‹ Petit glossaire du patois de DémuinChapitre 8 sur 9 · V. PONGNE · texte numérisé non relu

V. PONGNE

Puissant, ante, adj., bien portant, gros, gras et fort.

PuMME, s. f., pomme; — pumme d'oranche, fruit de l'oranger.

PuMMELOTiN, S. m., pommier sauvage (jui pousse dans les bois, malus acerba.

Pus, adv., plus; Vs se prononce dans quelques cas et reste muet dans d'autres cas; il n'y a point de règle fixe.

PuTou, adv,, plutôt, plus tût.

PzER, v. a., peser, vx.

Qu remplacent t dans arête, érèque, — ch dans tache, vache, sèche, pêche, rêche, flamiche, cloche, épinoche, bouche, mouche, ruche, chemise, chausser et ses dérivés, chêne, chénevis, cher, cheval, chien, etc.; — cl dans obstacle, miracle, tabernacle, spectacle, débâcle, siècle, article, binocle, socle; gl dans épingle; g dans large, verge, charge.

QuARANTAiN, S. m., sortc de pois hâtifs (de quarante jours); giroflée, matthioLa annua, appelée quelquefois cocardieu quarantain.

Quartier, s. m., mesure en bois pour les grains contenant le quart d'un setier ou la moitié d'une MESURE (V. ce mot), c'est-à-dire douze litres et demi; — quart d'un journal de terre ou vingt-cinq verges. — A QUARTIER, loc. adv., diriger les chevaux de manière que les roues de la voilure soient en dehors des ornières, cartayer; — fig., tenir à distance.

QuAsiMEN, adv., presque, à peu près.

QuATE, adj., quatre; — fig., il est ficelé ou torque comme quate sou, il est mai accoutré, mal mis; par antonymie, ficelé à quatre épingles; — s. m., piège pour prendre les oiseaux, les rats ou les souris; il se compose de trois bâtons de différentes longueurs accrochés à l'aide d'entailles et ressemblant à un 4; sur l'extrémité du bâton qui reste droit repose une

porte ou une planche chargée d'un poids suffisamment lourd, tandis que le bâton transversal accroché au bâton diagonal porte une amorce à l'une de ses extrémités.

QuATERLANGUE, S. m., qui parle beaucoup et avec une certaine élégance.

QuEiR, V. n., tomber. \nd. pr., Je guei, os queisons, os queisez, V queite; Imp., je queisoi, ta queisoi, os queisoime, V queisaint; Coud., je queiroi, tu queiroi, os queiroime, os q ueiroite, V q ueiraint; Subj . , q u'c-je q ueiche, qu'os quelsonche, qu'os queiséche, qu'i' queiche-le. Il est à remarciuer que la finale oi à la premièie personne de l'imparfait et du conditionnel se prononce oè, tandis que la finale de la deuxième et de la troisième personne de ces deux temps se prononce oé, oué.

Quémander, v. a., commander.

QuEMEN, adv., comment.

QuEMiN, s. m., chemin.

QuEMiNÈE, s. f., cheminée.

QuEMissE, s. f., chemise.

QuÉNE, s. m., chêne.

QuÉNUissE, s. f., graine de chanvre, chènevis.

QuÉQUE ou QuÉTE, adj. ind., quelque; quête cosse, quéquesfois.

QuER, adv., d'un prix élevé, cher.

QuEucHE, s. f., pierre à aiguiser, queusse; — fig., roulée de coups; os-tu ieu te queue heP

QuEUCHER, V. a., aiguiser avec la queusse; — fig., rouer quelqu'un de coups.

Queue de leu, s. i'., bouillon blanc, cerbascum thapsus.

Queue dé renard, s. m., mélampyre des prés, melampijrum, arcense; — fig., foire des queue dé renard, dégobiller.

QuEURE, V. a., chercher, quéiir, se conjugue avec aller.

Queute, s. m., coude; — v. a., coudre. Ind., é-je queut, os queudons, i' queute. Imparf., é-Je queudois, os queudoime, i' queudalnt. ('ond., é-Je queudroi...

Queuter, v. a., pousser avec le coude.

QuiANBERNANT, s'ciTiploie adverbialement, aller en quianbernant, d'une manière indolente, sans se presser, en musant sur son chemin,

QuiEN, s. m., chien ; — lorsqu'on donne cjuelque chose à un enfant ou qu'on lui adresse la parole et qu'il répond par un merci, un oui ou un non « sans queue », on lui dit, pour l'obliger à répondre plus poliment : « Merci, nou quien.... »; il repart aussitôt : (( Merci, papa, — oui, maman, — non, ma tante », suivant la personne à laquelle il s'adresse; — adv., s'emploie dans cette locution : n'ête point quien, n'être pas avare d'une chose, n'en être pas chiche, ne pas y regarder; — vif comme un quien de plomb, dit-onde celui qui est lourd, indolent, sans énergie.

QuÏEUVE, (qu-i-euf), s. f., couleuvre.

QuïGNET, s. m., coin servant à fendre le bois; lat. cuneus, coin.

QuïGNETTE, s. f., petite cognée.

QuïGNiE, s. f., cognée.

QuïNET, s. m., chanteau de pain.

QuiNNE, s. f., chaîne.

Quiou, OTTE, s. m. et f. et adj., petit, petite; nou quiou, notre petit enfant.

Quiou sen, s. m., celui, celle qui a un esprit, un caractère susceptible, qui est facilement offensé, qu'un rien froisse; ch'est un quiou sen, — il o un quiou sen; — quiou carré, sorte de jeu qui était autrefois fort en usage, mais qui est aujourd'hui fort délaissé, pour ne pas dire oublié. On trouvera dans la troisième partie de cet ouvrage, page 28, la manière de construire ce jeu et les règles qui le concernent.

QuïTi, s. m., coutil.

QuïTiE, s. f., cuisson, fournée de pains, de briques, de pannes, etc.

QuLMUTE, s. m., dispute, bruit, tumulte.

Quoi (avoir é-de), loc, être riche, à l'aise.

Qute! qute! interj., cri pour appeler les poules quand on leur jette à manger.

R remplace p dans insupportable, insurportape, — l dans calcul, calculer, carcul, carculer; — s'ajoute dans écurer, reculer.

R se supprime dans un très grand nombre de cas : dans vêpres, — dans les finales re, chante, lette, lite, conte, apôie, pour chantre, lettre, litre, contre, apôlre, balafre, gaufre, offre, coffre; — à la fin des adjectifs terminés en eur ainsi ([ue des substantifs qui indiquent une profession ou qui peuvent prendre la marque du féminin, batteu, laboureu; — dans arrêter, arter; — à la fin de certains mots, loisi, plaisi, su pour loisir, plaisir, sur.

Rabesiner, V. a., revenir promptement à l'endroit d'où l'on s'était enfui, revenir vivement chez soi.

Rabistoquer, V. a., raccommoder de vieux habits, de vieux meubles.

Rabobiner, V. a., raccommoder plus ou moins bien, remettre des pièces.

Raboinir, V. n., redevenir bon.

Raboissier, V, a., baisser, rabaisser, descendre.

Rabourer, V. a., labourer.

Racacher, V. a., ramener, rabattre, renvoyer la balle; — fig., v. n., réprimander, dire des non-sens, des niaiseries; quoi que tu nous racache lo?

Racacheu, dire, s. m. et f. et adj., rabatteur; — fig., qui dit des non-sens.

Racairchinè, èe, p. p., qui a de nombreuses rides sur la figure, qui est ratatiné.

Rachafeter, V. a., raccommoder à la façon des savetiers, c'est-à-dire avec peu de soin.

Rachinne, s. f., racine; — fig., être insupportable, mauvaise engeance; que rachinne! dit-on d'un enfant turbulent.

Racocheter, V. a., traîner le râteau dans les champs pour recueillir les tiges de blé ou de fourrage; — fig., donner une raclée.

Radiabler, V. a., raccommoder tant bien que mal, du mieux que l'on peut, ce qui est en mauvais état.

Radou (au), loc. adv., à l'abri du vent, du froid ou de la pluie.

Rafforache, s. m., action de rafforer (V. ce mot); quantité de fourrage ou d'herbe que l'on donne en une fois aux bestiaux.

Rafforèe, s. f., la quantité de fourrage que l'on donne aux bestiaux pour un repas; — frotter le doigt couvert de salive sur les lèvres de quelqu'un.

(V. GAIRBÈE.)

Rafforer, v. a., donner à manger aux chevaux, aux vaches ou aux moutons; — fig., prendre de la salive sur le doigt et le passer ensuite sur les lèvres de quelqu'un.

Rafineu, oire, s. m. et f., celui, celle qui est habile, adroit, malin.

Rafistolache, s. m., réparation grossière, raccommodage peu solide.

Rafistoler, v. a., réparer plus ou moins finement.

Rafoufeter, v. a., raccommoder mal des vêtements; s'habiller sans soin.

Rafuler, v. a., coiffer de nouveau ; — fig., donner une volée de coups sur la tête; é-Je m'en vo te rafuler.

Rafulure, s. f., coiffure refaite pour la seconde fois; se prend souvent en mauvaise part.

Rafuter, V. a., aiguiser un outil; — fig., donner une raclée.

Ragripper (se), V. pr., se raccrocher pour ne pas tomber, — fig., se dit d'un malade dont la convalescence a été longue et qui semble enfin revenir à la santé; i' se ragrippe, pour i' remonte à béte.

Raguin, INNE, s. m. et f., celui, celle qui se met facilement en colère, qui se fâche pour rien, grincheux.

Raguisier (ragu-i-sier), v. a., aiguiser.

Rahoquer, V. a., raccrocher, suspendre de nouveau.

Raison, s. f., parole, mot, raisonnement; s'emploie presque toujours au pluriel; V n'en foi des raisons! ~ ch'est enne raison juste, à J'orche qu'aile est bien dit, pace qu'aile sorte d'en belle bouque, dit-on ironiriuement de celui qui parle par sentences.

Rajoinir, V. n., rajeunir.

Ralarguir, V. a., élargir, rélargir.

Ramasser, v. a., a les mêmes acceptions qu'en français; il signifie en outre dire des riens, des niaiseries, tenir de sots discours; quoi que tu nous ramasse lo?

Ramentuvoir, v. n., remettre en mémoire, rappeler.

Rameuler, v. a., aiguiser, repasser sur la meule.

Rameuleu, s. m., rémouleur.

Rameure (ran-meur), v. a., aiguiser sur une meule, émoudre;

Prier Diu,

Rameure ses ouliu,

Che n'est point du temps perdu.

Ramier, s. m., ramure, bois provenant du taillis que l'on dépose en tas pour en faire des fagots.

Ramincir, v. a. et pr., amincir, être aminci.

Ramioler, v. a., caresser, amadouer quelqu'un que l'on a offensé.

Ramisser (se), v. pr., se réconcilier, se raccommoder, redevenir amis.

Ramon, s. m., balai.

Ramongnier, s. m., fabricant de balais.

Ramonner, V. a., balayer; — fig., donner des coups, rosser.

Ramonnette, s. f., petit balai fait avec des panicules non développées de Varundo phragmites ou de celles de Vagrossis spicaventi.

Ramonneu, cire, s. m. et f., celui, celle qui ramonne.

Ramonnure, s. f. pi., balayures.

Ran, s. m., bélier.

Randir, V. a., rôder, aller et venir.

Randon, s. m., sorte de panier en osier de forme spéciale qui porte le nom de son inventeur, un mandier de Béhencourt, qui fut parcour à Démuin il y a une trentaine d'années.

Randonnée, s. f., volée de coups; il o rechu enne rude randonnée de cœup de bâton.

Randonner, V. a., aller et venir de tous côtés sans motif, frapper quelqu'un, lui donner des coups; —fig., faire beaucoup de bruit en rangeant.

Ranicher (se), V. pr., se blottir, se mettre comme dans un nid, ramener les couvertures sur soi pour avoir boin et cœud.

Rapariller, V. a., assortir; — v. pr., se raccommoder, se remettre ensemble.

Rapasser, V. a., repasser, dans le sens de passer de nouveau.

Rapensemen, s. m., action de se rapenser.

Rapenser (se), V. pr., se rappeler, se souvenir, réiléchir.

Rapiécheter, V. a,, rapiécer.

Raplatir, V. a., aplatir, rendre uni, amincir.

Rapousser, V. a., repousser, dans le sens de pousser de nouveau.

Raproyou (rapro-iou), s. m., bavardapje, médisance, calomnie que l'on s'empresse de rapporter à la personne qui en a été l'objet.

Rapurer, V. n., état d'un liquide d'abord trouble, qui devient clair après que les matières étrangères qu'il contient ont formé un dépôt au fond du récipient ; — fig., redevenir calme après s'être mis en colère; es- tu r apure?

Raque, s. f., boue; — fig., rester en ra^we, demeurer court au milieu d'un discours, se trouver dans une situation difficile.

Raquer, v. a., cracher.

Raqueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui crache fréquemment.

Raquïn, s. m,, recoin; V connoit tous c/ies cuïn et pi ches raquïn.

Raquion, s. m., crachat.

Ras à ras, loc. adv., au ras, tout contre, tout près, rasibus.

Rasinne, s. f., résine.

Rassanner (se), v. pr., se rassembler ; cAe ^'ïi? sVresanne é-se rassanne; — v. a., rassembler, réunir, mettre en ordre.

Rassaquer, v. a., retirer, faire sortir, tirer à soi, expectorer ; V rassaque des grou jacobin, il fait de gros crachats.

Rassir, v. a., rasseoir.

Rassotir, v. a. et n., rassoter.

Ratafiole ou Rapatafiole, v. a., ne s'emploie qu'à la 3' pers. du sing. de l'indicatif, dans cette phrase : Que le bon Diu te ratafiole, phrase que l'on adresse à celui qui émet une opinion insensée que le bon sens réprouve et que l'on ne partage point.

Ratatouiller, y. a., dire des riens, des paroles insignifiantes ou niaises.

Ratatoule, s. f., ragoût, fricassée de pommes de terre; — fig., volée de coups de bâton.

Ratayon, onne, s. m. et f., trisaïeul, trisaïeule.

Rate, adv., vite, avec vitesse; tu passe bien rate, vx.

Raté, s. m., râteau à dents de fer servant au jardinage.

Ratenne, V. a., atteindre.

Ratier, V. a., râtelier.

Ratirer, V. a., tirer à soi, attirer de nouveau.

Ratisier, V. a., attiser le feu; — fig., donner des coups.

Ratisioir, s. m., tisonnier, cafouilloir (V. ce mot).

Ratour, s. m., détour ; V foit des tour et pi des ratour; tourner sans cesse dans le même cercle lors<|ue l'on s'est égaré en chemin.

Ratourner, V. a., revenir sur ses pas; — tourner, retourner; — v. pr., se retourner.

Ravalemen, s. m., partie du mur qui se trouve comprise entre le plancher et la naissance du toit.

Ravaler, v. a., avaler; i' ravale sen raquion; — remonter, retirer; ravale é-che sieu d'é-che puits.

Raveluque, s. f., petit objet de peu de valeur; — sorte de sénevé qui pousse dans les blés, raphanus raphanistrum ; — flg., sots discours, contes niais, nonsens, fadaises.

Raveluquer, v. n., bavarder, médire, dire des niaiseries, des riens.

Ravrluqueu, oire, s. m. et f., celui, celle qui dit des paroles insignifiantes.

Raverdir, v. n., reverdir; — fig., redevenir jeune, revenir à la santé; on dit à ceux qui demeurent longtemps debout à la même place : Ëtes-vous ;)lantè lo pour raverdir?

Raveuder, v. a., chercher; quoi que tu raveude?

Ravinne, v. a., retirer d'un trou.

Raviser ou Ravisier, v. a., regarder attentivement, passer la revue sur quelqu'un des pieds à la tête, examiner, considérer;

Ravisez que malheur, En seutaii un ruissieu, Sen beudet le f... da icu.

Ravoif^, V. a., avoir de nouveau; en français, il ne s'emploie qu'à rinfinitif suivant le dictionnaire de l'Académie, mais, en picard, il s'emploie à tous les temps.

Rebeyi'.r, v. a,, regarder avec attention.

Rebiffer (se), v. pr., se rebeller, résister, se défendre en paroles ou en action, refuser d'obéir, agir par rebuffade.

Rebond, s. m., octave de la fête locale.

Rebondir, v. a., fêter l'octave de la fête locale.

Reboi' (à), loc, adv., à rebours.

Rebrou, p. p., fatigué, las de quelqu'un ou de <iuelque chose; j'en su rebrou de ti, dit-on à un enfant polisson.

Rebulet, s. m., petit son provenant du blé moulu.

RÉCENT, adj., qui n'est pas ivre, qui a toute sa présence d'esprit ; il est bien récent.

Rechinèe (a), loc, à l'heure de la collation, du goûter.

Rechiner, v, a., collationner, faire un léger repas entre le dîner et le souper.

RÉCŒUDER, V. ÉCŒUDER.

Recorser (se), v. pr., se restaurer, manger à sa faim après un jeune plus ou moins prolongé.

Récouer, v. n., réchapper, sauver, récupérer.

Recrandir (se), v. pr,, se fatiguer, au propre et au figuré,

Recranne, adj., fatigué, las, harassé, recru.

Réguler, v. a., écurer, laver, nettoyer.

Réder, v. n., faire collection de certaines choses, être amateur de; i' r'ede à pigeon; — sq dit aussi de l'exécution de différents petits travaux de fantaisie ou de leur raccommodage.

Réderie, s. f., objet dont on rède; des glinne é-de réderie; — manie de collectionner; — fig., se dit d'enfants turbulents, insupportables; rjué réderie!

RÉDEu, oiRE, S. m. et f., celui, celle qui collectionne certains objets, qui élève des animaux ou des plantes de fantaisie; un rédeu à lapin, — à bouquet; — qui s'occupe, à ses heures perdues, de petits travaux propres aux gens de métier.

Refaîtir, V. a., refaire ou raccommoder la faîtière d'un toit.

Refoire, v. a., tromper, duper, attraper.

Refrein, s. m., dégoût, répugnance.

Refreingner (se), V, pr,, se rebiffer.

Refrencher (se), V, pr,, se renfrogner.

Refroidier, V. a. et n., refroidir.

Rejoinne, V, a., rejoindre, attraper; — fig., rendre le mal pour le mal; é-je té rejoindrai sans courir.

Riîjoui, lE, s. m. et f., celui, celle qui est constamment'gai; ch'est un grou réjoui, c'est un Roger Bontemps.

Rekairquer, V. a., recharger.

RÉKEUDER, V. a., laver la vaisselle.

Rekeuquer, V. n., tromper quelqu'un, lui donner des coups, l'attraper.

Relaver, v. a., laver la vaisselle; — fig., v. pr., se disculper; t'o bien t'é-relaver, je ne té crois point.

Relavure, s. f., eau de vaisselle.

Relenquir, v. n., manquer de courage ou témoigner de la répugnance pour faire quelque chose, renâcler.

Reléquer, v. a., lécher ses doigts ou autre chose.

Relurè, èe, s. m. et f., celui, celle qui est rusé, futé, qui fait des dupes.

Relurer, v. a., tromper, duper, tricher.

Rembourrer (ran-bourer), v. a., rembarrer, gronder, réprimander.

Remettre (se), v. pr., se dit du temps qui, après une période pluvieuse, tourne au beau; — convoler; V va s'é-remette, il va se remarier.

Remontée (A), loc. adv., après midi; ce mot fut d'abord employé pur les tisserands, ({ui remontaient

sur Vétille, puis par les faiseurs de bas, d'où est venu à remontée; puis, on en a étendu la signification à toutes sortes de métiers, pour signifier qu'on allait reprendre ses occupations, retourner à son travail.

Ren, s. in,, rang; on dit de celui qui ne parle pas à tout le monde, de celui qui est grandier :

r resanne à clies liéren, r tient sen ren.

Renaller (se), V. pr., s'en retourner, — disparaître en parlant des plantes dont le germe était sorti de terre.

Renaquer, V. a., refuser de continuer son travail.

Renayer (renai-ier), v. n., se dit d'un cuvier ou d'un tonneau écliè (v. ce mot), que l'on plonge dans l'eau pour que les douves se resserrent.

Renbouurer, v. a., gronder, réprimander vertement, donner des coups ; il o 'te renbourrè de cœup, il a été roué de coups.

Rencceucher, v, a., rechausser, recharger de fer ou d'acier le soc d'une charrue, une pioche, un pic, etc., pour en refaire le taillant.

Rendison, s. f., rendement des céréales,

Renfiérir (se), v. pr., se dit lorsque la température baisse, qu'elle devient froide ou qu'un vent piquant se fait sentir ; é-che temps se renfiérit.

Renfiquer, v. a., enfoncer, entasser; — fig., s'abstenir de faire ou de dire une chose; renfique ten complimen.

Renforchir, v. n., consolider, rendre ou devenir plus fort.

Rengrigner (se), v. pr., se dit du ciel lors(iu'il s'assombrit; cl temps se rcngrinne, dit-on lorsqu'il semble se mettre à la pluie. V. chagriner.

Renoue frm-çMeJ, s. L, rangée; feuquer en rengue, faucher en adossant les tiges coupées sur celles qui restent deljout.

Renguie, s, f., rangée.

Renmancher, V. a., remettre un manche, remettre dans la gaîne; — fig., v. n., dire son fait à quelciu'un, le remettre à sa place, rétampir (V. ce mot).

Renmoncheler, V. a., amonceler, mettre en tas; — — V. pr., se replier sur soi-même pour avoir moins froid, se cacher les mains sous les aisselles et rentrer la tête entre les épaules.

Renouvieu, s. m., la bonne saison, le printemps, le renouveau.

Renpiéter, V. a., mettre de la terre au pied d'un arbre, réparer le pied d'un mur, — refaire un pied à un bas.

Renpirier, V. n., aller plus mal, devenir pire en parlant d'un malade.

Renplummer (se), V. pr., se remettre dans ses affaires, s'habiller plus convenablement qu'auparavant; — regagner au jeu ce qu'on y avait d'abord perdu.

Rentiquer, V. a., enfoncer, rentrer dans sa gaîne; é-che lémichon V rentique ses corne; — v. pr., rentrer chez soi avec précipitation lorsque l'on est à sa porte ou à sa fenêtre pour n'être pas vu de quelqu'un qui vous déplaît.

Renvaler, v. a,, avaler.

RÉPARDE, V. a., épandre, répandre, éparpiller.

Reparer, v. a., ragréer, rejointoyer.

Répiller, V. a., faire un bon repas; — fig., aller au RÉPIT (V. ce mot).

Répillie, s. f., festin, bombance.

RÉPIT (aller au), loc, faire une sorte d'enquête afin de savoir quelle est la première personne qui a lancé certaines médisances, certains bavardages,

RÈQUE, adj. des 2 g., âpre au goût ou au toucher, dur, raboteux.

Requeir, v. n., retomber, au propre et au figuré.

Requeute, v. a., recoudre. Indicatif, fé-requeus, os requeudons, V requeute. Imparfait, os requeudoime,

i's requeudaint. Subjonctif, que j'é-requeuche, qu'os requeiidonche, qu'os vequeudéche, qu'V requeuche-te.

RÉQUiR, V. il., requérir.

Resanner, V. n., ressembler.

Resarcissure, s. f., reprise à du linge, à des bas, etc.

Resercir, V. a., faire des reprises à du linge, à une étoffe, ravauder.

Résipére, s. m., érysipèle.

Ri:soLu, UE, s. m. et f, et p. p., celui, celle qui est décidé, déterminé; ch'est un résolu.

Résou a le môme sens que le mot précédent, et signifie de plus qui est bien raisonnable, qui n'est pas turbulent, en parlant d'un enfant.

Ressuer, V. n., faire sécher, essuyer de nouveau.

Rétamer, v. a., étamer.

Rétampir, V. a., redresser ce qui était tombé, faire tenir debout; être remis d'une maladie; té vto rétampi? — fig., V. n., réprimander, dire son fait à quelqu'un, lui river son clou; — v. pr., se relever, se redresser, revenir à la santé.

RÉTOiR, s. m., portrait, ressemblance; on dit d'un enfant qui ressemble beaucoup à son père soit au physique, soit au moral : ch'est sert vrai rétoir.

Retorner, v. a., retourner; se dit de la carte qu'on tourne dans certains jeux et qui détermine l'atout; — fig., quoi qu'i' retorne? de quoi s'agit-il? de quoi est-il question.

Retrir, v. n., se dit de ce qui se ride; enne pumme é-retrite, — sen front est tout retri.

Retrit, ite, p. p., rétréci, ridé, retrait.

RÉTU, USSE, adj., gai, vif, éveillé, gentil; on dit d'un petit enfant qui agite sans cesse bras et jambes en riant : il est rétu comme enne mandelèe de séris.

RÉTUSELER (se), V. pr., se dérider, devenir gai.

Reue, s. f., roue.

Reulou, s. m., sorte de fromage rond très friand qui se confectionne à Rollot et aux environs de ce

village; un marchand de ces sortes de fromages parcourait un jour les rues ayant à chaque bras un panier rempli de rollots; un plaisant l'appelle et lui demande : E-n'n avez-vous des quiou? — Oui. — Eh bien, promenez-é tant qu'i' seront grands.

Reupe, s. m., éructation.

Reuper, V. n., faire des rots.

Revenger, v. a., secourir quelqu'un qui est attaqué, frapper son adversaire; — v. pr., se défendre contre celui qui vous frappe.

Revir, v. a., revoir.

Revue (ète d'ê-), loc, c'est-à-dire nous nous reverrons, je vous revaudrai cela; se prend en bonne et en mauvaise part; — à la revue, loc. adv., au revoir.

Rhabiller, v. a. et pr., habiller de nouveau;— fig., faire des reproches à quelqu'un, lui dire son fait, le

RENMANCHER, le RÉTAMPIR (V. ceS mots).

Riche, adj., ce mot est d'un emploi jjIus étendu qu'en français; il précède toujours le substantif qu'il qualifie lorsqu'on veut lui donner plus d'énergie; un riche temps, enne riche ferme, enne riclie ennèe, un riche béte.

Ridieu, s. m., rideau de fenêtre ou de lit.

RiFE, s. f., morceau de bois en forme do triangle et en biseau que les faucheurs placent au bout du hantart et dont ils se servent pour adoucir le taillant de leur faux; — che qui vient de rife s'en vo de rafe, dit-on de celui qui dissipe ou se ruine après qu'il s'est enrichi, lui ou ses ancêtres, par des moyens peu honnêtes.

RiFLER, V. a., se servir de la rife, onomatopée.

RiLLON, s. m., petite élévation de terre dans les champs, rideau.

RiMÈE, s. f., gelée blanche, frimas.

Rimer, v. imp., geler blanc ; il o rime le nuit chi.

RiNCHETTE, s. f., verre d'eau-de-vie qu'on verse après le café pour rincer la tasse.

RiNCHURETTE, S. f., vcrrc d'eau-de-vie qu'on prend dans sa tasse à café après la rinchette.

RiNGOLissE, S. m., réglisse; — fig., terme de mépris à celui qui est gauche, niais; été vlo, ringolisse?

Riou, s. m., ruisseau, rigole.

RisÈE DE SOLEIL, loc, sc dit lorsque le soleil se montre entre deux ondées.

RisiPE, adj., risible, qui fait rire, qui porte à rire; — s. m. et f., celui celle qui aime à plaisanter, qui entend la raillerie, rieur.

RiSQUE-À-TOUT, s. m., celui qui ne doute de rien, téméraire, risque-tout.

RivERETTE, s. f., petite rivière; el ricerette Margou est le nom d'un petit cours d'eau qui se jette dans la Luce.

RocH sÉ, loc, enfant chétif, malingre, petit, frêle; ch'est un Roch se.

RoDAiLLER, V. a., rôder, aller et venir sans but déterminé.

Ro d'ieu, s. m., raie d'eau, rallus aquaticus.

RoDiNGOTE, s. f., redingote; — o li ojoi enne rodingote sans manche, on lui a fait un cercueil.

RoGNEU, EUSSE (ron-gneu), s. m. et f., celui, celle qui a la ronne.

RoGNiE (ron-gnie), s. f., tronc d'arbre scié en plusieurs morceaux.

Roie, s. f., sillon.

RoisiN, s. m., raisin; à celui qui veut vous faire avaler une bourde, on dit ironiquement : des roisinl

RorrE, s. m. et f. et adj., raide; il est roite comme la Justice; — ûg., qui est dur, en parlant du vin, du cidre ou de l'eau-de-vie.

RoMATiQUE, s. m., rhumatisme.

Rond, s. m., cercle; i' n'o un rond aile lunne; — tranches de certaines choses coupées en rond, rouelles.

RoNDELER (se), V. pr., sc rouler à terre, se vautrer.

RoNDiBiLis, adv., à fond de train, à toute vitesse, rondement.

RoNNE, s. f. pi., gale invétérée, rogne; il o des ronne.

Roque, s. f., motte de terre.

Roquet, s. m., pommier à cidre, la pomme ellemême; c'est l'une des meilleures espèces pour la fabrication du cidre.

Rosse, s. f., rose, rosse; — rosse pienne.. pivoine, pœonia officinalis el pœonia corallina.

RossoLÈ, p. p., rissolé.

Rossoler, V. n., rissoler.

Rot, s. m., rat.

RouÉLE, s. f., rondelle en fer qui sert U enterrer plus ou moins profondément le soc de la chaiTue.

RouFFE, s. f., bastonnade, volée de coups de bâton; il o ieu se rouffe.

RouFLER, V. n., ronfler, renâcler, renifler en dormant; se dit aussi d'un bruit sourd occasionné par le vent ou par l'air; é-che poêle V roufe.

Rouget, s. m., petit insecte du genre des acares, de couleur rouge et presque imperceptible qui s'attache à la peau et occasionne de vives démangeaisons; vers la fin de l'été, les jardins et les champs abondent en rougets.

Rouillére, s. f., blouse.

Roule, s. f., enrouement; avoir la roule, être enroué; — rouille.

Rouler, v. a., voyager; — aller de côté et d'autre sans motif apparent.

RouLEU, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui ne sait se fixer nulle part, qui croit se trouver mieux ailleurs, qui change souvent de maître ou de méticn-;— fîg., ROULEussE, fille de mauvaise vie, coureuse.

RouLOiR, s. m., rouleau.

Roussie, s. f., eau provenant du fumier, purin.

RoussiEU, s. m. et adj., rousseau, roussâtrc.

RouTÉLE, S. f., crécelle ; cet instrument sert aux enfants pendant les trois derniers jours de la semaine sainte pour annoncer les heures des offices (Voir troisième partie, p, 88).

RouTELER, V. n., grommeler.

Rouviu, s. m., rougeole.

RoxÉ, V, ROCH SÉ.

RoYou (roi-iou), s. m., rigole.

RuBEN, s. m., ruban, — copeau très mince et recoquillé qui sort du rabot ou de la varlope.

Rude, adj., grand, considérable, fort; il précède toujours le nom qu'il qualifie.

RuDEMEN, adv., extrêmement, beaucoup, fort, très; ce mot et le précédent sont d'un emploi fréquent comme superlatif.

Ruer, v. a., lancer, jeter. Indicatif, os rouons, os ruez, V ruie. Imparfait, é-j'e rouais, tu rouai, os roime, os roite, i' ruaint. Conditionnel, é-je rurois, tu ruroi, os ruroime, V ruraint. Subjonctif, qu'é-Je ruche, qu'os rouonche, qu'os ruéche, qu'V ruche-te.

RuiNATioN, s. f., ruine.

Pain tère,

Bou vert,

Flamique à poirion,

Ch'est le ruination

D'enne moison.

RuiNNE, S. f., ruine.

RupiLLEU ou RupiEu, adj., rugueux, rude au toucher.

RuQUE, s. f., ruche.

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s remplace m dans les finales asme, isme; ainsi, l'on prononce asse, cataplasse, catéchisse, égoïsse, pour asthme, cataplasme, catéchisme, égoïsme; — t, dans les Anales aste, este, iste, oste, uste, modesse, arbusse, pour modeste, arbuste; — x dans extrême.

S se double et remplace z dans onze, douze, quinze, seize, que l'on prononce onsse, etc.

S se double dans les finales, aise, ase, ause, euse> ose, ouse, use.

S a disparu dans puis, pL

SsE remplacent x dans toux, — Is dans pouls.

Sableu, adj., sablonneux.

Sabouré, s. m., sable ou grès pilé mélangé avec de l'eau que les faucheurs mettent dans un vase en terre ou en zinc; à l'aide d'une loque attachée au bout d'un bâton, ils en aspergent leur ri/e et aiguisent le taillant de leur faux; os-iu ten pou à sabouré?

Sabré, adj., sahlé ; papier sabré, papier de verre.

Sabreu, adj., sablonneux.

Saclet, s. m., petit sac; les laboureurs accrochent au collier de l'un de leurs chevaux un saclet dans lequel ils mettent leur déjeuner ou leur goûter; — fig., prenne é-che saclet, aller mendier son pain.

Sainer, V. n., saigner.

Saint (é-de que), loc, par quel hasard? pourquoi? en l'honneur de quel saint?

Saint Amadou, s'emploie dans ce dialogue :

Ch'est ti, lo?

— Oui, comme saint Amadou,

En chair et en ou.

Saint Crépin , s'emploie dans cette expression ; el voiture é-de saint Crépin, pour aller à pied.

Saint Fout le camp (prenne), loc, décamper, s'esquiver au plus vite.

Saint Maur; on dit d'un arbre nouvellement planté qui se dessèche : il o 'tè planté le Jour é-de saint Maur (mort).

Saint Rocii, s'emploie dans cette locution : il est monté en quemisse comme saint Roch en capieu, n'avoir qu'une chemise.

Saisir, v. a., effrayer, épouvanter, faire peur; i' m'o saisi.

Saisissure, s. f., saisissement, peur, effroi.

Saligou, ote, s. m. et f., saligaut, malpropre.

Salou, ope, celui, celle qui est sale, malpropre.

Samurie (san-murie), s. f., saumure.

Sance, s. f., chance; gué sance qu'il o!

Sandrine, prénom, diminutif d'Alexandrine.

Sanne, prénom, diminutif d'Alexandre.

Sanner, V. n., sembler; V me sanne é-que t'o froid.

Sans-arret, s. m. et f., se dit de celui ou de celle qui ne peut tenir en place.

Sans-raison, s. m. et f., se dit de celui ou de celle qui ne veut point entendre raison, qui réclame avec persistance ce que l'on ne veut ou l'on ne peut lui accorder.

Sansure, s. f., sangsue.

Santiu, adj., bon pour la santé, qui jouit d'une bonne santé.

Sape, s. m., sable, sabre; — s. f., serpe.

Saquer, v. a., tirer d'un sac, sortir de la gaîne, ôter, tirer à soi.

Saquie, s. f., sachée; — fig., femme très grosse et très courte, qui n'a point de taille; ch'esi enne grosse saquie.

Savelon, s. m., savon.

Savoyard, s. m,, écouvillon de boulanger, parce qu'il ressemble à un ramoneur de cheminée; on sait que la plupart des ramoneurs sont de la Savoie.

ScHLOFE (aller à), loc. empruntée à l'allemand pendant l'invasion de J815 et celle de 1870, aller dormir, aller se coucher.

Se, adj. pos., sa; ch'est se mère.

SE, s. m., sel; — s. m. et adj., sec, maigre; au fém., sèque; — on dit de celui qui est chaussé de vieilles chaussures trouées : il o des seuler de se temps (de temps sec); ce jeu de mots s'entend le plus souvent de sept ans; — sèque enpienne, dit-on d'une personne très maigre; au figuré, enne sèque enpienne est une personne acariâtre, d'un caractère désagréable, difficile, peu commode; — se comme un cleu, se comme un bec-hou.

Secoué, èe, p. p., se dit de celui ou de celle qui n'a pas tout son bon sens, qui est simple d'esprit, toqué; synonyme de l'expression estropie de chervéle.

SÉcuNDUM, adj., mot souvent employé pour dire que cela n'est pas selon les règles, que telle chose est de qualité inférieure; ten chite n'est point sécundum.

Sen, adj. pos., son; Ve s'élide devant un mot commençant par une voyelle ou une h muette ; s'n ami, s'n huile.

Senfe, s. f,, sauve, sinapis arvensis.

Senmedi, s. m., samedi; peu employé.

Senteu, oire, s. m. et f., celui, celle qui sent;

Premier senteu, Vesse au treu.

Sent-flair, s. m., tanaisie, tanacetum oulgare.

Sentimen, s. m., odeur, senteur, odorat. Sentu, p. p., senti.

SÉQuiR, V. a. et n., sécher.

SÉRiETTE, s. f., sarriette, satureia hortensis. Sérusse, s. f., serrure.

Serveu, s. m., manoeuvre, aide-maçon; — serveu de messe.

Servir, v. a., saillir, en parlant du taureau. Seu, eule, s. m. et f. et adj., celui, celle qui est soûl ; — repu, rassasié; j'ai meng'e tout men seu, j'ai mangé tant que j'ai pu; — autant qu'on veut ou qu'on peut; je n'n al prins tout men seu, je n'n ai tout men seu.

Seucer, V. a., donner une rossée; — v. n., se laisser tremper par la pluie; os-tu 'tè seucè?

Seuche, subj. du verbe savoir ; V feut qu'i' seuche toute.

Seue, s. m., saule; — lorsqu'un ivrogne dit : « J'é-ne su point seu », on répond par ce calembourg : « Si tu n'es point seue (saule), l'es peupe » (peuplier). Seufe, s. 1'., sève.

Seuler, s. m., soulier; — v. a., soûler. Seur, adj., sûr, assuré, certain; est seur, bien seur. Seuteu de marquette, locution burlesque pour désigner un homme d'une maigreur extrême; — débauché, coureur.

Seutir, v. a., sauter.

Si est, loc, cela est.

SiEu, s. m., seau.

Sifflote, s. f., jouet de la forme du flageolet que les enfants fabriquent avec l'écorce du lilas; ils confectionnent également des sifflets qui sont beaucoup plus petits. (Voir 3' partie, p. 30.)

Siffloteu, s. m., celui qui sifflote sans cesse ou qui siffle mal.

SiNNE, S. m., signe, marque.

SissiTTE (foire), loc, s'assGoir, terme enfantin.

Siu, s. f., suie.

Soi, s. f., soif; — boit-sans-soi (boué-san-soué), surnom donné à un ivrogne.

Soie, s. f., scie.

SoiLE, s. m., seigle; — adj., mûre, qui se détache aisément, en parlant d'une noisette; — adj., se dit de celui qui se trouve dans une haute situation au point de vue de l'honneur, de la gloire ou de la fortune; on'nodéjovude si soile, sous-entendu faire la culbute, dit-on de ceux qui tirent vanité de la haute situation qu'ils occupent ou de la fortune qu'ils ont acquise et qui pourraient bien tout perdre du jour au lendemain ; — ce mot implique une idée superlative et signifie superbe, énorme, magnifique.

SoiLÈ, ÈE, adj., échauboulé.

SoiLEu, adj., seigleux; du blè soileu.

SoiLURE, s. f., échauboulure.

SoiRET, s. m., hareng saur, sauret.

Somme, s. f., mesure de compte pour les grains et les pommes, d'une contenance de deux hectolitres.

SoNGEARD, adj., qui a l'air pensif ; — Cy., se dit d'un ciel qui reste longtemps couvert.

SoNGNER, V. a., soigner.

SoRCiu, s. m., sourcil.

Soupe à quien se dit d'une pluie abondante, parce que la soupe que l'on donne aux chiens est faite avec de l'eau claire; quand, après la soupe, il semble qu'il n'y ait plus rien à mianger, on dit interrogativement :

Ch'est le dîaer de ches qnien, Après la soupe d-rien ?

Souverain, adj., sain, salubre, d'un effet certain; se dit surtout des plantes ou des remèdes qui guérissent à coup sûr les indispositions, les maladies ou les plaies.

SoYACHE, s. m., action de scier, sciage.

SoYER, V. a., scier.

SoYEu, oiRE, s. m. et f., celui, celle qui scie; soyeu de long ; se disait autrefois de l'ouvrier qui coupait le blé à l'aide de la faucille,

Stomaquè, p. p., suffoqué; — fîg., surpris, étonné

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