V. ACOITIR
CoKiACOu, s. m., chant du coq (onomatopée); le coq lui-même.
Colas, aphérèse de Nicolas; autrefois, on disait
COLOS.
CoLASTiQUE, aphérèse de Scolastique, nom de femme.
CoLÉRiEU, lEussE, S. m. et f., celui, celle qui est porté à la colère, colérique,
CoLET, s. m., espèce de chou.
CoLiCHER, V. a., flatter, amadouer; — v. pr., se faufiler, se glisser sans bruit.
CoLiDOR, s. m., corridor.
Colin, s. m., flatteur, cajoleur, câlin.
CoLLNER (se), v. pr., se glisser doucement à la façon des couleuvres.
CoLiPE, s. f., colique.
CoLLURE, s. f., bourde, mensonge, fausse promesse.
Comme, s. m., gros cordage dont on se sert pour maintenir les gerbes placées sur une voiture, câble; — faîte d'une maison, d'un bâtiment; — adj., comble.
Commission, s. f., affaire quelconque et plus souvent emplette qu'on fait soi-même, je m'en vo foire mes commission, c'est-à-dire, je vais acheter ce dont j'ai besoin, — je vais parler à M. un tel, etc.
CoMPOSEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui se montre parcimonieux, chiche, qui regardée la moindre chose avant que d'agir et ne prend de décision que s'il y trouve un avantage certain.
CoMPOU, s. m., compost.
CoMPRENDoiR, S. m., esprit, intelligence; (' n'o point de comprendoir, il ne comprend pas.
CoMPROu, s. m., couperose verte.
CoNFiTÉBOR, s. m., sccoud chantre placé à gauche du lutrin, ainsi nommé de ce qu'il entonne le Confiiebor aux vêpres.
GoNFOuRER, V. 11., éprouver une très grande chaleur.
CoNSENTU, participe passé du verbe consentir; il o consentu à venir.
GoNSiLLEU, s. m., conseilleur.
GôNSNiQUE (en), loc. adv., en réalité, en conscience.
GoPER, V. a., couper; Vu est supprimé dans tous ses dérivés.
GopÉRE LARiou, S. m., compêre loriot, or/o/ws ^a/bula; —orgelet.
CopiEU, s. m., copeau.
GoQUET, s. m,, sorte de barrique où l'on met les harengs salés, caque; os est épressè comme des héreng d'en coquet.
GoQUiLE, s. f., mâche, plante que l'on mange en salade; c'est la valerianella olitoria des botanistes.
CoRDELER, V. Corder.
CoRDELET, s. m., corde qui sert à attacher ou à conduire les vaches.
Cordelette (à se), loc. adv., à son compte, conserver pour soi les bénéfices; on dit de deux ménages qui habitent la même maison qu'ils sont chacun à leur cordelette s'ils ne font pas bourse commune.
Corder, v. n., être bien avec quelqu'un, s'accorder.
CouDiEU, s. m., guides pour diriger les chevaux.
CoRGNOLE, s. f., cornouille; on répond à celui qui vous ennuie par de sots discours : des corgnole blettes!
CoRNARD, adj. et s. m., pensif, morne, sournois.
Corne, s. f., chausse-pied, de ce que cet instrument est fait d'une corne de bœuf.
Corneile, s. f., désigne aussi bien le corbeau que la corneille.
Corniller, s. m., cornouiller; — nom d'un lieudit situé entre le bois d'Hanon et le chemin de Moreuil.
CoRNiLLÉRE, S. f., endroit où s'assemblent les corbeaux pour passer la nuit surtout pendant l'hiver.
CoRNOiRE, f. de CoRNARD, 56 dit d'une femme sournoise, qui boude pour un rien.
CoRPORANCE, s. f., corpulcuce.
Corrompu, usse, p.p., s'emploie substantivement ; celui, celle qui se comporte mal, qui a des vices, qui cherche à tromper; V n'est point corrompu, il n'est pas malin, il est naïf.
Corse, adj., ête bien corsé, avoir le corps bien fait.
Cosse, s. f., chose; courtes cosse, petite pâtisserie faite avec des œufs et de la farine que l'on réduit en menues boules et que l'on fait cuire dans du lait.
Cosso, s. m. pi., colza.
CoTRON, s. m., toute espèce de jupon.
Cou, s. m., coq.
Coucou, s. m., T^rime\ èr e, primula veris.
Couenne, s. f., la peau du porc raclée, comme en français; on dit familièrement à celui qui se rase : tu te gratte el couenne.
CouET, s. m., vase en terre cuite qui sert à faire le pot-au-feu.
CouiLLER, s. m., collier.
CouiLLON, s. m., lâche, poltron.
CouiLLONNATE, S. f., plaisanterie, raillerie; tu nous conte des couillonnate.
CouïoussE, s. m., poltron, peureux, indécis.
Couloir, s. m., passoire, couloire.
CouLOTTE, s. f., diminutif de coidou.
CouLOu, s. m., petite rigole servant à l'écoulement de l'eau ou du purin.
Coupe (à) ou mieux A cope, loc. adv., à point, à propos ; ('arrive ù, cope.
CouPELET, s. m., sommet, cîme, tête d'un arbre; au coupelet d'un arbre, d'une maison, etc. ; — à coupelet, plus que comble.
CouRLOUROU, s. m., petit courlis, de la famille des échassiers longirostres.
CouRPOiNTE, s. f., courte-pointe.
CouRTÊs-BOTTE, S. m., homme de petite taille.
CouRTiL, s. m., jardin, vx.
Cousin, s. m., a la même acception qu'en français, mais il a, de plus, le sens d'ami; — V sont cousin, V ne sont point tout à foit cousin, dit-on de deux individus qui sont bien ensemble — ou qui ne se parlent pas.
CousiNNE, s. f., cousine; ce mot ne s'emploie que lorsque l'on parle de sa cousine; ch'est me cousinne, ou lorsque l'on parle de la cousine d'une autre personne, ch'est se cousinne; mais, quand on s'adresse à sa cousine elle-même, on croirait lui manquer si l'on ne disait ma cousine, comme en français.
Cousisse, s. m., terme familier signifiant cousin.
Coûte, s. m., contre, fer adapté en avant du soc de la charrue.
CouTiEu, s. m., couteau; — rayon de cire et de miel formé par les abeilles dans la ruche; — plume de volaille qui se développe sur les ailes; — pumme à coutieu, pomme de dessert.
Couver, v. a., action de se chauffer à l'aide d'un couvet.
Couvert, s. m., couvercle.
Couverte, s. f., couverture de lit en laine ou en coton, que l'on place sous la courte-pointe.
CouvET, S. m., pot en terre cuite servant de chaufferette pour les femmes; l'usage de cet ustensile tend à disparaître depuis que l'on ne se sert presque plus de la tourbe; les jeunes gens prenaient plaisir autrefois à lancer des plumes ou des brins de laine sur les charbons des couvets afin de jeter l'alarme parmi les femmes qui, en sentant l'odeur des plumes ou de la laine brûlées, se figuraient que leurs jupons prenaient feu.
Couvis, adj., œuf dans l'incubation; — fig., s. m., homme sans énergie, endormi.
CouvoiRE, s. f., poule qui couve.
CouvRiNNE, s. f. pi., semailles d'automne.
CoYETTE (À le), loc. adv., doucement, sans bruit, en tapinois; aile marche à le coyetie.
Cracou, s. m., écrouelles; il est mie à cracou, il est couvert d'écrouelles.
Craintiu, iusse, adj,, craintif.
Cramillie, s. f., crémaillère.
Crâne, s. m., fier, faquin; ch'est un crâne, il est bien habillé; — adj., beau, bon, fameux, remarquable, de choix; ch'est du crâne chite, ch'est un crâne outiu.
Crankegni, s. m., clématite des haies, clematis vitalba, viorne, viburnum lantana.
Cranque, s. f., crampe.
Crape, s. f., saleté, crasse, ordure qui s'amasse sur différentes parties du corps.
Craper (se), V. pr., se couvrir de saletés, de crasse.
Crapeu, s. m., crapaud; — fig., terme employé pour réprimander de jeunes enfants; — s. m. pi., tumeur qui se forme sous les pieds des ânes; — fig., se dit de celui qui marche difficilement.
Cravate, s. m., même acception qu'en français.
Est bieu Un cravate à nou vieu.
Est genti Un cravate à nou berbi.
J'ai entendu chanter dans mon tout jeune âge quelques fragments d'une chanson burlesque qui avait trente-deux couplets; elle était due à un Démuinois de mes parents; malgré toutes mes recherches, il m'a été impossible d'en découvrir le texte. Dans cette chanson, composée à l'occasion d'un mariage, chaque invité faisait connaître le présent ciu'il avait offert aux jeunes époux; l'un disait :
Jé i ai baillé un neu capieu E-que j'ai avin dé desur non four;
un autre :
Je i ai baillù un blanc cravate ; r n'y avoi bien enne taque, Mais j'el l'ai lavée à le flaque.
Créance, s. f., croyance, foi; H est de dure créance.
Crécret. s. m., chétif, débile, petit, maigre; ch'est un méchant crécret.
Cren, s. m., entaille, cran, fente.
Créner (se), V. pr., se gercer, se fendiller.
Crenquelè, adj., dentelé, qui a des crans.
Creuter, V. a., creuser, faire des trous dans la terre.
Cricri, s. m., grillon, cigale; — fig., personne de petite taille; ch'est un méchant cricri.
Crier, v. a., outre les acceptions (lu'il a en français, il signifie réprimander, gourmander, V crie toujours après mi.
Crigner ou Crengner, y. a., grincer, crisser; s'emploie dans cette locution : crigner les dent, V cringne les dent.
Crignon, s. m., grillon, cigale; — fig., s. m. pi., souci, peine, chagrin, inquiétude : il o des crignon da se tête.
Crique, s. m., homme de petite taille, synonyme de Crécret. (V. ce mot.)
Crochon, s. m., maillet de bois qui sert à lancer une
boule de bois placée sur enne enbelle (V. ce mot.); juer au crochon.
Crocro, s. m., cartilage du nez.
Croisette, s. m., premier livre que l'on donnait aux enfants pour apprendre l'alphabet et commencer à épeler; on nommait ainsi ce petit livre de ce qu'une croix était figurée en tète de la première page.
Croquer (se), v. pr., se formaliser, se choquer, être froissé, se montrer susceptible.
Croquet, s. m., croc en fer à deux branches recourbées assujetti à un manche en bois, et qui sert à enlever le fumier des étables ou de la voiture à fumier ; on dit toujours un croquet àfummier.
Croquiller, V. a., donner de petits coups de dents, croquer.
Crugnou, s. m., croûton; un crugnou de pain.
Cuirassier, s. m., se dit de celui qui fait des cuirs en parlant : fai-t-étè à Moreul.
Cuisiou ou Cuisou, s. m., noyau de fruit, amande.
Culotte, s. f., a la même acception qu'en français; — fîg., ribote, excès de boisson.
Curatier, s. m., clérical, laïque qui fréquente les curés.
CuTRONNÈ, s. m. pi., cabrioles que font les enfants sur l'herbe.
Cuvelette, s. f., petite cuvelle.
Cuvelle, s. f., petite cuve.
Cuveron, s. m., cuvier.
D a la valeur du i quand il est précédé de a, atverpe.
Da, pr., dans; da vou maison.
Dac (à), loc. adv., s'emploie dans celte phrase :
V pieu à dac, il pleut à torrents; on disait autrefois :
V pieu à die et dac, par onomatopée du bruit que produit une forte pluie.
Dachette, s. f., petit clou à lête large employé pour ferrer les souliers; —bouton ou petite tumeur sur la peau.
Dada, s. m., mot enfantin désignant le cheval.
Dadéle, s. f., femme naïve, niaise, crédule à l'excès. . Dadelin, Dadelou, s. m., simple d'esprit, benêt, niais, dadais.
Dalue, s. f., même acception (|ue Dadéle.
Dame (dam-me), s. f,, femme, la maîtresse de la maison; un mari dit en parlant de sa femme : now dame.
Dammache, s. m., dommage; — cli'est moins dammache, loc. adv., ce n'est pas étonnant; on dit à un jeune homme qui se rend très fréquemment dans une maison pour faire la cour à une jeune fille : moins dammache é-que tu vos toujours da le moison lo, ce qui signifie, je m'explique maintenant, je comprends à présent.
Danger, s'emploie dans cette locution : V n'o point danger, il n'y a pas de différence, peu importe, l'un ou l'autre; — loc. adv., i' n'o point de danger, certainement, assurément, i' n'o point de danger que J'y coiche, je me garderai bien d'y aller.
Dare, s, m., faux, vx.
Darin, INNE, s. m. et f. et adj., dernier, dernière, vx.
Darinnement, adv., dernièrement, vx.
DÉ, cette syllabe, qui s'ajoute à un plus grand nombre de verbes qu'en français, indique l'idée d'une réduction, d'un changement de forme ou d'action; elle s'allie d'une manière plus ou moins capricieuse, et elle est tantôt oppositive, tantôt augmentative, tantôt soustractive, démenger, dégomir, déneiger, déboissier, détasser.
Débalation, s. f., en désordre; tout est à le déhalation, tout s'en va à la dérive, à la ruine.
DÉBAPTISIER (se), V. pr., se défendre vivement d'une chose dont on est accusé, se débattre.
DÉBARBER, V. a. et pr., raser, se faire la barbe.
DÉBARRÈ, p. p., se dit d'un ciel débarrassé de nuages en forme de barres.
DÉBiLLER, V. a. et pr., déshabiller, se déshabiller.
DÉBisTRAQUE, adj., en mauvais état, mal arrangé, débraillé, difforme.
DÉBLAI, s. m,, débarras; on dit de quelqu'un de gênant qui s'en va : Sanctè boin Déblai.
DÉBLOUQUER, V. a., dégager l'ardillon d'une boucle.
DÉBOISSIER, V. a., baisser le niveau du sol.
DÉBOULER, V. a., tomber en roulant comme une boule, — détaler, s'enfuir, quitter la place avec précipitation.
Débrigandè, adj., mal mis, débraillé.
DÉCAFLOTER, v. a., enlever l'enveloppe d'une noisette, d'une noix, d'une châtaigne, décoiffer.
DÉCAiRiicR, V. a., se dit d'une voiture qui ne reste pas bien dans la voie, qui va d'un côté et de l'autre; —
— fig,, s'égarer.
DÉCANGER, V. n,, annuler un échange.
DÉCANILLER, V. a. V. ÉCANILLER.
DÉCARCASSER, V. a., battre quelqu'un avec une telle violence qu'on semble vouloir lui rompre les os; — V. pr., tombei; à terre à se briser les os.
DÉCARER, V. a., prendre la fuite, décamper, détaler.
DÉGAROTER, V. a. V, ÉcAROTER.
DÉCATORNER OU DÉCANTOURNER (sE), V. pr., changer de chemin, faire un détour surtout dans le but d'éviter une mauvaise rencontre.
DÉCAVELÈ, adj., éclievelé.
DÉCESSER, V. n., cesser; V ne cesse, V ne décesse, dit-on de celui qui parle beaucoup ou d'un ivrogne qui boit constamment.
DÉCHEPER, V. a., débarrasser un cheval ou une vache qui s'était laissé entraver.
DÉCHOQUELER, V. a., séparer, diviser, débrouiller.
Déchoucheler, V. a., désensorceler.
DÉciTE (ETE DA LE), loc, être indécis, n'avoir pas encore pris de parti.
Déclaquer, v. imp., tomber à verse, en parlant de la pluie; — v.pr., se laisser tomber à terre lourdement;
— V. a., ])arler sans ménagement; ilo déclaquè un bieu complimen, il a dit des choses désagréables; dire tout ce qu'on a sur le creur.
Décleuter, v. a., déclouer.
Décœurè, p. p., défaillant, qui a un grand besoin de manger.
Déconforter (se), v. pr., s'affliger outre mesure, perdre l'espérance.
Décordeler, v. a., déficeler, enlever les ficelles qui maintiennent un paquet.
DÉCRAMPiR (se), v. pr., se délasser, s'étirer les membres.
DÉCRAPER, V. a., enlever la crasse, la saleté, la crape, nettoyer,
DÉCRUDiR, V. a., tiédir, rendre moins cru, moins froid, en parlant d'un liquide.
DÉCULOTTER, V. a. et pr., se dit d'un mari qui se sépare de biens d'avec sa femme pour éviter d'être poursuivi par ses créanciers.
DÉDEULER (se), V. pr., quitter le deuil.
DÉDIRE, V. a., parler sans cesse; V ne dédi, il parle constamment; — i' ne di, V ne dédi, il ne dit ni oui ni non; — v. pr., appliqué aux animaux et aux plantes, il signifie cesser de croître ; ches blè i' se dédite.
DÉDONNER, V. a., reprendre ce que l'on a donné; ne s'emploie que dans cette locution : O donne et pi o dédonne, on donne d'une main et l'on reprend de l'autre.
DÉDRUiR, V, a., éclaircir des légumes ou autres plantes qui sont trop drus.
DÉFACER, V. a., effacer.
DÉFENDU, p. p., impossible; est défendu, on est hors d'état, dans l'impuissance de faire telle chose.
DÉFENOuiLLER, V, a., enlever les mauvaiscs herbes ;
— fig., débarrasser, débrouiller.
DÉFENSE, s. f., a les mêmes acceptions qu'en français et signifie, de plus, petite fosse ouverte à l'entrée des sentiers dans les prés ou dans les champs pour indiquer qu'il est fait défense d'y passer à l'avenir jusqu'au moment où les récoltes seront coupées.
Défiler, v. n., perdre ses forces, ses facultés, finir, terminer, mourir.
Définir, v. a., finir, terminer, V ne définit dé rien.
DÉFiQUER, V. a., arracher un objet qui est enfoncé;
— fig. et ironiquement, on dit défiquer un complimen pour faire des reproches, réprimander.
DÉFLAQuiR, V. a., équarrir un arbre avant de le débiter.
DÉFLÉPÈ, S. m., se dit de celui qui porte des guenilles et, par extension, de celui qui est ruiné; — p. p., déchiré, effilé, usé, à l'état de haillon, en parlant d'un vêtement, d'une robe.
Dkfoire (se), V. pr., se suicider, se détruire.
DÉFORURE, s. f. pi., gerbées que les moutons ont épluchées et que l'on retire de leur crèche pour faire de la litière aux chevaux et aux vaches.
DÉFRAiTiER, v. a., défrayer, payer les frais occasionnés par un autre, l'indemniser de ses déboursés.
DÉFRÉCHiR, V. a., défricher.
DÊFRÉCHis, s. m., terre défrichée.
DÉFRENCHER, V. a., défrouccr.
DÉFRIPER, V. a., enlever les mauvais plis d'un vêtement, d'un linge fripé.
DÉFULER, V. a. et pr., décoiffer, ôter sa casquette, son chapeau, son bonnet, saluer, faire tomber le chignon d'une femme.
DÉFULURE, s. f., action de défuler.
Défusquiner, V. a., dérober, voler.
Dégambillonner, V. a., se dit des tout petits enfants qui agitent leurs jambes lorsqu'on les emmaillotte; — V. pr., courir d'une façon quelque peu grotesque.
DÉGATOUILLER, V. a., chatouiller.
DÉGATOuiLLEU, EUSSE, S. m. etf., seusiblc au chatouillement; — qui aime à chatouiller; pour cette acception, le fém. est dégatouilloire.
DÉGEU, s. m., dégel.
Dégigongneu, s. m. , dégoûté, difficile, naquecieu (V. ce mot).
Déglicher, V. a., glisser, incliner.
DÊGOMiR, V. a., vomir.
DÉGOTÈ, ÉE, s. m. et f. et adj., malin, spirituel, fin, rusé.
DÉGOULINER, V. u., couler goutte à goutte, lentement, le long de quelque chose, par exemple dans le dos, sur la figure.
DÉGOÛT, S. m,, mauvais goût; on dit d'un mets, d'une boisson : ?'' n'o point de dégoût, a' n'o point de dégoût, pour il n'a pas mauvais goût, il est i>assable.
Dégover, V. a., élargir l'ouverture d'un vêtement, principalement le col d'une chemise.
DÉGRAPPÈE, adj., femme stérile.
DÉGRATIN ER, V, a., égratigner; — laliourer fort légèrement la terre.
DÉGRATTER, V. 8., gratter la terre.
Dégribouler, V. a., dégringoler en roulant.
DÉGRiFER, V. a., égratigner.
DÉGRILLER, V. n., diminuer, glisser, tomber dans l'infortune.
DÉGRiNCHER, V. a., salsir, prendre un objet accroché hors de portée.
DÉGROULER, V. a., tomber en glissant, en roulant, glisser.
DÉGUISER (se), V. pr., se travestir, se ma.-quer pendant le carnaval.
DÉHERNiQUER (sE) OU DÉHAiRNiQUER, v. pr., sc dépêtrer, sortir d'un mauvais pas, d'un endroit difficile, se déshabiller; — v. a., ôter, défaire des harnais ou des vêtçments.
DÉHEUTER, V. a., creuser la terre; se dit j articulièrement des porcs qui enlèvent les pavés de leur étable avec le groin; V /eut féronner vou cochon pace g u'V déheute.
DÉHOQUER, V. a., décrocher.
Dehors, adv., s'emploie très fréquemment pour annoncer que quelqu'un est absent de sa maison et qu'on ne veut point faire connaître où il est : You qu'il est ten père? —Il est dehors. Lorsqu'il est allé dans un pays voisin, on dit : il est en voyage.
DÉnoTER, V. pr., ôter son ahotoir (V. ce mot), faire retomber sa blouse mise en forme d'ahotoii-.
DÉJO, adv., déjà; outre l'acception qu'il a en français, ce mot signifie aussi pourtant, cependant; tu n'es déjo point si malin.
DÉJOUQUER, V. a., faire descendre les poules de leur juchoir; — abattre adroitement une chose; — fig., réveiller, faire lever un paresseux qui est au lit; à le déjouque, de grand matin, au saut du lit.
DÉKERPiLLER OU DÉCAiRPiLLER, V. a., démêler, effiler; — v. pr., se démener, faire tous ses efforts pour se retirer d'un endroit où l'on est tombé; — fig., se tirer d'embarras.
DÉKERQUER OU DÉCAiRQUER, V. a., décharger.
Dékeucher, V. a., déchausser; — se dit aussi des chevaux qui perdent leurs premières dents.
DÉKEUS (a pied), loc. adv., à pieds nus; — pied dékeu, s. m., homme tellement misérable qu'il n'a point de chaussures.
Delà, loc. adv., au delà; il y a à Démuin la rue au delà ieu, de l'autre côté de la rivière; — il y a aussi la sole delà lez hou, au delà et près du bois.
Délamenter (se), v. pr., se lamenter, gémir, se plaindre en pleurant.
DÉLIBÉRER, V. a., délivrer, faire sortir.
DÉLicoTÈ, p. p., qui prend ses ébats, cheval en liberté qui se livre à toute espèce de sauts ; — enfant qui court, gambade et saute dès qu'il n'est plus sous aucune surveillance; — s. m., éveillé, dégourdi, gaillard.
DÉLicoTER, V. a., débarrasser un cheval de son licol.
DÉLOCHE (Jacque), S. m., s'emploie dans cette locution : Prenne Jacque Déloche pour sen procureu, déloger, fuir, partir au plus vite.
DÉLOQUETÉ, s. et adj., déguenillé, couvert d'habits troués et rapiécés.
DÉLOYER, V. a., délier, dénouer.
DÉMÂCATiF, adj., qui produit le vomissement, qui est difficile à digérer.
DÉMAGANDER, V. a., démonter, disloquer.
DÉMANDELER, Y. 3., démembrer, démonter.
DÉMANGLER, V, 3., démaillottcr, défaire.
DÉMÂQUER, V. a., vomir; — se dit aussi d'une gouttière d'où s'échappe beaucoup d'eau en temps de pluie ; — fig,, injurier.
DÉMÂQUEU, oiRE, S. m. etf., celui, celle qui vomit; — fig., qui dit de grosses injures.
DÉMÂQUis, s. m., ce qui a été vomi.
Démâquoirer, V. a., porter des coups sur la mâchoire de quelqu'un à la lui démonter,
Démarer, V. a., sortir, partir, quitter l'endroit où l'on se trouve; lorsque quelqu'un dit, démarons (des marrons), on ne manque jamais de répondre des catinne (des châtaignes).
DÉMAZENGUELER OU DÉMAZENGLER, V. 3., démonter,
démantibuler, disloquer, démembrer.
DÉMÉFIER (se), V. pr., se méfier, se défier.
DÉMENGEURE (déminjurj, s. f., démangeaison.
DÉMETTRE (se), V. pr., se mettre à la pluie, en parlant du ciel; l'Assomption {ou mieux la Vierge) remet ou démet che temps; les loustics ajoutent : ou bien aile le laisse comme il est.
DÉMÉTURE, S. f. pi., habits hors d'usage que l'on donne aux pauvres ou qu'on ne met plus.
Demeure, s. m., appartement, pièce d'une maison; maison à deux, à ir^ois demeure, maison qui se compose de deux ou trois pièces.
DÉMIANNER, V. 3., déchirer, arrscher; il o démiannè sen patalon, — se rouillére.
DÉMicoRDER (se), V. pr. , se mettre à la pluie, en parlant du ciel.
DÉMISSE, s. f. pi., habits usés; objets hors d'usage.
DÉMITE, interj., juron; que démite! quel démon!
DÉMORTIR, V. n., se dit de la terre qui se transforme en mortier lorsqu'il dégèle.
DÉMOYER, V. a., démonter une meule de récoltes, de fagots.
DÉMUGHER, V, a. et pr., découvrir, enlever ce qui couvre quelqu'un ou quelque chose.
Denguer (envoyer), loc. employée pour envoyer promener quelqu'un qui vous importune; — lancer.
DÉNICHÉ, ÈE, s. m. et f. et adj., vif, éveillé, avisé, futé, plein de malice; ch'est un déniché.
Dentier, v. a., taquiner, agacer, irriter, défier.
Dentieu, ioire ou ieusse, s. m. et f., celui, celle qui taquine, qui fait endêver quelqu'un.
Dépelater, v. a., écorcer, enlever la pelure.
Dépendeu, oire, s. m. et f., celui, celle qui dépend une chose; — fig., grand dépendeu d'andoule, homme mince et de haute taille, qui peut aisément décrocher une andouille avec la main; les andouilles sont presque toujours suspendues aux soliveaux de la cuisine.
Depi, prép., depuis; é-depi que fo 'tè en pension, tu pa'le français; il en est qui délaissent aisément le patois, n'auraient-ils été absents de leur village que pendant quelques semaines. J'ai connu une jeune personne qui disait avoir été six semine à Chirij avec sa cousine germine; elle avait francisé Quiry-le-Sec, village du canton d'Ailly-sur-Noye; le surnom de Chiry lui est resté.
Dépicher, v. a., dépecer, mettre en morceaux, arracher.
Dépiéter, v. a., enlever la terre au pied d'un arbre, mettre les racines à nu.
Déplummer, v. a., plumer.
Dépointer, v. a., prendre un marché de terre en offrant un prix plus élevé que celui du précédent fermier, et sans le consentement de ce dernier.
Dépointeu, s. m., celui qui a pris la terre ou la ferme d'un autre fermier ; autrefois, le dépointeu était en butte à mille tracasseries de la part du dépointé, qui, avec ses parents et ses amis, essayait de ruiner celui qui l'avait dépossédé; ses instruments aratoires étaient sciés pendant la nuit, ses œillettes renversées
par un rouleau, ses blés coupés h la hauteur des épis au moment de la floraison, ses meules, ses granges, sa maison incendiées...
DÉPORTER (se), V. pr,, se dédire.
DÉQUEUTE, V. a., découdre.
DÉQUiNNER ou DÉQUiNER, V. a., déchaîner.
DÉRACER, V. n., dégénérer, ne pas ressembler aux membres de sa famille.
DÉRAQUER, V. a., tirer d'un bourbier, d'une raque.
DÉRENG, s. m., ligne réelle formant limite.
DÉRENGUER,v. a., ramasser les tiges de blé ou autres récoltes derrière un faucheur pour les mettre en javelles,
DÉRENGUEU, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui relève les tiges de blé.
DÉRÉsouDE, V. n., changer de résolution.
DÊRÉsous, p. p., qui a changé d'avis, de résolution.
DÉRiNGOLER, V. a., dégringoler.
DÉROiMEN, s. m., action de déroyer (V. ce mot); dernier sillon tracé.
DÉRONDiR (se), V. pr., perdre par la digestion l'embonpoint produit par suite d'un bon repas.
Déroquer, v. a., écraser des mottes de terre.
DÉROTHÈE, n. pr., Dorothée, nom de femme.
DÉROYER, v. a., tracer le dernier sillon.
Deschente, s. f., escalier de cave.
DÉSÉPARER, V. a., séparer.
Deseur (au), loc. adv., au-dessus.
Desous, adv., dessous; —je^er en desous che quin, loc. adv,, lancer un caillou avec la main en décrivant un demi-cercle de l'épaule au-dessous du ventre, par opposition h jeter à le volée (V. ce mot); d'autres prononcent : é-desous ce quin.
Dessapir, v. a,, désaltérer.
Dessaquer, v. a., tirer hors, faire sortir d'un lieu; — V. pr., quitter sa place.
Dessaquf.ter, V. a., tirer d'un sac, vider un sac. Desseuler, V. n., cesser d'être soûl.
Dessineu, s. m., dessinateur.
Dessir, V. a., ôter les pomons (V. ce mot) du pressoir après que le jus en a été exprimé; enlever le linge du cuvier après avoir coulé la lessive, parce qu'on dit assir el lessife.
Dessolis, s. m., dessolure; du bl'e de dessolis. Dessur, adv., dessus, sur.
DÉTAQUER, V. a., détacher, enlever les taches. DÉTASSER, V. a., désentasser; V /eut détasser che forrache.
DÉTEiNNE, V. a., éteindre, déteindre.
DÉTENNE, V. a., détendre.
DÉTENTE, s. f., douleur produite par le froissement d'un muscle.
DÉTENTION d'urine, S. f., rétention.
DÉTEURDE, V. a., détordre.
DÉTEURSE, S. f., entorse.
DÉTIÉDIR, V. n., qui devient tiède, en parlant d'un liquide.
DÉTIQUER, V. a., enlever ce qui était enfoncé; détiquer un piu.
DÉTOMiR, v. a., rendre la circulation du sang à un membre engourdi ; — v. n., faire tiédir un liquide sur le feu.
DÉTORQUER, v. a., eulcvcr le bât à un âne. DÉTOUILLER, v. a., démêler, débrouiller; — fig., débrouiller des affaires.
DÉTOuiLLOiR, s. m., démêloir, peigne à démêler. DÉTRIER, V. a., trier, choisir, séparer les gros des petits, les bons des mauvais.
Deul, s. m., deuil; — fig., il est de deul, il ne réussira pas, il est dedans, il peut en porter le deuil. Deussate, s. f., oseille crue arrangée en salade. Deusse, s. f., roulée de coups, réprimande.
Deusser, V, a., frotter un oignon crû sur la croûte d'un morceau de pain; — flg., réprimander, donner des coups; tu vos te foire deusser.
Deux (foire à), loc. adv., mettre en commun ce que l'on a, ce que l'on possède.
Deux-sou (un), s. m., pièce de dix centimes; on dit aussi un grou sou par opposition à un quiou sou, pièce de cinq centimes.
DÉVALANT, s. m., descente.
Devant, prép., avant; y'e serai arricè devant il.
Devè, p. p. du verbe devoir; V m'a dec'e jusqu'à chent life.
Deviser, v. n., converser, causer; mot d'un emploi fréquent.
Deviseu, oire, s. m. et f., celui, celle c[ui aime causer, qui cause beaucoup.
DÉvoi, V. n., s'emploie dans cette locution : O se coi et pi o se dévoi, aujourd'hui l'on est en bonne santé et demain l'on est malade, — dans l'aisance puis dans la misère, — dans la joie puis dans le chagrin.
Déwaingner, v. a., disjoindre.
DÉWARWIGNER (se), V. pr., faire sortir ses os de leurs cavités; — fig., se démener, courir avec difficulté.
DÉWUIDIER, V. a., dévider.
DÉwuiDioiR, s. m., dévidoir.
Diatermen, adv., beaucoup, en grande quantité.
Diche, 3' pers. du sing. du présent du subjonctif du verbe dire; V feu ioujour qu'i' diche.
DiDET, s. m., doigt, terme enfantin.
DiDi, lE, s. m. et f., qui cause sans cesse, babillard.
Digonner, v. n., bougonner.
DiMENCHE, s. m., dimanche, lonj comme un an de dimenche, en français, long comme un jour sans pain.
DioussE (nom desV. loc. int., sorte de juron atténué par égard pour le précepte religieux.
DiRiE, s. f. pi., bavardages, cancans, médisances, potins.
Discompter, v. n., horloge qui sonne l'heure à la demie ou inversement.
DiTELET, s. m., le petit doigt, terme enfantin,
Diu, s. m., Dieu; ce nom est entré dans la composition d'un certain nombre de noms de personnes; à Démuin, il y a, de temps immémorial, les familles Dieu et Ledieu; à Aubercourt, il y avait la famille Dieuysoit ; ailleurs, Dieuyvoit, Dieuxyvoie, Boyeldieu, de boyaux de Dieu 1 sorte de juron ; — le nom de Dieu se rencontre dans une foule de locutions, qui prouvent combien était vive la foi de nos aïeux.
Diverti, s. m., de bonne humeur, plaisant, gai compère.
DiziEU, s. m., dizeau; on dit d'un homme simple :
V vo tout droit à clie dizieu, Comine el béte d'é-che dimeu.
Dodeliner (se\ v. pr., se balancer de la tète ou des membres, se dodiner.
Dodore, n. pr,, diminutif de Théodore.
DoiRER, V. a., enduire une pièce de pâtisserie avec du jaune d'œuf pour que la cuisson lui donne une teinte dorée.
DoLONG, adv., auprès, contre, à côté.
DoNDON, s. f., s'emploie dans cette locution : grosse dondon, femme grosse et grasse qui ne se fait pas de bile.
Donné (à-), s. m,, généreux, prodigue, qui donne sans compter; ch'esi un à-donn'e.
Donner, v. a., a les mêmes acceptions qu'en français, mais il se dit aussi des vaches qui produisent du lait, nou vaque aile donne bien, el cote a ne donne point tant.
Dorghe, 3*^ personne du sing. du présent du subjonctif des verbes dormir et dorer, i' /eut qu'i' dorche, qu'il dorme ou qu'il dore.
DoREU, EUSSE, S. m. et f. et adj,, celui, celle qui est sensible à la douleur, douillet; — douloureux; — fig., affaire dont le succès est incertain; se dit aussi de celui qui est susceptible, qu'un rien contrarie.
DoRMART, s, ni., qui dort souvent.
DoRMoiRE, adj., s'emploie dans cette locution : el canchon dormoire, la chanson qui endort; — s. f., femme qui aime à dormir, qui dort sans cesse.
DossE, s. f., première planche d'un arbre que l'on débite et qui contient l'aubier, — forme fém, de dos; — signifie aussi dos légèrement voûté.
Dossu, ussE, s. et adj,, celui, celle qui a le dos voûté.
Dou, s. m., dos.
DoucHÂTE, adj., douceâtre.
Douche (à la), loc. adv., doucement, tout doux.
DoucHETTE {x LE), loc. adv., doucement, en tapinois, sans bruit.
DoucHEUR, s. f., douceur, se dit des plumes que les oiseaux déposent au fond de leur nid immédiatement avant leur ponte; ches pinchou V ne seront point longtemps à ponne, V porté le doucheur.
Douillet, adj,, tiède, en parlant d'un liquide.
DouLE, s. f., volée de coups de bâton, rossée, frottée; Véros te duule.
DouLEvÈ, adj., pain dont la croûte supérieure, soulevée à la cuisson, est séparée de la mie.
DouTANCE, s. f,, soupçon, doute.
Drapieu, s, m., drapeau, lange.
Draque, s. f,, betteraves hachées en menus morceaux que l'on mélange ensuite avec de la courte paille ou du son; c'est un excellent manger pour les vaches.
Dravie, s. f., mélange d'avoine, de vesce, de bisailles, de fèves et de seigle que l'on sème au printemps pour être donné en vert aux bestiaux.
Drés, adv., dès, drés le matin; ce mot se prononce comme en français dans cette locution d'un usage à peu près général, que l'on ne manque jamais d'appliquer lorsque l'on voit quelqu'un revêtu de ses plus beaux habits :
Baudot le matin, Bussu le midi, Et corbeau le soir.
Beau dès le matin, — beau sur le midi, — et encore beau le soir.
Driére, prép., derrière; en driére, en cachette, secrètement, sans bruit.
Drine, dim. d'Alexandrine.
Dringuatte, s. f., jet d'eau ou de liquide.
Dringuer, V. a., arroser, inonder, jaillir, éclicher (V. ce mot).
Drinque, s. f., diarrhée; — fig., femme mal bâtie, mal attifée; ch'est enne granne drinque.
Drinsse, s. f., dévoicment.
Drolet, s. m., petit drôle; se dit d'un enfant.
Drolibus, s. m., drôle, drolet.
Droit (au), loc. adv., en face, vis-à-vis.
Drouillate, s. f., excrément liquide.
Brouiller, v. n., avoir la diarrhée.
Drouilleu, eusse ou oiRE, s. m. et f., celui, celle qui a la diarrhée.
Brouillon, s. m., s'emploie dans cette expression : Marie Drouillon, femme malpropre.
Broule ou Brouille, s. f., diarrhée; mou comme del droule; — fig., femme d'une mise malpropre, coureuse, ch'est enne granne droule.
Brusse, adj., fém. de dru.
Buriou ou Burillou, s. m., durillon.
BuRTE, adj., féminin de dur.
E muel pourrait èlre supprimé en picard; aussi, presque tous les patoisants le remplacent-ils à tort par une apostrophe, mais ce système rend la lecture difficile ; cette lettre ne doit pas plutôt s'élider en picard qu'en français.
E s'ajoute dans truelle, treûéle, et se supprime dans aveugle, avule.
E disparaît en règle générale à la 3" personne du pluriel de l'imparfait de l'indicatif et au conditionnel pour les verbes des différentes conjugaisons : ils aimaient, ils finiraient, ils recevaient, ils rendraient, se prononcent : il aimaint, V finiraint, i' rechuvaint, i' rendraint.
L'é fermé du français devient toujours très ouvert en picard à la fin des mots, J'ai dinë, énèe; par contre, l'é ouvert devient fermé, excès, abcès, gène.
L'é ouvert disparaît dans les verbes en eter, je cachte, j'achterai, j'épousste, fèiiqte, fenpaqterai, je feulte, pour je cacheté, j'achèterai, j'époussète, j'étiquete, j'empaquèterai, je feuillette.
L'é ouvert se change en é fermé dans les verbes en eler et dans les finales el, elle, qui font éle.
E fermé s'élide dans ces et des placés devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette, c's ape, c's homme, d's ami, d's hérondèle.
E s'élide dans men, ten, sen lorsque ces trois pronoms sont placés devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette, ra'n onc, Vn homme, s'n épeule.
É fermé prend l'emploi de Va dans année, énèe, de Vi dans diligence, déligence, remplace oi dans oiseau, ésieu, e dans le pronom te, té vlo?
E se supprime dans vieux, pleuvoir, asseoir, qui font viu, pluvoir, assir.
E remplace a dans quelques mots en an : boulenger, menger, o dans clou, loup, éblouir et ses dérivés, moudre et ses dérivés, meure.
E s'ajoute au commencement de scandale, statue, scrupule, escûndale, etc.
E a toujours le son i dans en; — remplace i dans hirondelle.
Er est employé pour re dans le corps des mots lorsque l'e est muet, berbis, ber loque; est aussi une interversion de re au commencement des mots : ermuer, remuer.
Es est une interversion de la syllabe se au commencement des mots, escouer escourir, escret, esgonder, pour secouer, secourir, secret, segonder.
Et a toujours le son de l'é fermé à la fin des mots, préfé, sujé, broché pour préfet, sujet, brochet.
Ébalonche, s. f., balançoire, escarpolette.
Ébaloufrer (s'), V. pr., se fâcher, être contrarié, épouvanté.
Ébaquer (s'), s'effondrer, s'écrouler; — fig., che temps s'ébaque, il pleut à seaux.
Ébarrer (s'), V. pr., s'éclaircir en parlant du ciel; che temps s'est ébarrè, les nuages en forme de barre se sont dissipés.
Éberdeler, V. a., écraser un corps mou, écacher, réduire en marmelade, éberdeler un lémichon, — enjie poire blette.
Éberloufrer (s'). Voy. Ébaloufrer (s');
Ébeubi, adj., surpris, étonné, stupéfait, abasourdi, étourdi, ébaubi.
Ébléri':, s. et adj., étonné, évaporé, étourdi, écervelé, braiiue.
Ébleui, s. m,, niais, sot, imbécile.
Ébleuir, V. a., éblouir.
Ébondie, s. f., vif élan, subitement, instantanément, tout d'ev.ne ébondie, d'un seul bond.
Éboquf.r, V. a., émonder un arbre, un arbuste, une haie; — fig., dresser, élever, il est tout éboquè, dit-on d'un enfant qui commence à parler et à marcher.
Ébornifler, V. a., aveugler en frappant un coup sur les yeux.
Éboulant, s. m., gourmand qui pousse au pied des arbres ou au-dessous de la greffe, drageon, rejeton; —
— boutons qui se forment sur les lèvres à la suite d'une fièvre.
Ébouleiî, V. a., écrouler, s'affaisser; on dit d'un charretier dont la voiture chargée de récoltes s'est écroulée : il o éboule, et d'une femme nouvellement accouchée, allé o éboule.
Éboulin, s. m., rejeton qui pousse au pied d'un arbre, d'un arbuste, d'une plante.
Ébranquer, V. a., ébrancher; — fig,, couper un membre.
Ébréqler, V. a., ébrécher.
Ébréyaque, s. m. et f., étourdi, insensé, maniaque;
— adj., sauvage, cri ébreijaque, cri d'un fou. Ébroquer, V. a., limer les incisives d'un chien. Ébrouf.r, V. a., donner un premier lavage à du linge
sale en attendant qu'il soit passé à la lessive.
Ébrousser, V. a., éclabousser, lancer de la salive en parlant; — v. |)i'., se fâcher, faire la moue.
Ébrousseu, oire, s., celui, celle qui ébrousse; — fig., qui se vante.
Ébrusser, Ébrussier, V. a. Voy. Ébrousser.
ÉcABOCHER, V. a., assommer, briser la tête, la caboche ; — fig., assourdir.
ÉcAFER, V. a,, fendre l'osier en deux.
ÉcAFLOTER, Vov. DÉCAFLOTER ; — fig., V. n., gaspiller, dissiper sa fortune; il o ieu bientou éca/lotè le bien d'ése femme.
ÉcAFLOu, s. m., enveloppe de certaines graines ou de certains fruits tels que les noisettes, les châtaignes.
ÉcAiLE, s. f., écaille, coque, coquille.
ÉcAiLLON, s. m., échelon.
ÉCAIRBOUILLATE. Voy. ÉCARBOUILLATE.
ÉCAIRBOUILLER. VOV. ÉCARBOUILLER.
ÉCAIRPILLER. Voy. ÉCARPILLER.
ÉcALOu (d'), loc. adv., de surplus, en plus que le nombre; si l'on partage également vingt billes entre six enfants, chacun d'eux en a trois et il en reste deux d'écalou.
ÉcAMiEU, s. m., l'une des traverses de bois sur lesquelles repose le corps d'un chariot.
ÉcANiLLÈ, adj., alerte, vif, éveillé, malin, futé.
ÉcANiLLER, V. a,, éveiller quelqu'un en le chatouillant pour lui faire quitter son lit, frapper, tourmenter des animaux ou des insectes pour les faire sortir de leur repaire ou de leur nid; écaniller des hurlon; — V. pr., devenir dégourdi, éveillé.
ÉCARBOUILLATE, S. f., actiou de remuer la braise pour ranimer le feu, /oire enne boine écarbouillate ; — fig., amas de corps mous écrasés en écachant.
ÉCARBOUILLER, V. a., étendre la braise et les charbons du foyer pour mieux se chauffer; — v. pr., se dit du ciel qui s'éclaircit ; — fig., s'éveiller, devenir vif, s'éeaniller.
ÉCARDOXNETTE, sortc de petite houe qui sert à échardonner,,
ÉCARDONNOiR, S. m., écardonnettc.
ÉCAROTER, V. a., essuyer, gratter, enlever la boue qui couvre les chaussures.
ÉcARPER, V. a., pourfendre; il l'o écarpè en deux.
ÉcARPiLLK, udj., inèlé, emmêlé; ses cacieu sont tout écavpill'es, ses cheveux sont en désordre.
ÉcARPiLLER, V. a., démêler, diviser des flocons de laine, étendre des javelles mouillées pour les faire sécher.
ÉCARVENTRER, V. a., éventrer, crever.
ÉCAUFFK, p. p., a les mêmes acceptions qu'en français, mais il désigne, de plus, l'état voisin de l'ivresse dans lequel se trouve quelqu'un qui a bu; il est écauffè.
ÉcAVENTURE, S. f., encadrement d'une porte ou d'une cheminée à l'endroit où la maçonnerie traverse le plafond; encadrement de la ])orte d'une cave; pièces de bois sur laquelle est posée la meule inférieure d'un moulin.
Échanger, v. a., essanger, ôter le gros de l'ordure du linge avant de le lessiver.
Écharpe, s. f., écharde.
ÉcuARTURE, s. f., décllirure à la peau, blessure à la main.
ÉcuENDRiLE, S. f. pL, ceudres légères provenant de la combustion de paille ou de chaume.
ÉcHERVELER, V. a., assommcr, tuer, frapper à faire sortir la cervelle ; — fîg., assourdir, empêcher d'entendre en faisant du bruit.
ÉciiET, s. m., écheveau de fil, de laine ou de colon
ÉcHEURTER, v. a., avorter, en parlant des animaux, tels que vaches, brebis, chèvres.
ÉcuEUiRTiN, s. m., avorton.
ÉcHOuïR, V. n., faire du bruit, assourdir, écherveler (V. ce mot).
ÉcHUCHER, V. n., épuiser; tére échuchèe, terre fatiguée par les récoltes qu'on lui a fait produire sans la fumer; femme échuchèe, femme qui a donné trop longtemps le sein à son enfant; — fig., v. pr., s'user par suite d'excès.
Éclair, s. f., éclair;— fleur du pie-pou, ranunculus repens, mais plus spécialement la /icaire,y?c«/'/a ranunculoides.
ÉcLANDiR, V. a., propager une mauvaise nouvelle, répandre un mauvais bruit, scandaliser, rendre public ce qui devait rester ignoré.
ÉcLicHER, V. a., éclabousser, lancer de l'eau.
ÉcLiCHOiR, s. m,, sorte de seringue que font les
enfants avec une branche de sureau dont la moelle a été enlevée; ce jouet se transforme aussi en buquoir.
ÉcLiER (s'), v. pr., se dit d'un tonneau ou d'une cuve dont les douves se disjoignent sous l'action de la sécheresse ou de la chaleur.
ÉcLiFER, V. a., déchirer, fendre; se dit du bois qui se fend à la chaleur.
ÉcŒUDER, V. a., laver la vaisselle.
ÉcŒUDURE, s. f. pi., eau de vaisselle.
ÉcoiTiR (écouatir), v. a., se dit d'une chose ou d'un objet qui s'écache en la jetant violemment à terre; écoitir un joine cot, — enne poire blette.
ÉcoQUER, V. a., briser, rompre un fil en tirant trop fort, enlever un éclat de pierre, de bois, de métal, d'étoffe.
ÉcossiN ou ÉcoussiN, s. m. pi., épis cassés et grains écossés qui se trouvent au fond d'une voiture de récoltes que l'on vient de décharger.
ÉcRAMER (écran-mer), v. a., écrémer.
ÉcRAMPi, . p. p., état de fatigue dans lequel on se trouve après être resté accroupi ou trop longtemps immobile.
ÉcRAMPiR, V. n., devenir écrampi, avoir une contraction de muscles.
ÉcRAMURE ( écran-rtiuv ), s. f., toute la crème recueillie en une fois sur le lait que l'on a laissé reposer pendant un ou deux jours.
ÉcRASELER, V. a., écraser.
ÉcREU, s. m., lisière de drap; — s. m. pl„ chaussures de lisière.
Écu, s. m,, monnaie de compte, en usage dans les ventes de bétail ou de denrées, équivalant à trois francs; on dit un écu, 10, 20, 40, 50 écus et nombres intermédiaires; au delà, le mot écu est remplacé par pistole; cependant, on dit fréquemment client écu.
EczENPE ou ExENPE, S. f., mésauge, parus major et parus cœruleus; — fîg., enfant d'une constitution chétive; menger comme enne eczenpe, manger très peu.
Efforche, s. f. pi., ciseaux à tondre les moutons, forces.
Effrouer, V. a., émietter.
Éfléper, V. a., s'effiler, écharpiller, produire des JVepe (V. ce mot).
Égargater (s'), V. pr., s'égosiller en criant ou en chantant.
Égarouillette (a l'), loc. adv., s'emploie dans cette phrase : marcher à Vériarouillette, en écartant les jambes; V vo à C égarouillette comme s'il avoit q... da sen patalon.
Égasioter (s'), V. pr., s'étrangler en poussant de grands cris pour appeler quelqu'un.
Égavioter, V. a., étrangler en serrant la gorge.
Églier, V. a., préparer le glui en secouant les gerbées de seigle.
Égliure, s. f., herbe et petites tiges de seigle que l'on retire des gerbées de seigle pour préparer le glui.
Égrafigner, V. a., égratigner.
Égreuer, V. a., égratigner, faire des greu (V. ce mot).
Égreuure, s. f., égratignure.
Égrifer, V. a., égratigner.
Egrignè, s. m. et p. p., renfrogné; se dit de celui qui est toujours mécontent, qui se plaint sans cesse, qui criaille et piaille à tout instant.
Égrigner (s'), V. pr., se plaindre, piailler, plisser le front pour montrer son mécontentement.
Égrouler (s'), V. pr,, s'écrouler.
Éhansè, p. p., essoufflé, hors d'haleine; /)OM7'/o?re deux pos, il est tout éhansé, à la moindre course, il est essoufflé.
Éhanser (s'), y. pr., haleter, respirer par secousses, perdre haleine, être essoufflé; c'est une onomatopée.
Éhoupper, y. a., donner quelques coups de fléau sur la tête (houppe) d'une gerbe; — couper la cîme (coupelet) d'un arbre.
ÉÏEUF, les 3 pers. du singulier de l'indicatif et du subjonctif et la 1" de l'impér. des Yerbes leYer et élcYer (dans le sens de monter).
Élangrè, s. m,, mince, fluet, allongé.
Élarguir, y. a., élargir.
Élitin, s. m., chose mise au rebut.
Ello, pr. dém., cela; quoi qu'i' t'o donné? —Ello. V. Lelo.
Élo, adY., ici, là. Voy. Lo.
ÉloqueR; y. a., secouer, ébranler; — y. pr., se donner du mouYement.
Éluser, y. a., amuser les enfants; — y. pr., s'amuser.
Élusette, s. f., petit jouet qui sert à amuser les enfants; — fîg., objet de peu de valeur, babiole.
Émioter, y. a., émietter, rompre du pain en petits morceaux; émioter du lait, mettre de petits morceaux de pain dans du lait.
Émonché (en), loc. adv., en tas, en monceau.
Émormeler, y. a., écraser un corps mucilagineux, réduire en marmelade.
Enbarbouillè, p. p., s'emploie dans cette locution : J'ai le cœur enbarbouillè, j'ai un embarras d'estomac.
Enbarrè, p. p., se dit d'un ciel couvert de nuages en forme de barres.
En BELLE (in-béle), s. f., petite motte de terre faite avec la main destinée à recevoir le galet au jeu de croehon. (V, ce mot.)
Enberdouiller, V. a., emmêler, enchevêtrer, embrouiller; — v. pr., s'embarrasser, s'embrouiller,
Enberlafrer (s'), V. pr., s'embarbouiller la figure en mangeant.
Enbernaquer (s'), V. pr., se salir, se couvrir de boue ou de br..
Enbernater, V. a. et pr., même acception que le mot précédent.
Enbernè, adj., barbouillé.
Enbernifiquer, V. a., enfoncer dans la vase, dans le br..
Enbertelé (ETE bien), locution qui s'emploie ironiquement pour désigner un homme mal habillé.
Enbeuchure, s. f., compartiment d'une grange.
Enblai, s. f., orgueil, vanité, embarras au figuré; quel enblai qu'i' foi, comme il prend de grands airs, comme il affecte de grandes prétentions, qu'il est orgueilleux.
Enblayer (enblai-ier), v. n., embarrasser, gêner, encombrer.
Enblayeu, oire, s. m. et f., celui, celle qui fait des embarras, qui prend des airs d'importance, orgueilleux.
Enbracher ou Arracher, v. a., s'emploie dans le sens d'entourer un arbre avec les bras.
Enbranquer, v. n., entreprendre plusieurs choses à la fois, faire plusieurs métiers; — v. pr., s'embarrasser.
Enbranqueu, oire, 9. m. et f., celui, celle qui entreprend plusieurs choses au-dessus de ses forces, de ses moyens, qui fait plusieurs métiers.
Encarcaner (s'), v. pr., s'embarrasser de quelqu'un ou de quelque chose.
Enche, s. f., espèce, race, graine, plante;— fig., engeance, quelle enche! dit-on d'un enfant mal élevé, turbulent; et, de celui qui est d'une constitution délicate, on dit : ch'est enne belle enche!
Enchepè, èe, p. p., entravé, enchevêtré; se dit d'un cheval dont le trait est passé entre les jambes, d'une vache dont la patte est prise dans sa corde; — fig., embarrassé; — s. m. et f., celui, celle qui s'embarrasse facilement; il o l'air d'un enchepè.
Encheper (s'), V. pr., s'enchevêtrer, s'entraver; —
— fig., s'embarrasser.
Enchifernure, s. 1'., corysa, rhume de cerveau, enchifrènement.
Encœucher, v. a., passer le blé de semence dans de l'eau de chaux, chauler.
Enconte (à l'), loc. prép., contre; j'é-ne vo point à Venconte, je ne dis pas le contraire.
Encorser, V. a., manger, avaler, mettre dans le corset; — boire ou manger avec répugnance, encorser ennepurche; — fig., croire facilement, prendre des vessies pour des lanternes, se laisser mystifier.
Endécite, adj., indécis, il est indécite d'y aller.
Endizeler, V. a., mettre des bottes do récolles ou de fagots par tas de dix, mette en dizieu.
Endovè, èe, adj., engourdi, nonchalant, endormi.
Endover, V. n., endêver.
Endurer, v. a., a la même acception qu'en français et signifie, de plus, supporter, pris en bonne part avec l'idée du bien-être résultant d'une souffrance évitée; V f oit froid, os endure é-chefu; — V pieu, os endure sen mantieu; — i' fait du soleil, os endure sen capieu ;
— V. n., souffrir, il endure qu'o lij'oiche è-s'noucrache. Énèe, s. f., année; à l'énèe, l'année prochaine. Enfantiu, usse, adj., qui appartient à l'enfance; se
dit d'une grande personne qui fait ou dit des enfantillages.
Enff.nouilll.e, kf., s. m. et f., celui, celle qui a beaucoup d'embarras par suite d'un trop grand nombre d'affaires; Monsï'eîa* V EnJ'enouiilè ; — adj., embarrassé.
Enfenouiller, V. a. et pr., créer ou se créer beaucoup d'embarras.
Enfenouilleu, oire, s. m. etf., celui, celle qui enj'enouille ou se laisse enfenouiller.
Enféronner, V. a., passer un/éron (V. ce mot) dans le groin d'un porc pour l'empêcher de creuser le sol de son étable.
Enfiler, v. n., mentir, tromper, mystifier; V mé n'n 0 enfile unne (mentirie).
Enfileu, oire, s. m. et f., celui, celle qui ment, qui trompe pour rire.
Enfilure, s. f., tournure que prend une affaire, é-je vois Venfilure; on dit d'un malade qui va mourir, V pren enne movaisse enflure.
Enfiquer, v. a., ficher en terre, percer, enfiler.
ENFLÎi, ÈE, p. p., gonflé; on dit qu'une vache est enflée lorsqu'elle a mangé une telle quantité de trèfle ou de luzerne sur pied qu'il lui survient un gonflement de ventre souvent suivi de la mort; on employait autrefois un moyen énergique pour produire le dégonflement en perforant la peau de l'animal à l'aide d'un crochet à lampe pour permettre aux gaz de s'échapper ; on a recours aujourd'hui à l'ammoniaque liquide.
Enfonçure, s. f., creux, enfoncement.
Enfondrer, v. a., enfoncer, briser, rompre, crever, effondrer, enfondrer enne porte, — un tambour.
Enfoufenatè, èe, p. p., amouraché.
Enfournaquer (s'), v. pr., se fourrer dans un las de paille, s'enfoncer dans son lit; — flg., être dans de mauvaises affaires.
Enfourque, s. f. pi., enfourchure, naissance de la fourche que forment les deux jambes d'un pantalon, d'un caleçon.
Enfrummer, v. a., enfermer.
Enfutailler, V. a., mettre en fût.
Engaveler, V. a., déposer sur un lien de paille le nombre nécessaire de javelles pour faire une botte ou une gerbe.
Engaveleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui engavelle.
Engaveloir ou Engaveloire, s. m, ou f., bâton en forme de cheville qui sert à lever les javelles pour engaveler, femme qui engavelle.
Engaver, V. a., engraisser les volailles en leur faisant avaler de la pâtée; — fig., bourrer quelqu'un de nourriture.
Engelè, èe, s. m. et f., celui, celle qui paraît toujours avoir froid, qui montre peu d'énergie, qui semble transi, qui a l'air engourdi et la mine pâle, ch'est un engelè; — adj., qui a froid, gelé.
Engeler, V. n., geler, avoir froid.
Enger, V. a., pourvoir d'un plant, d'une lleur, d'une herbe, etc.
Engigorner, V. n., insinuer, mettre en tête.
Englumme, s. f., enclume.
Englummieu, s. m., petite enclume.
Engovè, èe, p. p., qui est comme perdu dans des vêtements trop amples, gêné dans un habit dont le col monte jusqu'au menton; — qui couvre trop la gorge; — fig., s. m. et f., celui, celle qui paraît emprunté dans ses habits, qui est gauche.
Engrencher, V. a., accrocher en haut, sur un arbre, sur un toit; — v. pr., se percher au haut de; beie, iou qu'V s'est engrenchè.
Engronner (s'), V. pr,, s'engouffrer, en parlant des courants d'eau ou d'air qui pénètrent dans une sorte de gouffre ou d'immense gron; é-che vent i' s'engronne da nou quemin'ee ; el ieue aile s'engronnoit da non granche.
Enguilebeuder, V. n., séduire quelqu'un par des paroles trompeuses, l'exciter à entreprendre une
affaire dont le succès est douteux, l'entraîner dans une mauvaise entreprise.
Enhanser (in-hanser), v. a. et pr., habiller ou s'habiller à la hâte, sans prendre de soin, d'une façon ridicule, grotesque.
Enhanter (in-hanter), v. a., emmancher, assembler, arranger; — fig., habiller sans soin, synonyme d'enhanser, — comme aile est enhantèe! qu'elle est mal ajustée!
Enmaingnérè, î;e, adj., qui a de bonnes ou de mauvaises manières pour exécuter un travail, qui fait preuve d'adresse ou d'inhabileté pour son métier.
Enmancher, v. a., outre son acception propre, il signifie réprimander, disputer ([uelqu'un; tu vo vir comme é-je vo t'el l'emmancher.
Enmangnérer (s') ou s'enmaingnérer, v. pr., devenir habile pour exécuter un travail.
Enmarer, v. a., enrayer une voiture.
Enmoncheler, v. a., mettre en un tas, faire un mont.
Enne, adj. num., une.
Ennosser (s'), v. pr., s'étouffer en mangeant gloutonnement et sans boire, perdre la respiration.
Ennuir, v. n. et pr., ennuyer, s'ennuyer.
Enpafrer (s'), v. pr., manger à l'excès, se gorger de nourriture, s'empiffrer.
Enpaltoquer, v. a., empaqueter grossièrement.
Enperzurer, v. a., délayer de la présure dans le lait pour en faire du fromage.
Enplate, s. f., emplâtre; on dit à un cavalier qui se tient mal sur son cheval : Ten guevo est malate. — A cœusse? — Il o un enplate sur sen dou.
Enplir, v. a., saillir, féconder, retenir en parlant de la génération des animaux; se dit parfois aussi, mais en mauvaise part, de l'espèce humaine.
Enpouillè, èe, p. p., se dit d'un champ ou d'une terre chargés de récoltes sur pied.
Enprovigner, V. n., provigner, multiplier, propager de mauvaises choses, (jardin enprovignè de quiendent, — enprovignè de poux.
Enque, s. f., encre.
Enquigner ou Enquiner, V. a., enchaîner.
Enquiquiner, v. a., braver, se moquer, défier, je t'enquiquine, je me moque de toi, je ne te crains pas.
Ensanne, adv., ensemble.
Ensiller, V. a., employer, dépenser, gaspiller, dilapider; il o ensiUè tout s'n argent.
Ensinne, s. f., enseigne.
Entente, s. f., jugement, intelligence, compréhension; il o de l'entente à toute, il s'entend à toute chose.
Enterdeux, prép., entre deux, à travers, au milieu, intervalle; — enter les deux, ni trop grand, ni trop petit, ni trop fort ni trop faible, ni bien ni mal; est-elle belle? — Enter les deux; aile est de cheux qu'o ne di rien, de cheux qu'a laisse passer.
Enterfend, s. m., refend, cloison.
Entervir, V. a., entrevoir; é-Je n'ai foi que de l'intervir, — jé ne l'ai qu'intervu.
Entiquer, V. a., jeter dans, enfoncer, ficher.
Entoine, s. m., Antoine, nom d'homme.
Entomi (enton-mi), p. p., engourdi; — fig., s. m. et f., lourd, sans énergie, hébété.
Entomir ( enton-mir ) , v. a., engourdir.
Entonné, èe, p. p., frappé par la foudre.
Entoquer, v. a., mettre une vache au piquet.
Enturlur (vir l'i, loc, voir la ficelle., s'apercevoir qu'on veut vous tromper.
Envaler, v. a., avaler.
En voie, loc. adv., en route, en chemin; iou qu'il est en voie? où est-il allé? Il est en voie, il est parti, il s'est en allé.
Envrimè, èe, p. p., envenimé.
Éparde, v. a., répandre, épandre, étendre, éparde dufummier.
Éparsin, s. m., choses éparpillées, étendues en désordre; — fig., bavardage, cancan, commérage, /JO^in.
Éparveuder, V. a., effaroucher, en parlant des poules.
Épénir, V. a., épanouir au propre et au figuré,— V. pr., s'éclaircir, en parlant du ciel ; é-che temp V s'épéni, dit-on lorsque les nuages disparaissent.
Épére, s. f., trace que l'on fait en traînant un pied entre deux pièces de terre pour servir de démarcation aux faucheurs, foire épére; — fig., V n'en reste ne trache n'épére, il n'en reste ni trace ni épère, il n'en reste rien.
Épergnieu, s. m., souche, arbuste ou arbre que l'on conserve dans une haie ou sur la lisière d'un bois pour servir de délimitation; ceux qui veulent parler français disent éperneau.
Éperlenguer, V. a., chasser, renvoyer durement, poursuivre à coups de perche.
Épeuillére, s. f., pièce de la chemise ou de la blouse qui couvre l'épaule.
Épeule, s. f., épaule.
Épeutair, s. m., épouvantail; un épeutair à mounet est une sorte de mannequin placé dans un jardin pour en éloigner les moineaux; — fig., se dit de celui qui fait peur par sa maigreur ou son accoutrement en lambeaux, il o l'air d'un épeutair.
Épeuter, V. a., effrayer, épouvanter.
Épeutrer, V. a., crever, faire sortir les entrailles d'un animal en l'écrasant.
Épeutreu, s. m., s'emploie dans cette locution : épeutreu de roque, écrase ur de glèbe, et désigne un arpenteur.
Épiants, adj., hérissés en parlant des cheveux; ne s'emploie qu'au pluriel.
Épiciére, s. f. pi., émouchetle.
Épillon, s. m., aiguillon de l'abeille ou de certains insectes; — on dit en plaisantant d'une personne qui a un gros ventre : aile o rechu l'épillon.
Épinciie, s. f. pi., pincettes de foyer; — fig., on dit de celui qui est mauvais cavalier : il o l'air d'enne poire d'épinche sur un guevo.
Épine, èe, p. p., qui est inquiet, agité, qui est comme sur des épines.
Épiner, V. a., tourmenter, agacer, vexer.
Épinne, s. f., épine; Vépinne du don, l'épine dorsale.
Épinoque, s. f., épinoche, gasterosteus aculeatus, — fig., enfant ou personne maigre, frêle, d'apparence chétive.
Épirolle, s. f., graminée qui pousse dans les blés.
Éplummer, V. a., peler un fruit.
Éponnèe, adj., se dit d'une poule t(ui ne pond plus.
Éponner (s'), V. pr., faire des efforts, se fatiguer.
Épourer (s'), V. pr., faire de la poussière, en parlant des poules; — v. a., répandre un cancan, divulguer un secret, propager une nouvelle.
Époureu, oire, s, m. et f., celui, celle qui aime à se vanter.
Épourie, s. f., vanterie, forfanterie, aile foit ses épourie, elle fait beaucoup d'embarras.
Épouvente, s. f., épouvante; on dit qu'un cheval prend l'épouvente lorsqu'il prend le mors aux dents; — canter l'épouvente, c'est chanter d'une voix tellement fausse que les auditeurs s'enfuient comme épouvantés.
Épresser, V. a., presser, serrer; os ête épressès, vous êtes mal à l'aise.
Epsèe, s. f., échauboulure; il o l'epsèe.
Epser, V. a., fesser.
Épucher, V. a., épuiser, vider, tarir.
Épuchette, s. f., petit épuchoir.
Épuchoir, s. m., pelle en bois servant à rejeter l'eau pour mettre à sec.
Équatir (écouatir), v. a., jeter à terre pour écraser, pour aplatir, pour écacher.
Équerre, V. n., échoir, tomber à propos, au moment opportun.
Équeu, p. p., échu, arrivé à point; il est bien équeu, il est arrivé au moment voulu, il a bien réussi.
Équeviller, V. a., cheviller.
ÉqUICHER, V. ÉCLICHER.
Équichoir, V. ÉcLicnoiR.
Équigner (s'), V. pr., faire des grimaces lorsque l'on est mécontent; beie comme V s'équinne quant o li pale.
Équignie ou Équigniie, s. f., écheveau de laine ou de fil.
Équinne, s. f., échine; Véquinne du dou, l'épine dorsale.
Équiper, v. n., faire saillie, excéder; ses ou équipe, dit-on d'une personne maigre dont les vêtements dessinent trop bien la forme des os.
Éqummette, s. f., écumoire; — fig., il o enne figure comme enne éqummette, dit-on de celui qui est marqué de la petite vérole.
Erchon, s. f., leçon; sais-tu t'n erchon?
Éreile, s. f., oreille.
Érifler, V. a., érafler, effleurer.
Ériflure, s. f., écorchure, égratignure, érafîure.
Ériller, V. a., oreiller; toile d'ér Hier, ioSe, à.' or e.xW'èr.
Éroince, s. f., ronce; — fig., il est da ches éroince , il est dans l'embarras, dans une mauvaise situation.
Érondéle, s. f., hirondelle.
Éronne (queue d'), loc. qui sert à désigner l'occiput, parce qu'autrefois le col de l'habit à queue d'hirondelle — éronne — montait très haut derrière la tète, juste à la naissance de la queue que l'on formait alors avec les cheveux.
Éroquer, V. a., écraser des glèbes, des mottes de terre, des roque (V. ce mot).
Érouillè, èe, p. p., <iui a un commencement de rhume, enroué, (|ui a la roule (V. ce mot).
Érouiller, V. n., rouiller.
ESBROUFFE, S. f., embarras, i' foit de l'esbroiiffe ou ses esbroiitje.
EsBROuFFEu, oiRE, S. m, et f., celui, celle qui fait de l'embarras, de Venblai, qui aime à se vanter.
EscAR, s. m., écart; V foi d's escar, dit-on d'un ivrogne qui trébuche à chaque pas, et qui est loin de suivre une ligne droite; ten guevo il o foi un escar, il s'est jeté de côté; autrefois, lorsque les enfants apercevaient dans les rues un soulard faisant des S, ils le suivaient en l'assaillant de quolibets — ou de cailloux — et criaient : A moi la muraille! la terre me manque!
EscARMOTER, V. a., assommer, casser la tète à quelqu'un, occire; — escamoter.
EscoFFiER, V. a., tuer, assommer, massacrer.
EscouDÈE, s. f., secousse, élan, coup subit; cœup d'escoudèe, coup inattendu, saut subit.
EscouETTE, s. f., panier en osier ou en fil de fer qui sert à secouer la salade.
EscRÉPiN, s. m., escarpin.
Escusse! interj., pardon! faites excuse! excusezmoi! pardonnez-moi! s'emploie lorsque l'on passe devant quelqu'un.
ÉsiEu, s. m., oiseau.
ÉsiuTÈ, s. f., secours, aide, utilité, ayute (V. ce mot).
EsPADRONNER (s'), V. pr., gesticuler en parlant ou en marchant, affecter des airs prétentieux, vient d'espadonner ; beie comme i' s'espadronne.
EsPERLENGUER, v. a., chasser, disperser, éparpiller à coups de perche.
Esquinter, v. a. et pr., fatiguer, se fatiguer outre mesure à un travail ([uelconque, travailler au delà de ses forces; il est esquinté pour J'oire é-rien.
EssAiNER (s'), V. pr., perdre son sang; — v. n., être exsangue, il est essain'e.
EssAPi, lE, p. p., dévoré par la soif, altéré.
EssAPiR, V. a., causer une grande soif.
EssiGNOLE, S. f., dévidoir employé par les faiseurs de bas pour former les écheveaux ou les bobines.
EssoiLER, V. a., couper les épis de seigle qui se trouvent dans un champ de blé; — v. pr., s'échauffer la peau, avoir des échauboulures sur la face interne des cuisses, 0 diroi que t'es-t-essoilè?
Essu, s. m., essui, vent ou chaleur qui sèche le linge, les récoltes.
EssuTUMME, s. f., temps sec, favorable pour sécher le linge, la terre ou ce qui est mouillé; i' foi bien de Vessutumme; — fig,, on dit à celui qui débite des sornettes : tu fois des raison qui n'ont point d'essutumme au soleil.
EsTAFiER, s, m., mauvais garnement, mauvais drôle, polisson, vaurien.
EsTERMiNER DE CŒUP, loc, signifiant rouer de coups, frapper à grande volée sur quelqu'un.
Estomaque, p. p., suffoqué; —fig., abasourdi, stupéfait, étonné de ce qu'on apprend.
Estrémiser, V. a., donner l'extrême-onction.
Étampir, V. a., dresser, mettre debout, mettre sur les jambes.
Étandis (en), loc. pr., pendant, tandis, reste la en étandis que f irai là-bos.
Étanfiquer (s'), V. pr., se placer nonchalamment debout devant quelque chose sans bouger.
Étarteler, V. a., écarter, étendre, évaser; étarteler ses gamme, — des confiture.
Ételè, p. p., étoile, en parlant du ciel.
Étendoir, s. m., éteignoir; étendoir à chandeile, dit-on ironiquement de celui qui a un long nez.
Éteneile, V, Teneile.
Étente, s. f., douleur produite par la distension d'un muscle.
Éternir, V. a., étendre de la paille sous les chevaux, les vaches pour faiie de la litière; — renverser, étendre
à terre en donnant un coup; j'el l'ai éterni d'un seul cœup de puing, — j'ai 'te éterni du premier cœup.
Éteuillére, s. f., champ d'éteule.
Étieu, s. m., poteau, étançon.
Étile, s. f., métier à tisser à la main.
Étimier, s. m., étagère pour la vaisselle d'apparat, la vaisselle d'étain ou des grands jours.
Étorgnieu, s. m., étourneau, écervelé, étourdi, léger, inconsidéré.
Étou, s. m., étau, souche morte coupée au ras du sol; — fig., personne qui demeure immobile des heures entières sans prendre part ni s'intéresser à la conversation ; ch'est un étou de bou, c'est un sot, un maladroit.
Étranciie, s. m., étranger, ?' n'avoit-V quéqu'un d'étranche? — adj., interdit, dépaysé, gauche, saisi, étonné, il étoi tout étranche.
Étranner, V. a., étrangler.
Étriner, V. n., étrenner, faire une première vente, en parlant des marchands.
Étripè, èe, p. p., efflanqué, fluet, mince.
Étriquer (s'), V. pr., se dit surtout d'un cheval qui s'arc-boute sur ses jarrets pour donner ensuite un fort coup de collier.
Étrongner, V. a., casser, déchirer, rompre le tronc.
Étruque, s. f., écharde.
Eu (nom des), espèce de juron ainsi atténué par égard pour le précepte religieux.
EucHE, s. f., auge.
EuiLLÉRE, s. f., vache qui n'a pas eu de veau dans l'année.
EÛT, s. m., août; mois d'eùt, moisson, temps de la moisson; aprés-eût, arrière-saison.
ÉvENTAiRE, s. m., inventaire, /oî>e écentaire.
ÉvÉNuÈ, ÈE, p. p., qui se sent défaillir, qui a des éblouissements, des tournoiements de tête, qui a le vertige.
ÉvF.NURE, S. f., mal d'aventure; — venue, il est d'enne belle évenure, d'une belle venue, dit-on en parlant des jeunes arbres, des jeunes bestiaux et même des enfants.
ÉvERTiN, s. m., étourdi, vif, alerte, remuant; vou fni, ch'est un évertin.
ÉvERTiNÈ, ÈE, s. m. et f. et adj., celui, celle qui ne peut rester en place, qui est toujours en mouvement; — qui éprouve un tournoiement de tète, un vertige.
ÉvERTiNER, V. 3., tourmentcr, agacer, rendre évertin.
Éviter, v. a,, ne pas inviter; os m'o invité à le fête et pi os o écitè Jacque.
ÉwAQUER, V. a., plonger le linge sale dans l'eau sans le laver; — vomir, altération d'évacuer.
ÉwiDiER, V. a., évider, vider; — v. pr., rendre ses excréments, i' s'éwite, dit-on d'un mourant.
EXENPE, V. ECZENPE.
Eyou, adv., où? à quel endroit?
Eyude ou Eyute, V. Ayute.
F remplace v et vr dans les finales anve, èce, aive, ooe, ive, uve, ancre, ivre, ovre; cette lettre reste absolument muette à la fin des mots soif, bœuf, œuf, neuf, qui se prononcent soi, bœu, œu, neu.
Fagasse, s. f., fagot fait avec des brindilles ou des branches encore pourvues de leurs feuilles.
Paillard, s. m., a la même signification que le mot précédent, mais le faillard est beaucoup plus gros que la fagasse.
Fain, s. m., foin.
Fait que de (en), loc. prép., en fait de.
Falesse, s. f., faute légère, manque de parole; il o foi enne quiote falesse, il s'est mal comporté; V nefoit que des falesse, dit-on d'un joueur de cartes qui joue mal.
Fallant, adj,, lourde, en parlant de l'atmosphère; V f oit f allant, — é-che temps est fallant, fade, il porte à être cœur falli.
Falli (cceur), s. m, et f., paresseux, mou, lâche, sans courage.
Fameu, eusse, (fan-meu), s. m. et f., celui, celle qui est adroit, capable; ch'est un fameu, il se tire aisément d'embarras, il sait se retourner.
Famiciie, s. m. et f. et adj., glouton, (jui mange avec avidité.
Faminne, s. f., famine.
Faquin, s. m, et adj., qvii se met avec ék'gance, qui aime s'habiller avec recherche.
Farce, s. f., bouillie, crème, confitures ou fruits que l'on met sur \ejlan (V. ce mot).
Farou, otte, s. m. et f. et adj,, celui, celle qui aime à être bien mis, faraud, coquet.
Faschinne, s. f,, fascine.
Favelotte, s. f,, féverole.
Fenailler, V. a., battre violemment, donner une rossée, corriger les enfants indociles
Fendure, s. f,, fente, crevasse, lézarde.
Fener (fixer), v, n,, faner; — v. pr., se flétrir.
Fente, s. f., ouverture à un jupon, à une robe.
Ferdrinne, s. f., fruit du prunellier, prun as spmosa.
Ferlampier, s. m., mauvais drôle, goujat, ivrogne, homme de rien, propre à rien,
Ferlaper, v, a., boire, en parlant du chien ; — boire avec avidité, goulûment, en parlant de l'homme; — fîg., dissiper, dépenser en orgies, en débauches, iloferlapè tout sen bien.
Ferlapeu, Ferlampeu, oire, s. m. et f., celui, celle qui boit, qui mange beaucoup, qui dissipe son bien en festins.
Ferlimousse, s. f., la figure, le visage pris en mauvaise part; beie que ferlimousse !
Ferlique, Ferlouque, onomatopée par laquelle on exprime le bruit que font les pieds dans des chaussures trop grandes ou remplies d'eau.
Fernaquer, V. Fornaquer.
Fkron, s. m., fil de laiton que l'on passe dans le groin d'un porc qui déheute son étable.
Fertile (à le), loc. adv., s'emploie dans cette expression : coucher à le fertile, coucher dehors, dans la rue, dans les champs.
Fertouiller, V. a., agiler, remuer, mélanger malproprement différentes choses; quoi que tu fertoule lo?
FÉTi;, s. f., fête; t'es hieu comme un jm de J'éte, se (lit à celui qui a revêtu ses plus beaux habits comme pour se rendre à une fête.
Féteu, oihe, s. m. et f., celui, celle qui va aux fêtes, qui aime à se divertir même sans qu'il y ait une fête.
Feu, eusse, s. m. et f., celui, celle qui n'est pas franc, sur lequel on ne peut compter, qui trahit ses amis, fourbe, ch'est un feu.
Feubourgtier, 1ère, s. m. et f., celui, celle qui habite un faubourg; — adj., qui appartient au faubourg.
Feucardache, s. m., fauchage de l'herbe de rivière; curage d'un cours d'eau.
Feucarder, V. a., couper l'herbe des rivières, des fossés, ou les curer.
Feugardeu, s. m., ouvrier occupé à feucarder.
Feughile, s. f., faucille.
Feuchillon, s. m., petite faucille; — fig., forme produite par l'éclair ([ui précède le bruit du tonnerre.
Feuf, s. f., fève.
Feule, s. f., feuille; tu tranne comme enne feule.
Feuque, s. f., faux; — impér. du yerhe feuquer (faucher).
Feuqueu, eusse ou oiRE, s. m. et f., celui, celle qui fauche; — araignée des champs à longues pattes.
Feurre (ferej, s. m., paille en général, mais se dit plus particulièrement de la paille d'avoine et de la paille d'orge, feurre d'avaine, paile é-de blè.
Feurriére, s, f., paillasse qui contient de la longue paille et que l'on place sous les matelas.
Feuter, V. a., commettre une faute.
Fevriou, s. m., diminutif de février; ne s'emploie, du reste, qu'avec ce dernier; on dit que les pies, qui commencent à faire leur nid de bonne heure, chantent dans leur langage :
Février, fevriou, Si tu gèle, é-negéle point mes qniou.
FiAPE, adj. des 2 gen., ne s'emploie (lu'avec la négation, et signifie personne qui n'inspire pas confiance, à laquelle on ne peut se fier; V n'est point Jîape.
FiATE, s. f., confiance, foi, créance; V n'o point de ftate à y avoir; — V n'o point defiate à che qu'V di ; — y os- tu d'el Jiate?
FichT^le, s. f., ficelle; — fig., retors, fulé, fripon, de mauvaise foi; ch'est enne fie hé le ; — comme il est Jîchéle!
Ficher (se), v. pr., se moquer, dédaigner quelqu'un ou quelque chose; /^-me^c/je é-de ti et pi de chan que tu peux dire; ce mot remplace un terme grossier cher au Père Duchesne.
FiCHEU, s. m., putois, putorius communis ; — fig., malin, rusé, habile à se tirer d'affaires, ch'est un vrai Jfcheu; — il est malin comme un ficheu ; — il o des yu de ficheu.
FiEN, s. m., fumier, vx; — fig., o peut li donner del paile, V séro foire du fen, dit-on d'un dissipateur, de celui qui dépense sans compter ; — ch'est un mont de fen, dit-on d'une personne indolente, malhabile, peu courageuse.
Fier, iére, adj., dur, méchant, irascible, brutal; — — froid, âpre, en parlant de la température, i'foi un quiou air y?er;— superlatif, grand, excessif, fameux, ch'est du fier blè que t'os lo; — s. m. et f., se dit de celui ou de celle qui a un caractère peu commode, ch'est un fer.
FiÉREMEN, adv., extrêmement, fameusement, grandement, d'un emploi très fréquent, V foi féremen froid.
FiÉRou, OTTE, adj. et s. m. et f., un peu fier. FiEUF, s. f., fièvre, tranner lesfleuf.
Fignoler, v. a., faire une chose avec grâce, avec des gentillesses, avec élégance, raffiner, faire au-dessus des autres; — v. pr., s'habiller avec recherche, mettre une certaine affectation dans ses manières.
FiGNoLET, ETTE, S. Hi. et f., cclui, cclle ((uï est affecté dans sa mise, dans ses manières ou dans ses discours.
FiGROu, s. m., fil poissé qui sert aux cordonniers et aux bourreliers, ligneul.
FiLANNE, s. f. pi., nuages blancs de forme allongée précurseurs de l'orage; V n'o des Jilanne à che soleil.
FiLATiER, s. m., fabricant ou marchand de fil.
Fil du dou, l'épine dorsale; V s'est cassé le fil du dou.
FiLÈ, s. m., fil à coudre, à tisser, en un mot, toute espèce de fil.
FiL-EN-DEUX, FiL-EN-TROis, S. m., eau-dc-vie à deux ou à trois sous le petit verre; on dit qu'à Moreuil, les habitants, qui voulaient surtout autrefois paraître beaucoup plus qu'ils n'étaient en réalité, avaient l'habitude de demander au café du fll-en-deux ou en-trois et qu'ils levaient en même temps un seul doigt, ce qui signifiait, pour le cabaretier seulement, une vulgaire goutte d'un sou.
Filè-Madame, s. m., filandres, fils-de-la-Vierge.
Filet, s, m., s'emploie dans cette locution, raquer sert Jilet; c'est un serment fréquemment employé par les enfants qui, pour affirmer une chose, serrent leur gorge avec le pouce et l'index, puis lancent un Jilet de salive à terre.
FiLoiRE, s. f., flleuse, ouvrière occupée à filer la laine.
Filou, s. m., a les mêmes acceptions qu'en français, mais il se dit de plus de celui qui flatte, qui caresse pour obtenir ce qu'il convoite, ch'est un quiou Jilou ; — adj., qui est rusé, malin, futé, il o un air filou, —des (ju flous.
Fin, adv., mot explétif qui se place devant un adjectif ou un nom pour lui donner plus de force, j'ai fin froid, — il est fin béte, — il est fin loin, — et signifie beaucoup, très, extrêmement, tout à fait, fini.
Fin des fin (à le), loc. adv., enfin, à la fin, à le fin des fin, tu m'embête.
Fini, ie, adj. qui se place après certains noms pour en renforcer le sens, ch'est un ivrogne Jini; — dans les autres cas, le féminin de fini est finite, vou ouvrache est-elle Jinite?
Finissemen, adv., fin, achèvement.
FiNNE, s. f., fouine, mustela foina.
Fiole, s. f., feu follet; — flg., se dit de celui ou de celle qui est futé, malin, trompeur, ch'est enne vraie fiole.
FioN (donner le), loc. signifiant mettre la dernière main à un ouvrage, le lustrer, le rendre brillant, le parfaire, lui donner bonne tournure, bon aspect.
FiQUE ou FiNQUE (PAR ma)! intcrj,, par ma foi ! juron déguisé pour esquiver le précepte religieux.
Fistule, s'emploie adverbialement et signifie pas du tout, aucune chose, /' n'en o point Jistule.
Fiu, s. m., fils, enfant, men quiou fin, noujiu, dit un père ou une mère en parlant de son i'ûs; — el fut de noufiu, notre petit-fils.
Flacon, s. m., flatteur, en mauvaise part, qui loue d'une façon exagérée et surtout peu sincère.
Flaconner, V. a., flatter, flagorner.
Flaconneu, oire, V. Flacon.
Flactonton. s. m., factotum.
Flaflatte, s. m., caresse ; ^oîV-e desfajlatte, terme enfantin qui signifie flatter, passer légèrement la main sur la figure d'un enfant.
Flageolet, s. m., branche de chêne dépourvue de son écorce que l'on a enlevée pour faire du tan.
Flair, s. m., odeur, bonne ou mauvaise, o boinjîair, — que flair! comme ça pue!
Flairier, V, a., flairer.
Flairinèe, s. f., ce qu'on flaire en une seule fois; exhalaison.
Flairiner, V. a., flairer dans tous les coins avec insistance; —flg., rôder, mettre le nez partout.
Flairineu, oire, s. m. et f., celui, celle qui rôde de tous côtés le nez en l'air, qui est sans cesse occupé de voir ce que font les autres, ch'est un grand Jlairineu.
Flamique (Jtan-mic), s. f., sorte de galette très mince que l'on fait cuire dans le four quand le bois est enflammé; parfois on la garnit de lardron (V. ce mot).
Flamiquer, V. a., faire des flamiques ou toute espèce de pâtisserie; —s'occuper de cuisine ou de choses qui nécessitent des soins très minutieux.
Flamiqueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui s'occupe de cuisine, — qui touche à tout, qui se montre minutieux.
Flammer, V. n., flamber, jeter des flammes.
Flan, s. m., tarte, tourte;— fig., o n'y connoit point du flan, on n'y connaît goutte; — ch'est comme des/tan de beue, dit-on de ce qui est mal fait, mal exécuté.
Flanqué, s. m., flanc; se dit aussi bien de l'espèce humaine que des animaux.
Flanquer (se), v. pr., se moquer, se Jicher (V. ce mot);— V. a., jeter à la figure, i m'o Jïanquè des soitisse.
Flanquette (à le boine), loc. adv., sans cérémonie, tout uniment, sans façon.
Flaquer ou Floquer, V. a., se dit des chaussures trop amples dans lesquelles les pieds vont et viennent.
Flèpe, s. f., petite quantité, peu, presque rien; fo du bain burre, donne-mé n'n est enne flèpe ; — ?' n'o point enne flèpe d'esprit; — charpie, brin de fll qui s'attache sur les habits ou sur les étoffes; — s. f. pi., bouts effilés d'un tissu ou de vêlements; aller à flèpe, porter des habits effilés, des guenilles.
Flépette, s. f., diminutif de Flèpe.
Fleurison, s. f., floraison, à le Jteurison de ches hlè.
Fleyé, s. m., fléau à battre.
Flipe ou mieux Phlipe, s. m., contraction de Philippe, est le nom que l'on donne à une boisson faite avec du cidre nouveau, de l'eau-de-vie et du sucre que l'on prend bien chaude.
Floquer, V. Flaquer.
Flou, s. m., mare; rossignou de Jtou, crapaud; tu siffe comme un rossignou de flou.
Flouc, onomatopée par laquelle on exprime le bruit que fait un corps en tombant, afoit floue.
Flourir, V. n., fleurir.
Flumme, s. m. pi., gros crachat, pituite épaisse, flegme, V rend desjlumme tous les Jour au matin.
Fllquer, V. a., se dit des animaux qui, lorsqu'ils sont malades, semblent chercher certains brins de fourrage dans la brassée qu'on leur a jetée, nou vaque aile vo miu, aile Jluque; — se dit de celui qui mange peu, qui grignote; — fig., ramasser de divers côtés, manger un peu partout.
Flux, s. m. pi., s'emploie dans cette locution : il o des mauvais flux de houque, il ne dit que des grossièretés.
FoÈE, s. f., flambée de feu clair, et, par extension, feu de charbon dans le poêle, /ot-noM enne quiotefoèe.
Foire, v. a., faire; — 6ie/i/oire, loc, suffire, a quemenche à bien foire, il y en aura bientôt assez; —foire aller à Moreul, loc, faire comparaître devant le juge de paix.
Ind. prés., Je fois, osfoisons ou os besons, os besez, V foite.
]mp.,jeJàisois ou Je besois, os foisoi me ou os besoime, i' foisint ou V besint.
Cond., osferoime, osferoite, i' ferint.
Subj., que Je foiche, qu'os besonche, qu'os beséche, qu'V foichete.
Foireusse (HERBE), fumetcrrc, fumaria qfficinalis; on l'emploie en infusion contre les maux de dents.
FoisEu, EUSSE, S, m. et f., faiseur; ch'est unfoiseu d'embarro (V. Beseu).
FoLiR, V. n., être passionné, avoir grande envie; V foli d'é-se marier, — allefoli de sen fiu.
Foi.oiR, V. imp., falloir.
Ind., V feui.
Imp., V Jolloit.
Fut., V fodro ou V foro.
Cond., V fodroit ou V foroit.
Subj., qu'U feuche.
FoNTURE, s. f., terme de badestamier désignant les plombs, les aiguilles et les platines, etc., composant l'âme, c'est-à-dire le mécanisme du métier à faire les bas.
FoRBissuRE, s. f., courbature, lassitude.
FoRBOU, s. m., faubourg.
FORBOUTIER, 1ÈRE, S. m. et f., V. Feubourgtier.
Forcée ou Forchèe, s. f,, portée d'un animal qui met bas; se dit surtout de la truie, enne forcée de cochon.
FoRCHE (À), loc. adv., tellement, si; i' ne menge point le mitan de sen seu, àforche qu'il est avare.
FoRCFiiR, V. n., devenir fort, se développer; coufiu V forchi; — tes ape V sont bien forchis depuis un an
FoRciEU, s. m., versoir de la charrue.
FoRGEON, s. m., forgeron.
FoRGNEu, s. m., fourneau.
FoRiÉRE, s. f., extrémité d'une pièce de terre labourée en travers.
FoRNAQUER, V. a., mettre en désordre, tout remuer en cherchant quelque chose; quoi que tuj'ornaque lo? que cherches-tu?
FoRsiN, s. m., frai, petits poissons pour peupler.
FossiER, s. m., fossoyeur.
FouFETER, V. a., travailler vivement et sans soin.
FouFETEU, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui travaille vite et ne fait la besogne qu'à moitié, avec négligence et maladresse.
FouÏLLACHE, s. m., porlion, étendue de terrain labourée à la bêche; — action de bêcher.
Fouillé, adj., atteint de la rage; un quien fouillé; — flg., se dit de celui ou de celle qui a la tête légère, qui est atteint de folie, qui se livre à des actions violentes, qui est passionné.
FoLiNNE, s. f., faîne, fruit du hêtre.
Fouir, v. a., béciier.
FOURNAQUER, V. FORNAQUER.
FouRQUE, s. f., fourche, instrument à long manche de bois, muni, au bout, de deux dents de fer qui sert à donner les bottes de récoltes à celui qui se trouve sur la voiture ou sur le chariot.
FouRQUER, V. a., fourcher, donner les bottes avec la fourche.
FouRQUET, s. m., fourche à trois dents à manche moins long que la fourche qui sert à charger le fumier dans la voiture et à l'épandre dans les champs.
FouRQUETTE, S. f., fourclic en bois à deux dents qui sert aux batteurs en grange et aux ouvriers qui font la fenaison.
FouRSER, v. a., se dit de la ponte chez les grenouilles.
Foutant, adj., qui fait de la peine, contrariant, vexant.
FouTRET (au), s. m., jeu de cartes où le perdant reçoit autant de coups qu'il lui reste de cartes. Lorsque l'on joue à deux, celui qui s'est débarrassé de toutes ses cartes frappe avec une règle ou un mouchoir à noeuds sur la main de l'autre joueur en prononçant ces paroles : « M. du Foutret, vous avez des cartes, vous ne savez pas les jouer, ça vous apprendra, patati, patata! Combien de cartes? Combien de cartes f » Le perdant ne répond pas ou donne un nombre au
hasard; son adversaire frappe alors de plus forts coups autant de fois qu'il lui semble que l'autre peut avoir de cartes; (luand il a cessé, on compte les cartes et, si le nombre est inférieur aux coups donnés, le perdant rend à son camarade un nombre de coups égal à la différence.
Foutu comme quate sous, — comme l'as é-de pique, loc. signifiant qu'on est mal habillé, vêtu sans soin.
Fraîche, adj., s'emploie dans ces locutions : i' n'en di ou V n'en sai dej'raiche, il raconte des choses étonnantes, incroyables auxquelles il ne faut point ajouter foi; — i' J'oit fraiche, il fait froid, frais, humide; — à lafraiche, au frais, à la fraîcheur.
Fraichou, adj., légèrement froide ou fraiche, en parlant de la température ; V foi un molet fraichou ojord'hui; on dit aussi fraie helou.
Fraiquetumme, s. f., rosée, gouttelettes d'eau sur l'herbe produites par la pluie ou le brouillard; aller da ches fraiquetumme, marcher dans les récoltes ou sur le gazon après une pluie, ou bien le matin ou le soir à la rosée.
Fraiquir, V. a. et pr., mouiller, se mouiller.
Frais, Fraique, adj., mouillé, trempé par la pluie; t'es tout frais, —é- se rope aile est fraique; — ûg., se trouver dans une fâcheuse situation, dans de mauvais draps ; el clo frais, dit-on de celui qui a commis un délit et va être traduit devant les tribunaux.
Frasse, s. f., fraise ou mésentère du veau.
Frelle, s. m., frimas, givre.
Frenche, s. f., frange.
Frencher, V. a., froncer, plisser; i' frenche ses mousse, — ses sourciu, o coi qui n'est point content.
Frérou, s. m., petit frère, terme amical, men quiou frérou.
Freu, s. f., frayeur, s'emploie seulement dans cette locution : V n'o ne peur ne freu.
Fricoteu, oire, s. m. et f., celui, celle qui aime à fricoter, à festiner, à faire bombance; — fig., maraudeur.
FuiLEUSSE, s. f., espace vide qui se trouve entre deux chevrons à l'endroit où ils reposent sur la sablière.
Frimousse, s. f., figure, visage; se prend en mauvaise part; beie que frimousse qu'i' Jbit.
Frinne, s. f., farine.
Friseler, V. a. et n., friser; — v. pr., se faire une frisure.
Frisou, s. m., boucle de cheveux frisés.
Fronchie, s. f., groseilles, framboises ou fraises écrasées mélangées avec du lait, du fromage ou de la crème et du sucre; tu menge del fronchie ?
Frouiller, V. a., faire un travail vivement et sans soin.
Frouilleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui travaille vite et sans goût, sans précaution.
Frummer, V. a., fermer.
Frummion, s. m., fourmi; — pi., avoir desfrum-. miens, c'est éprouver une sorte de frémissement dans un membre engourdi par suite d'une lausse position.
Frummionnèe, s. f., grande quantité, multitude; V n'o enne frummionnèe de gens da ches camp.
Frummionner, v. n., fourmiller.
Fu, s. m., feu; n'avoir ne fu ne lu est une vieille locution signifiant tju'une personne est tellement pauvre qu'elle n'a ni feu ni lumière, qu'elle est sans asile.
Fummaquer, v. a., fumer beaucoup.
Fummaqueu, s. m., se dit de celui qui fume constamment.
FuMMÉLE, s. f., femme ou fille; quéfumméle! quelle forte femme! quel beau corps!
FuMMER, V. a. et n., fumer.
FuMMERON, s. m., fumeron; — fig., gamin qui commence à fumer; on dit aux enfants qui fument déjà :
« Tu resanne à un étron. — A cœusse ? — Tu fumme comme li quant V sorte d'é-che c. d'el gllnne. »
FuMMiEH, s. m., fumier; — fig., /orre du fummier, faire beaucoup d'embarras.
Fut-che! interj., soit! qu'importe! ne parlons plus de cela; on connaît ce dialogue, sans cesse répété : « Picard, ta maison brûle. — Fut-che, J'ai le clef da me poche. )) Une mère dit à sa fille : Je ne ceux point que tu coiche danser. — Fut-che, répond la fille obéissante.
G remplace j dans jachère, jambon, jarret, jarretière, jardin et ses dérivés; — c dans carder, vacances, difficulté; — ç dans liqueur.
G est introduit dans le corps d'un assez grand nombre de mots devant n quand cette lettre est suivie d'une diphthongue commençant par i, e, é, o, u, pengnier, commugnion, faignant, engnieu, pour panier, communion, fainéant, agneau.
G ne se fait pas sentir dans le corps de certains mots ni à la fin, môme quand ils sont suivis d'une voyelle ou d'une h muette, siner, assiner, pour signer, assigner.
G se supprime dans aveugle, aveugler, avule, avuler, — et gl, dans étrangler, étraner.
Ga remplacent y^ii dans jaune, jaunir et ses dérivés, gane, ganir.
Gabegis, s. m., désordre, confusion, grabuge, gâchis.
Gadrouillaghe, s. m., chose faite sans soin, travail manqué ou mal exécuté; ch'est du gadrouillache.
Gadrouiller, v. a., gâter, détériorer, gâcher, gaspiller, dissiper; — v. pr., mener une vie de débauche, se surmener par suite d'excès de plaisirs; tu te gadroule.
Gadrouillku, oire, 9. m. et f., celui, celle qui gadroule.
Gadrouillis, s. m., V. Gadrouillache,
Gadru, adj., se dit d'un tout petit enfant qui commence à rire, qui paraît vif, alerte, précoce, qui est tout élevé.
Gaffe, s. m., jabot des volailles; — lig., gorge, gosier.
Gaffée (rire à), rire aux éclats, à gorge déployée.
Gaffer, v. a., manger avec avidité, omplir son gaffe.
Gaga, s. m., enfant gâté; ch'est un grand gaga; — — parler gaga, c'est parler comme les enfants, sur un ton traînant, zézayer.
Gageoler, v. a., se dit du ramage des oiseaux et des enfants qui commencent à parler ou des grandes personnes qui vont parler, le soir, aux fenêtres en contrefaisant leur voix.
Gager, v. a., détériorer, ôter de son prix ou de sa valeur en parlant d'un objet ou d'un animal; on dit d'un cheval (jui s'est abattu, il est gage;— 11g., se dit aussi des personnes; d'un jeune homme qui a une cicatrice sur la figure, d'une jeune fille qui n'a plus toutes ses dents, on dit qu'ils sont gages; — gage que, loc. adv , employée par une sorte d'elUpsepouv je gage que, gage é-que tu n'iros point.
Gaguite, s. f., surnom donné aux femmes et aux filles qui sont niaises, simples.
Gai, s. m., geai.
Gaillard, arde, adj., légèrement pris de boisson, qui commence à s'enivrer.
Gairbèe, s. f., gerbée; — fig., femme (|ui se tient mal, ch'est enne craie gairbèe; — sa\i\e que l'on prend sur ses lèvres avec son doigt que l'on passe ensuite sur les lèvres d'un autre, en disant : Je m'en vo te raf~ forer (V. ce mot).
Gairchon, s. m., garçon, vx.
Gairchongnikre, s. f., jeune fille qui partage les jeux des garçons, qui a des goûts de garçon, garçonnière.
Gairciionneile, s. f., réunion de jeunes garçons et, par extension, d'enfants des deux sexes.
Gaircul, s. m,, jupon, jupe de dessous; — pi., cordons attachés aux deux côtés du tablier qui se nouent derrière.
Gairgnier, s. m., grenier.
Gairlopache, s. m., mauvaise cuisine, soupe fort claire, bouillon peu gras.
Gairloper, V. n., bouillir avec bruit.
Gairlou, s. m., grelot; — baie globuleuse de la pomme de terre.
Gairnon, s. m., tache de salissure à la figure.
Gairnoter, V. n., se dit d'un liquide qui bout légèrement et qui fait moins de bruit et produit de moins gros bouillons qu'en gairlopant.
Gairnoule, s. f., grenouille; fig., on dit d'un malade en convalescence ou complètement rétabli qu'il o avalé Le guernoule; — se dit aussi des jeunes gens des deux sexes qui ont atteint la puberté; — i' n'est point cœusse é-que ches gairnoule n'ont point de queue, dit-on de celui qui est simple ou a peu de jugement.
Gairzeule, s. f., groseille; — ^air-sea^e blette, fruit du groseiller épineux, ribes uva crispa; — fig., des gairzeule blettes, locution par laquelle on fait entendre à son interlocuteur qu'on n'est point dupe de la bourde qu'il veut vous faire avaler.
Gairzillou, s. m., petit grêlon; V queie des gairzillou, il tombe du grésil, de la menue grêle.
Gairnu, usse, adj., grenu.
Galaffe, s. m., glouton, grand mangeur, goulu, gourmand, goinfre.
Galafrer, V. a., manger goulûment.
Galet, s. m,, boule en bois dur servant au jeu de crochon.
Galibier, s. m., gamin, polisson, mauvais drôle, en parlant des enfants.
Galimafrèe, s. f., repas copieux.
Galmite, s. m., marmot, galopin, vaurien; se dit aussi d'une petite fille.
Galocher, V. a., faire du bruit avec les cliaussures, quelles qu'elles soient, en marchant.
Galon, s. m., s'emploie dans cette locution ; se donner du galon, se louer, se vanter; né te donne point tant de galon, tu n'es mie si loin poussé.
Galope (à la), loc. adv., à la hâte et sans goût, ch'est du traveil à la galope.
Galou, s. m., galop, courir au grand galou, au grandécime galou.
Galteron, s. m. pi., résidu de la fonte du saindoux, cretons; on fait avec ce résidu une sorte de pâtisserie appelée galette à galteron dont les enfants so montrent très friands.
Gambet, s. m., croc-en-jambe.
Gambier, s. m., traverse de bois suspendue à une corde qui sert à accrocher les animaux tués pour la boucherie afin de les dépecer plus aisément.
Gambiller, V. a., agiter les jambes.
Gambilleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui boîte, qui traîne une jambe.
Gambillonner, V. a., diminutif de gambiller.
Gamme, s. f., jambe; on dit d'un léger accident : i' veut miux lelo qiCenne gamme cassée et pi le piéc/ie perdue.
Gannate, adj., jaunâtre.
Ganne, adj., jaune.
Gannir, V. n., jaunir.
Gante, s. f., jante; — soutien du linteau d'une cheminée.
Gaquére, s. f., jachère; — fig., ête da ches gaquére, se trouver dans une situation difficile, être dans l'embarras, ne plus savoir comment se conduire, se diriger, battre la campagne.
Garder, v. a., carder.
Gardinache, s. m., jardinage; — pi., jardins; il est toujours da ches gardinache.
Gardiner, V. a., jardiner; — fig., marauder dans les jardins, aller cueillir, le soir, les raisins et les fruits d'autrui.
Gardineu, oire, s. m. et f., celui, celle qui maraude dans les jardins.
Garetier, s. m., jarretière.
Gargate, s. f., grande bouche.
Gargouiller, v. n., bruit qui se produit dans les intestins; comme a gargoule da se panche! — parler en gazouillant.
Gargouilleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui parle en gazouillant.
Gargouillis, s. m., action de gargouiller.
Garipéne, Garipette, s. f., terre de mauvaise qualité, vague et inculte.
Garouéne, s. f., même sens que les mots précédents.
Garse, s. L, femme ou fille méchante ou de mauvaise vie.
Gasiou, s. m., gosier.
Gatelèe, s. f., contenu d'une jatte, d'un gatelou, d'une gatelette.
Gatelette, s. f., petite jatte, écuelle, assiette grossière;—pi., vaisselle en général.
Gatelou, s. m., même sens que le mot précédent, avec cette différence toutefois que le gatelou est plus creux que la gatelette.
Gavèe, s. f., s'emploie dans cette locution : V rCn o pren enne haine gavèe, il a mangé beaucoup, avec excès, il en a pris jusqu'à la gorge.
Gavéle, s. f., javelle; — fig., chercher des gavéle touillées, créer des embarras, chercher querelle.
Gavelou, s. m., javelle.
Gaver, v. n., être repu, au propre et au figuré; — ennuyer, importuner quelqu'un par de sots discours.
Gazé, èe, p. p., qui est légèrement ivre.
Gazette (lire la), loc. qui a le même sens que
MENGER DU CLIQUET (V. CeS mots).
Gazou, s. m., qui parle en gazouillant, qui bredouille;— fig., adj., légèrement ivre.
Gazouiller, v. a., parler en bredouillant, contrefaire sa voix.
Gazouilleu, oire, s, m. et f., celui, celle qui bredouille.
Gazouillis, s. m., paroles bredouillées; tu nous foi un rude gazouillis! on ne comprend rien de ce que tu dis.
Gengelè, s. m., engelé, frileux; ch'est un gengelè.
Gengeolet, s. m., terme de mépris pour désigner quelqu'un qui est mince, svelle, d'apparence chétive.
Genouillis, s. m., mercuriale annuelle, mercurialis annua.
Gens, s. m. pi., synonyme de parents, père et mère; tes gens vont-V bien? — ch'est des gens de nou gens, ce sont des nôtres, d'autres nous-mêmes; — bieux gens, beau-père et belle-mêre. Un fils, dont les grands parents étaient morts depuis longtemps, demeurait avec son père et sa mère; sa conduite, qui laissait à désirer, lui attirait souvent les admonestations paternelles; impatienté de recevoir des observations de ce genre, il s'écria un jour : « Si os n'êtes point contents, foites comme mi, allez demeurer aveu vou gens. »
Gent, s. f., personne, individu quelconque, é-je su-tenne gent perdue; — i' n'o point de gent capable del foire obéir, dit-on aussi bien d'un enfant diflicile que d'un animal entêté.
Germe, Gerne, s. f., germe; —agneau femelle d'un an qui n'a pas encore porté.
Germion, s. m., germe des plantes.
Gha! interj., mot employé par les charretiers pour diriger leurs chevaux à gauche.
Giger, s. m., gésier.
Gin, s. m., espace compris entre deux rangées de récoltes abattues par la faux,— largeur d'un coup do faux.
GiNGLER, GiNGUELER, V. a., se dit des jeunes chevaux qui sautent fréquemment et ruent de côté sans .méchanceté; — fig., se dit aussi des enfants qui aiment à folâtrer, à gambader; — danser, V von à le fête, eh' est pour gingueler.
Gîte, s. m., l'une des deux longues pièces de bois d'une voiture, d'une charrette ou d'un tombereau qui reposent sur l'essieu et se continuent pour former les timons; les gites supportent les ridelles.
Glachon, s. m., glaçon; — vase en forme d'assiette en poterie grossière non vernissée; tesson.
Glaine, s. f., poule; un viu cou et pi enne joine glaine, ch'est d's œu àjorche.
Glairineu, adj., glaireux, visqueux, gluant.
Glaju, s. m., glaïeul, gladiolus communis, iris pseudo-acorus.
Gléne, s. f., glane.
Gléner, v. a., glaner.
Gléneu, oire, s. m. et f., celui, celle qui glane; V veut miu vir un leu qu^un gléneu, parce que les glaneurs tirent souvent aux gerbes et aux javelles.
Glénis, s. m., grain ou paille provenant du battage des glanes.
Gleute, s. m., Claude, nom d'homme.
Gliant, adj., glissant, onctueux.
Glichate, s. f., glissade, ou mieux glissoire.
Glier, V. a., nettoyer la paille de seigle pour faire des gluis (gliou).
Glimonache, s. m., viscosité, état de ce qui est glaireux, limoneux.
Glimoneu, adj., glaireux, limoneux, diminutif de gloirimoneu (V. ce mot).
Gliou, s. m., glui; paille de seigle préparée pour faire des liens.
Gliurf, s. f. pi., ce que l'on retire de la paille de seigle préparée pour le glui.
Gloirimgneu, eusse, adj., glaireux, gluant, visqueux.
Glorieusetè, s. f., orgueil, vanité, gloriole.
Glou, s. m., hoquet, il o le glou; pour s'en débarrasser, il suffît, parait-il, de dire sept fois de suite sans se tromper ni reprendre haleine :
J"ai le glou, j'ai le déglou.
Je le donne à mon ami doux.
Glouie, Glui, s. m., gomme qui se produit sur l'écorce de certains arbres à noyaux, tels que pruniers, abricotiers, cerisiers, etc. ; — gelée provenant du suc de viande.
Gniagniou, otte (gnian-f/nou), s. m. et f., niais, niaise; se dit aux enfants; quiou gniaynou, quelquefois aussi aux grandes personnes.
Gniais, Gniaite, s. m. et f., niais, niaise.
Gniaiseu, oire, s. m. et f., diminutif de niais, niaise.
Gnieuche, s. f., nièce.
Gnife, s. f., giffle, soufflet.
Gniognoterie, s. f., chose de peu de valeur, bagatelle, niaiserie.
Gniole, s. f., même sens que gnife.
GoBiLE, s. f., aiguille recourbée emmanchée dans une espèce de porte-plume employée par les faiseurs de bas pour passer l'une dans l'autre les mailles de la dernière rangée pour opérer ce qu'ils appellent les diminutions.
GoBiLLER, v. a., se servir de la gobile pour faire les diminutions.
GoDELER, V, a. et pr., se dit d'une corde qui se replie sur elle-même et forme des nœuds, ou d'une étoffe qui se boursoufle par endroits.
Godet, s. m., cahot, secousse dans les ornières.
Gœuloir, s. m., cueilloir.
GoGNER (gon-gner), v. n,, loucher.
GoGNEu, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui louche.
GoGNOu, OTTE, a Ic même sens que le mot précédent.
GoHETTE, s. f., haricot.
Gomme, s. f., réservoir où sont retenues par les vannes les eaux d'une rivière ; sorte d'écluse en avant de la roue du moulin.
Gorette, s. f., collerette.
GouAiLE, s. f., plaisanterie, moquerie.
GouAiLLER, V. a., plaisanter, railler, persifler, tourner en ridicule.
GouAiLLEu, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui est porté à la raillerie.
GoucHE, ad.)., engourdi par le froid; fai mes main gouches, j'ai froid aux mains.
GOULAFFE, S. f., V. GaLAFFE.
GouLÈE, S. f., gorgée, boire enne boine goiUèe; le contenu de la bouche ; tirer enne grosse goulèe, emplir la bouche de fumée de tabac.
Gourde, adj., V. Gouche.
Gourme, adj., V. Gouche.
GouRON, S, m., goulot.
Goût, s. m., saveur; se prend souvent en mauvaise part en parlant d'une boisson ou d'un mets quelconque et signifie mauvais goût, é-che chite lo, il o un goût, c'est-à-dire qu'il a un goût plus ou moins désagréable; cou fricassée aile o un goût, elle sent le brûlé, le roussi, etc.; on dit ironiquement de ce qui est bon à boire ou à manger, o un goût, le goût de trou peu.
Goutte militaire, s. f., a une autre acception qu'en français, c'est un verre à cidre plein d'eau-de-vie.
GouvioN, s. m., cheville de fer que l'on passe dans le moyeu d'une roue de brouette en guise d'essieu; — en général, longue et forte cheville de fer,
Grafaim, s. m., grande envie, grand'faim ; mot d'un fréquent usage, fai grafaim d'ête à noufête.
Grailer, V. n., se dit des adolescents à l'époque où leur voix mue, et, par extension, de celui dont la \oix change d'intonation en parlant ou en chantant; — se dit aussi des poules (|ui font entendre un certain ramage quelques jours avant de commencer leur ponte.
Grand, adj., s'emploie dans cette locution, ch'est comme da le grand, sous-entendu monde.
Grandécime (au), loc. adv., vivement; courir au grandécime galou.
Grandier, 1ÈRE, s. m. et f. et adj., fier, hautain, qui a de la morgue, qui ne parle pas à tout le monde.
Grand'mére, s. f., vieille femme; — ouragan de courte durée, tourbillon, trombe, syn. de veudoisse (V. ce mot); — fagot à deux liens le plus souvent formé de bois mort ou de brindilles, ainsi nommé de ce que les vieilles femmes allaient ramasser du bois mort dans les taillis; — sorte d'araignée à longues pattes, de la famille des phalangiens, vulgairement nommée faucheur; — fig., grand'mére à poussière aile s'en co passer, dit-on aux enfants qui vont succomber au sommeil.
Grand-pére, s. m., vieillard, ch'est un viu grandpère;— borne placée au pied d'un épergnieu(V. ce mot) pour marquer la limite entre deux propriétés; — fig., le juge de paix; — é6or;5rner sen grand-pére, marcher dans un tas d'ordure, d'excrément ; on dit par représailles à celui qui vous a fait du mal : ch'est du bien de ten grand-pére, à té revarro, ce qui veut dire, il te sera fait la même chose, tu ne le perdras pas; on dit dans le même sens : Je té rattraperai sans courir, — tu ne perdros rien pour attenne.
Granmen, adv., beaucoup, grandement; d'un fréquent usage.
Gratteron ou Gratte-cul, s. m., graine du gaillet, galium aparine.
Gréne, s. f., graine, a les mêmes acceptions (|u'en français;— fig., enfant turbulent, insupportable, <jué gréne!
Greu, s. m., ongle, griffe, cl, par extension, égratignure; i' m'o/oit des greu.
Greuter, V. Creuter.
Gribe, s. m., crible.
Gribouillis, s. m., gribouillage, griffonnage; — fig., confusion, difficulté dans une affaire.
Grichonner (se), V. pr., rentrer la tête dans les épaules lorsque l'on a froid.
Griffe, s. f., sorte de grappins que les biîcherons se mettent aux jambes pour monter aux arbres afin de les ébrancher; les enfants s'en servaient également autrefois quand ils dénichaient des nids sur de gros arbres.
Grignar, oire, s. m. et f. et adj., enfant qui pleure sans cesse, qui pleurniche pour un rien; maussade, recliigné, revèche, grincbeux.
Grigner, V, a., pleurnicher, se plaindre, être presque toujours de mauvaise humeur.
Grignette à Grignette, loc. adv., petit morceau par petit morceau, par petite quantité à la fois.
Grigneu, oire, Grignu, usse, s. m. et f., même sens que Grignar.
Grihinne, s. f., giboulée, ondée.
Grimeu, eusse, adj., venimeux, vénéneux. V.Vrimeu.
Grimoucher (SE), V. pr., se fâcher, être de mauvaise humeur, se renfrogner ; — fig., on dit que le /em/3s se grimouche lorsqu'il se couvre de nuages précurseurs de la pluie.
Grincher (SE), V. pr., mouvoir les épaules d'avant en arrière pour opérer un frottement des vêtements sur la peau lorsqu'on éprouve des démangeaisons dans le dos.
Grine, s. f., Griné, s. m,, petite parcelle, petite quantité, enne quiote grine, — un quiou griné; — on dit qu'une pâte, une sauce, le beurre, etc., sont à griné lorsqu'il y a comnie des grumeaux.
Griné, s. m., œuf de la femelle du hareng, el, par extension^ ce poisson lui-même.
Grisard, s. m., blaireau, ursus mêles;— fig., adj., temps gris.
Griseler, V. n., devenir gris en parlant des cheveux, grisonner.
G ROGNER (gron-gner), v. n. , bouder, avoir de l'humeur ; — V. a., tourner la tête de côté au jeu de cache-cache.
Gron, s. m., giron; par extension, partie supérieure du tablier, du jupon ;/o?>e un gron, écarter les jambes et faire une sorte de creux avec les vêtements.
Gronnèe, s. f., ce que peut contenir un gron; — Vn-o despronne à le gronnèe, il y a beaucoup de prunes cette année;— ce que l'on peut mettre dans son tablier ou dans son jupon en en relevant la partie inférieure.
Gros, adj., gras; V n'est mie gros de léguer ches palissate.
Grou, adj., gros, —beaucoup; un g r^ou molet, une grande quantité.
Grouler, V. a., qui s'écroule, qui s'affaisse; el tére aile croule,— \. n., désigne le bruit qui se fait dans les intestins par les borborygmes, a groule da mes boyeu, — da me histroule, dans mon ventre.
Grlïeu, s. m., gruau.
Grumeler, V. n., grommeler, — en grumeaux.
Guérite, p. p., fém. de guéri.
Gueugue, s. f., espèce de noix très grosse.
GuEUGUER, s. m., (le premier g ne se prononce pas comme le second), noyer qui produit de grosses noix, juglans regia.
Gueule, s. f., gaule; — bouche, grande bouche ; dans chacun de ces deux cas, le g se prononce de façon différente; gueule é-demie, quarante-cinq dent; un conscrit s'étant présenté devant le conseil de révision à Moreuil, répondit à celte question : « Qu'avez-vous à mettre en réclamation? — J'ai bon pied, bon œil, bon appétit, bonne gueule. — Propre au service »,
répliqua aussitôt le major;— é^e à se gueule, être gourmand; gueule é-de lion, muflier, anthirrhinum majus; — gueule é-de leu, digitale pourprée, digitalis purpurea.
GuEULu, ussE, s. m. et f., celui, celle qui est porté sur sa bouche.
GuEussE (courir la), loc, se dit de celui qui recherche sans cesse les personnes du sexe.
GuEVEu ou GuEVo, s. m., cheval.
GuGussE, diminutif d'Auguste.
Guibolle, s. f., jambe; s'emploie ironiquement pour désigner celui qui a de longues jambes; hè! longues guibolle!
GuiFE, s. f., bouche, visage, en mauvaise part; — fig., gourmand, il est porte su se guife, ch'est enne granne guife; — mette é-se guife à l'air, sortir, se promener.
Guiper, v. a., manger goulûment.
GuiGNARD, s. m., curieux, qui aime à épier ce que font les autres.
Guigner, v. a., guetter, observer secrètement.
Guigneu, oire, s. m. et f., même sens que guignard.
Guignote, s. f., petite ouverture pourvue d'un verre que l'on a ménagée dans une palissade pour voir sans être vu; la guignotte est ordinairement placée près de la porte de la grange du côté du jardin.
Guiguite, diminutif de Marguerite.
GuiLEBEUTE, S. f., femme maigre et de haute taille, qui a des manières communes; — femme de mauvaise vie; que granne guilebeute!
GuiLLER, V. n., se dit de la bière qui fermente et fait remonter la levure à la surface; ce mot s'emploie maintenant en français.
GuiLLLTTL, s. f., coquiUc dc moulc d'eau douce qui
sert à écrémer le lait ou à prendre le fromage mou; instrument en fer-blanc ayant la forme d'une coquille bivalve, servant aux usages indiqués précédemment.
Guipure, s. f., bordure de boue au bas d'une robe, d'un jupon.
GusTiN, GusTiNE, dimiuutifs d'Augustin, d'Augustine.
Les muts prêcéilOs cPuiie asterique ont \'E aspirée.
H est introduite dans la plupart des cas après c dans ce, cet, ci, soit au commencement, soit à la fin, soit dans le corps des mots, chercéle, douchette, dure, durchir, cancheler, etc. — Elle est supprimée dans chaleur, chacun, chanceler, Chandeleur, changer et ses dérivés, chanvre, chapeau, chapelet, chapelle, chaperon, chapon, charme (arbre), charrette, chasser et ses dérivés, chassieux, châtaigne, château, châtrer, chauffer et ses dérivés, choisir et ses dérivés, chose, etc.^
Habile! interj., va, pars vite; habile! habile! dépèche-loi, dépèchons-nous.
Habille de soie, s. m., porc, parce qu'il porte, non de la soie, mais des soies; — fig., se dit d'un homme; — on dit aussi de celui ou de celle cjui n'a pas mis de bas qu'il porte des bos de soie.
Habitape, adj., habitable, se dit principalement d'un chemin qui est en bonne ou en mauvaise viabilité.
Habitude ('d'), loc. adv., habituellement, ordinairement.
* Hag! interj. marquant le dégoût.
* Hacher, v. n., ennuyer, agacer, irriter; tu me haches, tu m'importunes; les aliments et les boissons acides hachent les dents, les irritent.
* Hachemiller, V. a., couper en petits morceaux avec un mauvais instrument, hacher mal, déchiqueter avec des ciseaux.
* Hachemillonner, V. a., même sens que Hachemiller.
* HaiI interj. fréquemment employée non seulement pour appeler mais aussi pour donner plus de force, ch'est à ti, hail — tjou que tu t'en vo? fiai!
* Haillon, s. m., sorte de tente qui sert aux forains pour exposer leurs marchandises sur les marchés; claie garnie de branchages ou de paille qui sert d'abri aux ouvriers des champs.
* Hainquer, V. a., s'efforcer, tenter de faire une chose.
* Haiquer, V. a., hacher, couper du bois; se dit souvent en mauvaise part et signifie, dans ce sens, couper maladroitement.
* Haiquette, s. f., copeau provenant du bois qu'on hache, qu'on équarrit.
* Haiqueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui travaille sans soin; — fig., celui, celle qui bégaie.
•Haïr, adj., vigoureux, de bonne constitution; — n'été point hair, être souffrant, faible, sans forces.
* Hairchéle, s. f., hart; — fîg., femme maigre, très courageuse, dure au travail; ceux qui veulent bien parler disent d'une bonne travailleuse, ch'est enne Rachète.
* Haircheler, V. a., harceler.
* Hairler, V. n., brûler, dessécher, faner, flétrir, durcir; pain hairlè se dit de l'entamure qui a été trop longtemps exposée à la chaleur, à la sécheresse ;./?g'wre hairl'ee, état particulier de la figure de celui qui a été longtemps exposé à la bise.
* Hairloquer, V. a., ébranler, secouer avec force.
* Hairniquer, V. a., faire des travaux sans importance, tout en lambinant.
• Hairniquf.u, oire, s. m. et f., celui, celle qui hairnique.
• Halacmalac ou Hagmalac, adv., tant bien que mal, maladroitement, grossièrement.
• Halet, s. m., se dit de celui qui ne fait que haleter; il o le halet, il halelte sans cesse.
• Halette, s. f., hangar.
• HÂLEU, adj., s'emploie dans cette locution, temps hâleu, pour désigner une température sèche produite par le hâle.
• Halotter, V. a., faire effort pour arracher ou déraciner quelque chose qui branle déjà; — v. n., vaciller, éprouver des secousses, être agité, é-che contreven V halotte.
• Hamer, V. a., ajuster, viser, mirer, prendre ses dispositions pour asséner un coupa l'aide d'un bâton, d'une pierre, de la main, etc.
• Hamile, s. f., grosse cheville en bois qui servait autrefois à fermer les portes des maisons à l'intérieur.
• Hamiller, V. a., faire grossièrement un travail.
• Hamilleu, oire, s. m. et f., celui, celle qui travaille grossièrement.
• Hamillonner, V. a., travailler sans soin.
• Hanser, V. a., haleter, respirer avec difficulté et avec bruit, être essoufflé; — fig., ne souffler mot, si tu hanse un mou, tu mé le paiera.
• Hantart, s. m., manche de faux.
• Hantinne, s. f., hantise, fréquentation. ' Hape, adj., apte, qui a de l'aptitude. Haplopin, s. m., ouvrier peu habile, gamin, polisson,
entant mal élevé.
• Hardimen, adv., beaucoup, fort, amplement; j'ai hardimen che qu'V m,e feu.
• Hardi-pache, s. m., effronté; se dit aussi bien des petites filles que des petits garçons, benne d'hardipache.
Harigotier, s. m., petit cultivateur qui a bien de la peine à vivre de son travail.
* Harnos, s. m., charrue ou chariot avec leur attelage. Hasard (d'), loc. adv., d'occasion, qui n'est plus neuf,
SUPPORTÉ (V. ce mot).
* HasèE; s. f., portée d'une femelle de lajiin ou de lièvre.
* Haser, V. a., mettre bas, en parlant de la femelle du lapin ou de la femelle du lièvre.
* Hasi, s. et p. p., odeur que répandent les vêtements ou les étoffes roussis par la chaleur; tu sens le hasi; — ten cotron est hasi.
* Hasir, v. n., se dit des vêtements ou des étoffes qui brûlent à la surface sans flammes, par un feu vif.
Hasse, s. f., œuf sans coque produit par certaines poules, lorsqu'elles pondent abondamment; la coque, dit-on, n'a pas le temps de se former.
* Hasteu, eusse, s. m. et f., celui, celle qui se lance dans des entreprises plus ou moins hasardeuses.
* Hau! interj. employée par les charretiers pour faire arrêter les chevaux.
* Haute! haute! interj., exclamation employée par les charretiers pour avertir les chevaux de lever leurs pieds lorsqu'ils se trouvent sur un chemin couvert de gros cailloux ou offrant de profondes ornières.
* Haute té té! interj,, exclamation employée pour exciter un tout petit enfant à se lever et à se tenir debout.
* Haveron, s. m., folle avoine, avenuafatua. Hec! interj., exclamation qui marque le dégoût.
* Hennetongniére, s. f., s'emploie dans ces locutions :
Granne hennetongniére Ouiote avigniére.
Ouiote hennetongniére Granne avigniére.
Quand il y a beaucoup de hannetons, il y a peu d'avoine, ou inversement.
* HÉQUER et ses dérivés, V. Haiquer.
* HÉQUET, s. m., barrière à claire-voie que l'on place à la porte des maisons, des granges ou des jardins pour empêcher les volailles ou autres animaux de passer lorsque la porte est ouverte.
Herbe-copure, s. f., herbe-à-la-coupure, sedum telephium.
Herbe del Saint-Jean, s. f,, herbe-de-la-Saint- Jean, hypericum perforatum.
Herbe foireusse, s. f., fumeterre, fumaria officinalis.
Herbillonne, s. f., femme qui va couper l'herbe des rideaux, des fossés, du bord des chemins, ou qui enlève les mauvaises herbes des jeunes blés ou des jeunes avoines pour en nourrir ses bestiaux.
* Hercher, v. a., herser; — fig , se dit d'un enfant dont la tète est couverte de vermine et qui se gratte vigoureusement.
* Héreng, s. m., hareng; on dit de celui qui se montre fier, qui ne parle pas à tout le monde :
r resanne à ches héreng, V tient sen reiig.
* Héri ou Hkry, s. m., altération de Henri, vx; il y a un lieudit nommé che treu Héri; cette désignation lui vient de ce que la pièce de terre voisine appartenait à une famille Henry, aujourd'hui éteinte.
* HÉRiCHON, s. m., hérisson; — rouleau armé de dents en bois ou en fer qui sert à diviser les mottes de terre dans les champs.
HiiRiE, s. f., hoirie, héritage, succession. HÉRiTACHE, s. f., héritage; — jardin établi sur l'emplacement d'une maison.
* Herler, V. Hairler.
* Herloquer, V. Hairloquer.
Herminette, s. f., hermine, esprit follet qui se lient ordinairement, paraît-il, dans les cimetières, et que les gens superstitieux redoutent de rencontrer.
• Hernachure, s. f., harnais; — fig., vêtements, habits; t'os mis tes belles harnachure ojordliui.
Hernu, s. m., orage, tonnerre ;^eMrd'/ie/ni^, nuages précurseurs d'un orage; cœup d' hernu, coup de tonnerre; vent d' hernu, vent qui précède un orage.
Hernuate, adj., orageux, V J'oit du temps hernuate.
Hernuè, p. p., orageux, se dit d'un ciel couvert de gros nuages qui annoncent un orage, é-c//e temps est hernuè.
Hernuer (s'), V. pr., qui se couvre de nuages orageux, en parlant du ciel.
Hérondéle, s. f., hirondelle.
• Herper, V. a., se dit du chien qui mord en aboyant. ' Heucher, V. a. et pr., hausser, lever, redresser,
retrousser.
• Heudraguer, v. a., curer une rivière, un fossé.
• Heulaqueu, s. m., vaurien, pauvre diable. Heule, s. f., huile, vx.
Heure, èe, p. p., qui mange régulièrement aux mêmes heures.
Heure d'horloche, loc. employée pour signifier une grande heure, un espace de temps qui semble très long, fai attendu pu de trois heure d'horloche.
• Heute té tè! V. Haute té tè!
• Heut-mo, s. m., haut-mal, épilepsie, i' queie du heut-mo.
• Heyeu, s. m., boyau.
• Heyure, s. f., haie; s'emploie presque toujours au pluriel.
Histoire de, loc. prép., pour; juons histoire é-de passer le temps.
Hobeleau (oblo), s. m., inhabile, maladroit, inintelligent.
• Hoc, s. m., instrument de fer pourvu de trois ou quatre pointes recourbées attaché au bout d'une corde, et servant à retirer les seaux ou autres objets tombés au fond d'un puits.
* Hochequeue, s. m., bergeronnette grise, motacilla alba.
* HocniE, s. f., ce qui tombe de fruits en une fois lorsque l'on hoche l'arbre; — fig., grande quantité, multitude; que hochie dlienneton!
* HociiiNER, secouer légèrement.
* Ho! Hu! iio! int. employée par les charretiers pour faire aller les chevaux à droite.
* HoiNGNARD, s. m., pleumicheur.
* HoiNGNER, V. n., grogner, se plaindre, grommeler, pleurer, pleurnicher, en parlant des personnes ou des animaux; — grincer, en parlant d'une porte qui fait un bruit désagréable en s'ouvrant ou d'une roue en tournant.
HoNNESTÈ, s. f., obligeance, bon service, politesse; enne honnestè en veu enne eute.
Honnête, adj., poli, qui est de cœur, généreux ; restez, os mengerez aceuc nous. — Merci! os êtes bien honnête.
Honneur! interj., formule de salutation qui remplace le bonjour ou le bonsoir; — s. f., a le sens de réputation, pris en mauvaise part ; il o l'honneur é-de boire, — aile o l'honneur d'avoir vole.
* HoNTAPE, adj., honteux, ignominieux.
* HoNTEU, EUSSE, adj., timide, craintif, intimidé.
* HoRDACHE, s. m., échafaudage de maçon, de charpentier, de couvreur.
* HoRDER, V. a., établir un échafaudage.
* HoRS-MONTOiR (pied), loc, picd droit du cheval parce qu'il est opposé au côté par lequel on monte sur le cheval.
* HoTON, s. m. pi., épis imparfaitement battus qui tombent sous le van lorsque l'on vanne le blé; — fig., rebatte ches hoton, ressasser, répéter sans cesse les mêmes choses.
* HoTONNER, V. a., ébranler en secouant; — v. n., radoter.
* Hou, s. m., troupeau, ost; on dit en parlant des enfants d'une même famille :
Deux, ch'est hou :
Trois, ch'est de trou.
* HouBRiEU, S. m., hobereau, émouchet.
* HouBRON, s. m., houblon.
* Hou, houcheI interj., s'emploie pour chasser les porcs.
* HouiLLACHE, s. m., besogne mal exécutée,
* HouiLLER, V. a., faire mal un travail en y mettant trop de précipitation.
* HouiLLEU, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui houille.
* HouPACiiE, s. m., cris poussés par les houpeu (V. ce mot).
* HouPER, V. a., crier pour appeler en poussant des houp! houp! — cris pour diriger les pas d'une personne éloignée ; — cris de joie ; les moissonneurs, leur journée finie, houpent en reprenant le chemin de leur maison ; — cris de moquerie; on dit de celui qui a commis une mauvaise action : V mérite d'été houpè.
* HouPEu, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui houpe.
* Houppe, s. f., partie supérieure d'une gerbe de blé, d'avoine, etc.
* Houret, s. m., cochon; — fig., petit domestique de ferme. V. Parcour.
* Hourt, s. m., trou creusé dans la terre par les scieurs de long pour y placer leurs chevalets, de façon que la partie supérieure de ces instruments soil au niveau du sol.
* HouRWAiLLis, Houraillis, S. m., bruit confus et tumultueux, hourvari.
* HoussER, V. a., essuyer, battre la poussière.
* HoussE-TABAC, S. m., ramoneur de cheminée.
* Hul interj., mot employé par les charretiers pour faire avancer leurs chevaux.
* Hubert (avoir pére), loc. employée pour désigner celui qui est ivre; Vos pére Hubert.
* Huguenote, s. i"., sorte de casserole ou de terrine en terre de forme ovale et fort creuse.
* Hul Hol interj. employée par les charretiers pour faire avancer leurs chevaux.
* HuMMER, V. a., humer, manger, avaler gloutonnement;—fig., manger son bien, dépenser sa fortune en faisant bombance.
* HuMMEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui boit beaucoup, surtout aux dépens des autres, parasite.
* HuQUER, v. a., appeler à haute voix.
* HURHAILLIS, V. HOURWAILLIS.
* HuRLON, s. m., guêpe frelon.
* HURWAILLIS, V. HoURWAILLIS.
1 fait éliminer a dans la syllabe eau, qu'elle soit au commencement, à la fin ou dans le corps des mots, et forme toujours diphtongue en se plaçant devant e; meu, hieu, dépieuter pour veau, beau, dépeauter.
I s'ajoute devant r dans jargon et quelques autres mots; — il s'ajoute aussi dans quitter et ses dérivés, briser, brosse, brosser, baisser et ses dérivés, gagner et ses dérivés, quittier, brisier, broisse, broissier, boissier, yaigner.
I remplace é dans maréchal, marichau, — u dans mourir, moirir; — se supprime dans nielle, aiguille, néle, aguile.
I ne se fait pas entendre dans la finale euil : cherfeul, deul, chevreul.
1 final est toujours fortement nasalisé.
r pr. pers., il, ils, elles; se dit au singulier, devant une consonne pour il, et, au pluriel, pour ils, elles; i' vient, V viendront, aussi bien au féminin qu'au masculin; il fait al ou aile au féminin singulier, al vient. Devant une voyelle, / se fait sentir comme en français, il iro; le pluriel ils laisse la lettre s par euphonie devant une voyelle, il iront; toutefois, la lettre l ne se fait entendre dans certains cas ni au singulier ni au pluriel, même devant une voyelle, feut-V été béte pour foire chan qu'il ojoi! — ont-V du bonheur !
Iard, s. m., liard; se prononce avec aspiration et la liaison ne se fait point au pluriel, car on ne dit pas trois-z-iard.
IcHi, adv., ici.
Idée, s. f,, enne quiote idée, très peu; — à m'n idée, il me semble que; — avoir idée à, avoir des intentions sur, de la vocation pour; il o idée à Marie, il a l'intention de faire la cour à Marie; il o idée d'ête laboureu;
— avoir é-de l'idée, avoir de l'intelligence, de l'esprit;
— avoir boine idée, être bien intentionné.
Ieu, s. f., eau; — p. p. du verbe avoir, /a? ieu dumo. Ieuf, s. m., lièvre; — même observation qu'à iard. Ieuf-té, V. a., lève-toi.
Ieuiche, adj., aqueux, en parlant des fruits et des légumes.
iNDÉCITE, V. EnDÉCITE.
Indingne, Indinne, adj., indigne, insupportable, turbulent.
Induite, adj., indue; ch'est enne heure induite.
Ingigneu, cire, s. m. et f. et adj., ingénieux, adroit, industrieux, habile.
Inginer, Ingigner, V. a. etn., faire quelque chose de difficile, inventer, imaginer, chercher dans son esprit, dans son génie.
Inquète, s. f., inquiétude; il est da Vinquéte é-de sen Jiu; — adj., inquiet.
Inrassasiape, adj., insatiable.
Insurportape, adj., insupportable.
Inventer (s'), v. pr., s'aviser; V s'est inventé défaire chan qu'V n'étoit point capape.
Invention, s. f., ruse, idée saugrenue; quelle invention qu'il o pour foire arager se mère?-— quelle invention que t'os de mête un cravate rouche pus é-que t'es de deul ?
Inventionner, V. n., imaginer, inventer.
iNVENTioNNEtj, DIRE, S. m. et f., celuj. Celle qui invente au propre et au figuré; — menteur.
lou, adv., où, à quel endroit; iou que t'tro en sortant de l'école? — Mon Saint-Jean. — Quoi foire f — Acheter des cleu. — Pourquoi foire f — Pour attaquer le lanque é-de ches curieu; on dit lorsque l'on boit quelque chose de bon : afoit du bien iou qu'a passe.
Ite! interj., cri pour faire aller les chevaux à droite; ite! à ite!
luE, s. f., lieue.
IvENTAiRE, s. m,, inventaire.
Jacobin, s. m., gros crachat évacué par les personnes atteintes d'un rhume ou d'un catarrhe.
Jacque, s. m., nigaud, simple d'esprit, henét;— fanfaron qui vante sa bravoure pour se faire valoir ; on dit à celui qui s'était vanté de réussir dans une entreprise qui a échoué : Ves-t-un bieu Jacque ; — gourmand, pour menger, tu V appelé Jacque, c'est-à-dire faire plus de besogne à table qu'au travail.
Jairgon, s. m., jargon.
Jairgonnache, s. m., se dit de celui c(ui parle d'une façon peu intelligible, incompréhensible.
Jairgonner, V. a., jargonner.
Jairgonneu, oire, s. m. et f., celui, celle qui jairgonne.
Jalouserie, s. f., jalousie.
Jalousetè, s. f., jalousie.
Jappe, s. f., babil; avoir boine Jappe, avoir bon bec, être bavard, parler beaucoup.
Jeanjean, s. m., niais, simple d'esprit, crédule, jocrisse.
JÉDi-JÉDiou, s. m., le jeudi c|ui précède le dernier dimanche gras; c'est le jour du jeudi-jeudiot que les écoliers faisaient autrefois battre les coqs; le maître du coq \ jinqueur était déclaré roi, c'est-à-dire le chef
de la petite troupe d'enfants qui se rendait de maison en maison pour faire la quête.
JÉNE, Jeanne, nom de femme, vx; — nom sous lequel on appelle les chèvres, viens, Jéne, viens.
Jetin, s. m., surgeon, rejeton ; — fîg., enfant chétif, malingre; vlo-t-V point un joli jetin l
Jeu, s. m., l'ensemble de la boiserie qui entoure la cheminée extérieurement, et plus particulièrement la pièce de bois sur laquelle repose la maçonnerie de la façade de la cheminée.
JoiNE, s. m., petit d'un animal, petit enfant; — adj., jeune; il est cotre joine, n'être pas de sens rassis; mais on dit : un jeune homme, un viu jeune homme, pour un célibataire d'un certain âge,
JoiNET, ETTE, S. m. et f. et adj., diminutif de joine.
JoLiMEN, adv., beaucoup, en grande quantité, extrêmement, bien, tout à fait; il est jolimen laid; — i' n'o jolimen des pumme da ten gardin.
Jonquille, s. m., crocus luteus.
JoRNÈE, s. f., journée; on dit d'un importun : quant je le vois venir, me j ornée aile estfoite.
Jorneu, s. m., journal, mesure agraire de 41 ares 20 centiares sur la rive droite de la Luce et de 41 ares 91 centiares sur la rive gauche (mesures d'Amiens et de Montdidier).
José, diminutif de Joseph.
Jou, pr., ce; est jou vrai? est-ce vrai? Jou que tu varo? est-ce que tu viendras? vx.
JouAiLLON, s. m., inhabile au jeu, (|ui joue mal, JUETTE (V. ce mot).
JouAiRE, s. f. et adj., joueuse.
JoujouTE, s. m., jouer, aller promener, terme enfantin; , /bis ./OM/oî<^e, amuse-toi; viens joujoute, viens te promener.
JouQUER, V. a., jucher, percher, dormir en parlant des poules;— V. pr., se coucher en parlant des personnes; à quelle heure é-que tu te jouquef
JouQuoiR, S. m,, perchoir.
Ju, s. m., jeu; i' voit clair à senju, dit-on de celui qui s'entend à ce qu'il a entrepris; tujue un drôle dé ju, dit-on à celui qui s'engage dans une affaire où il court de grands risques.
JuETTE, s. 1"., petit trou creusé dans la terre ou au pied d'un rideau par les lapins de garenne en se jouant; —fig., joueur peu adroit, jouaillon (V. cemot).
JuEU, s. m. et adj., joueur.
Jugeote, s. f., jugement, réflexion ; V n'o point de jugeote, il ne réfléchit pas.
JujuTE, s. m., même sens que Joujoute.
JuMENTiER, 1ÈRE, S. m. et f., celui, celle qui se livre à la luxui-e.
Jusqu'à tant que, loc, jusqu'à ceque;ye l'attendrai jusqu'à tant qu'V varo.
Juter, v. n., rendre du jus; ches pumme V juteté biécœup; — é-te pipe aile jute granmen.
Cette lettre peut être supprimée sans inconvénient dans le patois picard; cette suppression ne saurait porter atteinte à l'étymologie. Dans un certain nombre de productions de la langue romane qui nous ont été transmises, la lettre K fait absolument défaut.
Je me vois obligé de me séparer sur ce point de mon meilleur guide; en effet, l'abbé Gorblel a cru devoir faire emploi de cette lettre.
'M/sB
L se supprime dans disciple, triple, centuple, plus, sel.
L ne se fait pas entendre dans la finale eut, filleu, tilleu, ni dans écureuil, écureu.
L s'ajoute dans ortie, oriile.
L se dédouble dans les finales aille, exile, elle, ille, ferraile, oseile, gaméle, file.
L se mouille très rarement au commencement ou dans le corps des mots; elle ne se mouille jamais dans les finales ail, eil, il, oit, ouil.
Laboure, s, m. pL, terres ou champs labourés; il o caché da ches laboure.
Lâche, s. m., lacs, nœud coulant, lacet.
Ladonc (a), (à ladon), loc. conj., parce que, pour la raison que; ch'est à ladonc qu'o li défend qu'V le f oit.
Lafrèe, s. f., grande quantité d'aliments absorbée par un gourmand; tu n'n os pren enne rude lafrèe.
Lafrer, V. a., manger avec avidité, manger beaucoup et avec bruit.
Lafreu, oire, s. m. et f., celui, celle qui mange goulûment, gourmand, goinfre.
Laidin, s. m., qui a le caractère difficile, qui se rend insupportable.
Lait-bouli, s. m., bouillie; on dit d'un tout jeune homme qui fait l'entendu : il o coir du lait-houli à sen nez.
Lait-frummi, s. m., soupe nu lait, ainsi nommée de ce qu'on ne laisse point bouillir le lait, mais seulement frémir.
Laite, s. m., hareng mâle.
Laitinache, s. m., laitage.
Lait-prins, s. m., lait caillé.
Laitron, s. m., poulain qui vient d'être sevré ou qui va l'être.
Lalatte, s. m., diminutif de ilaflatte, terme enfantin signifiant caresse; — fig., grand lalatte, grand nigaud, grand enfant.
Lalie, altération de Rosalie.
Lambineu, oire, s. m. et f., celui, celle qui lambine.
Lancher, V. a., tisser à la main, de ce que le tisserand lance constamment la navette.
Lancheron, s. m., laiteron, sonchus oleraceus.
Lancheu, s. m., tisserand.
Landimolle, s. f., crêpe; — fig., homme mou, sans énergie; ch'est un grand landimolle; — raplati comme des landimolle.
Langet, s. m., lange.
Langotache, s. m., bavardage.
Langoter, V. n., bavarder, parler sans cesse, médire.
Langoteu, oire, s. m. et f., celui, celle qui aime à bavarder.
Languereu, eusse, s. m. et f. et adj., se dit surtout des enfants chétifs, d'une santé délicate, qui sont en langueur; s'applique aussi aux arbres d'une mauvaise venue.
Languette, s. f., surnom donné à celui et à celle qui aime à bavarder, à médire; gué languette!
Languinne (en), loc. adv., état maladif, qui est en langueur, état de faiblesse prolongé; il est en languinne.
Lapeu, oire, s. m, el f,, celui, celle qui mange et boit beaucoup, goinfre, glouton.
Lapider, v. a., taquiner, tourmenter, violer.
Lapite, s. m., pauvre diable, individu qui ne parvient à faire aucune économie tout en travaillant courageusement ; ch'est un pofe lapite; — s. f,, contrariété, embarras, ennui ; que lapite!
Larder, v. imp., brûler, chauffer très fort en parlant du feu ou du soleil, arder.
Lardeu, adj., se dit d'un porc très gras, qui a beaucoup de lard.
Lardron, s. m., lardon, petit morceau de lard que l'on fait fondre pour faire un ragoût ou que l'on place sur une flamique (V. ce mot).
Lariou (COPÉRE-), s. m., compère-loriot, orgelet, — loriot, oriolus galhulœ.
Larque, adj., large.
Latteré, s. m., latte attachée sur les chevrons servant à retenir le crochet des pannes.
Latte usées, s. f. pi., êtres imaginaires à l'aide desquels on fait peur aux enfants désobéissants qui veulent sortir le soir dans les rues ; les enfants ne saisissent pas toujours le sens de ce calembourg.
Lavurer, v. a., laver sans soin.
Lavurie, s. f., lavure de vaisselle ; — fîg., boisson sans goût, mal préparée.
LÉGUMME, s. f., légume.
Lelo (Vlo), pr. dém., cela.
Lelol (Viol), pr. dém., celle-ci, celle-là.
Lémichon, s. m., limaçon, limace, escargot.
LÉMOusiNE, s. f., manteau de laine grise fort grossière à raies brunes dont faisaient autrefois un fréquent usage les charretiers, les rouliers, etc.
LÉNETTE, V. LUNNETTE.
Lentillart, s. m., paille de lentille battue.
LÉQUER, V. a., lécher.
LÉQUEU, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui se montre gourmand, friand ; parasite.
Leu, s. m., loup; — fig., on dit d'un paresseux, de celui qui ne prend pas la peine de se baisser pour travailler ; r resanne à ches leu, il o ses côte en long ; — de celui qui fait des raisonnements qui ne tiennent pas debout ou qui ne débite que des sornettes, on dit : tu fois des raison fou des contes) à tuer des leu à cœup de bonnet.
Leu, leux, pr. pers., leur, leurs, à eux, à elles; donnez-leux du pain, — V leux o dit devenir; — adj. pos., leur, leurs; leux enfant vont venir.
LÉWAROU, s. m., loup-garou; — sorte de juron, vingt léwarou! mille léwarou! — ce mot est d'un très fréquent usage comme terme de comparaison; tu cours comme un léwarou, — V foi un bruit de léwarou.
Li, pr. pers., lui.
LiACHE, s. m., levure de bière à l'état liquide.
LiBAMBÉLE, s. f., kyrielle, ribambelle.
Liberquin, s. m., vilebrequin.
LiCHER, V. a., rendre lisse, lisser; — v. n., boire beaucoup; — se faire héberger par autrui.
LiCHEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui a le talent de se faire payer à boire et à manger, parasite.
LiGNON, s. m., liseron des haies ou des champs, calystegia sepium, convolvulus arvensis.
LiLAC, s. m., lilas.
LiNNE, s. f., laine.
EiNOTER, V. a., flatter, caresser, traiter avec douceur, choyer, dorloter.
LiNOTEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui a sans cesse des paroles mielleuses, qui a des manières insinuantes.
Lisière, s. f., sorte de bande tassée formée par la pâte du pain qui n'a pas levé en cuisant; cette bande a beaucoup de ressemblance avec la lisière du drap.
LiTACiiE, s. m., surélévation de la lite (V. ce mol).
Lite, s. f., partie supérieure d'une façade en charpente comprise entre le haut des fenêtres et la naissance du toit; — raie tracée sur le sol pour former les deux côtés d'un jeu de tamis.
LiTi':, s. m., sorte de truelle qui sert aux plafonneurs.
LiTiŒ, s. f., nichée, nitée, famille nombreuse.