‹ Petit guide du chercheur de minéraux [microforme]Chapitre 15 sur 66 · TL HA · texte numérisé non relu

TL HA

beaucoup de celle que vous avez trouvée, mais vous voulez une certitude : vous cherchez la description de l'epsomite. Vous voyez qu'elle est soluble dans l’eau, c'est-à-dire, qu’elle se fond dans ce liquide, ce qu'il vous est facile d'expérimenter ; qu'elle est d'un goût très amère ce dont il est non moins facile de vous convaincre, en goûtant sa solution.

Mais, pour notre début, nous sommes tombés sur l’un des cas les plus faciles. Employons un exemple plus compliqué et supposons que vous ayez trouvé comme densité du corps soumis à notre étude 1.720. Les erreurs d'opération inhérentes à notre méthode portent sur les centièmes, par suite, les densités du premier groupe et de la première subdivision qui se rapprochent le plus du nombre que vous avez obtenu

sont celles de : l'Aluminite 1.7

du Borax 1.71 de l’Arcanite 1.73

Transportons nous aux notices qui concernent chacune de ces substances.

Nous lisons que l’aluminite adhère à la langue lorsque vous la placez sur celle-ci ; qu’elle ne fond pas dans l’eau, mais qu'elle se dissout dans l'acide azotique (esprit de sel) sans bouillonnement et que sa dureté, indiquée par je chiffre 1, est une des plus faibles que puisse posséder ‘in minéral.

Si le corps dont vous avez obtenu la densité (r. 720) répond à ces caractères, c’est l’aluminite que vous avez, sinon, vous passez au suivant et vous

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voyez que, contrairement à l'aluminite, le borax se fond dans l’eau et qu'il a un goût douceâtre, propriétés qui le séparent, de suite, du corps qui le précède et vous permet d'affirmer que vous êtes en présence d’un échantillon de borax, certitude d'autant plus complète qu'en lisant ce qui concerne l'Arcanite, vous constatez que cette dernière est beaucoup moins fondante et que sa solution, qui se produit difficilement, est d’une saveur amère

L'étude, des minéraux de la deuxième et de la troisième subdivision du premier groupe, ne contenant que l'opa/e il ne peut y avoir d’hésitation.

Comme on le voit, les minéraux du premier groupe n'offrent aucune difficulté. Il n’en est pas ainsi de ceux du deuxième groupe que nous allons successivement examiner, subdivision par subdivision.

Exemple : du deuxième groupe.

Vous avez pris la densité d’un échantillon minéral et cette densité vous a donné 2.631, nombre qui appartient au deuxième groupe. En essayant le degré de dureté du minéral vous avez constaté qu'il était rayé par la fluorine, mais qu’il rayait assez facilement le calcaire ; vous en avez conclu que son coëfficient de dureté pouvait s'exprimer ‘par 372, nombre compris entre 3 et 4 et que, par suite, il se rangeait dans la première subdivision du deuxième groupe.

Dans cette subdivision les corps dont la densité se rapproche le plus du nombre trouvé sont :

La serpentine 2.66

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Stéatite 2.67 a 2.8 Pennine 2.653 à 2.659

Fer phosphate bleu 2.66 :

Ripidolithe 2.653 à 2.77 ;

Cuivre carbonaté brun 2.62 3

‘Tous les minéraux de cette subdivision ont une dureté inférieure à 3. sauf la serpentine et le cuivre car- 4

bonaté brun. Vous ne pouvez donc hésiter qu'entre à ces 2 corps. Vous vous transportez, comme précé- 4 demment, aux notices qui concernent ces deux substances. La serpentine est inattaquable par l'acide nitrique (eau forte). Le cuivre carbonaté brun, au contraire, se laisse entamer par cet acide avec lequel il bouillonne très lentement (effervescence lente). Il ‘ vous est donc désormais bien facile de caractériser à le corps soumis à votre étude. 4

Mais, supposons un nouveau minéral vous donnant 2.54 comme densité et ne pouvant se rayer qu’au moyen de votre pointe d’acier vigoureusement appuyée sur une de ses faces et, par conséquent, ayant à peu près le chiffre 6 pour coëfficient de durèté. Nous avons affaire à un minéral du second groupe et de la seconde subdivision de ce groupe.

Les substances de dureté équivalente dont la densité se rapprochent le plus de celle que nous ayons trouvée sont :

Orthose 2.569 Amphigène 2.5 Albite 2.55 à 2.61

Après avoir lu la notice qui convient à chacun de

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ces corps, nous constatons que nous sommes en présence de substances douées de propriétés à peu près identiques, inattaquables par les acides que nous employons, échappant en quelques sortes à nos moyens ordinaires d'investigation. Dans ce cas, le plus défavorable de notre méthode, nous restons en face de 3 corps dont deux appartiennent au Ze/dspath et un, l'emphigène, à une espèce très voisine. Au point de vue industriel proprement dit, les or#40ses, et les a/bites ont à peu près la même valeur intrinsèque, valeur dépendant surtout de leur gisement. Il importe donc assez peu que vous ayez la certitude que vous êtes en possession de l’un de ces corps plutôt que de l’autre. Cependant, comme l'orthose, lorsqu'elle est adulaire, représente une certaine valeur en joaillerie vous pourrez conclure que vous êtes possesseur de ce minéral lorsqu’aux caractères de densité et de dureté déjà trouvés il joindra la couleur verte, nacrée et chatoyante de l’adulaire et qu'il pèsera pour 1 gramme dans l'air 0.592 dans l'eau.

La troisième subdivision du deuxième groupe n'offre aucune difficuité. Flie est composée de sept corps ; trois dont la dure: est représentée par 7 ; trois dont cette mêms propriété est évaluée 714, c’està-dire, ravant les trois qui précèdent et ne se faisant pas rayer par eux, et enfin, d’une substance ns dure que toutes les autres résistant à la pointe d’arier, il est vrai, mais rayée par le quartz.

Les autres propriétés des m'néraux de cette subdi-

vision sont, par ailleurs, assez tranchés, pour réduire tous les doutes s’il en restait encore après les épreuves de la densité, de la dureté et l'application de ‘échelle de Brard.

Exemple : du troisième groupe.

Passons à l'examen des trois subdivisions du troisième groupe.

Soit 3.42 la densité d’un minéral et 312 son coëffcient de dureté.

L'examen du tableau du troisième groupe nous donne dans la première subdivision 4 substances, dont la densité se rapproche de 3.42 dans les limites voulus. Ces quatre substances sont :

Cronstedtite 3.4 dureté 2% Fer phosphaté vert 34 . 4 Bisulfure de manganèse 3.46 5 4 Orpiment Las. “ 12

Le mineral que nous étudions ayant pour coëfficient de dureté approché 314, nous sommes amenés à éliminer la Cronstedtite et l’'Orpiment, dont l’indice de dureté est beaucoup plus faible que celui que nous avons obtenu. Il ne peut donc plus exister de doute qu'entre le fer phosphaté vert et le bisulfure de manganèse.

Nous voyons aux notices où sont décrits ces deux corps, que le fer phosphaté veri est presque toujours vert ou verdâtre et surtout que sa poussière est toujours d’un gris verdätre. Le bisulfure de manganèse, au contraire, est de couleur brun rougeâtre et sa poussière d’une teinte invariable brwx rougeâtre

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il suffit donc de réduire en poussière un petit fragment de chacun des deux minéraux à l'étude pour être immédiatement fixé. Si la poussière du fragrent écrasé finement est gris verdâtre, vous êtes en possession du fer phosphaté vert, si elle est brun rougedtre c'est du bisulfure de manganèse que vous avez.

Supposons un minéral nous donnant 3.26 comme densité et le chiffre 5 aux épreuves de dureté, le tableau du troisième groupe nous fournit 4 corps de la deuxième subdivision, à savoir :

Apatite | 3.22 Achmite 3.2 Limonite 3.25 Dioptase pue

Les coëfficients respectifs de dureté de ces quatre corps étant, à peu de chose près, identiques, ils ne peuvent nous servir à une élimination,en conséquence, transportons nous aux notices. Dans ces dernières nous trouvons que l’apatite jouit de la double réfraction lorsqu'elle est transparente ; que, réduite en poussière et projetée sur une pelle rougie, elle donne une nuance phosphorescente jaune verdâtre très vive ; enfin qu’elle est soluble dans deux de nos acides, l’eau forte et l'esprit de sel, et cela sans bouillonnement et sans résidu. L’achmite est inattaquable par les acides ; elle ne produit aucune lueur sur la pelle rougie ; sa poussière est noire. D'un autre côté la limonite se dissout dans l'esprit de sel, il est vrai, comme l’apatite, mais sa poussière est d’un yawne

de rouille. On ne peut donc confondre les trois corps qui précèdent leurs caractères différentiels étant très accusés. Reste le Zioptase, qui est presque toujours d’un vert émeraude, jouit de la double réfraction et fond dans l’acide chlorhydrique (esprit de sel) ; caractères appartenant aussi à l’apatite et qui entraineraient à confondre ces deux minéraux, si leur dissolution ne donnait un moyen certain de les séparer.

En effet, l’apatite ne laisse aucun résidu dans le verre où elle a été fondu par l'esprit de sel. Le d/0pfase, au contrrire laisse un résidu translucide que l'on appelle ge/#: Knfin, l’'apatife se fond beaucoup plus vite que le 7':ptase.

Passons à la troisième subdivision du troisième groupe.

Soit : 3.51 la densité d’un minéral du troisième

groupe et 614 son coëfficient de dureté :

Les substances de ce groupe dont la densité se rapprochent le plus du nombre trouvé sont :

Topaze 3:499 à 3-54 Spinelle 35

Diamant 3:52 à 3.55 Rhodonite 3538 Mélanite LEE

Nous avons à étudier cinq substances ; toutes cinq appartiennent à des titres différents aux gemmes les plus appréciés. Les échantillons de ces derniers corps peuvent se présenter à nos recherches sous deux états, à l’état parfait ou à l’état imparfait.

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toufracel) ; traidisarer.

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Faisons abstraction, tout d’abord, du coëfficient de dureté 61 que nous avons obtenu et supposons que nous ayons en main un échantillon minéral à l’état parfait, c'est-à-dire, cristallisé, entièrement limpide, et d’un beau jaune orangé. Nous lisons aux articles qui concernent les substances de la troisième subdivision du troisième groupe, que la fopaze varie du jaune paille au jaune orangé rougeâtre, mais nous voyons que cette couleur peut être ramenée au rouge rose en soumettant les /opazes limpides, plongées dans un bain de sable, à une température élevée ; or, le rouge rosé est une des couleurs du spirelle dont la valeur vénale est beaucoup plus considérable que celle de la fopaze. En poursuivant notre examen, nous établissons que notre échantillon jouit de la double réfraction ce qui le sépare, de suite, du r#bisspinelle qui ne possède que la réfraction simple. Nous ne pouvons, non plus, le confondre avec la mélanite et avec la rAodonite, dont la dureté est beaucoup plus faible : Il nous est également impossible de le confondre avec le diamant qui jouit le plus ordinairement de la simple réfraction et qui raye la /0pazeavec autant de facilité que cette dernière raye la rhodonite, etc.

Revenons au coëfficient de dureté 61% que nous

avions adopté dans le principe et supposons qu'il

appartienne à un échantillon imparfait de rAodonite par exemple. +

Le coëfficient de dureté 614 élimine, sans autre, dès le début, la fopazse, le spinelle et ie diamant.

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