni femelle.
CocARDiEU, s. m., giroflée quarantaine, matthiola incana et annua, julienne, liesperis matronalis.
Cochet, s. m., râteau à dents de bois qui sert pour recueillir les tiges de blé, de fourrage, etc., épars dans les champs ou dans l'aire de la grange.
Coco, s. m., niais, fat, pou déluré, ch'est un bien coco.
CocoNGNiER, s. ui., co((uetier; marchand qui passe dans les villages pour acheter des œufs, des poules, des pigeons et toute espèce de volailles qu'il expédie ensuite à- Paris; ces marchands faisaient autrefois usage d'une hotte; aussi, dit-on de celui ou de celle qui n'a pas de mollets : il o des mollets de cocongnier, elle fiente à ne quéro point desur, la fiente ne tombera point sur ses mollets.
CocoRNU, s. m., hibou moyen-duc; — fig., homme bizarre, original, singulier.
CocoTE, s. f., casserole en terre ou en fer; — poule naine.
CoDACHER, V. a., se dit du cri d'une poule qiutnd elle vient de pondre ou lûrsfju'elle est effrayée; on le dit
aussi du coq; c'est une onomatopée : cod! codl codache! — fig., se dit des personnes qui crient en parlant.
CoDiN, S. m., dindon, coq d'Inde; V piétinne comme un codin.
CoDiNNE, s. f., dinde.
Cœuche, s. t'., chaux; — pi., bas, chaussons, chaussettes, vx.
Cœuche-pied, s. m., chausse-pied, mais on désigne plus souvent cet instrument sous le nom de corne.
Cœucher, V. a., chausser.
Cœuchie, s. 1"., chaussée, route, chemin, el cœuchie de Roye, ancienne voie romaine de Noyon à Amiens, passant par Roye.
Cœucœu, s. m., nom donné aux ongles du porc lorsqu'ils sont séparés des pieds après que le porc a été grillé; les enfants aiment à en sentir l'odeur.
Cœuchon, s. m., chausson, — tarte aux pommes.
Cœuchure, s. f., chaussure.
Cœudière, s. f., chaudière.
Cœudron, s. m., chaudron.
Cœufour, s. m., four à chaux, chauffour.
Cœufourgnier, s. rn., chauffournier.
Cœup, s. m., coup.
Cœuque, s. f., volée de coups.
Cœuquoire, s. f., toupie qui, en tournant, change fréfiuemment do place comme par saccades et fait sortir les autres du rond.
Cœurfalli, s. m., paresseux, fainéant, sans courage au travail.
Cœusse, s. f., cause; À cœusse, loc. adv., pourquoi, pour quelle cause.
Cœut, adj., chaud, chaude.
Cœute, s. f., chaude, prenne enne cœute, prendre une chaude, se chauffer pendant quelques instants à un feu vif.
CoFiN, S. m., étui en bois où l'on enferme des aiguilles et des épingles.
Coi (au), loc. adv., à l'abri de la pluie ou du vent; ironiq., il est au coi de ches nuée, se dit de celui qui est sans abri; — fig., se dit de quelqu'un qui est en prison : il est au coi pour un bout, il est enfermé pour quelque temps.
CoïEu^ s. m., extrémité inférieure de chaque chevron formant saillie en dehors de l'aplomb du mur pour rejeter les eaux en avant.
CoiNE, s. m. (et non couenne), vient de coïon et signifie poltron, peureux, lâche; rester coine, demeurer interdit.
CoiR, adv., encore.
CoiRioN, s. m., cordon, vx.
CoisiR, v. a., choisir.
CoiTiR (se) (coua-tir), v. pr., se cacher, se blottir.