HUBERT L/^RUE
Qaébec, Janvier, 1873.
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JIANIJIL D'AGEICÏÏLIUEE, '
. ■K<^^ô'|>i!0 2;.. — — — ■ . ■^el.ii^siTiv.lu:/^ ^>' Kutrition-^es plantes.
Question.— Comment lesplantes-se notrrrissentelles? - ■ ^ , ,^ ^,^.^ ; . ^^ ;^. ^ , ?
Réponse.— Les plantes se Nourrissent prlnéfpa'- ' lement par leurs meines et par leurs feuilles.
Q. Comment agissent ces racines et ces feuilles^
R. Les.ratuVies agissent comme autant de petites bouches.qni enlèvent à la terre une partie de la ^ nourriture dont les plantes ont besoin ; et les ^ feuilles trouvent dans l'air l'autre partie de la nourriture qui est nécessaire à la vie de ces mêmes plantes.
Q. Qu'entenu-on par ces mots: terre riche on 'ertile^ et terre pauvre ou infertile ?
R. On dit qu'une terre est riche ou fertile^ quand lie renferme, en quantité suffisante, les subsances' qui sont nécessaires à la nourriture des lantes; on dit qu'une terre est pauDr^ ou in/erile^ quand elle ne renferme pas ces substances, u ne les renferme qu'en petite quantité;
Q. Pourquoi la plupart de nosVt'xes sont-elles ujourd'hui pauvrts ou infertiles ?
R. Parce qu'ayant été cultivées fendant unelongue suite d'années sans fuaiier, sans engrais^ ces terres ne contiennent plus les substanœs né*cessaires à la couiriture et à la. vie -des plantes.
Espèces de terres. r^
Q. ConaLien y a4-il d'espèces principales de^ terres?
R. Pour les besoins ordinaires de la pratique.,. on peut diviser les terres en deux espèces principales : teires fortes ou glaiseuses^ terres légères ou sableuses, ^ . ^ ..^^ :
Q. Quelle différence y a-il dans la composition d'une terre forte et celle d'une terre légère ?
R. Dans le5 terres fortes^ il y a beaucoup deglaise et peu de sable ; dans les terres légères^ il y* , a IjeaucoHp de sable et peu de glaise.
Q. Les terres fortes sont elles toutes de la mênae-
ce? ..-. , ■^■■■;' -■'■■* . '. t.-- V'... . ■:
R. Non ; il y a des terres tellement fortes,, qu'elles sont tout à fait impropres à l'agriculture Lçs meilleures sont celles qui sont formées d'un mélange de glaise et de sable, en de justes pro-
Q. Quel nom donnez-Tous aux terres formées d'un mélange de sable, et d^. g^la^sfi^ çn .de justes ' proportions? ^' "" '
.R. On leur donne généralement le noaa-de terres
franches. ,c,i a. um
V ^. Les terres légères «ont-elles toutes de la même
qualité ?-A-<-v.---..rr^-^^'-^'^ ■:-'^- .
R. Non ; il y a des terres si légères, comme lessaWes des rivages, qu'on ne les cultive pas.. Les bonnes terres légères sont celles qui conUealient une certaine quantité de glaise-
Q. Çjiels :;va,iVLaco3 présentent les bonnes terres
R. Les bonnes terres légères présentent les àv^ti-'' ■ tages suivants: lo elles peuvent être travaillées pîiTS aisément en toutes saisctts; 2o elles exigent^ des travaux moins considérables ; 3o elles'de-" inandent peu ou point dé travaux d'égoultemont ; 4o leur culture est très profitable pourvu qu'on les fume abondamment, et que, pour cela; en y cultive beaucoup de iégurnes, et élève beaucoup de bétail. ■ '**-■ '*'-'^^'^*?^n îx3 co ■m'^*-4fyn
Q. Quels sont les défauts des terres trop fortesf'^ .
R. Les défauts des terres trop fortes sont les sui- . vants : lo ces terres so.nt pesantes^ difficiles à la-^^i bourer et à travailler, et se laissent pénétxer difficilement par Fair. par la chaleur et par l'eau des orages ou des pluies; 2o une fois imbibées d'eau, ces terres ki conservent longtemps, et ea grande quantité, ce qui parfois, fait pourrir les ^ racines ; 3o dans les grandes séchei^esses, ces ' terres se fendillent, se crevassent, et les racines des plantes, se trouvant par là déchaussées, xîxposées à l'air ou étouffées, périssent.
Q. Quels sont les défauts des terres trop légères f
R. Les défauts des terres trop légères sont: lo de se laisser pénétrer trop facilement par Pair, et surtout par la chaleur du soleil; 2o de ne pas retenir Peau des orages ou des pluies assez longtemps, et de se dessécher très- vite.
Q* Comment agissent les fumiers dans ces deux espèces de terres"?
R. Dans les terres fortes^ les fumiers se décomposent lentement, et font sentir leurs bons effets pendant longtemps ; dans les terres légères^ au contraire, les fumiers se décomposent rapidemei^t, et leurs bons effets sout de courte durée. ■
Q. Petrt-o.i diminuer la trop grande force ou la trop grande légèreté des terres ?,
R. Ou peut diminuer la trop grande force ou la trop grande légèreté des terres par des amendements.
, ;îr^^^::-:;>:i^:^v^J^>:.Amendements. ^:.^^^ 'a^foM?
Q. Qif entend on par am/?rtder une terrée
'R. Ou dit qu'on amende une terre quand à une espèce de terre on en mêle une autre qui a des qualités différentes, ou encore, quand on y ajoute certaines substances qui ont réifet de changer ses propriétés.
Q. Donnez des exemples d'amendements.
R, Si je charroie, sur un arpent de terre trop forte^ de la terre légère, du sable, du tuf, des .graviers, de la chaux, des cendres, de la terre de savane, etc., alors je fais un amendement. Si, sur tm arpent de terre trop légère^ je charroie de la glaise ou de la terre forte, je fais encore un amendement. ;, >; >,-.^^ . ,
Q. Quel est l'effet de ces amendeineyUs ?
>R. L'effet de ces amendementc est de rendre les ter.-es fortes plus légères^ et les terres légères p/u5 fortes. Cçs terres ainsi amendées sont meilleures, . vu que les engrais de toute espèce, l'eau des pluies et la chaleur agissent sur elles avec beaucoup plus d'efficacité. ^so^i »rf,i. .,;:, . ^n
Q, Ces aniendements sont-ils toujours faciles à pratiquer. ' ; ■ *^'^;^ ,•
R. Parfois ces amendements sqnt faciles à praticuer ; parfoiSv au contraire, difficiles et coûteux.
(^ Donnez un exemple d'amendements faciles à ; pratiquer t
R. Si, à une petite distance d'une- terre trop Jorte^ il se trouve une butte de terre sableuse ou
légère, de la teriû de savane, etc., ramendement est facile, parce que les charrois ne sont pas longs^ et qu'ils sont peu coûteux. Si, au contraire, cette butte de sable, ou cette terre de savane, se trouvent à une grande distance, alors ramendement devient coûteux à cause de la distance des charrois. • v- r-u^^-^\? c^'^aî. v'
Q. Quel temps doit-on choisir pour pratiquer ces charrois et ces ainendements?
. R. On doit choisir le temps des morte-saisons,» c'est-à dire, ces épo:iue3 de Tannée où Ton a le moins d'ouvrage à faire. -* ••••■?• -v^
Q. Les curures des fossés peuvent-elles être utilisées pour pratiquer ces amendements?
R. Les curures des fossés devraient toujours être utilisées comme amendements. Lorsque ces curures sont composées de terre forîe^ on devrait les jeter sur les terres trop l'jgères ; lorsque ces curures consistent en terre sableuse ou tufeuse, on devrait les jeter sur les terres trop fortes.
Q. Que fait-on, ordinairement, des curures des fossés en ce pavs?.
R. Les curures sont oraïnaîrément déposées sur les retords des fossés et deviennent nuisibles, parce qu'elles s'opposent au libre écoulement de . l'eau et à l'égouttement.
Q. Lorsque vous avez transporté de la terre forte sur une terre légère ou de la terre sableuse on Ucfh'e sur une terre forte^ que devez-vous faire ?
M. On doit faire un labour pour bien mélanger ces deux espèces de ten-e ensemble ; ce labour doit être léger, afin d'empêcher la terre rapportée d'aller trop au fond.
Q. Lorsque la terre employée comme amendement est de la teiTt forte, doit on faire le labour aussitôt après le charroi ?
Q. Lorsque la teiro eniployoe comme amendement est de la icrrt forte^ il vaut beaucoup mieu>x la laisser sur le terrain ;''^adant quelques mois avant de labourer, afin de ^onner aux mottes le temps de se pulvériser ? ^ <, fa-.
Q- Les amendements^ dans certains cas, peuvent* » ils se pratiquer d'une manièru encore plus économique ? :V
R. Oui, cela peut se faire, par esemple, lorsque ,. sous une (touche de terre trop forte^ il se trouve une couche de teri'e légère, ou lorsque sous une couche de terre trop légère^ il se trouve- une couche de terre p/ us /br/é'. ^ .„ /
Q. Gomment, alcu's, opérez vous V amendement ?
R. On opère alors Vamendement par des labours profonds qui mélangent ces deux espèces de terres ensemble. *; rv ;
Q. Connaissez- vous quelque autre méthode pour> amender les terres trop fortes ?
R. On amende encore les terres trop fortes par des labours et des hersages fréquents, par l'emploi des engrais verts^ et par la culture de certaines plantes, comme les navets, les carottes, les betteraves, les pommes de terre.
Q. Comment agissent les labours et les hersagea fréquents, et la culture des légumes ?
R. Les labours et les hersages fréquents, et la culture des légumes, agissent en pulvérisant la terre, et eneù diminuant la consistance et la force.
Travaux de la terre.
Q. Quels ?ont les principaux travaux à fair^ , pour l'ensemencement des graines ?
R. Les principaux travaux à faire pour Fensemencement des graines sont; le labour, le hersage, le roulage, Tégouttem-nt, les fumures.
Labour. i\
Q. A. ([ilôi èéfveni les labours f ^ ,
R. Les labours servent lo à ameublir la terre ; 2o à détruire les mauvaises herbes ; 3o à metert la terre avec les amendements et les engrais. "^;
Q. Quelles sont les principalas espèces de la-^ bouvs?
R. Les principales espèces de labours sont: les' labours profonds^ et les labours superficiels ou légers ; le$ labours cV automne^ et les labours du printemps.
Q. Qu'entendez-vous par labours profonds et par labours superficiels? • - . :• i *
R. On dit qu'un labour est profond quand la charrue est enfoncée à 7 ou 8 pouces dans la terre ; on dit qu'an labour est léger quand la charrue n'est enfoncée qu'à quatre ou cinq pouces.
Q. Pratique-t-on, dans certains cas, des labours encore plus profonds que. ceux que vous venez d'indiquer? - ^i il-a >
R. Oui, dans certains cas, on pratique des la-^ bours de 9 à 10 pouces de profondeur. On donne à cette espèce de labour le nom de défoncement. Le défoncement se pratique à l'aide de charrues particulières qu'on nomme charrues sous-soL Ces charrues remuent le fond du sillon sans le mélanger avec la couche supérieure.
Q. Les labours profonds conviennent-ils également dans toutes les espèces de terres?
R. Les labours profonds conviennent à toutes les terres qui ne sont pas déjà trop légères.
Q. Quels sont les eS^ii^ des kibours profonds dtins les terres fortes ou franches ?
R. Les effets des labours profonds dans les terres fortes ou franches sont d'ameublir et de pulvériser une couche de terre plus épaisse.
O. Quels sonl les pi incipaux el::ts de cet ameu- . llissement profond?
R. Les principaux effets de cet ameublisseraent profond sont: Iode permeltre aux racines des plantes de se frayer plus aisément un chemin à travers la terre pour y puiser leur nourriture ; 23 de permettre à Teau des pluies de pénétrer bIus profondément dans la terre, ce qui a TelTet •' d'eniijôcher cette eau de s'accumuler autour des ,v. ;,' racines dans les années pluvieuses.
Q, Comment Teau, lorsqu'elle esten trop. grande abondance autour des racines, peut-elle les endommager ?
R. Lorsque Teau est en trop grande abondance autour des racines, elle les fait pourrir, et détruit les plantes. .^ : t;,.,^ .
Q, Les labours profonds^ sur les terres fortes^ ontils de bons effets en temps de sécheresse ?
R. Les labours profonds^ sur les terres fortes^ ont de bons effets en temps Se sécheresse, parce qu'alors l'eau remonte du fond à la surface, et vient humecter les racines.
Q. Dans quels cas les labours profonds n'ont-ils pas les bons effets qu'on doit en attendre ?
R. C'est lorsque les raies et les rigoles ne sont pas creusées plus profondément que le labour.
Q. Dans quels cas les labours légers conviennentils le mieux ? ^v..-
R. Les /atours lêge^'s conviennent le mieux lo dans les terres trop légères^ parce qu'ici on ne doit pas chercher à ameublir des terres déjà trop meubles ; 2o dans les cas où la couche de bonne terre arable est mince, et qu'au-dessous il se trouve du tuf, des gi'aviers, etc.
Q. Dans quels cas les labours cCautortvie-^Qn-^ vieunont-iis le mieux ?
R. Les labours d'automne conviennent le mieux dans les ten^s fortes ou franches, dans celles, sur tout, qui ont été longtemps en friche ou en prairies.
Q. Quels sont les bons effets de ces labows d'automne f
R. Les bons efTets de ces labours d'automne sont que les tranches de terre soulevées par la charrue, se trouvant exposées à Tair et à la gelée, deviennent friables et s'ameublisjent : en outre, ces labeurs d'automne sont utiles dans pres«^ue toutes les terres parcequ'Us donnent une grande avance pour les travaux du printemps : ce qui est d'une grande importance avec nos courtes saisons.
Q. Dans quels cas les labours d/autoume ne conviennent-ils pas ? -^;. ^^*f'' ri I
R. Les labeurs é^automne ne conviennent pas dans les terres trop légères et tro^) meubles, parce que Faction de l'air et de la gelée les ameublirait davantage.
Q. Les labours d'aïUomne ont-^ils encore d'autres inconvénients dans les terres trop légères f
R. Oui ; dans les terres trop légères qui sont en pente, les fortes pluies de l'automne et du printemps emportent au loin la glaise qui est plus légère que le sable, et entraînent cette glaisedans les ruisseaux et dans les fossés,
Q. Quel nom donne-t-^oa généralement à cet effet produit par les grosses pluies sur les labours d'automne ?
R. On dit généralement, alors, que la terre se dégraisse.
Q. A quels signes reconnaît-on qu'un labour est bien fait ?
R. On reconnaît qu'un labour est bien fait aux signes suivants: lo les tranches de terre coupées
par la charrue sont droites, d'égale épaisseur et largeur ; 2o ces tranches sont toutes renversées régu- Hèrement les unes sur les autres, de manière qu'elles se snpporteiTt.également ; 3o les planches sont tontes de môme largeur : 40. les raies qui les séparent sont étroites et sont droites.
Q. Quel inconvénient présente une tranche de labour qui ne s'appuie pas ^galenientsur une autre ?
R. Si une tranche de labour ne s'appuie -pas également sur Tautre, il se prodnit des enfoncements, de» trous, dan ^ lesquels Teau s'accumule, ce qui a l'effet de faire périr les plantos. par l'excès d'eau qui noie leurs racines, ou parles gelées ; .en outre/ie grain n'étant pas .enterré à la même profondeur ne lève pas également et ne mûrit pas en môme temps. :.. ..,...; : :.x,-.^
Q. Quelle est la meilleure largeur à donner taux planches ? • '
R. La meiU'SLire largeur à donner aux plan, aeî est généralement de 12 à. 13 pieds, dans les- ^^rn^.? fortes^ et plus, dans le terres légères ; cela^ cependant, peut varier dans certains cas»
Q. Quelle est la meilleure direction à donner aux planches dans les tcnrs fortes ?
R. La meilleure direction à donner aux planches dans les terres fortes^ est celle qui facilite le mieux leur égouttement, c'est-à-dire, la direction qui va suivant la pente naturelle do la pièce. . Q, Pourquoi les raies qui séparent les planches doivent elles être droites ?
R. D'abord, parce que des planches avec raies droites présentent une plus belle apparence à l'œil, et ensuite, parceque l'égouttement se fait mieux.
Q. Un bon labour a-t il une bien grande influence sur le rendement d'une pièce de terre ?
R. Oui, sàrts lin bon labour, il né péUt guère y avoir de bonnes récoltes ni de bonaes prairies.
Q. Enumérez les principaux défauts des labouré, tels qu'on les voit en ce pays.
R. Les principaux défauts sont les sui-^ants : lo les tranches de terre sont mal renversées, de sorte que bien souvent, au lieu de s'appuyer les unes sur les autres également, elles sont couché(îs à plat; 2o le milieu de la planche, au lieu d'être pn peu \)\ns élevé que les bords, est souvent plus bas, cô qui permet à l'eau d'y séjourner et de faira périr les plantes ; 3o d'autres fois, le milieu de la planche est beaucoup brop élevé, de sorte que si cette planche est étroUe, elle a la forme d'un pain de sucro ; 4o les planches sont trop étroites, ce qwi augmente inutilement le nombre des raies et occasionne une perte do terrain ; 5o les planches sont loin d'avoir toutes la même largeur: ainsi l'on voit, sur la môme pièce, des planches de trois pieds de largeur, et à côté, des planches de douze à quinze pieds ; 60 • les raies sont généralement en ziz-zag, de sorte que l'eau s'écoule mal, et que la pièce présente à l'œil la plus mauvaise apparence ; 7o. quelquefois les raies ne sont pas tirées du tout, de sorte que la planche s'égoutte mal et que le grain n'y pousse pas.
• Hersage.
Q. Quels sont les effets du heHâge ?
R. Les effets du hersage sont lo d'ameublir et d'égaliser la terre f 2o d'enterrer les, graines à une profondeur convenable,
Q. Quelles sont les principales variétés de hefses f
R. Oadoxiae aux herses plusieurs formes diffé-
rentes ; les principales variétés sont les suivantes : herses simples, herses doubles^ herses à dents de bois^ et herses à dent$ de fer.
Q, Quelle différence y a-t-il entre les herses simples et les herses doubles f
R. Les herses doubks sont au moins deux fois plus larges que les simples^ de sorte que, dans le même temps, on fait, arec les doubles^ beaucoup plus d'ouvrage.
Q. Le même attelage convient-il aux hersés simples et aux herses doubks 9
R. Pour les herses simples un seul cheval suffit ; pour les herses doubles il faut deux chevaux. -^ Q. Les herses à dents de bois et les herses à dents de fer conviennent-elles également à tous les terrains ?
R. Les herses à dents de bois peuvent suffire pour les terres bien légères ou sableuses qui ne contiennent pas trop de mauvaises herbes ; mais pour les terres fortes, les herses à dents de fer sont indispensables, parce qu'elles ^'enfoncent mieux dans le sol et l'ameublissent d^lvantage.
Q. Un seul hersage est-il toujours suffisant ?
R. Un seul hersage suffit ordinairement dans les terres bien légères ; mais dans la plupart des .terres, il en faut souvent deux, quelquefois trois^ et même plus.
Q. Quand on fait deux hersages sur une terre forte, quelle eèt la meilleure méthode à adopter ?
R. La meilleure méthode à adopter est d'en faire un sur le long, et l'autre sur le travers.
Q. Quel temps doit-on choisir de préférence pour le hersage f
R. On doit choisir le temps-où la. terre n'est ni trop humide, ni trop sèche, Q. Le liersage est il uneopératioabien importante ?
R. Le hefsâge est une opération des plus itaportantes. Non seulement il a TefFet d'enterrer les graines, teais encore il ameublit la terre, et permet aux tiges des plantes de sortir avec plus de facilité. - ,' V' '
Q. Quels sont les prmcip3itx aéfauls des hersages, telé que pratiqués en ce p'a'ys ? ■''V''" **
R. Trèssoaveiit ces h(3rsages s'ont pratiqués sans nul soin. Dans maintes paroisses encore on ne connaît pas Tusage des herses à denU de fer ; et, le" plus souvent, on se contente de pratiquer un seul hersagÇj'îi où il en faudrait deux ou trois. Los d^nts de herses ne sont pas entretenues et appointies,' et là terré, alors, aU lieu d'être hersée, n'est qu'égratignée,' de sorte qu'on voit encore toutes les ti;anches du labour. Grand nombre de pièces ne produisent presque rien, à cause d'un .défaut de hersage suffisant.
Q. (i)iïlmeiit s'exécute le roi^a^'e?;,; ^^'
R. Le roulage s'exécute en prorrièhiànt sur la
terre, après le hersage, des rouleaux de bois, de
pierre, ou 'de fer. Ces rouleau-î^ sont tir,éâ par des
chevaut:"^-'* -* ' ""*' r\ "*' .-^ *
Q. Quels, §ant les effets du roulage sur les teim.
fortes? . / u j .^ V ^ '
R. Sur les ^ terres^ fori^' re Youtayé'^1 Teffet de briser les mottes, de les réduire en poussière, et, par conséquent, d'ameublir la terre. Sur ces terres oa emploie sanïênt les.rouleaux dentelés, (rouleaux GroskilU qui brisent miQUX^le^^. pi9Ues, et empêchent la terre de se croûtér. '^ / '■
Q. ^uels sont leé effets dti rdutagè sur ' Iç» terres légères?
*^tt.' SMJrlès ierres Icgèrei le passage^ du rouleau â Teffét de tasser la terre, de lui douoer plus de consistance et plus de force. Par là, l'humidilé du sol est mieux conservée, Tair et la chaleur y pénètrent moins facilement et les racines sont moins exposées à se déchausser. Plus le rouleau sera pesant, plus le travail sera avantage os,
Q. Quel est le meilleur temps pour pratiquer le roulage sur les terres fortes ?
R. Pour pratiquer le roulage sur les terres fortes, il faut choisir le temps où la terre n'est ni trop humide, ni trop durcie par la sécheresse. Lorsque la terre est trop humide, les mottes, au lieu de se réduire en poudre sous le rouleau, ne font que de s'aplatir ; et, en outre, le rouleau forme alors une croûte qui, plus tard, se durcit et s'oppose à la soitie des plantes. Lorsque la terre est trop sèche, les mottes durcies ne se hrisent pas sous le poids du rouleau.
Q. Que faut-il faire si la terre se croûte après îe roulage ? ;
R. Si, à la suite d'un orage, la terre se croûte après le roulage, il faut herser pour briser cette croûte ; autrement, le grain périrait en grande partie. Ce hersage ne nuit aucunement aux grains, même après qu'ils ont levé.
Q. Le rouiagre est-il nien utile sur les terres fortes?
R. Le roulage est très-utile sur les terres fortes ; il complète i'ameubiissement commencé par le labour et par le hersage.
Égoutiementé
Q. Qu^éiltend^n par égouttement f
R. On entend pat.égoutkment toutes les opérations qui ont pour bbjetd'enlerei' l'excès jd^eau ou d'humidité contenue dans la terre.
am
Q. Cotaiîieûl s'è l^fatique V^gèWMmi f
R. Végouttement se pratique de deux maaièi*es : lo par les raies^ les rigoles et les fossés ouverts ; 2o par le drainage,
Q. Gommeat agissent les raies^ les rigoles et les fossés f
R. Les raies reçoivent Texcès d'eaa ou d'humi-^ dite qui se trouve sur les planches ; les rigoles reçoivent Teau des raies, et la déversent dans les fosses,
Q. A quel's signes reconnaissez-vous qu'une raie est bien faite ?
R. On reconnaît qu'une rate est bien faite aux signes suivants : lo elle est légèrement et également en pente, de manière à perdiettre à Teau de s'écouler librement vers la rigole ou vers le fossé ; 2o elle est droite, parce que l'eau s'écouie mieux en suivant une ligne droite qu'une ligne courbe ; 3o il n'y a dans cette raie ni buttes, ai mottes de terre, ni pierres, ni morceaux de bois qui s'opposent à Técoulement facile de l'eau : 4o. ces raies ne doivent pas être trop creuses, surtout lorsqu'on se propose d'employer les faucheuses ou les moissonneuses,
, Q. Est il bien important que Végouêtement soit bien conditionné ?
R. En vain le labour, le hersage et le roulage seraient sans reproche ; si la terre est mal égouttée, elle restera infertile ; les mauvaises herbes de toute espèce prendront la place du bon grain. Sur les prairies mal égouttées l'eau se prend en glace, qui congèle les racines du foin. Enfin, les terres malêgoatiées ne peuvent être ensemencées que fort tard au printemps.
Q. Mentionnez un des principaux effets d'ua bon égouttement sur ua^ terre forte et froide, ''
"R. Un des principaux effets (J'un bon êgouttc . ment sur une terre forte et froide est de la rendre! €t , plus chaude : cçli permet non senlement d'ense-l ce mencer plus tOt au pyintetnp'^, mais encore def .récolter plus tôt à rantomne.; et en outre, le ren-| 'de^nent est bien plus considérable.
^- Ô. A quelle époque doit-on surtout corriger lesj ""dôrauts des fossés, des raies et dos rigoles ? ^ R. C'est avant les pluies d'automne qu'il convient dj nettoyer los fossk ; lus raies et les rigoles j doivent élro nettoyées à fur et à mesure qu'on "laboure;- pour les pièces ensemencéeai en grains ^OU en légumes, il fautxnicoro corriger ces défauts aussitut après l'enseinencement ; pour les prairies, c'est surtout l'automne avant les gelées. , Q. QujI est le meilleur temps pour constater les défauts des ra^os et des rigoles ?
'. R. Le meilleur teaipd est après les grosses ^pluies 5 on voit bien alors les endroits où l'eau ^séjourne, et on comprend mieux les causes qui g empêchent régouiùenioiî.
|;,r Q. Quelle est la mailleure forme à donner aux ^raies^ rigoles et fossé^?
R. La meilleure forme est celle qui consiste à j leur donner des bords légèrement inclinés. Quand les bords sont taillés à pic ils s^ébûulent, et les tfossés se bouchen^ constamment.
Q. Quels défauts remarque-t-on dans Vêgouttement, tel que pratiqué danice pays ?
R. Il s'en faut que Ton apporte dans V êgouttcwi/?/ii tout le soin aésirable. Le plus souvent, au lieu d'étie droites, les raies et les rigoles ^ont tortueuses ; an lieu d'avoir une pente uniforme et égale, elles sont obstruées par des pierres, des mottes de terre, des morceaux de bois. La lerre qui provient des curare^ des fossés, aujieu d'être
employée comme amendements est jetée de chaque côté des fossés où elle forme des abotteaux qui bouchent rextrétnité ies planches et des raies, et s'opposent à régouttemeiit,
Q, Comment pratiquez-vous le drainage ?
R. On peut pratiquer le drainage de plusieurs manières. Mais, qwuUe que soit la méthode qu'on emploie, oa commence par oumrdes fossés dont la pemte est dans la directioa d'ua fossé principal plus profond qu'on nomme collecteur.
Q. Que faites-vous t nsuite ?
R. Ensuite cm introduit dans ces fossés, et bout à bout des tubes de terre cuite qu'on recouvre d^ terre ; oe donne à ces tub^s le uom de tuiUs.i")
Q. Au lieu de tubes de terre cuite, peut-on employer d'autres substances ? .
R, Au lieu de tubes de terre cuite, on peul employer les pierres, les cailloux doflt quelques unes de nos terres sont garnies, pourvu qu'ils n^t soient pas trop gros.
Q. Peut-on employer le bois pour le drainage^ et comment ?
R. On peut employer Je bois pour le drainage de la manière suivante : dans les fossés ouverts, comme il a été dit plus haut, on coucho deux morceaux de bois rond, de la grosseur du bras ou de la jambe, comme, par exemple, des sapins dépouillés de leurs branches. Entre ces deux morceaux de bois on laisse un espace libre de deux a trois pouces. Par-dessus ces. deux tronçons de sapin, on en couche un troisième ; ou mieux on les recouvre d'une croûte. Ou continue ainsi
• Ces tubes coûtent à Montréal, cfasz Bulmer et Shep» pard, huit piastres le mille, etmiUe pieds, dans leâcircoastances ordinaireâ, âu£seiit pour le draina^d d'an arpent.
* â disposer ces morceaux de bois dans toute la| longueur da fossé, jusqu'au fossé principal, oui collecteur. Ces fossés, ou drains^ sont ensuite] 'remplie de terre.
Q. Connaissez-vous en core une méthfode de drai-| nagoqiiipeutêtre facilement employée en ce pays?
R. Cetta méthode consiste dans remploi de dosscs do pins (slabs)^ au lieu de pierres ou de tronçons d'arbres.
'^^^Q. Comment disposez-vous ces dosses ?
R. Absolument comme les tronçons d'arbres ; ;c'est-à dire qu'on couche, au fond des fossés ou drains, deux dossès côte à côte, en laissant entre les doux un espace do deux à trois pouces. Ces deux dosses sont ensuite recouve^^tes d'une troisième ou d'une croûte.' *^*-*-
Q. Dites quels -sont Jes avantages qu'offre le drainage sur les fossés ouverts dans lea terres Jortcs ou franches ? "■■''' ■ *--^ ■-> v? .* -^ ,
'•'' R. Ces avantages sont les suivants : lo im terrain drainé n'étant pas coupa- par des fossés ouverts, peut être* ensemencé dans tonte sa longueur et largeur ; 20 l'égouttemenb étant beaucoup plus parfait avec lo drainage qu'avec les fossés ouverts, il s'ensuit qu'orî peut ensemencer au moins quinze jours plus tôt au printemps et labourer plus tard h Fautomne ; 3o par le drainage les terres fortes et /"ro.^r/^s deviennent plus chaudes; 4a les opérations du labour, du hersage, du fauchag3 se pratiquent bien plus aisément; 5o ces travaux, uno fois exécutés, n'exigent aucune réparation, et on se :^ébarrasse une fois pour toutes de l'entretien des rigoles et des fossés, pour sa vie et celle de ses enfants.
Q. Quel est le résultat de Pexpérience^es-pays étrangers^ur la valeur du.draiuage ?
R. Le résultat de cette expérience est qao lô Irainage 5m/ suffit pour doublor et tripier le reniement do la terre, et qu'il n'y a ordinairement que les terres très légères qui peuvoiit s'en passer.f) ^
Q. A quelle profondeur doivent être creu-sées lés Itranchôos dans Lesquelles on introduit les tuyaux |ou autres matériaux de drainage ? '^'
R. A la profondeur de trois pieds et demi à 'quatre pieds, quand le sol le permet, et qu'il est possible de trouver une décharge pour l'eau. ;
!Engrai<3 et FuraxefsV
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;M ,''.KiiX -b
Q. Qu'entend-on par engrais ^v* c^I.«^:;p .p '
R. On entend par engrais toutes lei'substâftCîes qui, introduites dans la terre, ont l'eJTet de Yengraisser^ c'est-à-dire, de lui fournir les substances dont les plantes o :t besoin pour leur nourriture;
Q. Quelles sont les espaces d'engrais qu'on peut le mieuxutiliser en Canada ? .*,•; .\ .
R. Ces engrais sont : lo le fuhiîer d'étable ; ?0. les engrais verts ; 3o les centres ; io la cliaux ; 5o le plâtre ; Go les os moulus ; 7o le poisson et le varech ; 80 leâ eaux sales et ordures de. toute espèce, etc. ;:c'^.-:-v^-. ■^-.■-^^•^ :.?nB;*5if^"' .
Fumier d'étable.
Q. Lé cultivateur peut-il aisément augmenter la quantité et la valeur du fumier crùtahle ?
n. Le cultivateur peut aisément augmenter la quantité et la valeur du fumier d'étable au moyen •des litières.
(•) On admet généralôtnent, comme rè»îe, que tonte terre dans laquelle l'eau séjourne vingt-quatre heures après les plus forts orages, dans un trou do trois pieds de profondeur, a besoin d^être drainée.
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"^ Q. Qu'entendez-vous par litières ?
R. On entend par liîitres toutes les sab ''^nc qui, étendues sous les animaux ou dans leui vo sinage, peuvent leur servir de Ut, et se mêler a fumier, v^ - - - -'^
Q. Quelles sont les substances ie plus fréquem| ment employées comme litières ?
R. Les substances le plus fréquemment emploies f yées comme litières sont : les pailles de tout! R. espèce, les feuilles d'arbres, les mauvaises herbela % provenant des sarclages, les fougères, la sciurMarli de bois, le tan, la terre de savane, la terre fortelecu
Q. Quelles sont les litières les plus économil Q, ques que Ton peut employer en Canada ? lue!
--R. A cause de la longueur de nos hivers et d la rareté du fourrage, les litières les plus écono miqaes sont la terre de savane, la terre forte, e la sciure de bois. '''- ^ ' '
Q. En quel état doivent être employées ces] trois substances ?
', . R. Liies doivent être employées aussi sèches que possible.! vi - . - ; ^ *> d ; :; m\ :- Q. Comment s'emploient les lUièr^s 1
R. Quelques littère^^ comme les pailles, les mauvaises herbes, les fougères, les- joncs etc, soin . étendues sous les animaux, et leur servent de lit. D'autres, comme la terre forte, la terre de savane, et toutes les substance^ terreuses, doivent être étendues dans l'allée qui se trouve en arrière ('es animaux. Ces dernières litières n'ont d'autre objet que d'absorber la partie liquide duiumier, et d'en au^enter la quantité.
T - Q. Comment agissent les litières f ^^M^L^s litières agissent de plus.eurs manières. 'lo les litières pailleuses, employées sous les auimaux en assez grande quantité, contribuent à les
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Dîr dans u:l, gmod état de propi^té ; 2o les
tièreà p'iiîïeurQ^, de mêmeque fa terre crdiiiaire,
les substances terreuses, retiennent les urines
la partie liquide des fumiers qu'on appelle
ifin; 3o elles augmentent la quantité- 2es en-
2Qi|i\;iset leur qualité. - "'
Q. Le^ urines de^ animaxis: et la partie liquide es fumierë oat-elks une grande valeur T u;;i R. Las' urines et la partie liquide des fumiei^s, a ipurin^ ont beaucoup plus de valeur que la artie poUde, et on ne doit rien négliger pour les ecueiliir et les conserver. • '^ : v . ." :
Q. A part remploi des litières, connaissez vous aelque autre moyen recommandé pour recueillir es parties liquides? >l'; ?£^l R.^ A part remploi dijs litières, on recommande es /b^sf's à;)i/m.-'q^ ••'*'« ■'^-*'^'^ ^ Y>-fS . .. :>^
0- Qn'entendez-vous par /bsses à jp^um ? ^'* -"^ ^. l^es foz^cz h jmrin sont des réservoirs en àçonneries dans 1 squelles s'écoulent et toment, au pioyeu de dalles placées dans le pavé des êlables^ les urines et le jpurin. Au lieu de ces réservoirs en maçonuernîs, on emploie sonre^nt (les tonnes bien éianches.'-^
Q. A quel usage emploie-t-on le purin ainsi 'recueillie , ,, i
K. A Taide de seaux ou d'une pompe qui plonge dans ces résçivoirs pu dans ces tonnes^ on arrose les tas de fumier placés sous des abris, Ou des tas de terre ordinaire ou 4'autres substances, lesquels prennent alors le noiTxdec(>in;?osr5. Dans certains pays, on arrose les terres ensemencées ou les jardins avçc ces liquides mélangés d'une ^ertaiû-e quantité d'çau.
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Traitement des fUmiers.
Q. Qa*^entenclez-TOus par ces mots: traitemm
des fumiers'? c^ii.. v^^ w^xi/i^ir
R. Ou entend par ces mots tout ce qui a rappor à leur conservation, à leur charroi et à leur éîem dage. -'^ ' -— ^^^r 1
Quels sont les meilleurs moyens à employer! pour conserver les fumiers? -^ ^ [
-R. Ces moyens varient suivant les saisons. Durant l'hiver, il n'y a aucun inconvénient à] laisser les engrais dehoî^s, vu que la Xieige et la gelée ne peuvent pas les endommager. Mais] quand surviennent les grosses pluies du printemps et de Tautomne, les chaleurs et les averses de l'été, il importe de protéger les fumiers contre l'action doces'pluieset des rayons du soleil.
Q. Par quel^ moyens peut-on remédier à ces inconvjnienLS?
R. On peut remédier à ces inconrénients en étabhssant, en avant ou en arrière des étables et écuries, des abris sous lesquels on jette les fumiers jnsqu au moment de 1 jur transport ; ou Lien encore, on établit, sous les étables, des caves dans lesquelles on jette les fumiers, au moyen de trappes pratiquées dans les allées.
Q. En quels terap&<:onva'jnt-il de charroyer les lumiers • -^ ^r-À^y*.»' *^«i^ t>*>v .^ ^ -t.
R. Loi^qne lei fumîors doivent être employés sur des pièces ^e terres qui se trouvent dans' le voisinage desé ables, on pmt attendre, pour les charroyer, jusqu'au moment ou on est prêt à s*en SQrvir. Mais si Ijs fumiers doivent être employés sur des pièces éloignées des étables, il vaut mieux les charroyer d'avance : et le meilleur temps pour ces cha:roi5j en Canada, est l'hiver. Tau-
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le et le printemps, sur les chemins de neige, ' Quelles précautions faut-il prendre dans ces ,
TOis ? «^ #*rf«^*^'M^ ^ii. ^
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D'abord, les fumiers doivent être déposés en tas de 25 à 30 voyages au moins, et ces tas ent être placés dans le voisinage des pièces Is doivent être employés. Aux endroits où. loyergfumiers doivent être déposés, il faut avoir soin ablir, d'avance, des pldtes-formes de terre ordisons.Ire ou de terre de savane, ayant au moins cinq ^^ âSj pouces d'épaisseur ; on jette le fumier sur ^t Jajplate^formes de terre ou de terre de savane, ^^isfc. A quoi servent ces plates-formes ? ^psK. Ces plates-formes de terre ordinaire ou de 3 deire de savane servent à retenir les liquides qui ^^^e|coulent des fumiers, et qui, sans elles, seraient rdus. Gotto terre elle-même devient un exceJr-
ces
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Q. Si le fumier ne doit être employé qu'à Taumue, quelles précautions doit-on prendre ? R. Si le fumier ne doit ê.re employé qu'à Taumne, il faut le dispocer en tas qui no doivent s avoir plus de quatre pie Is de haut:3ur, vingt inq pieds de largeur. Les côtés de ces tas oivent être aussi à pic que possible, et les tas oivent êU'e éloignJs des toits des étables, pour 'être pas expjiâj à rjcerjir Teau des goutlières ;:* Is ne doivent pas êlre placés sur un terrain eri^ ente, parceqtie, dans les grandes pluies, le purin ourrait en èsô enlevé ; enfin, il faut avoir soin e le recouvrir d'u^e couche do terre ordinaire u de terre do savane épaisse de trois à quatre onces, ou de paille ?
Q. Pourquoi employez-vous <:ette couverture de terre onde paille.
R. Cest, d'abord, pour protéger les fumiers
^ZB —
.uilet st ve aut i oit s ô fu
contre Paclio.i dos rayons du soleil el contre
Sluies ; et ensuite, comme ce famier cîiauffe ^ ant plusieurs mois, il s'en échappe des gaz fe lisant$ que la couverture de terre retient empêche de se perdre. Cette couverture devi elle-même, un excellent engrais, ^^^
Q. Quel autre moyen devez-vous emplo pour diminuer la fermentatiou du fumier ?
' R. L'autre moyen consiste à tasser le fumi en le batlant avec des p3lles, et en le piétinant. i^:. Q. Comment agit ce tassement du fumier ? Pi. Ce tassement agit en empêchant Tair ■ pénétrer dans le fumier ; car moins il erTtre d'à' ,, dans le fumier, moins il chauffe.
Q. Quels sont les défauts les pUisremarquabl , que Ton observe, en ce pays, dans le traitemel des fumiers f ^ -^^^^ v^ ^ *^--
■, R. Les défauts les plus remarquables, dans 1| traitement des fumiers^ sont les suivants lo on ei ploieque peu ou point de litières ; on néglige d'ei ployer à cet effet les feuilles d'arbres, les mau§ ( - vaises herbes, les sarcliires, les fougères, la terr( . de,^"savane, la tetre ordinaire, qui auraient Vei\ îetàe retenir les urines et les parties liquides des • fumiers, et en doubleraient. la quantité; 2c> 1( fumier est jeté avec négligence devant les étables et Ton ne se donne même pas la peine de disposer! . d'avance des plates-îormes de terip pour recevoir îes tas; 80 Tendroit où Ton jette ces fumiers est souvent creusé d'avance, ou consiste en terre 5 légère et sableuse ; de sorte que Teau des pluies,] . en lavant le fumier, entraîne lepurin^ c'est-à-dire 'la partie liquide du fumier, à plusieurs pieds sous terre ; 4o les cultivateurs disposent souvent leurs fumiers par petits tas sur la neige, ou dans , leurs pâturagest, durant les^rbaLeurs de iuiaet de
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iiilet. de sôfle que quand le temps de Tefl^ouîr st venu, ce fuaiier est tout lavé, en éponge^ et ne aut guère jnieux que de la paille ; 5o enfin, on ^^^^Joit souvent les cuUivateuis disposer de gros tas ô fumiers dans le voisinage des fossés, des ruis ux, dans lesquels s'écoule tout le purin, , ,,
Diverses espèces de fumiers.
Q. Combien y a-t-il d'espèce de fumiers ?
R. Il y a quatre espèces principales de fumiers : 0 fumiers longs, verts ou pailleux; 2o fumiers ' wurriSy ou beurre noir ; ^o fumiers froids; 40umiers chauds. ^ • - t
Q. Quelles différences y a-t-il entre les deux ^
emières espèces de fumiers ? /"'^-'^^ ^|
R. L ? fumier lo'ig^ vert ou pailleux est le fumier ' frais qui n'axas encore chauffé ; le fumier £Oum ^ ou beurre noir est celui qui a vieilli et chauffé.
Q. Lequel de ces deux fumiers estle meilleur ? ^
R. En règle générale, on peut dire gue le fumier ^ qnî a un pou cliauffé et cammencé â pourrir est ^ le meilleur de tous,' ' "'^^^""^ ^ ^ " ''
Q- Y a-t-il quelque inconvénient àlaisser le fu- . niier chauffer trop longtemps ?
R. Oui; car 1(5 fumier qui chauffe trop longtemps perd, par là môme, beaucoup de son poids, de son volume, et de sa valeur. i
Q. Dans quels cas emploie-t-on de préférence^ les fumiers verts ou pailleux? ''
.R. On les emploie de préférence pour la culture de$ pommes de terre (patates), du blé d'inde ; ponrcelle des navets, des carottes, des navets de Siiède (choux deSiam). Dans les terres fortes, les fumiers longs ou pailleux ont Paivautage d'ameublir la terre, tout en Tengraissaut.
Q. Dans quels cas donae-t-on la préférance aui fumiers pourris ?
R. On donne la préférence ai^x fumiers joowm, dans la culture de la carotte, de la betterave, des choui etc., et quand on veut recouvrir d'eugrais une prairie déjà faite.
Q. Quels inconvénients présentent les fumiers cerls?
R. Les fumiers verts présentent l'inconvénient de contenir souvent de mauvaises graines qui, plus tard, gernient et infestent les champs en culture ; de plus, ils ne sont pas aussi riches en principes fertilisants que les fumiers qui ont commencé à chauffer.
Q. L'emploi des fumiers verts sur les champs qui doivent être ensemencés en légumes présenteil au même degré cet inconvénient ? * ..
^R. Non ; car les sarclages nombreux auxquels ces champs sont soumis ont l'effet de détruire les mauvaises herbes ; mais, môme dans ce cas, les fumiers qui ont commencé à chauffer valent beaucoup mieux.
Q. Les mauvaises graines se rencontrent-elles aussi dans les fumiers pourris ?
' R. Les mauvaises graines ne se trouvent pas dans les fumiers j^oîi?t/s, paice que, pendant la putréfaction du fumier, ces graines se dé.composent.
,Q. Qu'entendez-vous par fumiers froids et fumiers chauds?
R. Les fumiers /'raiJs sont ceux qui chauffent et se pourrissent lentement et difficilement ; les fumiers chauds sont ceux qui chauffent et pourrissent vite.
Q. Donnez desexemples4e ces deux espèces de fumiers.
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y, les lis
R^ Le^s Xunuers de vache, de porc* sont des mers f'roids ;. les fumiers de-cheval, ae-pioutOD, ►at des fumiers c/wii^5.
Q. Quel est le meilleur moyen à employer pour ^ter ^a putréfaction çles fumiers froids? B. te jaeilleur moyen consiste à tourner à la lurche tout le tas 4e fumier, après avoir môle ce^ fumiers froids une certaine quantité de ' ?rscliaudji ->V^'
£!ii{;jfais verts.
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Q. Qtt^euteni-ôn par engrais verts f R. On entend par ces mots renfouissemetrt dans la terre, à l'aide de la ciiarrue, de plantes encore
^erîes^i en fleurs.^" '^'*^'^' z,,^^ . ^.i^M/ ^-
Q. Quelles lont, de toutes les plante%<:ellesqui îOjQviennent Je mieux comme^^igrais verts eu ce lays ?
R. Le trèfle et le sarrasin.
Q. Comment feriez-vous un^ngrais vert avec le larrasin?
R. j'ensemencerais le terrain au commence-
lent de ^uin, après l'avoir bien ameubli. .Lorsque
garrasiQ aurait atteint sa hauteur, c'est-à-dire,
lorsqu'il serait en fleurs, je passerais le Rouleau
5ur la' pièce pour abattre les tiges. Ensuite je
[labourerais la pièce et enfouirais le sarrasin (*).
'^'uând le sarrasin doit être ainsi employé comme
\enarak verty il. doit utre semé très-fort.
Q. Comment feriez-vous tm ergrais vert avec le Itrèflê:? r ':' ■
I (') Ua autre moyen excellent et très Bimple, consiste à attacher à la ckarrue, au moyen d'une ctaîne, une Jiesée en [fer ou en pierre qui, traînant le long du versoir ^oreille), couche ie aarrasin avant de l'enterrer.
R: De ïa même manière qtf avec ïe'^sarrasin : i| doit être enfoui quand il est toutenfleurs.
Q. Laquelle de ces deux plantes enrichit naieuj le sol ? '^ ' "
R. C*est le trèfle : mais tandis qu'il exige tiuf terre déjà assez ricAe pourlui permettre de pousser,! le sarrasin, au contraire, vient bien, même dans) les sols pauvres.
Q. Quelle objection les cultivateurs ont-ils or« dinairement à l'emploi des engrai^verts ?
R. Leur p\usgrâh(îex)bjection%st qu'il leur en] coûte d'enfouir dans la terre une récolte de trèfle ou de sarrasin qui leur rapporterait un cei;taia profit. ;
Q. Ne croyez-vous pas que cette "objection est, parfois, fondée?
'R. Oui : si le cultivateur est bien pauvre, et si cette récolte est nécessaire pour les besoins près* sants de sa famille. Si, au contraire, le cultivitteur peut se passer de cette récolte, il trouvera à la fin qu'il y a bénéflco pour lu»! de l'enfouir.
Q. Comment expliquez-vous le gain par suite de l'enfouissement de ces plantes ?
R. A la suite do l'enfouissement de ces plantes, la pièce de terre rapportera deux ou trois fois plus l'année suivante, et pendant plusieurs années a venir. '
Q. Les en^fra 15 t;^rrsagissent-ilS:^euJement comme engrais? "^^ ^
R. Les engrais verts agissent encore comme amendements ; ilsameuolissent lesterres fortes, et lorsqu'ils sont réduits en terreau, ils domient de la consistance aux terres légères.
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Chauz et chaulage.
Cj. Qxiè pensez-vous de la chaux cônflifiê énfîàis ^
R/ La chaux est un des principaux engrais à > employer en ce pays ; d abord, parce <5,^'eUô jst nécessaire à lajiutrition des plantes, et que la )lupartdenostérres en sont dépourvues ; ensuite,/ [parce que les résultats sont surprenants,. et que le', prix en es( ordinairement peu élevé. ,^^ «. v '
! Q. La chaux convient-elle à toute« lès esj^jes^ déterres? ..\,v— ^. Vr qr *
R. La chaux convient à toutes les terres qui, n'en contiennent pas, et surtout aux terres fortes) et aux terres franches, parce qu'elle agit sur elles,| non-seulement comme engrais,, mais aussi comi&Q| amendement. ,
Q. N'y a-t-il pas des terres qui contieniieal déji^^ trop de chaux? ,,^^^ ^^
K Ces terres sont rares en ce pays ^'^' »
Q. jEn quel état cette chaux doit-elle être em-f ployée ?
R, On doit l'employer fraîchement éteiate t\ réduite en poudre très-fine.
Q. Comment éteignez-vous cette chaux T
R. On peut l'éteindre de trois manières : le en mettant la chaux vivo sous un hangar ou sous un abri, et la laissant s'éteindre peu à peu, à l'aide de Thumidité de Pair . 2o en la mettant sous um abri ou en plein air, et l'éteignant avec de Teau jetée en petite qnantité ; 3o en la mettant en tas( sur la terre, et la recouvrant de terre ordinaire, de terre de savane, de mauvaises heiàes etc, : c'est ce qu'où appelle faire des composts.
Q. Qu'arriverait-il si vous arrosiez la chaux avec une trop grande quantité d'eau ?
R. En arrosant la >chaux avec une trop gra&de
quantité d'eau, on courrait le risque de la fwyer^^ c'est à dire qu elle ne ^'éteindrait pas ; ou, si cette eau était ajoutée après que ]a chaux fut éteinte, cette chaux se prendrait eu masses, et formerait \ine espèce de mortier.
/Q. Comment employez-Tous celte chaux ?
R. On peut employer cette chaux de deux manières différente^ ; sur la semence, ou sur la terre ;vantîe labour.
Q. Comment emploiriez-vous la chaux sur la semence?
R. La meilleure manière d'employer la chaux sur la semence est de la répandre à la pelle lorsqu'eUe esi fraîchement éteinte, sur les grains •ûêmes, aussitôt après qu'ils ont été ensemencés «t de herser aussitôt
Q. Est-il toujours bien facile de répandre c^tte ehaux t
R. Non; car^ pour que cet épandage soit fait i^ane ma^nièrè régulière et uniforme, il faut que I3 temps soit calme, ou qu'il y ait peu de vent. liOrsque le vent est fort, il emporte la chaux au loin. ■'
Q. D'q^près quelle autre méthode la chaux peut-elle encore être employée ?
R. La chaux est employée encore avec succès de làm'anièi^e suivante : supposons qu'il s'agisse de relever !une vi'eille prairie couverte de mousse et de mauvaises herbes ; aussitôt avant le passage de la charriié; on répand suy l'herbe la chaiix éteinte, qu'on enfouitle plus tôt possible. L'an- . tomne suivant, avaut le deuxièmelabour, on fait un nôuveailicKa'ûIage, de la même manière. Si cette pièce; reçoit un' troisième labour, on fait' un troisième chaulagp,./.^^^
Q. Quels sont les ^ritièVÀàiix avEniages que pré-
-nte la chaux employée d'après ces deax mè-' lodes?
R. Les principaux avantages de la chaux son' : d'agir con»ne amendement sur, les terres forte^, irsqu'elle est employée en assez grande quantiié ; ^est c"-dire, qu'elle diminue la consistance et la )rce de ces terres ; 2o de détruire les mauvaises [erbes et les mousses, et dé faire périr plusieurs [issctes et animaux nuisibles ; 3o d'agir comme
Q. Quelle quantité de chaux doit-on employer In suivant Tune au raittre de ces deux méthodes ?
R. En suivant la première méthode, la quçintité le chaux à"' employer varie de 30 à SO'minokâ lar arpent. En suivant la deuxième méthode, Il en faut emnlQyer ^e 30 à 50 minots surxhaque
Q. Ce moyen d améliprer la terpe est-il dispea-
Iiauv ^ "■■•-- • ' • ^:- >
R. Non ; la chadt couttint,'retiaue sur les lieux ;inq ou six chelins la barriqiie de 6 minots ; iupposant qu'on répande 36 minots sur un arpent, le coût de cette chaux n'est que de trente ou trente six chelins par arpent.
Q. Quels résultats pouvez- vous 'attendre de la îhaux employée d'après ces deux méthodes ?
R. En employant la chaux d'après ces deux
iéthodes, on peut s'attendre à obtenir des récoltes
leux, trois, et même quatre fois plus considérables
]ue si on n'avait pas chaulé ; sans compter que
les bons effets de cette chaux se font sentir long-
[temps.
Q. La chaux dispense*t-elle d'employer le [fumier ou les autres fengrais ?
R. Non, il est indispensable de fumer toutes [les terres; et c'est uae excelleate pratique de
fumer les places cbauiées Tarmêe qui suit le chauLûçe. Si la pièce est en prairie, on étend je futnier eEKOuy^riure après la première coupe du foin.
Q. Quelles sont les pièces de terre que voui chauleriez de préférence ?
R. Les pièces de terres fortes ou franches qui doivent être coa\ertieâ en prairie, ou en pacage. La chaux a aussi un bon effet sur las terres légères quin'ien contiennent pas.
Cendres.
Q. ComJbien y a-t-it d'espèces de cendres î . R, Il y a deux espèces principales de ceudreg;:
cendres vives et cendres étantes. ^' ''
Q. Quelles difTérences y a-t-il entre ces deux espèces de cendres î ^, ^.,.-^ ,:;^^, r,
R. Les cendres vms sont e n ;iamre, c'est-à-dire telles qu'elles sortent des poêles et des fourneaux ; les cendres éteintes Boat celles qui ont servi à la fabrication de la potasse, du savon, ou à la lessive,
Q. Les cendres viu^ sont-elles toutes de la même force ?
R. Ces cendres varient dans leur force et dans leur yaleu'rBuivant les bois dont elles proviennent Ainsi, les cendres de bois franc ont plus de force que les cendres de bois tnou ; les cendres de bois, franc ou mou, ont plu? de force gue les cendres de savane ou de houille (charwn de terre).
Q. Quelle est la valeur, comme -engrais, des cendre^ vives ou éteintes ?
B. Les cendres, vives ou éteintes, sont un des meilleurs engrais qu'on puisse employeij leur action est très-prodapte. ^ . -
Q. A f[uelle espèce de plantes conriemwnt-ellcs
surtout? f rro
R. Elles conviennent à toutes les plan teSy surtout au blé, au seigle, à l'orge, à l'avoine^ au mil et au trèfle, etc.
Q. Comment se fait l'épwvlage de cescea4resî
R. Cet épandage se fait ordinairement à la pelle, après la semence, et sur le hersage.
Q. Quelle quantité de cendres cmploie-t on à l'arpent?
R. On emploie de 30 à 60 minots à l'arpent, suivant la force et la valeur des ceudres, et suivant Feffet qu'on veut en obtenir.
Q. Dans quels cas recommanderlez^vous, surtout, l'emploi des cendres ?
R. Je le recommanderais, surtout, sur les pièces destinées à être converties eu prairies, et je les répandrais sur ces pièces aussitôt après les avoir ensemencées en graines de mil et de trèfle, et après le hei^sage.
Plâtre.
Q. A quelle espace de plantes <:onvient le plâtre ? .
R. Le plâtre convient surtout au trèfle, aux pois, au tabac, aux choux, au chanvre, au lin, et au sarrasin.
Q. Quel est TefTet du plâtre sur les céréales, comme le blé, l'orge, le seigle, etc. ?
R. Son effet 3ur ces plantes est à peu près nul.
Q. Comment s'emploie le plâtre ?
R. La meilleure manière d'employer la plâtre est de le répandre sur les feuilles des plantes, lorsqu'elles sont sorties de terre. On choisit de préférence, pour cet épandage^ le temps où les
feuilles sont humides, comrae le matin apès la rosée, ou après une petite pluie. Cependant, pour les pois, il vaut mieux eu rouler la feemence dans le plâtre après Tavoir mouillée : cette méthode donne d'excellente résultats. Le plâtre, j-^té sur les tiges des pois, leur est souvent nuisible, en les faisant pousser en orgueil. ^ r
j'lâio:.(..'P°is3ons, Varech.
Q. En gu.elle partie du pay? le poissôti ^t le varech sont ilsetnployés cornmo engrais ?
!R. L*î Y)ois3on et Je varech sont, employés comme engrais danslo ]v\s du flouve prîncipJement, car là ils sout très-abondants. cTe ^ont des engrais précieux que Jos cultivateurs doivent utiliser partout où ils^çeuvent se les procurer. Ils convieuuent aussi bien aux grains qu'aux légumes.
Eaux Baies, Bala3nire9 eta
Q. Comment ponveï-vôus utiliser les-eaux sales et les balayures comme engrais ?
R. Le cultivateur soigneux doit toujours avo'r, â une certaine' distance de sa m'^ison, un tas de terre ordinaire, de terre de savane, etc., sur lequel il ordonne de jeter toutes les eaux Baies et les ordures de la maison : eaux de plancher, eaux de c lisine, sm'onnures de toute espèce, urL^es, balayures, jsnio, etc. ^.
Q. Connaiss:'z-vou5 un excelleut moyen pour empêcher ces las d'exluxler de jnauvaises odeurs?
jR. Oui ; ce noLoyen consiste à jeter, de temps en temps, quelques pelletées de terre sur ces tas. De cette manière les tas grossissent rapidament, et ne donnant pas de mauvaises odeurs.
Q. Les tas de terre imprégnés dç toutes ces matières forment-ils de bons engrais î R. Ces tas de terre constituent d'excellents entais qu'on ne devrait jamais négliger d'employer, e cultivateur qui ne les utilise pas, perd ainsi plusieurs louis par année.
Engrais chimiques.
Q. Qu^entendez-vous par ce mot engrais chimi-^
R. On entend par ce mot certains engrais fabriqués artificiellement, qui sont destinés à remplacer, en tout ou en partielles engrais ordinaires, notamment le fumier d'étabîe.
Q. Quel est Tengrais^^himique le plus apprécié aujourd'hui ?
R. L'engrais chimique le plus apprécié est le superphosphate de chaux qui est préparé avec les os broyés et avec de l'huile de vitriol.
Q. Ces entrais ont-ils aujourd'hui une grande valeur ?
R. Ces engrais ont, aujourd'hui,une très-grande valeur, et en acquièrent, tous les jours, une plua grande.
Appropriation des semences aux terrains.
Q. Toutes les variétés de terre conviennentelles également bien à toutes les espèces de graines de semences ?
R. Non ; chaque variété de terre convient à telle ou telle espèce de semences, et ne convient que peu, ou pas du tout, à d'autres.
Q* Quelle espèce de graines convient-il de semer dans les terres fortes ou franches ?
R. Les graines qn^il convient de semer dms les terres fortes ou franches sont, surtout, le blé, les pois, le blé d'inde, l'avoine, Forge, certains légumes, comme les betteraves, les navets, les carottes, les navets de Suède (choux de Siam), les choux, etc. Ces terres conviennent surtout au trèfle et au mil, et ce sont elles que l'on doit se hâter de convertir le plus tôt possible en prairies. ; Q. Est-ce que la préparation de la terre est la même pour toutes ces espèces de semences ?
R. Il s'en faut que la préparation de la terre soit la même pour toutes ces espèces de semences. Ainsi, pendant que l'avoine pousse bien dans une terre forte peu ameublie, ^'orge, au contraire, et tous les légumes ne viendi ont bien dans ces terres que quand elles auront été parfaitement ameublies.
Q. Donnez des exemples.
R. Bur un seul labour, dans une prairie de terre forte, l'avoine donnera unl>on rendement : pour obtenir, au contraire, luie bonne récolte d'orge ou de légumes sur la môme pièce, il faut, auparava.^t, que cette pièce ait été soumise à plusieurs laboaxc, et à des hersages et roulages répétés et que la ""^oiicniie soit pourrie.
Q. Quelles so.^t les semences qui conviennent le mieux aux terres légères ?
' B. Les semences qui conviennent le mieux aux terres légères sont surtout le seigle, le sarrasin, les pois, les fèves et l'orge ; et parmi les légumes, les pommes de terre, les carottes, les navets de Suède, etc.
Q. Les sols légers coirvienaent-ils pour les prairies ?
R. Ces sols ne conviennent pasiiussi bien que les terres fortes pour les prairies. Le trèfle et le
Inîl n^y poussent qu'avec beaucoup d'engrais ; t^es )niries sont de plus courte durée, et elles exigent !e fréquentes couvertures d'engrais.
Q. Quels sont les principaux défauts que Ton ■einarque en ce pays, dans V appropriation des iemenccs aux tv'rrains ?
R. On voit un grand nombre de cultivateurs aire, tous les ans, des pertes considérables de empa, d'engrais et d'argent, uniquement jjarce [u'ils confient des semences à des terrains qui ne eur conviennent pas.
Q. Donnez des exemples.
R. Ainsi, on en voit qui essaient de cultiver les etlS5raves,le blé ou l'avoine dans des terres légères t sableuses; de Torge, dans des terres pauvres u. qui ne sont pas assez ameublies, etc. On en oit souvent qui s'épuisent à vouloir faire pousser e foin sur des terres sèches, tandis qu'ils ont à eur disposition de belles pièces de terres fortes a franches qui ne demanderaient que peu de oins powr être converties en bonnes prairies de oiigue durée.
Ensemencements et récoltes.
Q. Quels soins doit-on apporter dans le choix le« graines de semence ?
R. On doit apporter le plus grand soin dans le hoix des graines de semence, et les meilleures rames doivent être employées à cet objet. Q. A quoi doit-on s'attendre quand on sème de aHvaises graines?
R. On doit s'attendre à une pauvre récolte, arce que les mauvaises graines jetées sur la erre sont perdues, vu qu'elles ne peuvent gérer.
Q. Quel est le défaut le plus général, en ce pays, par rapport à rensemencement ?
R. A part le peu de soin qu'on apporte dans le choix des graines de semences, on peut dire que le défaut le plus général est qu'on sème ou tfm> clair ou trop fort.
Q. Quelles sont les graines que Ton doit semer fort ?
R. Les principales graines que Ton doit semer fort sont : le blé, Tavoine, Torge, le seigle, le miil: et le trèfle.
Q. Quelles sont les graines qu'on doit semer' clair ?
R. Les graines que l'on doit semer clair sont le sarrasin, et les légumes qui doivent être suffisamment espacés.
Q. La quantité de graines à semer doit elle varier suivant les qualités du sol ?
R. Oui, dans les terres bien engraissées, la semence doit être plus claire; dans les terres peu engraissées, la semence doit être plus forte.
Q* Quelle quantité de blé doit-on semer dans un arpent de bonne terre ?
R. Environ un minot et demi par arpent.
Q. Quelle quantité d'orge ?
îl. D'un minot et quart à un minoc et demi.
Q. Quelle quantité d'avoine ?
R. De deux minots et demi à trois minots par arpent.
Q. Quelle quantité de seigle ?
R. D'un minot et quart à un minot et demi par arpent. ^
Q. Quelle quantité de sarfàsin ?
R. D'un demi minot à trois quarts de -minot par arpent.
.Q Quelle quantité de mil et de trèfle ?
R. La quantité de mil doit être d'un quart da miiiot mêlé à deux livres de trèfle rouge. Il y a des cultivateurs qui ajoutent avec profit douze livres de trèfle au mil.
Q. A quels signes reconnaît-on qu'il est temps de couper le blé, Torge, Tavoine, le seigle et le sarrasin ?
R. Tons ces grains, excepté, ceux qu'on destine à la semence, doivent être coupés un peu avant leur complète maturité. Ainsi, le blé est bon à couper lorsque le grain n'étant plus en lait, est néanmoins assez tendre pour se laisser rayer par Tongle. Dans cet état, la paille est encore verte auprès des nœuds. Tous les autres grains doivent être aussi coupés avant qu'ils soient complètement mûrs. Le grain coupé un peu vert a plus àe volume et de poids.
Q. Quel inconvénienty a-t-il à couper ces grains trop tard, et lorsqu'il sont très-mûrs ?
R. Il y a alors l'inconvénient que les grains égrènent, et qu'une grande quantité de ces graines reste sur la terre, où elles sont perdues.
Q. Y a-t-il quelques précautions à prendre après la coupe du blé, du seigle et de l'orge ?
R. Le blé, le seigle et l'orge devraient être en^; gerbes et liés aussitôt après avoir été coupés, ef, disposés eamoyettes ou quintaux.
Q. Dites comment vous feriez ces moyettes ot| quintaux.
R. On commence par mettre une gerbe debout les épis en haut. Autour de cette première gerbe et un peu inclinées, de manière à s'appuver sur elle, on dispose quatre autres gerbes avec les épis également en haut. Ces gerbes ne doivent pas mesurer plus de trois pieds de tour sur le lien, sans quoi l'intérieur pourrait chauffer. Sur ces
cînq gerbes ainsi disposées, on place une grosse gerbe les épis en bas, et la moyelU est prête.
Q. Connaissez-vous une autre manière de faire ces moyettes ?
R. Une autre manière fort usitée est la suivante : on place ensemble deux petites gerbes qui s'appuient de la tête l'ime sur l'autre, et qui sont éloignées du pied d a pou près dix pouces. On en place ainsi dix en deux Hgnes, en leur donnant , autant d'à-plomb que possible. On recouvre ces dix gerbes avec deux autres qu'on couche soigneusement sur la moyette et qui lui servent de chapeau.
Q. Quels avantages présentent ces moyeUes ou quintaux?
R. Les avantages que présentent ces moyettes ou quintaux sont considérables. Le grain ainsi disposé peut rester dehors, et par tous les temps, pendant plusieurs semaines, sans être nullement endommagé. Bien plus, disposé de cette façon, le grain continue à se nourrir et à mûrir.
Q. Est il aussi nécessaire de disposer l'avoine en quintaux ?
' R. Il n'est pas aussi néjessaire de disposer l'a voine en quintaux^ parce que l'avoine germe difficilement,' et peut endurer beaucoup de mauvais temps avant de se détériorer. Mais le blé, le seigle et Torge germent si facilement et si pr amplement, qu'on doit toujours les mettre en quintaux^ à mesuse qw'on les coupe. Dans les années pluvieuses, lu seul moyen de sauver même l'avoine est 3e la mettre aussi en quintaux, La paille des grains mis en moyettes est bien meilleure et plus nourrissante t)0ur les animaux que celle qui a été éteadije sur la terre pondant plusiears jours.
Culture des légumes.
Q. Quels- sont les principaux légumes cultivés -en
lanada ?
R. Les principaux légumes cultivés en Canada lont : la pomme de terre (patate), les navets, les Âoux, les carottes, les betteraves, etc.
Q. Quelle espèce de terre convient le mieux à la culture des pommes de terre ?
R. L'espèce de terre qui convient le mieux à la [culture des pommes de terre est la terre légère, [sableuse ou tufeuse.
Q. Que pensez vous de la culture des pommes [de terre dans les terres franches ou fortes ?
R. Ces pommes de terres sont souvent aqueuses^ oi sujettes à pourrir promptement. Néanmoins, piles peuvent être employées avec avantage pour les engrais d'automne, ou pour la nourriture des animaux à Tétable, jusqu'au milieu de l'hiver. Dans les terres fortes drainées, les pommes de terre sont excellentes, et leur produit abondant.
Q. Dans quelle espèce de terre cultive -t on ordinairement les navets, les carottes, les betteraves et les choux ?
R; La culture de ces légumes, servant ordinairement à «préparer la terre pour la culture des> grains et pour la confection des prairies, se fait de préférence, dans la terre franche ou forte*
Q. Les divers travaux de préparation à donner à la terra pour la culture de ces divers légumes diffèrent ils beaucoup ?
R. Ces travaux sont les mêmes pour tous.
Q. En quoi consistentces travaux de préparation?'
R. C«s travaux de préparation consistent en. labours profonds et souvent répétés, suivis dehersages et de roulages nombreux pour bien» ameublir et pulvériser la terre. Les pièces qui
floîtènt étrô énsemenc^eB âv^c ces îégiïfiâes doivent aas5i recevoir une famure considérable.
Q. Supposant que vous veuilliez ensemencer en légumes une pièce de prairie usée et vieillie, quels travaux préparatoires teriez-vous ?
Q. La 'première chose h. faire est un premier labour d'automne, aussi profond et aussi bien conditionné que possible. Le printemps suivant, ente pièce doit être ensemencée ea avoine ou en blé. Le deuxième automne, ïiouveau labour profond • le deuxième printemos, un, deux, et mume trois labours, avec autant tle hersages et de roulages, suivant la force de la terre. Lorsque Tanieublissement est bien complet, la pièce est pnete à recevoir la semence et l'engrais.
Q. Connaissez-vous un instrument qui remplace a^Tintageu$ement la charrue pour ameublir la terre après un premier labour ?
R. Cet instrument est Jlo boulenej^eur ou scarifi' cateur. Il a, en outre, l'avantage de ramener à la surface toutes Jrs mauvaises herbes qui, étant exposées au soleil, ne lardent jpas à périr.
Q. Quelle quantité de fumier faut-il mettre à Tarpent pour la culture de ces léj^mes ?
R. Gela dépend de la nature du sol et de sou degré de fertilité. Quelquefois trente voyages suffisent, mais souvent il enfant soixante ou plus
Q. Quel fumier emploie-t-oa à cet usage ?
R. Ori emploie ordinairement le fumier de Thiver. Si ce fumier a commencé à pourrir avant d'être employé, cela vaut mieux.
Q, Que faites-vous ensuite ?
R. On ^)rocède ensuite de deux manières différentes, suivant qu'on, ^ème la graiae, ou qu'on transplante les légume^ eux-mêmes, après qu'iii ont levé dans des couches froides.
Q. Toutes cg's^artétés de légumes peuvent-elles
tre plantées ? v
R. Les chonx et les navets de Suède (choux le biam) se transplantent; les navets ordinaires, es carottes se sèment à. demeure : les betteraves 56 sèment ou se transplanteht.
Q. Quel nom donne t on à la transplantation îles légumes ?
p. On donne à la transplantation des légumes e nom do repiquage,
Q. L'ensemencement des graines de navets, de arolteset do betteraves, présente-il quelque dilTéîrence ?
R. L'ensemencement de ces trois espèces de raines est le même.
Q. Comment se fait cet ensemencement?
R. Il se fait par rangs^ ou à la volée.