‹ Petit glossaire du patois de DémuinChapitre 9 sur 9 · V. ESTOMAQUÉ · texte numérisé non relu

V. ESTOMAQUÉ

Stomaquer, V. n., suffoquer; — fîg,, saisir quelqu'un.

Suffisant, adv., suffisamment; je n'n ai assez suffisant.

Suire, V. a., suivre.

Supportée, ée, adj,, d'occasion, qui n'est ulus neuf (V, Hasard).

SuRQUETTE, S. f., souricière,

SuRTE, adj., féminin de sûr, aigre.

SuRwiDiER, V. a., survider.

Sus, prép., sur; — première pers, du sing. de l'indicatif du verbe être.

T remplace d dans la finale de; ainsi, on prononce gambate, rem'ete, timife, méthote, exactitute, pour gambade, remède, timide, méthode, exactitude.

Tabaquin, s. m., petit réduit obscur, petite armoire sous un escalier ou dans un coin perdu.

Tahu, s. m., gros nuage noir,

Taiguer, V. a., se plaindre en marchant ou en portant un fardeau, haleter; — se dit des efforts que l'on fait lorsqu'on est constipé; — fig., parler avec hésitation, avec difficulté.

Talheure, adv., tout à l'heure, dans un instant.

Tamiquer, altération de Flamiquer (V. ce mot).

Tamiqueu, altération de Flamiqueu (V. ce mot).

Tanis, s. m., diminutif de Stanislas.

Tant pus, loc. adv., plus, tant plus.

Taon, s. m., se prononce ainsi qu'il s'écrit avec une légère aspiration comme s'il y avait tahon, grosse mouche qui pique les chevaux, les bœufs et les vaches.

Tape-autour, s. m., tonnelier.

Tapée, s. f., grande quantité ; que tapée de pumme!

Tapoteu, oire, s. m. et f., celui, celle qui tapote.

Taque, s. f., place, endroit, tâche et tache.

Tarte, s. f., repas offert aux moissonneurs, qui criaient en rentrant la dernière voiture de récoltes : A le tarte! à le tarte!

Tasseulemen, adv., seulement.

Taxasse, s. m., tatillon,

Tate-mes-glinne, s. m., tatillon, tâteur, homme qui s'occupe de travaux féminins.

Tateu, oire, s. m. et f., celui, celle qui agit avec irrésolution, qui tâtonne.

Tatiller, V. n., hésiter, tâtonner.

Tatisse, s. m., altération de Baptiste, Jean-Baptiste; — fig., tatillon.

Tatoule, s. f., volée de coups de bâton.

Tayon, onne, s. m. et f., bisaïeul, bisaïeule.

Te, adj. pos., ta, devant une consonne; o foprins te bourse.

Té, pr. pos., toi ; enfonce té da che treu; — te; é-je té retrouvarai bien.

Teingne ou Tenque, s. f., cuscute, cuscuta lutea.

Teinne, V. a., teindre.

TELE, s. f., jatte; on dit de celui qui change fréquemment de métier : V ne sait point da que t'ele couler pour avoir del meilleure crimme.

Tembuquer (tan-buquer), v. a., heurter, frapper violemment sur quelqu'un ou quelque chose.

Ten, adj. poss., ton; l'e s'élide devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette; fn ami, fn homme.

Teneile, s. f., tenaille.

TÉNER, V. n., ennuyer, fatiguer, tanner.

Tenne, v. a., tendre; tenne un piéche à mounet; — i' tend se main, il mendie.

Tenpe, adv., de bonne heure.

Tenque, s. m., veine de craie glaiseuse qui se trouve dans le sol. V. Teingne.

TÈRE, adj., tendre; au fém., terte.

Tkréle, s. f., tarière.

Tertous, adj. ind., tous.

TÈTE, s. f., mamelle, sein.

TÈTÈ, s. m., chien, terme enfantin.

TÉTE-ROMPUE, S. f., lourmeiit, ennui, tracas qui rompent la tète; il o del téte-rompue ; — loc. adv.» il est en téte-rompue, il est fort ennuyé.

Teudion, s. m., taudis; — fig., femme malpropre; ch'est un vrai teudion.

Teupiére, s. f., taupinière.

Teurde, V. a., tordre; teure-ii le cou.

Teuter, V. a., frapper à petits coups, étayer.

Ti, pr. pos., toi, vous; il est employé pour ce dernier seulement après un verbe en interrogation ; os colez-ti? il s'ajoute aussi à la première personne; firai-ti? irai-je? on disait autrefois : firai-jou?

Tienne (el), adj. pos. des deux genres, le mien, la mienne.

TiGNON, s. m., ver, asticot; — calice globuleux de la bardane.

TiLLACHE, adj., coriace, qui se laisse difficilement couper ou casser; vient de tille.

Tille (ti-le), s. f., écorce intérieure du tilleul qui sert à faire de grosses cordes.

Tinet, s. m., bâton en forme de levier qui sert à porter les seaux, les barils, etc.

Tinette, s. f., petite cuve en bois.

TiNTiN, s. m., diminutif d'Augustin, de Constantin.

TiRANDER, V. a., tirailler.

TiRBUQUET, s. m., trébuchet, piège à prendre les petits oiseaux.

Tirer, v. a., a les mêmes acceptions qu'en français et se dit aussi lorsque l'on éprouve des tiraillements d'estomac causés par la faim; /a? men cœur qu'i' tire, dit-on lorsque le besoin de manger se fait sentir avec violence.

Tire-t'arriére, s. m., coup donné sur la tète avec le revers de la main.

TiTiNE, diminutif d'Augustine.

Titisse, s. m., altération de Baptiste, Jean-Baptiste; — fig., tatillon.

To, s. m., compartiment ou travée d'une grange; é-che to au hlè, — à Vavaine. V. Enbeuchure.

ToiE, s. f., taie; — toilette, crépine ou coiffe de porc frais servant à envelopper les saucisses.

Toile (foire del), loc, se dit d'un chantre qui détonne au lutrin.

ToiNE, s. m., diminutif d'Antoine.

ToiNETTE, s. f., diminutif d'Antoinette; — julienne, malcomia maritima.

ToiR, s. m., taureau; — fig., paillard.

ToLLiNET, s. m., petit fagot, branches de chêne écorcées.

Tombé (bien), loc. adv., c'est bien le diable, ce serait bien réussi; a serai bien tombé! cela tomberait à merveille ou cela tomberait bien mal.

Tonne, v. a., tondre, couper les cheveux; vos-iu te foire tonne?

ToPETTE, S. f., petite fiole qui contient pour quelques sous d'eau-de-vie ou de cognac.

TopicHE, s. f., toupie.

ToRNÈE, s. f., volée de coups de bâton; on dit d'un ouvrier paresseux qui cherche du travail dans l'espoir de n'en point trouver : « 1' cherche après che-ti qu'o inventé che traveil. — Pourquoi foire? — Pour li donner enne tornèe. » On dit aussi des paresseux qu'ils ont du verre dans les coudes ou un long poil dans la main; c'est ce qui les empêche de se livrer au travail.

ToRNER, V. n., se cailler, en parlant du lait, — se grumeler en parlant des sauces, — tourner.

ToRNEU, s. m., tourneur; — fig., torneu, oire, s. m. et f., celui, celle qui perd son temps à lambiner, qui tourne autour de son travail,

Torniche, adj., se dit d'un enfant qui se trouve étourdi après qu'il a fait plusieurs tours sur lui-même ; se dit aussi des grandes personnes qui éprouvent des étourdissements, des vertiges ; — berbis torniche, brebis atteinte du tournis.

ToRNiQUER, V. a., tourner en hésitant avant de se mettre à son travail ou avant d'entrer dans une maison ou avant d'adresser la parole à quelqu'un avec lequel on n'est point familier.

ToRNURE, s. f., prétexte, excuse, mensonge pour se disculper.

Torque, s. f., bât, torche; — flg., mête é-se belle torque, endosser son plus bel habit; il est béte à targuer, il mérite de porter le bât; —femme malpropre, qui se tient mal; ch'est enne vraie torque.

ToRSiou, s. m., se dit d'un objet tortillé; s'emploie surtout dans cette expression : nid de torsiou, excrément, ordure.

ToRTUssE, adj., fém. de tortu.

TouBAC, s. m., on prononce le c, tabac.

TouFioN, s. m., trognon de pomme; — petite poignée de paille employée pour boucher un trou à un sac.

Touiller, v. a., mêler, mélanger , mettre en désordre.

TouiLLis, s. m., mélange.

TouiLLON, s. m., brouillon.

Tour (courts), loc. signifiant tromperie, mensonge, mauvais tour; tu me jue des courts tour; — on dit qu'un cultivateur est arrivé à ches courts tour lorsqu'il termine le labour d'une pièce de terre plus large d'un bout que de l'autre et dont chaque sillon devient ainsi de plus en plus court; — fîg., ête da ches courts tour, c'est être à la fin de son existence, devenir vieux, ête au bout d'é-se cache ou de ses cache (V. ce mot); — que tour! loc. interj., marque l'étonnement, la surprise, l'admiration.

Toureïte (à le), loc. adv,, chacun son tour, à tour de rôle.

Tourte, s. f., tourterelle, columba turtur.

Tousse, s. f., toux; il o enne mauvaise tousse.

Toussiner, V. n., diminutif de tousser; i' toussinne toujours.

ToussiR, V. n., tousser.

TouTÉYouTE, TouTÉouTE, adv., tout outre, d'outre en outre, de part en part.

Tout partout, loc. adv., partout; j'irai tout partout.

Tout plein, loc. adv., beaucoup, en grande quantité; cette locution est d'un fréquent usage.

Tout si tout comme, loc. adv., la même chose, absolument semblable.

Tracier, s. m., pièce de bois de traverse qui s'attache sur le devant d'une charrue et à laquelle les chevaux sont attelés.

Trafeter, V. a., se promener, courir dans les champs à travers les récoltes sans but déterminé au lieu de travailler.

Trafiquer, v. a., faire un travail peu important et inutile, chercher en remuant.

Traînailler, v. a., rôder, n'avancer que lentement son travail; — fig., personne qui reste longtemps malade avant de mourir.

Tranchonner, v. a., scier un arbre par tronçons, tronçonner.

Tranner, v. n., trembler.

Trappe, adj., subtil, apte, habile à faire une chose, qui saisit l'occasion; il est trappe à lelo, il ne manque jamais de faire cela.

Trécasser, v. a., prendre un autre ch(^min, couper au plus court pour rejoindre quelqu'un qui est en avant.

Trécouper, v. a., a le même sens que le précédent.

Trenpe, s. f., pluie abondante; il est queu enne rute trenpe par nuit; — fig., rossée, volée de coups.

Trenpette, s. f., pain ômietté dans du cidre.

Trente (trin-te), adj. num., trente; le plus souvent, il se prononce tréne; on dit par antithèse de quelqu'un peu robuste : il est fort comme un beudet de tréne sou.

Treu, s. m., trou; — 6oï>e comme un treu, boire beaucoup, sans cesse;— foire un treu, ho'ive un coup entre deux services lorsqu'on est à table.

Treuéle ou Treuvéle, s. f., truelle.

Treuélette, s. f., petite truelle qui sert à ragréer, à REPARER (V. ce mot).

Treufe, s. f., trouvaille.

Treuver, V. a., trouer.

Tribouler (se), V. pr., vivre avec peine, avec difficulté; se dit d'une personne maladive qui prolonge son existence en prenant beaucoup de soins.

Tricoter, v. a., se dit de quelqu'un qui marche très vite; — donner une volée de coups de trique, de bâton; — femme qui tricote o des bos de pus et pi des péché de moins.

Trifouiller, v. a., chercher une chose en en retournant d'autres et en y mettant du désordre.

Triner, v. a., traîner.

Trinqueballer, v. a., transporter de côté et d'autre.

Tripe (el), s. f., repas que l'on donne à ses parents et à ses amis lorsqu'on a tué un porc.

Tripoter, v. a., faire le ménage, et, par extension, s'occuper de petits travaux; manier maladroitement.

Tripou, s. m., cuisine, ménage; foire sen tripou, cuisiner, préparer à manger.

Troispied, s. m., trépied.

Trompette, s. f., sorte de trompe en écorce que font les enfants; — ch'est un bon guevo de trompette, V ne s'effraie point d'é-che bruit, dit-on de celui qui n'a point peur, qui a l'air décidé.

Troncher, v. a., casser, rompre, briser.

Tronchonner, V. Tranchonner.

Tronquer, V. Troncher.

Trou, s. m. et adv., trot, — trop.

Troupe, s. f., tourbe.

Trouvoir, v. a., trouver.

Trucher, v. a., être toujours en chemin, demeurer rarement chez soi.

Truver, Truvoir, V. a., trouver.

Tuer (se), v. pr., se dit du cidre qui perd promptement sa couleur et son goût par suite de son contact avec l'air lorsqu'il est tiré du fût; s'altérer, prendre une mauvaise qualité.

TuRou, s. m., tige de chou dont la tête a été coupée ; — trognon de pomme ou de poire.

TuTER, V. a., se dit d'un petit enfant qui tette sans sein, qui suce son pouce ou même qui tette quoique n'ayant rien dans la bouche.

^^'irV

U a le son de i dans la syllabe un, lundi se prononce lindi.

U remplace e dans femelle, fumméle; — ô dans même, mumme; — o dans pomme, pumme; — oi dans moisir et ses dérivés, musir; — i dans outil, sourcil, maréchal, cheval, carnaval, val, outiu, sourciu, marichau, guevau, carnavau, vau; — q dans coq; — is dans bois; — t dans les finales ot, etc.

U se supprime dans poumon, toupie, bouffi, lui, nourrir, journée, journalier, journal, oublier, fourneau, puis, toufîe, etc.

U s'élide dans le pronom tu placé devant une voyelle; f arrive bien.

U s'ajoute dans élargir et ses dérivés, élarguir, élarguissons.

Ugéne, prénom, Eugène.

Un (in), adj. num., fait au féminin enne et unne à la fin des phrases.

Uni, adj., s'emploie dans cette locution : tout uni sans fachon, avec simplicité, sans cérémonie.

Urinne, s. f., urine.

UssE (À tout), loc. adv., à tout usage, à l'usage journalier, continuellement; ne pas mettre un vêtement à tout usse, c'est ne le mettre qu'une fois de temps en temps, le réserver pour les jours de fête.

UsTACHE, prénom; prononciation usuelle d'Eustache.

UsuRFRUiT, s. m., usufruit.

Usurier, iére, s. m. et f., celui, celle qui use beaucoup d'habits en peu de temps.

Ute (à), loc. interj., cri pour faire aller les chevaux à droite ; ute! ute! à ute!

UzERME ou UzERNE, S. f., luzeme; gué bêle piéche d'uzerme.

V se supprime dans suivre et ses dérivés.

Vaillandisse, s. f., vaillantise, fanfaronnade.

Vaillant, ante, adj., courageux, travailleur, présomptueux.

Valiçance, s. f., équivalent, valeur d'une chose.

Vaque, s. f., vache; — fig., femme malpropre, de mauvaise vie; — il est riche, sen voisin il o deux vaque, dit-on de celui qui ne possède rien et veut faire croire le contraire; il est bieu comme enne vaque, dit-on ironiquement de celui qui a revêtu ses plus beaux habits et qui se trouve comme emprunté.

Vaquer, ère, s. m. et f., vacher, vachère.

Vastépluc, s. m., mauvais garnement, polisson, vaurien.

Vef, veffe, s. m. et f. et adj., veuf, veuve; la prononciation étant la même dans les deux genres, on fait toujours précéder ces deux mots de femme ou homme, enne femme veffe, un homme vef.

Vêler, v. n., s'ébouler, crouler en parlant des meules de récoltes ou des voitures chargées de gerbes ou de gerbées.

VÉLou, s. m., petit veau.

Velte, s. f., mesure de compte de sept litres et demi.

Vendition, s. f., dénonciation, vengeance.

Venne, V. a., vendre.

Vent, s. m,, haleine; /prenne vent, prendre haleine; — fig., grand-vent, se dit de celui ou de celle qui fait beaucoup d'embarras, qui se vante sans cesse, qui se donne pour plus riche qu'il ne l'est.

Ver blet, s. m., ver luisant.

Verdelou, otte, adj., qui est encore vert, qui n'est pas mûr, verdelet.

Verdi, s. m., vendredi, vx.

Verdiére, s, f., bruant jaune, emheriza citrinella.

Verdin, s. f., espèce de pomme à couteau.

Verimeu, eusse, adj., venimeux, vénéneux.

Ver meu, s. m., ver mou, vermisseau, petite limace, insecte de la famille des mollusques qui s'attarjue aux végétaux nouvellement levés.

Vermontan, s. m., verdier ordinaire, fringilla chloris.

Verne ou Vérone, s. m., aune, betuia alnus.

Vernigoutte, s. m. et f., celui, celle qui n'y voit goutte, qui a la vue courte, qui est myope.

VÉRO, s. m., verrat.

Vérole, s. f., petite vérole.

Verret, s. m., verrat; — fig., paillard; on dit de préférence véro dans les deux cas.

VÉsouL, s. f., femme malpropre, qui se tient mal; ch'est enne grosse vésoul.

Vertillant, adj., frétillant, alerte, remuant.

Veudoisse, s. f., trombe, tourbillon.

Veulte, adj., meuble, facile à remuer, à travailler; terre veulte, pâte veulte.

Veupe, s. f., guêpe ; — vêpres.

Vieile, s. f., tourbillon, ouragan, veudoisse, grand'mére (V. ces mots); ~- foire vieile, loc, perdre une partie, soit à la balle soit aux caries, etc., sans avoir pris un jeu.

Viéserie, s. f., vieillerie, friperie, vieux habits.

ViEU, s. m., veau; braire comme un ineu.

ViNNE, S. f., vigne.

ViR, V. a., voir. Imparfait, je voyoi, os voyoime. os voyoite, V voyaint. Conditionnel, je voiroi, os voirons, os voiroite, V voiraint. Subjonctif, qu'é-je voiche, qu'os coyonche, qu'os voyéche, qu'i' voiche-te.

ViR GOUTTE (À), loc. adv., saus y voir, à tâtons.

ViROLER, V. a., voltiger, tourbillonner, tourner, rouler.

Visée (prenne), loc, regarder de près, prendre garde.

ViTELou, S. ni., petits morceaux de pâte (lue l'on fait cuire dans du lait après les avoir frottés dans les mains et leur avoir donné une forme allongée; on dit aussi Vltelotte; — sorte de plante que les botanistes nomment arum maculaturn.

ViTou! viTou! interj., cri pour appeler les veaux ou les vaches.

ViTRT, s. m., morceau de chair détaché sous le ventre des porcs après qu'ils sont tués; à la campagne, où l'on pousse, avec raison, du reste, l'économie dans ses dernières limites, ce morceau de chair, que l'on ne mange point, est conservé avec soin; il sert à graisser les chaussures de temps à autre; à cet effet, on le présente au feu, puis on le passe sur les souliers ou les galoches.

Viu, adj., vieux; — ciux oing, graisse de porc fondue employée pour graisser les essieux des voitures.

Vlo, prép., voilà.

Voie (été en), loc. adv., être en route, en voyage, être parti; — en' m?ïf/n voie, au milieu de la route, à mi-chemin.

Voire, s. m., verre.

Voirèe, s. f., forte pluie de courte durée, averse.

VoissiEU, s. m., essaim d'abeilles qui quitte la ruche, jeton.

VoLANDRER, V. n., gaucliir, gondoler, perdre sa forme, se contourner, courber, arquer, déjeter, cambrer.

Yoi.ÈE (en ou À-), S. m. et f,, celui, celle qui recherche les plaisirs, qui est léger, étourdi, écervelé ; ch'est un à-volèe; — feuquer à volée, faucher à rejeter sans ramasser en javelles; le foin, les fourrages, les avoines ou les pamelles, lorsqu'ils ne sont pas hauts, sont fauchés à la volée, par opposition k feuquer en rengue; — tout de volée, loc. adv., librement, subitement, sans qu'on ne s'y attende, tout de go; — jeter à le volée, c'est lancer un caillou en décrivant avec la main un demi-cercle au-dessus de la tête, par opposition à Jeter en desous che guin (V. Desous).

VoLUMME (Â la), loc. adv., à proportion.

Vou, adj. poss., votre, vos.

VoYETTE, s. f., sentier, petite voie; on dit de celui qui a un orgelet ou copére-lariou (V. ce mot) qu'il l'a gagné en allant q.... da le voyette M. le Curé; il y a une sole à Démuin appelée le Voyette au bure.

Vue (bleues), s. f., hallucination.

"W remplace g dans gâteau, garder et ses dérivés, gâter.

Wac, s, m., vomissement, action de dégobiller; V J'oit des wac; onomatopée.

Wallon, s. m,, qui parle mal, en bredouillant.

Waquie, s. f., grande pluie, quantité de liquide que vomit un ivrogne.

Warder, V. a. et n., garder, conserver.

Warloquer, V. Berloquer.

Waron, s. m. pi., se dit des yeux dont les prunelles sont de couleur différente, vairon.

Warouillis, s. m., besogne mal faite; tu nous fois lo un drôle dé warouillis.

Water, V. a., gâter.

WÈRE, adv., guère, peu; je n'n ai wère.

WiDE (wi-te), adj., vide.

WiDiER, V. a., vider, transvaser.

WoiGNER, V. n., se dit des roues d'une voiture, d'un charriot ou de la roue d'une brouette ou des gonds d'une porte qui crient en tournant parce qu'ils ne sont pas graissés.

"WoiNGNER, V. a., pleurnicher, pleurer sans motif.

X se prononce isque, ainsi on àiifisque, sesque, pour fixe, sexe.

Yu, s. m. pi., yeux; o ne voit ne bro qu'en z-iu, l'obscurité est telle qu'on n'y voit goutte, on n'y voit pas sur le bras avec les yeux; — foire des i/u comme un crapeu desous un gavelou, — comme un cot qui q... da des braisette.

Z s'interpose euphoniquement après quatre, lorsque ce dernier est suivi d'une voyelle; enter quate-z-iu.

Zabéle, prénom, Isabelle.

Zabète, aphérèse d'Elisabeth.

Zic, s. m., bon vivant; ch'est un boin zic, un bon garçon, un luron.

ZiDORE, aphérèse d'Isidore.

Zinzin, Zizine, s. m. et f., diminutif de cousin, cousine.

ZoNzoN, S. f., grosse femme sans souci, qui prend le temps comme il vient; ch'est enne grosse Zonzon.

■*N'4è^Èr~

PC Ledieu, Alcius

D^M de Démuin

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