‹ Petit manuel d'agriculture à l'usage des cultivateurs [microforme]Chapitre 3 sur 3 · Quelle est la meilleure de ces deux méthodes · texte numérisé non relu

Quelle est la meilleure de ces deux méthodes

R. La meilleure est celle qui consiste à faire le semis par rangs ; le semis à la volée doit être laissé complètement de côté.

Q. Comment procédez-vous au semispar rangs ?

R. La terre ayant été bien ameublie et pulvérisée comme il a été dit plus haut, reçoit un dernier labour, et est mise en rangs ou hillons de la manière suivante ; on plante trois ou quatre baguettes ou jalons, en ligne droite, à l'endroit que devra occuper le premier rang ; puis, si l'on n'a pas une charrue à deux versoirs (oreilles), on tire un sillon dans la direction des jalons, ayant, scinde rejeter ce premier sillon vers la pièce qui doit être mise en rangs. Cela fait, on revient dans le môme sillon pour le nettoyer, l'approfondir et le redresser. Oh fait de la môme manière les autres rangs, ou billons^ ayant toujours soin de rejeter chaque sillon vers la pièce qui reste à faire

•Q. Ponrçpioi iprenez-Tous cette précatftion ? R. On prend cette précaution pour ne pas remplir les rangs déjà faits:

Q. Quand les rani^s ou bilims sont tous préparés, que faut-il faire ?

R. Alors on les fume. Pour cette^ opération on recommande de fumer trois rangs à la fois, ce qui se fait do la manière suivante : le fumier étafit ; chargé dans des voitures, on fait entrer le cheval - avec "précaution, dans le rang du milieu, faisant passer les roues "dans deux autres rangs. On décharge le fumier, par petits tas, de quinze pieds ' en quinze pieds, et on le fait étendre sans retard ,' pour ne pas le laisser se dessécher. Enfin on reg couvre les rangs, ou billons^ le plus tôt possible. Q. Quelle est la meilleure méthode à suivre pour recouvrir les rangs ou billons ?

R. On les recouvre à la charrue de la manière suivante : on fend le premier rang complet par un fort sillon qu'on rejette sur le premier rang clo fumier, et on relève le petit sillon qui reste de • l'autre côté; cela forme un premier rang ou sillon. On fend ensuite le second sillon complet comme le premier, et on relève le petit sillon entre le premier et le second rang; et ainsi de suite pour les autres-

Q. Comment saaaex-vous les graines dans ces billons?

^ R. La graine dans ces billans se dépose à la main, ou mieux à l'aide de petitsinstruments peu coûteux qu'on appelle semoirs.

; Q. Décrivez la manière de semer à la main. R. On prend une cheville pointue, ou un bois garni de plusieurs do ces chevilles placées à une distance de tO pouces les unes des autres. Avec cette cheville^, ou avec ce bois garni de plu-

Sieurs chevilles, oa fait dans la plate-bande des trous ayant à peu près un pouce de profondeur. Chacun de ces trous doit être au moins à la distance de 10 pouces Tun de Tautre. Dans chacua de ces trous on dépose deux ou trois graines. Ces trous sont ensuite remplis et les graines sont enterrées avec la main, avec un râteau, ou avec une pièce de bois qu'on promène sur la platebande.

Q. Quel inconvénient présente cette méthode ?

R Cette méthode est longue, fait perdre beaucoup de temps, et ne fait pas un semis régulier.

Q. Combien y a-t-il d'espèces de semoirs ?

R. Il y a deux espèces de semoirs: le semoir a -irouette^ ou à bras^ et le semoir à cheval

Q. Quel est celui qui convient le mieux pour les usages ordinaires ?

R. Pour les usages ordinaires, le semoir à bras convient le mieux.

Q. Décrivez ce semoir à bras.

R. Ce semoir n'est autre chose qu'une petite brouette contenant une boîte où l'on met la graine, et un petit couteau ou rayonneur qui trace sur les billons les lignes où la graine doit être déposée. La boîte à graines étant remplie, il suffit de promener le semoir sur les billons, et les lignes se tracent, et la graine se dépose d'ellemême, suivant la quantité voulue, et aux distances convenables, un petit mécanisme placé dans le semoir permet d'obtenir tous ces résultats. Les graines sont enterrées par le semoir lui-raôme.

Q. Combien de temps faut-il aux diverses graines de légumes pour lever ?

R. Le temps nécessaire pour les faire lever varie beaucoup, avec hs différentes espèces. Amsi, pendant que les navets s^nt sortis de terre

9 OU lÔ jours après leur ensemencement, lej carottes, bien souvent, n'apparaissent qu'au boi de 30 à 40 jours.

Q. Une fois que les navets-sont sortis <Ie terre! quel soins exigent ils ? I

R. Aussitôt que les navets sont sortis de terre et qu'ils ont quatre petites feuilles, on donne ua premier sarclage pour détruire les mauvaisd herbes.

Q. Comment faites-vous ces sarclages f

R. Ces sarclages se font, ou à la main, à l'aide de pioches, grattes, etc., ou mieux, avec un ins trament peu coûteux qu'on appelle houe à chevaÛ

Q. En quoi la houe à cheval est-elle préférable !

R. Elle est préférable en ce qu'elle permet del nettoyer et d'ameublir un arpent de légumes en moins d'un quart de jour. Plus on repète cet ameublissement, plus on augmente la récolte. De bons cultivateurs emploient la houe à cheval] jusqu'à quatre fois sur la môme pièce avec le plus grand avantage.

Q. La houe à cheval opère4 elle le sarclage sur la ligne môme ou se trouvent les navets ?

R. La houe à cheval n'opère par le sarclage sur ces lignes ; il faut le pratiquer à la main avec une espèce de gratte appelée iioue à la riiain»

Q. En môme temps qu'on opère le sarclage sur ces lignes, que faut il faire ?

R. En môme temps qu'on opère le sarclage sur t les lignes, on éclaircit, c'est à dire qu'on arrache tous les plants qui se trouvent dans le môme trou moins un ; celui qu'on laisse doit ôtre le plus vigoureux. Cet éclaircissement se fait souvent à la main, mais une personne habituée le fait très bien à la houe.

Q. Que faut-il faire -ensuite ?

R. Ouiiiiô jôTirs^ ou Iroîa âernairièé après ce dernier sarclage, on en fait un deuxième, si la besoin s'ea fait sentir, pour détruire de nouveau les mauvaises î\erbes qui ont pu pousser durant cet intervalle. QHnjid los feuilles sont bien développées et qu'elles couvrent tout le terrain, on ne sarcle plus, et on laisse la végétation se faire jusqu'au moment de la j'ôcolte.

Q. Si, durant les premiers sarclages, vous vous aperce'^ez quo la levée des graines manque en certains endroits, quo devez-vous faire 7

R. On doit remuer profondément les espaces vides et semer do nouvelles j?raines dan^ ces endroits, ce qui peut se faire jusque vers la fln do juillet.

Q. Quand se fait la récolte des navets ?

R. Les navets que Ton doit semer, en ce pays, entre le 10 et le 20 de juillet, sont bons à récolter à la fin d'octoDre.

Q. Commet) t se fait rarrachage des navets T

n. Cet arrachage se fait ordinairement à la main.

Q. Gomment se conservent les navets ?

R. On les consente do plusieurs manières ; parfois, dans des caves fraîches, d'autres fois en silosy c'est-à-dire, en lea recouvrant de terre.

Q. (^\iel est l'usage des navets ?

R. Les tiavets sont vendus, ou mieux employés pour la nourriture des animaux.

Q. Quelles prôpara^ons faut il faire subir à la terre pour la culture des navets de Suède (choux de Siam) ?

R. Absolumentrles mômes que pour la culture de^ navets.

Q. Exigent-ils des soins particuliers ?

R. Les soins qu'ils exigent sont absolument les

mêmes que pour les navets, avec -cette exception, qu'on peut les semer, du 1er au 15 juin, ou bien les transplanter.

Q. Comment se fait cette transplantation ou repiquage ? ^

R. Eile se fait absolument comme pour les choux. On choisit, de préférence, un temps pluvieux ou sombre, et on met les plants à une distance de 10 pouces les uns des autres.

Q. En quel temps doivent être plantés les navets de Suède ?

R. Ils doivent être plantés vers la finde^mai ou le commencement de juin. ^ • ? -Q. Comment les conserve-t-on ?

' R. On les conserve comme les navet*s. Ils présentent, sur ces derniers, l'avantage de chauffer moins aisément, et de se conserver tout Thiver avec facilité. -^

Q. A quelle époque doivent se-semer les betteraves, les carottes et les panais ?

R. Dès que la terre est ressuyée au printemps. Il faut donc que les pièces qu'on destine à cette culture soient nettoyées et ameublies l'automnô précédent. ^ ^

" ^i : ' , Prairies,

' 'Q. Attachez-vous une grande importance à la .préparât! on des prairies ?

'■ R. Oui; car le cultivateur quîa de nombreuses et bonnes prairies et qui récolte beaucoup de foin, est toujours un cultivateur à l'aise, et même riche.

Q. Quelles sont les pièces de *"^r? quî conviennent le mieux pour les prairif

R. Les pièces qui convien \ ia ûvieu: pour ies prairies sont les pièces de i t forte ou franche.

Les terres très légères ne peuvent être converties en prairies qu'à force d'engrais, et encore sontelles toujours de courte durée^

Q. Comineut vous y prenJriez-vous gour faire une belle et boQue prairie ?

R. La première ciiose à faire est de choisir une pièce de ferre convenable, c'est-à-dire une pièce de ierro forte ou franche^ ou de bonne terre légère, eleusurtede la bien égoutter, en pratiquant ou creusant des fossés, si mieux Ton n'aime avoir recours au drainage. Ceci étant fait, les moyen» à prenclre sont de deux espèces; suivant qu'oa veuille préparer la pièce à l'aide seule des labours, ou qu'où veuille la préparer à l'aide de la culture de^-légumes.

Q. Décrivez la méthode à employer avec l'aide seule des laboui^s.

p. Supposons que la pièce que je veux traiter soit une prairie vieillie- couverte de mousse et usée, la première chose a faire est un boa labour d'automne- Le printemps suivant, semence ea avoine ou en blé, avec mil et trèfle^ et vigoureux hersrige.

Q. Que pense^vous de cette méthode ?

R. Cette méthode est de toutes la plus écone* miqup, vu qu'elle exige ^u de travail et nul engrais. Pans les terres! très-bonnes et fertiles par elles-mêmes, cette méthode suffit pour façonner d'assez bonnes prairies qui durent pendant cinq ou six ans. L'est ia méthode que peuvent employer iescuV.vàieuvs très pauvres qui n'ont que trèspeu ou point d'engrais, et n'ont pas les moyens de s'en procurer. Le grand inconvénient de cette méthod3 est quelles mauvaises Uerbes ne tardent pas à pousser.

Q. Pouveî^vûus, à peu de frais, améliorer cette méthode? -^^' "^' ■ ■ ''

R. On petit, sans beaucoup de frais, améliorer cette méthode, en ayant recours à Tune ou à l'autre des deux espèces de chaulages qui ont été décrites .ci devant. Avec ces chaulages, la prairie reudm beaucoup plus, et ^^aucoup plus longtemps. ■"'Q . Supposons que le c-..îivat8ur puisse disposer de trente à quarante voyages de fumier, peut-il, ^n suivant cette méthode, utiliser ce fumier pour augmenter le rendement de sa prairie et sa durée ?

' R. Oui, et ce qu'il a de mieux à faire alors, est de laisser pourrir ce fumier arec les précautions données plus haut Aussitôt après que le grain aura été enlevé, il étendra ce fumier bien également sur sa prairie ; et bientôt il verra le trèfle et le mil reprendre une vigueur extraordinaire. S'il ne pouvait faire cette couverture la première annéCjil pourrait la faire la seconde ou la troisième, si la terre n'était pas trop compacte.

Q. Le fumier peut-il être étendues couverture sur toutes les espèces de terres ?

R. Le fumier en couverture n'agit bien que sur les terres ameublies ; sur les terres trop compactes, le jus du fumier ne peut pas pénétrer dans la terre et s'écoule dans les raies, les rigoles et les fossés.

- Q.Comroent prépareriez-vous une praine à Talde de la culture des légumes ?

R. Pour préparer une prairie à l'aide des légumes, on procède d'abord comme il a été dij; plus haut à propos de leur culture. Le printemps qui suit la récolte^ on laboure, on ensemence en orge, en avoine ou en blé, avec graine de mil et trèfle. Une prairie faite de cette manière pousse

avec une vigueur extraordinaire, donne de trois à quatre cents bottes à l'arpent, et dure sept, huit et dix ans.

Q. Quels inconvénients rencontre-t-on dans la préparation des prairies, surtout lorsque la terre n'est pas préparée d'av(nce par la culture des légumes?

R. Les inconvénients que Ton rencontre sont, d'abordjla difficulté de bien conditionner le labonr, le hersage et le roulage, vu qoe ces opérations, ayant lieu de bonne heure le printemps, ou tard l'automne, rhumiditô trop grande du sol s'oppose à ce que ces travaux soient bien faits ; ensuite, par la culture des légumes, la terre est bien mieux ameublie, et surtout mieux débarrassée des mauvaises herbes de toute espèce.

Q. Connaissez-vous un moyen économique qui permet de remédier à ces inconvénients?

R, Un moyen qui permet do remédier à ces inconvénients et qui, en même temps, nous met en état de faire de belles et bonnes prairies, est la naéthode dice àe jachère,

Q. Décrivez cette méthode.

'• R. Supposant qu'il s'agisse de traiter en jachère line prairie déjà vieille et usée, on commence par en tirer une ou deux récoltes de grains, à l'aide de labours d'automne, comme il a été dit plus haut. Après la deuxième récolte d'avoine, nouveau labour d'automne ; et le troisième printemps cette pièce est hersée, mais pns ensemencée. Durant la morte saison de l'été, et jusqu'au mois d'août, on laboure de nouveau cette tarre, on bouleverse plusieurs fois, on herse et on roule. •

Q. Quel est l'objet de tous-ces labours, hersages et roulages î

R. L'objet de toirs ces labours, hersages et roulages est lo de bien ameublir la terre ; 2o de détruire toutes les mauvaises plantes qui, étant déchaussées à mesure qu'elles poussent, se trouvent exposées à Taction du soleil qui les détruit.

Q. Que feriez-vous ensuite ?

R, Après le dernier labour,, vers le commencement ou le milieu d'août, on ensemence cette pièce en mil et trèfle, à raison de ^ de minot de mil et 2 livres de trèfle au moins, bien mêlés ensemble, à l'arpent. La graine est enterrée par un hersage. Si, avant de semer la graine^le cultivateur a pu faire un chaulage, ou s'il peut répandre sur ce terrain, en couverture^ immédiatement sur la semence, 20 ou 30 tombereaux de fumier pourri, il est sûr de faire une prairie de premier^ ordre, et qui durera longtemps. ...^

Q. Quelle est votre opinion sur la valeur de toutes ces méthodes ? .^

R. La première môlhode avec un seul labour, sans chaulage et sans couverture, et celle par la jachèi^e sans chaulage et saiis couverture, ne conviennent qu'aux cultivateurs tellement pauvres qu'ils ne peuvent pas disposer de quelques voyages de fumier, ou de quelques piastres pour Tachit de einq ou six barriques de chaux ; et ces cas sont rares. La première méthode avec chaulage ou fumier en couverture^ et la méthode par là jachère avec chaulage. ou fumier en couverture, sont peut-être les meilleures à employer pour un grand nombre de cultivateurs qui commencent à améliorer, et qui n'ont pas beaucoup d'engrais à leur disposition. Mais, aussitôt que le temps et les moyens de faire la culture des légumes le permettront, et dès lors que la connaissance des avantages que présente cette culture des légumes sera

suffisamment répandue, le cultivateur devra se hâter d'ensemencer en légumes au rnoiiiç ua arpent par année.

Q, Quels soins réclament les prairies une fois qu'elles sont faites î

R. Le premier soin à donner aux prairies, une fois qu'elles sont faites, est de bien voir à ce que l'égouttement soit toujours parfait. Pour cela, il faut bien veiller, tous les automnes, à vider les raies, les rigoles et les fossés, et voir à ce que rieu ne s'oppose au libre écoulemeût de l'eau.

Q. Quel est l'effet du séjour de l'eau .sur le§ prairies ?

R. Cet effet ^st des plus désastreux,.àcause<ie3 gelées.

Q. En quel temps convient-il de couper le foin ?

R. Le meilleur temps pour couper le foin est lorsque les fleurs du mil commencent à tomber. Ceux qui ont beaucoup de foin à faire ferontmieux de commencer un peu plus tôt

Q. Quels sont les principaux défauts que l'on remarque, en Canada, dans l'entretien dçs prairies ?

R. Ces défauts sont nombreux : lo dans bien des arrondissements, les prairies sont trop vieilles et n'ont pas été levées depuis 15, 25, et même 40 ans ; 2o ces prairies, couvertes de mousses et de mauvaises herbes, ne rapportent plus que quelques voyages de mauvais foin ; 3o on ne veille pas à Tentretien des raies, des rigoles et des fossés, de sorte que l'eau séjourne sur ces prairies et détruit les racines du foin ; 4o on ne procède à la coupe du foin que quand il est très-mûr, de sorte que ce foin, ayant perdu toute sagraine^ne vaut guère mie«x que la paille.

Paoaged»

' Q. Êst-îi important d'avoir de bons pacages f

R. Il est très-important d'avoir de bons pacages^ parce qu'il no suffît pas de bien. entretenir les animaux pendant l'hiver, il faut encore les bien nourrir durant l'été.

Q. Gomment doit-on préparer les pacages?

R. On doit préparer les pacages comme on prépare les prairies ; les pièces de terre qui ont été en prairies pendant quelques années forment de bons pacages.

Q. Quels sont les défauts les plus remarquables que l'on observe dans les pacages de ce pays ?

R. Les pacages^ en cq pays, sont généralement pauvres ; cela dépend de ce qu'on ne se donne pas la peine d'ensemencer les pièces en mil et trèfle, et que nos pacages ne sont généralement que les chaumes des années précédentes.

Q. Quel avantage y aurait-il à ensemencer les pacages en mil et en trèfle ?

- R. Ces avantages consisteraient, surtout, en ce que l'herbe étant bien plus fournie, on Aie serait pas obligé de laisser en pacage d'aussi grandes étendues de terre qu'on le fait aujourd'hui ; et, ensuite, les animaux, ayant une nourriture plus abondante, donneraient plus de revenus.

Q. Les prairies et les hons pacages sont-ils assez considérables dans la Province de Québec ?

R. Tout bon cultivateur, s'il veut s'enrichir, doit avoir, au moins, la moite de sa terre en prairies et en bons pacages. (*)

(•) Un excellant moyen d'assurer au bétail une nourriture abondante, môme qnand les pacages sont desséchés par les ^andes chaleurs de Tété, causisto à semer, près des

Animaux.

Q. Quels sont les principaux animaux que Ton clève en ce pays f

R. Los principaux animaux qu'on élève sont les chevaux, les vaches, les porcs, les moutons et les volailles.

Q. Comment tirc-t-on le plus grand profit des animaux ?

R. En les nourrissant abondamment pendant toute l'année, en leur donnant tons les soins qu'ils exigent, et en n'en gardant que le nombre que Ton peut ainsijiourrir et soigner.

Vaches.

Q. Quelle quantité de lait doit donner une bonne vache ?

E. tJne bonne vache doit donner au moins, cinq ou ^ix pots de lait, et doit le conserver pendant dix ou onze mois, si elle est convenablement nourrie. Ce lait doit être blanc ou jaiinâtre et fournir une bomie quantité de crème.

Q. Quelle quantité de lait donnent, en moyenne, les meilleures vaches ?

K. Les meilleures vaches donnent de huit à neuf pois (le lait. Quelques unes donnent jus-

étables ou des pâturag-es, en lentilles ou en blé-d'inde, une petite pièce bien prépaiée et engraissée. Quand l'heibe vient à manquer, on coupe dans cette pièce la quantité de nourrituie nécessaire au bétail, et on empêche ainsi les mauvais efîets de la sécheresse.

qu'à dix et douze pots ; mais - ces vaches- sont

rares.

Q. Les vaches qui donnent le plus de lait sont-elles toujours les meilleures ?

R. Les vaches qui donnent le plus de lait ne sont pas toujours les meilleures : car il arrive, quelquefois, que ce lait très-abondant est pauvre et donne peu de crème.

Q. Comment jiîge-t-on ordinairement delà qualité du lait ? '

- E. On en juge ordinairement par la couleur : le lait riche est blanc ou jaunâtre, le lait pauvre est bleu.

Q. Quelles sont les races de vaches étrangères , qui couTiennent le mieux à ce pays ?

E. Au dire dos connaisseurs, la race étrangère qui convient le mieux à notre climat, est la race ^ Ayrshire,

" Q. Que pensez- vous de notre race canadienne ?

R. On trouve d'excellentes vaches de race ; canadienne, lorsqu'on se donne la peine de les bien choisir. Les vaches moitié ayrshire et moitié canadiennes sont excellentes.

Q. Quels soins particuliers exigent les vaches? '

K. Durant la sais m de Tété, elle doivent avoir de bons pacajjes ; durant Thirer, elles doivent avoir une Bonne nourriture, et être tenues proprement.

Q. Comment les vaches doivent-elles être nourries à l'étable ?

E. Les vaches doivent être nourries à Té table

avec de bon foin ou de bonne paille, et avoir un repas de légumes, au moins, une bouette, ou

une so?4pe par jour.

Q. Quels sont les légumes qui conviennent le mieux à la nourriture des vaches ?

K. Les légumes qui conviennent le mieux aux vaches sont les betteraves, les carottes, les navets de Suède (choux de siam), les naveta, les pommes de terre, ^tc.

Q. Quelle précaution faut-il prendre avant de donner ces légumes aux vaches ?

R. Il faut avoir soin de les couper par tran» ches ou par petits morceaux ; si l'on ne prend celte précaution, il arrive quelquefois que les vaches avalent de trop gros morceaux et $'é* touffent. -'

Q. Comment coupc-t-on ces légumes ?

R. On les coupe à Taide de couteaux, de tranches, ou mieux, avec un instrument particulier appelé coupe-racines-

Q. Croyez-vous qu'il soit bien important de donner un repas de légumes aux vaches par jour ?

R. Cela est très-important. Ce repas de légumes est le plus sûr moyen de tenir les vaches en bonne santé ; sans compter qu'avec ces légumes, les vaches donnent beaucoup plus de lait, et le gardent bien plus longtemps ?

Q. Qu'entendez-vous par ces mots : tenir les vaches proprement ?

R. J'entends q^ue les vaches doivent être écurées tous les jours, qu'elles doivent avoir assez d'espace dans l'é table pour y respirer un

air pnr, et que de temps à autre, on doit les étriller.

• Q. Est -il important de traire les vaches avec soin ?

R. Oui ; il faut r.Toir soin, d'abord, d'ogoutter le pis complètement, car s'il y restait du lait même en petite quantité, les vaches diminueraient considérablement ; il faut encore les traire à des heures régulières, et toujours les traiter avec douceur, sans bruit et avec la plus grande propreté, * ^ .., ~ ^. ^ v

\ i; Porcs.

Q. Qae pensez vous de la valeur de nos porcs canadiens ? ^

R. La race de nos porcs canadiens est bien inférieure, et généralement dégénérée. Ces porcs mangent beaucoup, et engraissent lentement.

Q. Quelles sont les principales races étrangères introduites en ce pays ?

R. Les principales races étrangères sont celles de Sifffolky Berkshire, Yorkshire, etc.

Q. Quels avantages présentent cgs porcs de races étrangères sur nos porcs canadiens ? .

R. Ils engraissent beaucoup plus facilement, beaucoup plus vite, tout en mangeant beaucoup moins.

Q. Quelle est la meilleure saison pour l'engraissement des porcs ?

R. La meilleure saison est l'été, et le commencement de l'automne ; d'abc>rd, parce que ces animaux engraissent beaucoup mieux à la

•__cs— ••

chaleur quVu froid ; ensuite, pûfce que, durant Tété, une bonne partie de FengraiSiement peut se faire avec le lait des vaches. ^b

Moutons.

Q. Que pensez-vous de notre race de moutons canadiens ?

E. Notre race de moutons, comme celle de nos porcs, est dégénérée, et doit être renouvelée.

Q. Quelles aont les races étrangères qui conviennent le mieux à ce i)ays ? . ,.,,

E. Après de nombreux essais^ les connaisseurs paraissent s'accorder à dire que co sont les races connues sous les noms de : Cotstoold pour les laines longues, et Soulhdown pour les laines courtes. .

Q. Quels soins exigent les moutons à la bergerie ? "" "

E. Les moutons doivent être tenus fraîchement. La porte de leur bergerie doit être laissée presque toujours ouverte dans le cours de Thiver, exeepto dans les froids très-rigoureux ; et une bonne précaution est d' avoir un enclos, en avant de la bergerie, où ils puissent sortir en plein air quand bon leur semble,

Q. Quelle nourriture convient le mieux aux vîoutonsl

E. La nourriture qui convient le mieux aux moutons Qst le trèfle, le ïoin ^ le pesa : et si on peut leur donner un repas de légumes chaque jour, ils donneront plus de laine, et auront beaucoup plus de chance de se tenir en bonne sauté.

Q. Quand le cultivateur doit-il songera farie l'achat d'aiiimaax améliorés ?

R. Le cultivateur ne doit songer à faire l'achat d'animaux améliorés que lorsqu'il est bùr que les produits de sa terre suffiront à les bien nourrir et à les entretenir convenablement. Ainsi, il ne doit songer à élever ou à acheter des vaches améliorées que lorsque ses prairies donneront m; assez fort rendement pour lui permettre de doimer à ses vaches une quantité suffisante de bon foin durant l'hiver, et lorsqu il aura d'assez bons pacages pour quelles puissent V trouver une abondante nourriture durant

;y'. fêté. .^. ,.-^,.. . .r :., ;■:.

i; Q. QxiQ deviennent les animaux améliorés, y ' lorsqu'ils ne sont pas bien nourris et ^entretenus I convenablement? ^ ^ ^ . E. Ils dégénèrent proâiptétnènt, et ^^p^ toute leur valeur

^'l , , ;' f lartarujDaents-agricoleg.

^ Q. Enmnérez quelques-uns des instruments agricoles nouveaux ou perfectionnés qui sont peu coûteux, et qu'un cultivateur intelligent doit avoir.

R. Ces instruments sont : les faucheuse^^ moissonnetiseSy lejaveliery le râteau à-cheval^ et un instrument bien commode, mais peu cou» nu qui sert à engerber, et porte le nom d'en^er^ beur. Ceux qui cultivent les légumes (navets, navets 4e suède, etc.), drivent se munir d'un semoir à bras^ et d'une houe à chevaL Pour

l'enlèvement des mativaises herbes (chiendent, arguerites, etc), \ extirpatetir ou cultivateur est m instrument bien précieux. Cet instrument ;ert aussi à ameublir le sol profondément et à enterrer les semences do pois. Il remplace Lvanlageusement la charrue dans les jachères labours d'été) et devrait se trouver chez tous les cultivateurs.

Rotations.

Q. En quoi consiste la rotation ?

R. La rotation consiste à faire succéder les [diverses plantes les unes aux autres sur une même pièce de terre, de manière à retirer du sol la plus grande masse de produits avec le moins de dépenses possible.

Q. Qu'entendez-vous par ces mots : faire suc* céder les diverses plantes les unes aux autres ?

K. Ces mots signifient, qu'à part de très-rares exceptions, on ne doit pas semer la même graine, on d('S graines du même genre, deux ou plusieurs années de suite sur la même pièce de terre.

Q. Quel inconvénient y a-t-il à semer les mêmes graines deux ou plusieurs années de suite sur la même pièce ?

R. L'inconvénient est que cette grain© ne trouve plus la nourriture dont elle a besoin.

Q. Expliquez pourquoi la graine ne trouve plus la nourriture dont elle a besoin.

R. Il est reconnu que chaque espèce de graines enlève à la t.rreune certaine proi)or-

il .... i X '.zh

tion des matières hntritives que celle-ci renferme ; il est recomiu encore que ces matières nntritiTPs sont do diverses espèces, et qu'elles ne sont pss enlevées également, et dans les mêmes proportions, par les diverses plantes. Ainsi, par exemple, tandisque certaines plantes enlèvent au sol beaucoup de chaux et peu de potasse, d'autres, au contraire, lui enlèvent beaucoup de potasse et peu de chaux, etc. D'après cela, A est évident que si l'on sème deux ou plusifcuïs années de suite, la même graine sur le même terrain, cette graine finira par ne plus trouver en assez grande proportion la nourriture dont elle a le plus besoin* r Q. Donnez des exemples.

H. Lo blé ne doit p?«êtresemé deux anné3s de snito sur la même pièce de terre, non plus qno l'orge, le seigle, los légumes, etc.

Q. Les rotations sont-elles bien nombreuses ?

R. Les rotations sont très-nombreus et varient suivant les qualités du sol et les divers pays. ' ' • - ''

Q. Quelle est la rotation qui convient le mieux, dans les terres fortes ou franches, en ce i:)ays ?

K. La rotation qui convient le mieux est celÎG qui permet de bien nettoyer la terre, de récolter la plus de foin, et d'obtenir les meilleurs pe cages, afin de pouvoir nourrir et entretenir lo plus ^rand nombre d'animaux.

Q. Dounezdes exemples. .

Ti. Ci s exemples ont été donnés ci-devant^ (page 63) à propos de la préparation des prai-

ries : 1^ par les labours seuls ; 2^ par la culture des légumes ; 3® par la jachère.

Q. Quels défauts remarquez vous dans les rotations suivies en ce pays ?

R. Le principal défaut à observer est que dans maints endroits il n'y a pas de rotations du tout. On cultive au hasard, et sans intelligence ; on a une pièce à pois sur laquelle ou sème toujours des pois ; une pièce à blé qu'on ensemence toujours en blé, et ainsi de suite.

Q. Quelle est la conséquence de cette pratique ?

K. La conséquence de cette pratique est qu'on ruine la terre, et qu'en la ruinant, on se ruine soi-même. V .^^v«i^ 4

Système de culture.

Q. Qael système le cultivateur canadien doîtîl adopter ?

R. Le cultivateur doit adopter pour système de convertir le plus promptement possible, et aussi î;)arfaitement que le temps et ses moyeua le lui permettent, la plus grande étendue possible de sa terre en prairies.

Q. Pourquoi le cultivateur doit-il chercher à convertir la plus grande étendue possible de sa [ terre en prairies ?

R. Pour plusieurs raisons. D'abord, les terres, en ce pays, ont une grande étendue et la main-d'œuvre devient rare ; ensuite la saisoa de Tété e^t fort courte, de sorte qu'on doit chercher, avant tout, à diminuer la somme des travaux à exécuter.

Q. Comment la culture du foin vous pormetelle de diminuer la somme dea travaux ?

K. Pareeque îes prairies, une fois qu'elles Bont bit faites, n'ont pas besoin d'être labourées Tauu - ^ne,ni ensemencées le printemps, excepté lorsqu'elles ont vieilli, et que le temps est venu de les relever. Elles n'exigent d'autres travaux que le fauchage et le rcntrage du foiu.

Q. Qnel autre avantage présente co système ?

R. Ce système permet de récolter beaucoup de fo^n. Or, avec beaucoup do foin, on peut eïitretenir un grand nombre d'animaux eu bon ordre. Ces animaux donnent beaucoup de produits qui rapportent de grands profits, et, en outre, une grande quantité d'engrais. L'engrais est tellement la base de toute bonne agriculture qu'en dit généralement, et avec raison,

que le fumier est le capito^ du cultivateur.

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