‹ Petit-Jules le sauterChapitre 12 sur 23 · CHAPITRE Mil · texte numérisé non relu

CHAPITRE Mil

Pourquoi PotJi Jules alla dfttts un < liâtcnu prèa Dijon . < i Cfl <jiril y vit.

I t esprit uMvimt difficilement

î I épreuve de 1 .On voil des .unis,

ou plutôt ceux rjui en usurpent le nom,

d'il dès qu'ils se trouvent sépa s'oubliet luêuie à peu près, et contracter partout ou il* le rencontrent de nouveaux rn^.\ cinens aussi pen durables que lespre* roierf. Il n'en est pas ainsi «les personnes vraiment sensibles. Leur amitié, établie sur de solides motifs, n'est sujette à aucune altération. Telle était «elle de Jules pour Benjamin. L'un et l'autre s'écrivaient

LR SAUTEUH. ^7

fort régulièrement , et se tenaient mutuellement au courant de leurs affaires , se rendant compte , non-seulement des événemens qui leur arrivaient , mais de leurs plus secrètes pensées. Petit-Jules eut bientôt l'occasion d'en confier h son ami d'un genre qui obligea Benjamin à lui faire des remontrances que l'intérêt de son repos lui inspirait.

Le serrurier dans l'atelier duquel V orphelin travaillait l'emmena avec lui dans un château , à une lieue et demie de la ville , pour poser une grille en fer, qu'on lui avait commandée. Chemin faisant , le serrurier, qui croyait Petit -Jules plus âgé qu'il n'était, lui dit qu'il ferait bien de prendre une femme et de s établir a Dijon, où l'estime qu'il inspirait à tout

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le monde lui procurerait aisément un parti

avant. »e,rii\. Jules le remercia, en souri, ml,

de son conseil, et lui répliqua qu<

ttouwmt heureux et tranquille ave

unir, il m souhaitait point de eo mettre <!.• n bonne heure en ménage ; mais la vérité tel < i il <" son inclination se trouvant , à

i ^ ird , fort peu en hainaunii ktoc son état , il aimait mieux ne jamais *<* m. que dVpouset une fille sans éducation. Le

s imiii. r, ne soupçonnant point ce motif, et qui .iv. ut dniU jolies tilles à pourvoir, ne cessa de l'eut ictenir sur ce sujet juseju'à Uur arrivée au rhititawi

Ollc habitation , bâtie d'une manière imposante, et pic. idée d'une longue averue , appartenait à une riche veuve appelée madame de Saint-Romain , que le ser-

LE SAUTEt'H. ~Q

vuricr dépeignit à Petit-Jules sous des couleurs assez défavorables. Il la représenta comme une personne triste et farouche , qui, depuis nombre d'années, fuyait toute espèce de société, et vivait d'une manière étrange, que le serrurier ne fit aucune difficulté d'attribuer à l'avarice. Quant à la grille qu'ils venaient poser, elle était destinée à fermer une petite enceinte plantée de tilleuls et d'arbustes fleuris , au milieu desquels s'élevaient deux mausolées enrichis de sculptures et d'inscriptions. Petit- Jules ne put se trouver dans cet asyle funèbre sans ressentir un respect religieux , et il en troublait à regret le silence par les coups de marteau qu'il était obligé de donner pour exécuter son travail. Il s'approcha des monumens , afin de lire les ins-

il PETIT- JULES

i riptkmi. L'un était consacré à Pépoux de Madame «le Sahit-Romain, l'autre à un Us qu'elle1 .tv.iii perdu en bai Isje. Quoisjuc l> * 1 . * t «* de L'année où cet personnel ii. unit mortel lui iihumiic, dcnx

couronnes fraîches, consacrée! a leurs mânes, prouraient U constance des rei- 1- (!<■ L'infortunée qui lc> ai ail perdui , et cette circonstance inspirait à l'orphelin de rintérét pour elle, mal préven-

tions dé i\ intageusef une l«' lerrurier vc- )i m de lui donner de ion caractère. Ils ii i\ nllriciit jusqu'à l'heure du dîner sans personne que les domestiques, <jui tous étaient dans le château depuis plusieurs années. L'un d'entre eux, ûijé de plus de soixante-dix ans, y avait j.

wjue toute sa vie , et se ilatlait d'y fi-

l.r «ATTEUR. 8l

nir ses jours auprès de sa maîtresse, dont il ne parlait , d'ailleurs, qu'avec vénération. Petit-Jules lui ayant adressé quelques questions au sujet des deux mausolées , le vieux serviteur leva les yeux au ciel :

— Jamais, répondit-il, on n'entendit parler d'une douleur si profonde et si soutenue. Je m'étonne seulement que ma pauvre maîtresse ait eu la force de résister à ses chagrins. Elle y aurait succombé sans doute, si un ange n'était venu les adoucir en mêlant ses pleurs avec les siens. Cet ange , c'est mademoiselle Palmyre , la nièce de madame , et son unique compagnie depuis dix ans. Cette aimable jeune personne a préféré la tristesse de sa tante aux divertissemens qu'elle pourrait trouver dans la maison de son père, l'un

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