‹ Petit manuel d'agriculture à l'usage des écoles [microforme]Chapitre 4 sur 6 · SR EE · texte numérisé non relu

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Q. ue la terre employée comme amendement est de la terre , doit-on faire le labour aussitôt après le charroi ?

R. Lorsque la terre employée comme amendement est de la terre forte, il vaut beaucoup mieux la laisser sur le terrain pendant quelques mois avant de labourer, afin de donner aux mottes le temps de se pulvériser, i

Q. Les amendements, dans certains cas, peuvent-ils se pratiquer d'une manière encore plus économique ?

R. Oui, cela peut se faire, par exemple, lorsque sous une couche de terre trop forte, il se trouve une couche de terre légère ; ou lorsque sous une couche de terre trop légère, il se trouve une couche de terre plus forte.

- Q. Comment, alors, opérez-vous l'amendement ?

R. On opère alors l'amendement par des labours profonds qui mélangent ces deux espèces de terres ensemble,

Q. Connaissez-vous quelque autre méthode pour amender les terres trop fortes ?

R. On amende encore les terres trop fortes pe des labours et des hersages fréquents, par l’emploi des en-

rais verts, et par la culture de certaines plantes, comme es navets, les carottes, les betteraves, les pommes de terre.

Q. Comment agissent les labours et les hersages fréquents, et la culture des légumes ?

R. Les labours et les hersages fréquents, et la culture des légumes, agissent en pulvérisant la terre, et en en diminuant la consistance et la force.

Travaux de la terre.

Q. Quels sont les principaux travaux à faire pour l'ensemencement des graines ?

R. Les principaux travaux à faire pour l'ensemence-

nent des graines sont : le labour, le hersage, le roulage, l'égouttement, les fumures.

Labour.

Q. À quoi servent les Zabours ?

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R. Les labours servent 1° à ameublir la terre; 2° À détruire les mauvaises herbes ; 8° à méler la terre avec les amendements et les engrais. |

Q. Quelles sont les principales espèces de labours ?

R. Les principales espèces de Habours sont : les Labours profonds, et les labours superfciels-ou légers ; les labours d'auonne, et les labours de printemps.

Q. Qu'entendez-vous par labours profonds et par labours supesñiciels ?

R. On dit qu'un labour est profond quand la éharrue est enfoncée à 7 ou 8 pouces dans la terre; on dit qu'un labour est léger quand la charrue n'est enfoncée qu'à quatre ou cinq pouces,

Q. Pratique-t-on, dans certains cas, des ltbours encore plus lailidue ceux que vous venez d'indiquer ?

R. Oui, dans certains cas, on pratique des labours de 9 à 10 pouces de profondeur. On donne à cette espèce de labour le nom de défoncement. Le défoncément se pratique à l’aide de charrues particulières.

Q. Les labours profonds conviennent-ils également dans toutes les espèces de terres ?

R. Les labours profonds conviennent à toutes les terres qui ne sont pas déjà trop légères,

Q. Quels sont les cffets des labours profonds dans les terres fortes ou franches ?

R. Les effets des labours profonds dans les terres fortes ou franches sont d'ameublir et de pulvériser une couche de terre plus épaisse.

Q. Quels sont les principaux effets de oet ameublissement profond ?

R. Les principaux effets de cet ameublissemené profond sont : 1° de permette aux racines des plantes de se frayer plus aisément un chemin à travers la terre Sr y puiser leur nourriture; 2° de permettre à l'eau

pluies de pénétrer plus profondément dans la terre, ce qui à l'effet d'empêcher cette eau de s’accumuler autour des racines dans les années pluvieuses,

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Q. Comment l’eau, lorsqu'elle est en trop grande abondance autour des racines, peut-elle les endommager ?

R. Lorsque l'eau est en trop grande abondance mo des racines, elle les fait pourrir, et détruit le:

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Q. Les labours profonds, sur les terres fortes, ont-ils de bons effets en temps de séchere=se ?

R. Les labours profonds, sur À terres fortes, ont de bons effets en temps de sécheresse, parce qu’alors l’eau smonte du fond à la surface, et viené bumecter les

racines.

Q. Dans quels cas les labours légere counviennent-ils le mieux ?

R, Les labours lgers conviennent le mieax 1° dans es terres légères, parce qu'ici on ne cherche pas à ameublir des terres déjà trop meubles; 2° dans les cas où la couche de bonne terre arable est minoe, et qu'au-dessous il se trouve du tuf, des graviers, eto.

Q. Dans quels ons les labours d'automne conviennent-ils le mieux ?

R. Les labours omne conviennent le mieux dans les terres fortes ou franches, dans celies, surtout, qui ont été longtemps en friche ou en prairies.

Q. Quels sont les bons effets de ces Zabours d'’automne ?

R. Les bons effets de ces labowrs d'automne sont que kes tranches de terre soulevées par la charrue, se trouvant exposées à l'air et à la gelée, deviennent friables et s’ameubhssent; en outre, ces labours d'automne donnent une grande avance pour les travaux du printemps: ce qui est d'une grande importance avec nos courtes saisons.

Q. Dans quels cas les labours d'automne ne conviennent-ils pas ?

R. Les labours d'automne ne conviennent pas dans les terres trop légères et trop meubles, parce que l’action de l'air et de la gelée les ameublirait davantage,

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Q. Les labours d'automne ont-ils encore d’autres inconvénients dans les terres légères ?

R. Oui; dans les terres légères qui sont en pente, les fortes pluies de l'automne ét du printemps emportent au loin la glaise qui est plus légère que le sable, et A cette glaise dans les ruisseaux ct dans les

n: Quel nom donne-t-on généralement à oet effet produit par les grosses pluies sur les labeurs d'automne ? R. On dit généralement, alors, que la terre se dé-

graisse. :

à à À quels signes reconnaît-on qu'un labour est bien à

R. On reconnaît qu’un labour est bien fait aux signes suivants: 1° les tranches de terre coupées par la charrue sont d'égale épaisseur et largeur ; 29 ces tranches sont toutes renversées régulièrement les unes sur les autres, de manière qu’elles se supportent également; 39 les planches sont un peu plus élevées ‘au milieu qu'aux an 4 les planches sont toutes de même jargeur ; D° les raies qui les séparent ne sont pas ur + profondes et sont droites.

+ Quel inconvénient présente une tranche de labour qui ne s'appuie pas également sur une autre ?

. Si une tranche de labonr ne s'appuie pas également sur J'autre, il se produit des enfoncements, des trous, daus lesquels l'eau s’accumule, ce qui a l'effet de faire périe les plantes, par l'excès d’eau qui noie leurs racines, ou par les gelées.

Q.. Quelle est la meilleure largeur à donner aux )lanches ?

R. La meilleure largeur à donner aux planches est gétéralement de 12 à 18 pieds, dans les terres fortes, et lus, dans les #erres légères; cela, cependant, peut varier lans certains cas,

Q. Quelle est le meilleure direction à dopner aux >lanches dans les terres fortes ?

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R. La meilleure direction à donner aux planches, dans les terres fortes, est celle qui facilite le uieux Jour égounttement, o’est-à-dire, la direction qui va suivant la pente naturelle de la pièce.

Q. Pourquoi les raies qui séparent les poses dsiabeite être droites ?

R. D'abord, parce que des planches avec raies droites 2 une plus belle apparence à l'œil, et ensuite,

e l’égouttement se fait mieux, Q. Un bon labour a-t-il une bien grande influence ge + a rendement d’une pièce de terre ?

R. Oui; sans un bon labour, il ne peut guère y evoir de bonnes récoltes ni de bonnes prairies.

Q. Enumérez les principaux défauts des labours, tels qu'on les voit en ce pays.

R. Les principaux défauts sont les suivants : 1° les tranches de terre sont mal renversées, de sorte que bien souvent, au Meu de s'appuyer les unes sur les autres également, elles sont couchées à plat ; 29 le milieu de la planche, au lieu d'être un peu plus élevé que les bords, est souvent plus bas, ce qui permet à l’eau d'y séjourner et de faire périr les “plantes : 39 d’autres fois, le milieu de la planche est beaucoup trop élevé, de sorte que si cette planche est étroite, elle a la forme d'un pan de sucre ; 4° les planches sont trop étroites, ce qui augmente inutilement le noibre des rfies et occasionne une perte de terrain ; 49 les planches sont loin d'awoir toutes la même largeur : ainsi l'on voit, sur la même pièce, des planches de trois pieds de largeur, et à oûté, des planches de douze à quinze pieds ; 6° les raies sont généralement en ziz-zag, de sorte que l'eau s'écoule mal, et que la pièce présente à l'œil la plus mauvaise ap-

paronce, Hersage.

Q. Quels sont les effets du hersage ? R,. Les effets du hersage sont 1° d’ameublir et de

vériser la terre ; 2° d'enterrer les graines à une proondeur convenable, Quelles sont les principales variétés de herses ? R. On donne aux herses plusieurs formes différentes; les principales variétés sont les suivantes : herses simples, herses doubles, herses à dents de bois, et herses à dents

de fer.

d Quelle différence y a-til entre les hesses simples et les herses doubles ?

R. Les herses doubles sont deux fois plus larges que les simples, de sorte que, dans le même temps, on fait, avec les doubles, deux fois plus d'ouvrage.

Q. Le même attelage convient-il aux herses simples et aux horses doubles ?

R. Pour les herses simples un seul cheval sufiit ; pour les herses doubles il faut deux chevaux.

Q. Les herses à dents de bois et les herses à dents de a conviennent-elles également à tous les terrains ?

. Les herses à dents de bois suffisent pour les tezres légères ou sableuses; mais pour les terres fortes, les herses à dents de fer sont indispensables, parce qu'elles s’enfoncent mieux dans le sol et l’ameublissent d’avantage.

Q. Un seul hersage est-il toujours suffisant ?

R. Un seul hersage sufit ordinairement ans les terres légères ; mais“dans les terres fortes, il en faut souvent deux, quelquefois trois, et même plu,

Q. Quand on fait deux hersdges sur une terre forte, quelle est la meilleure méthode à adopter ?

R. La meilleure méthode à adopter est d’en faire un sur le long, et l’autre, sur le travers.

Q. Quel temps doit-on choisir de préférence pour le hersage ?

R. On doit choisir le temps où la terre n’est ni trop humide, ni trop sèche.

Q. Le hersage est-il une opération bien importante ?

KR, Le hersage est une opération des plus Wuportantes.

Non-seulement il a l'effet d’enterrer les graines, mais encore il ameublit la terre, et permet aux tiges des plantes de sortir avec plus de facilité.

Q. Quels sont les principaux défauts des hersages, tels que pratiqués en ce pays ?

R, Très-souvent ces hersages sont pratiqués sans nul soin. Dans maintes paroisses encore, on ne connaît pas l'usage des herses à dents de fer ; et, le plus souvent, on se contente de pratiquer un seul hersage, là où il en faudrait deux ou trois, La terre, alors, au lieu d’être hersée, n'est qu'égratignée, de sorte qu'on voit encore toutes les tranches du labour, Grand nombre de pièces ne produisent presque rien, à cause d’un défaut de hersage suffisant.

Roulage,

Q. Comment s'exécute le roulage ?

R. Le roulage s'exécute en promenant sur la terre, après le hersage, des rouleaux de bois ou de fer. Ces rouleaux sont tirés par des chevaux.

Q. Quels sont les cffets du roulage sur les terres fortes ?

R. Sur iles terres fortes, le roulage a l'effet de briser les mottes, de les réduire en poussière, et, par conséquent, d’ameublir la terre.

Q. Quels sont ies effets du roulage sur les terres légères? ”

R. Sur les terres légères le passage du rouleau a l'effet de tasser la terre, de lui donner plus de consistance et

lus de force.

Q. Quel est le meil'eur temps pour pratiquer le roulage sur ics terres fortes ?

R. Pour pratiquer le roulage sur les terres fortes, il faut choisir le temps où la terre n’est ni trop humide, ni trop durcie par la sécheresse, Lorsque la terre est trop humide, les mottes, au lieu de se réduire en poudre sous le rouleau, ne font que de s'aplatir; et, en outre, le rouleau forme alors une croûte qui, plus tard, se

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duroit, et s'oppose à la sortie des plantes. Lorsque la terre est trop sèche, les mottes durcies ne se brisent pas sous le poids du rouleau.

Q. Le roulage est-il bien utile sur les terres fortes ? R. Le roulage est très-utile sur les terres fortes; il 0e l'ameublissement commencé par le labour et

e hersage.

com par

Égouttement.

Q. Qu’entend-on par égouttement ?

R. On entend par égouttement toutes les opérations qui ont pour objet d'enlever l'excès d’eau ou d'humidité contenne dans la terre.

Q. Comment se pratique l’égouttement ?

R. L'égouttement se pratique de deux manières: 1° par les raies, les rigoles et les fossés ouverts ; 2° par le drai-

Q. Comment agissent les raies, les rigoles et les fossés ? R. Les raies reçoivent l'excès d’eau ou d'humidité qui

se trouve sur les planches ; les rigoles reçoivent l’eau des

raies, et la déversent dans les fossés.

Q. A quels signes reconaissez vous qu’une râie est bien faite ?

R. On reconnaît qu’une raie est bien faite aux signes suivants: 1° elle est légèrement et également en pente, de manière à permettre à l’eau de s'écouler librement vers la rigole ou vers le fossé; 2° elle est droite, parce que l’eau s'écoule mieux en suivant une ligne droite qu’une ligne courbe ; 3° il n’y a dans cette raie ni buttes, ni mottes de terre, ni pierres, ni morceaux de bois qui s'opposent à l'écoulement facile de l’eau ; 49 ces raies ne doivent pas être trop creuses, surtout lorsqu'on se propose d'employer les faucheuses ou les moissonneuses.

Q. Bstil bien important que l’égouttement soit bien conditionné ?

R. En vain le labour, le hersage et le roulage seraient sans reproche ; si la terre est mal égouttée, elle restera

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infbrtile ; les mauvaises herbes, les grattes, etc., prendront . la place du bon grain. Surles prairies mal égouttées l'eau se prend en glace, qui congèle les racines du foin. Enfin, les terres mal égouttées ne peuvent être ensemencées que fort tard au printemps.

Q. Mentionnez un des principaux effets d’un bon égouttement sur une terre forte et froide ?

R. Un des principaux effets d'un bon égouttement sur une terre forte et froide est de la rendre plus chaude : cela permet non-seulement d’'ensemencer plus tôt au printemps, mais encore de récolter plus tôt à l'automne ; et en outre, le rendement est bien plus considérable,

Q. A quelle époque doit-on surtout corriger les défauts des raies et des rigoles ?

R. Pour les pièces ensemencées en grains ou en égumes, c’est avant ou aussitôt après l’ensemencement qu'il faut corriger ces défauts; pour les psairies, c'est surtout l'automne avant les gelées.

Q. Quel est le meilleur temps pour eonstater les défauts des raies et des rigoles ?

R. Le meilleur temps est après les grosses pluies ; on voit bien alors les endroits où l’eau séjourne, et on comprend mieux les causes qui empêchent l’égouttement.

Q. Quelle est la meïlleure forme à donner aux raies, rigoles et fossés ?

R. La meilleure forme est celle qui consiste à leur donner des bords légèrement inclinés. Quand les bords sont taillés à pic ils se bouchent constamment,

Q. Quels défauts remarque-t-on dans l'égouttement, tel que pratiqué dans ce pays ?

R. Ms’en faut que l'on apporte dans l’égouttement tout le soin désable. Le plus souvent, au lieu d’être droites, les raies et les rigoles sont tortueuses ; au lieu d’avoir une pente unifosme et égale, elles sont obstruées

ar des pierres, des mottes de terre, des morceaux de ois. La terre qui provient des eurures des fossés, au

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lieu d'être employée comme amendement, est jetée de ch ique côté des fossés où elle forme des abotteaux qui bouchent l'extrémité des planches et des raies, et s’opposent à l’égouttement.

Q. Comment pratiquez-vous le drainage ?

R. On peut pratiquer le drainage de plusieurs manières, Mais, quelle que soit la méthode qu'on emploie, on commence par ouvrir des fossés dont la pente est dans la direction d’un fossé principal plus profond qu'on nomme collecteur.

Q. Que faites-vous ensuite ?

R- Ensuite on introduit dans ces fossés, et bout à bout, des tubes de terre cuite qu'on recouvre de terre.

Q. Au lieu de tubes de terre cuite, peut-on employer, d'autres substances ?

R: Au lieu de tubes de terros cuite, on peut employer les pierres, les cailloux dont quelques-unes’ de nos terres sont garuies,

Q. Peut-on employer le bois pour le drainage, et &ommcnt ?

R. On peut employer le bois pour le drainage de la manière suivante : dans les fossés ouverts comme ül a été dit plus haut, on couche deux morceaux de bois rond, de la grosseur du bras ou de la jambe, eomme, par exemple, dés sapins dépouillés de leurs branches. Entre ces deux morceaux de bois on laisse un espace libre de deux à trois pouces. Par-dessus ces deux tronçons de sapins, on en couche un troisième ; on mieux on les recouvre d’une croûte. On continue ainsi à disposer ces morceaux de bois dans toute la longueur du fossé, jusqu’au fossé principal, ou collecteur, Ces fossés, ou grains, sont ensuite remplis de terre.

Q. Connaissez-vous encore une méthode du drainage qui peut être facilement employée en ce pays.

R. Cette méthode consiste dans l’emploi de dosses de pins (slabs) au lieu de pierres ou de tronçons d'arbres.

Q. Comment disposez-vous ces dosses ?

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