ÉD 2 = ÉS SRRNN A NV
mn 19
R. Absolument comme les tronçons d'arbres; c'està-dire qu’on couche, au fond des fossés ou drains, deux dosses côte à côte, en laissant entre les deux un espace de deux à trois pouces. Ces deux dosses sont ensuite recouvertes d’une troisième ou d’une croûte,
Q. Arrive-t-il souvent que des pièces de terre peuvent être plus facilement et plus économiquement égouttées de cette mauivre que par des fossés ouverts ?
KR. Oui, comme lorsqu'il s'agit d'égoutter des mares, des terrains bas et marécaseux, ou sourceux, qu'on ne pourrait dessécher ‘qu'à l’aide d'un très-grand nombre de fossés ouverts,
Q. Dites quels sont les avantages qu'offre le drainage sur les fossés ouverts dans les terres fortes où franches ?
Q. Les avantages sont les suivants: 19 un terrain drainé n'étant pas coupé par des fossés ouverts, peut être ensemencé dans toute sa longneur et largeur; 2° l'égoutiement étant beaucoup plus parfait avec le drainage qu'avec les fossés ouverts, il s'ensuit qu'on peut ensemencer beaucoup plus tôt au printemps ; 8° par le drainage les terres fortes et froides deviennent plus chaudes.
Q. Quel est le résultat de l'expérience des pays étrangers sur Ja valeur du drainage ?
R. Le résultat de cette expfrionce est que le drainage seul suffit pour doubler et tripler le rendement de la terre.
Q. A quelle profondeur deivent être oreusées les tranchées dans lesquels on introduit les tuyaux ou autres matériaux de drainage ?
R. A la profondeur de trois à quatre pieds, quand le sol est assez profond,
Engrais et Fumiers.
Q. Qu'entend-on par engrais ?
R. On entend par engrais toutes les substances qui, introduites dans la terre, ont l'effet de l'engraisser, c'est-
Lu DE do
à-dire, de lui fournir les substances dont les plantes ont besoin pour leur nourriture, Q. Quelles sont les espèces d’engrais qu'on peut le mieux utiliser en Canada ?
Ces engrais sont: 1° le fumier d’étable; 2° les engrais verts; 3° les cendres; 4° la chaux; 6° le plâtre; 6° le poisson et le varech; 7° les eaux sales de toute
espèoe, etc. Fumier d’étable.
Q. Le cultivateur peut-il aisément augmenter la quantité et la valeur du fumier d'étable ?
R. Le cultivateur peut aisément augmenter la quantité ot la valeur du fumier d’étable au moyen des litières.
Q. Qu'entendez-vous par litières ?
R. On entend par litières toutes les substances qui, étendues sous les animaux ou dans leur voisinage, peuvent leur servir de lit, et se mêler au fumier.
Q. Quelles sont les substances le plus fréquemment employées comme litières ?
R. Les substances le plus bg ar employées comme litières sont: les pailles de toute espèce, les feuilles d'arbres, les mauvaises herbes provenant des sarclages, les fougères, la sciure de bois, le tan, la terre de savane, la terre ordinaire, ete., etc.
Q. Quelles sont les Litières les plus économiques que l'on peut employer en Canada ?
R. A cause de la Jongueur de nos hivers et de la rareté du fourrage, les litières les plus économiques sont la terre de savane, et la terre ordinaire,
Q. En quel état doivent être employées ces deux espèces de terres ?
R. Elles doivent être employées aussi sèches que pos- .
sible,
Q. Comment s’emploient les litières ?
R. Quelques Zitières, comme les pailles, les mauvaises herbes, les fougères, eto., sont étendues sous les animaux,
oo
ont
et leur servent de lit, D'autres, comme la terre ordinaire, la terre de savane, et toutes les substances terreuses, doivent être étendues dans l'allée qui se trouve en arrière des animaux. Ces dernières litières n’ont d'autre objet que d’absorber la partie liquide du fumier, et d’en augmenter la quantité.
Q. Comment agissent les litières ?
R. Les litières agissent de plusieurs manières, 1° les litières pailleuses, employées sons les animaux en assez grande quantité contribuent à les tenir dans un grand état de propreté; 2° les litières pailleuses, de même que la terre ordinaire, ou les substances terreuses, retiennent les urines et la partie liquide des fumiers ge appelle purin ; 3° elles augmentent la quantité
es engrais et leur qualité.
Q. Les urines des animaux et la partie liquide des fumiers ont-elles une grande valeur ?
R. Les urines et la partie liquide des fumiers, ou Ppurin, ont beaucoup plus de valeur que la partie solide, et on ne doit rien négliger pour les recueillir et les oouserver.
Q. A part l'emploi des litières, connaissez-vous quelque autre moyen recommandé pour recueillir ces parties liquides ?
R. A part Vemploi des litières, on recommande les fosses à purin.
Q. Qu’entendez-vous par fosses à purin ?
R. Les fosses à purin sont des réservoirs en magonneries dans lesquelles s'écoulent et tombent, au moyen de dalles placées dans le pavé des étables, les urines et le purin. Au lieu de ces réservoirs en maçonaeries, on emploie souvent des tonnes bien étanches.
Q. A quel usage emploie-t-on le purin ainsi recueil ?
R. A l’aide d'une pompe qui plonge dans ces réservoirs ou dans ces tonnes, on awose les tas de fumier placés sous des abris, ou des tas de terre ordinaire, lesquels prennent alors le nom de composts. Dans certains
es DD
pays, on o-rose les terres ensemencées ou les jardins avec ces liquides mélangés d’une certaine quantité d’eau,
Traitement des fumiers,
Q. Qu'entendez-vous par ces mots: érailement des Jumiers ?
R. On entend par ces mots tout ce qui a rapport à leur conservation, à leur charroi et à leur étendage.
Q. Quels sont les meilleurs moyens à employer pour conserver les fumiers ?
R. Ces moyens varient suivant les saisons. Durant l'hiver, il n’y a aucun inconvénient à laisser les engrais dehors, vu que la neige et la gelée ne peuvent pas les endommager, Mais quand surviennent les grosses pluies du printemps et de l'automne, les chaleurs et les averses de l'été, il importe de protéger les fumiers contre l'action de ces pluies et des rayons du soleil,
Q. Par quels moyens peut-on rémédier à ces inconvénients ?
R. On peut rémédier à ces inconvénients en établissant, en avant ou en arrière des étables et écuries, des abris sous lesquels on jette les fumiers jusqu'au moment de leur transport; ou bien encore, on établit, sous les étables, des caves dans lesquelles on jette les fumiers, au mo: n de trappes pratiquées dans les allées.
Q. En‘quels temps convient-il de charroyer les famiers ?
R. Lorsque les fumiers doivent être employés sur des pièces de terres qui se trouvent dans le voisinage des étables, on peut attendre, pour les charroyer, jusqu’au moment où on est prêt à s’en servir. Mais si les fumiers doivent être employés sur des pièces éloignées des étables, il vaut mieux les charroyer d'avance: et le meilleur temps pour ces charrois, en Canada, est l'hiver, l’automne et le printemps, sur les chemins de neige.
Q; Quelles précautions faut-il prendre dans ces chare rois
3 aveo
w des
port à »
r pour
Jurant ngrais pas les pluies \verses action
incon-
tablises, des boment us les rs, AU
iers ?
r des
re des qu'au Linicrs ables, illeur
l'au-
chare
R. D'abord, les fumiers doivent être déposés en gros tas de 25 à 30 voyages au moins, et ces tas doivent être placés dans le voisinage des pièces où ils doivent être employés. Aux endroits où ces fumiers doivent être déposés, il faut avoir soin d'établir, d'avance, des plates-formes de terre ordinaire ou de terre de savane, ayant au moins dix à douze pouces d'épaisseur; on jette le fumier sur ces plates-formes de terre ou de terre de savane.
Q. A quoi servent ces plates-formes ?
R. Ces plates-formes de terre ordinaire ou de terre de savane servent à retenir les liquides qui s’écoulent des fumiers, et qui, sans elles, seraient perdus. (Cette terre elle-même devient un excellent engrais.
Q. Si le fumier ne doit être employé qu'à l’automne, quelles précautions doit-on prendre ?
R. Si le fumier ne doit être employé qu’à l'automne, il faut le conserver sous des abris ; si, À cause de fa distance des lieux où il doit être employé, on est obligé de le charroyer d'avance, alors il faut avoir soin de le recouvrir d’une couche de terre ordinaire ou de terre de savane épaisse de cinq à six pouces, ou de paille.
Q. Pourquoi employez-vous cette couverture de terre ou de paille ?
R. C'est, d'abord, pour protéger les fumiers contre l’action des rayons du soleil et contre les pluies; et ensuite, comme ce fumier chauffe pendant plusieurs mois, il s'en échappe des gaz fertilisants que la couverture de terre retient et empêche de se perdre. (Cette couverture devient, elle même, un excellent engrais.
Q. Quel autre moyen devez-vous employer pour diminuer la fermentation du fumier ?
R. L'autre moyen consiste à tassor le fumier, en le battant avec des pelies, ou en le piétinant,
Q. Comment agit ce tassement du fumier ?
R. Ce tassement agit en empêchant l'air de pénétrer dans le fumier ; car moins il entre d'air dans le fumier, moins il chauffe,
mu 24 —
Q. Quels sont les défauts les plus remarquables que l'on observe en ce pays, dans Île traitement des fumiers ?
R. Les défauts les plns remarquables, dans le tratitement des fumiers, sont les suivants : 1° on n’emiploie que peu ou point de litières; on néglige d'employer à cet effet les feuilles d'arbres, les mauvaises herbes, les sarclures, les fougères, la terre de savane, la terre ordinaire, qui auraient l'effet de retenir les urines et les parties liquides des fumiers, et en doubleraient la quantité; 29 le fumier est jeté avec négligence devant les étables, et Pon ne se donne même pas la peine de disposer d'avance des plates-formes de terre pour recevoir les tas; 3° l'endroit où l’on jette ces fumiers est souvent creusé d'avance, ou consiste en terre légère et sableuse ; de sorte que l’eau des pluies, en lavant le fumier, entraîne le purin, c’est-à-dire la partie liquide du fumier, à plusieurs pieds sous terre; 4° les cultivateurs disposent souvent leurs fumiers sur la nefge, par petits tas, de sorte que quand le temps de l’enfouir est venu, ce fumier est tout lavé, en éponge, et ne vaut guère mieux que de Ja paille ; 5° enfin, on voit souvent les cultivateurs disposer de gros tas de fumiers dans lé voisimage des fossés, des ruisseaux, dans lesquels s'écoule tout le purin.
Diverses espèces de fumiers.
Q. Combien y a-t-il d'espèces de fumiers ?
R. Il y a quatre espèces principales de fumiers : 1° fumiers longs, verts ou pailleux ; 2° fumiers pourris, où beurre noir ; 3° fumicrs froids ; 4° fumiers chaudes.
Q. Quelles différences y a-t-il entre les deux premières espèces de fumiers ?
R. Le fumier long, vert ou pattleux est le famier frais qui n'a pas encore chauffé ; le fumier pourri où beurre noir est celui qui a vieilli et chauffé,
Q. Lequel de ces deux fumiers est le meilleur ?
n. En règle générale, on peut dire que le fumier qui
: 1° Py ou
ères
frais urre
qui
a un peu chauffé et commencé à pourrir est le meilleur de tous.
Q. Y a-til quelque inconvénient à laisser le fumier chauffer trop longtemps ?
R. Oui; car le fumier qui chauffe trop longtemps perd, par là même, beaucoup de son poids, de son volume, et de sa valeur,
Q. Dans quels cas emploie-t-on de préférence les fumiers verts où pri/leux ?
R. On les emploie de préférence pour la culture des pommes de terre (patates), pour celle des navets, des carottes, des navets de Suède (choux de Siam), et : itres légumes. Dans les terres fortes, les fumiers longs ou pailleuxæ ont l'avantage d'ameublir la terre, tout en l'engraissant.
Q. Dans quels cas donne-t-on la préférence œux famiers pourris ?
R. On donne la préférence aux fumiers pourris, quand on veut recouvrir d'engrais une prairie déjà faite,
Q. Quels inconvénients présentent les fumiers verts ?
R. Les fumiers verts présentent l'inconvénient de contenir souvent de mauvaises graines qui, plus tard, germent et infestent les champs en culture.
Q. L'emploi des fumiers verts sur les champs qui doivent être ensemencés en légumes préseute-il au même degré cet inconvénient ?
R Non; car les sarclages nombreux auxquels ces champs sont soumis ont l'effet de détruire les mauvaises herbes ; mais, même dans ce cas, les fumiers qui ont commencé à chauffer valent mieux.
Q. Les mauvaises graines se rencontrent-elles aussi dans les fumiers pourris ?
R. Les mauvaises graines ne se trouvent pas dans les fumiers pourris, parce que, pendant la putréfaction du fumier, ces graines se décomposent,
Q. Qu’ entendez-vous par fumiers frords et fumiers chauds ?
mice ue
R. Les fumiers froids sont ceux qui chauffent et se pourrissent lentement et difficilement : les fumiers chauds sont ceux qui chauffent et pourrissent vite.
Q. Donnez des exemples de ces deux espèces de fumiers.
R. Les fumiers de vache, de porc, sont des fumiers froids : les fumiers de cheval, de mouton, sont des fumiers chauds.
Q. Qeul est le meilleur moyen à employer pour hâter la putréfaction des fumiers froids ?
R. Le meilleur moyen consiste à mêler à ces famiers froids une certaine quantité de fumiers chauds.
Engrais verts.
Q. Qu'entend-on par engrais verts ?
R. On entend par ces mots l’enfouissement dans la terre, à l’aide de la charrue, de plantes encore vertes, qui ne sont pas mûres.
Q. Quelles sont, de toutes les plantes, celles qui conviennent le iwieux comme engrais vert en ce pays ?
R. Le trèfle et le sarrazin.
Q. Comment feriezsvous un engrais vert avec Île sarrazin ?
R. J'ensemencerais le terrain au commencement de juin, Lorsque le sarrazin aurait atteint sa hauteur, c'est-à-dire, lorsqu'il serait en fleurs, je passerais le rouleau sur la pièce pour abattre Îles tiges, Ensuite je laboureruis la pièce et enfouirais le sarrazin. Quand le sarrazin doit être ainsi employé comme engrais vert, à doit être semé très-fort.
Q. Comment feriez-vous un engrais vert avec le trèfle ?
R. De la même manière qu'avec le sarrazin : il doit être enfoui quand il est en fleurs et avant qu'il soit mûr,
Q. Laquelle de ces deux plantes enrichit mieux le sol ?
R. C’est le trèfle; mais tandis qu'il exige une terre déjà assez riche pour lui permettre de pousser, Je sarrazin, au contraire, vient bien, même dans les sols pauvres.
Q. Quelle objection les cultivateurs ont-ils ordinairement à l'emploi des engrais verts ?
R. Leur plus grande objection est qu’il leur en coûte d’enfouir dans la terre une récolte de trèfle ou de sarrazin qui leur rapporterait un certain profit.
Q. Ne croyez-vous pas que cette objection est, parfois, fondée ?
R. Oui: si le cultivateur est bien pauvre, et si cette récolte est nécessaire pour les besoins pressants de sa famille, Si, au contraire, le cultivateur peut se passer de cette récolte, il trouvera à la fin qu'il y a bénéfice pour lui de l'enfouir.
Q. Comment expliquez-vous le gain par suite de l'enfouissement de ces plantes ?
R. A la suite de l’enfouissement de ces plantes, la pièce de terre rapportera deux où trois fois plus l’année suivante, et pendant plusieurs années à venir,
Q. Les engrais verts agissent-ils seulement comme engrais ?
R. Les engrais verts agissent encore comme amendements ; ils ameublissent les terres fortes, et donnent de la consistance aux terres légères.
Chaux et chaulage.
Q. Que pensez-vous de la chaux comme engrais ?
R. La chaux est un des principaux engrais à employer en ce pays; d’abord, parce qu'elle est nécessaire à la nutrition des plantes, et que la plupart de nos terres en sont dépourvues ; ensuite, parce que les résultats sont surprenants, et que le prix en est peu élevé.
Q. La chaux convient-clle à toutes les espèces de terres ?
R, La chaux convient surtout aux terres fortes et aux terres franches, parce qu'elle agit sur elles, nonseulement come engrais, mais aussi comme amendement,
(2. N'y a-til pas des terres qui contiennent déjà trop de ch de ?
R. Ces terres sont rares en ce pays.
Q. En quel état cette chaux doit-elle être employée ?
R. On doit l’employer fraîchement éteinte et réduite en poudre très-fine,
Q. Comment éteignez-vous cette chaux ?
R. On peut l’éteindre de trois manières : 1° en mettant la chaux vive sous un hangar ou sous un abri, et la laissant s'éteindre peu à peu, à l’aide de l'humidité de l'air ; 29 en la mettant sous un abri ou en plein air, et l'éteignant avec de l'eau jetée en petite quantité ; 39 en la mettant en tas sur la terre, et la recouvrant de terre ordinaire, de terre de savane, de mauvaises herbes ete. : c'est ce qu'on appelle faire des composts.
Q. Qu'arriverait-il si vous arrosiez la chaux avec une trop grande quantité d’eau ?
R. En arrosant la chaux avec une trop grande quantité d’eau, on courrait le risque de la noyer, c'est-à-dire qu'elle ne s’éteindrait pas ; ou, si cette eau était ajoutée après que la chaux fût éteinte, cette chaux se prendrait en masses, et formerait une espèce de mortier,
Q. Comment employez-vous cette chaux ?
R. On peut employer cette chaux de deux manières différentes ; sur la semence, ou sur la terre avant le labour.
Q. Comment emploieriez la chaux sur la semence ?
R. La meilleure manière d'employer la chaux sur la semence est de la répandre à la main ou à la pelle sur les grains mêmes, aussitôt après qu'ils ont été ensemencés, et de herser aussitôt,
Q. Est-il toujours bien facile de répandre cette chaux ?
KR. Non; car, pour que cet épandage soit fait d’une
emnière régulière et uniforme, il faut que le temps soit alame, ou qu'il y ait peu de vent, Lorsque le vent est fort, il emporte la chaux au loin.
Q. Quelle est la meilleure méthode à employer pour répandre cette chaux à la main sur la semence ?
R. La meilleure méthode est la suivante: on suspend À son cou, à l’aide d'une courroie, une chaudière remplie de chaux éteinte que l’on prend sur un tas déposé auprès, ou dans une brouette que l’on fait passer dans la raie, La main droite, garnie d’une mitaine de cuir, est armée d'un instrument de fer ou de fer-blanc solide, ayant la forme de ceux dont se servent les épiciers pour prendre le sucre dans les boucauts. A l’aide de cet instrument, on prend la chaux dans la chaudière et on l'étend.
Q. D'après quelle autre méthode Ia chaux peut-elle encore être employée ?
R. La chaux est employée encore avec succès de la manière suivante : supposons qu'il s'agisse de relever une vieille prairie couverte de mousse et de mauvaises herbes ; aussitôt avant le passage de la charrue, on répand sur l'herbe la chaux éteinte, qui, l'instant d’après, se trouve enfouie. L'automne suivant, avant le deuxième Jabour, on fait un nouveaü chaulage, de la même manière. Si cette pièce reçoit un troisième labour, on fait un troisième chaulage.
Q. Que pensez-vous de la chaux employée d'après cette dernière méthode ?
KR. Je crois que cette dernière méthode offre un des moyens les plus simples et les plus économiques de ramener la fertilité sur bien des terres épuisées en ce pays.
Q. Quels sont les principaux avantages que présente la chaux employée d’après ces deux méthodes ?
R. Les principaux avantages de la chaux sont: 19 d'agir comme amendement sur les terres fortes, lorsqu'elle est employée en assez grande quantité ; c’est-à-dire, qu’elle diminue la consistance et la force de ces terres; 2° de
détruire les mauvaises herbes, et de faire périr plusieurs iusectes et animaux nuisibles ; 3° d'agir comme engrais.
Q. Quelle quantité de chaux doit-on employer, en suivant l'une ou l’autre de ces denx méthodes ?
Q. En suivant la première méthode, la quantité de chaux à employer varie de 30 à 50 minots par arpent. Eo suivant la deuxième méthode, il en faut employer de 30 à 50 minots sur chaque labour.
Q. Ce moyen d'améliorer la terre est-il dispendieux ?
R. Non; la ebaux cnûtant, rendue sur les lieux, cinq ou six chelins la barrique de 6 minots; supyo-<ant qu'on répande 36 minots sur un arpent,, le coût de cette chaux n'est que de trente ou trente.six chelins par arpent.
Q. Quels résultats pouvez-vous attendre de la chaux employée d'après ces deux méthodes ?
R. En employant la chaux d'après ces denx méthodes, on peut s'attendre à obtenir des récoltes deux, trois, et même quatre fois plus considérables que si on n'avait pas chaulé; sans compter que les bons eflets de cette chaux se font sentir longtemps.
Q. La chaux dispense-t elle d'employer le fumier ou les autres engrais ?
R. Non; ctc'est une bonne pratique de fumer les pièces chaulées l’année qui suit le chaulage. Si la pièce est en prairie, on étend le fumier en couverture après la première coupe du foin.
Q. Quelles sont les pièces de terre que vous chauleriez de préférence ?
R. Les pièces de terres fortes ou franches qui doivent être converties en prairies, ou en pacage.
Cendres.
Q. Combien y at-il d'espèces de cendres ?
R. 1} y a deux espèces principales de cendres: cendres vives et cendres éteintes.
NS
Q. Quelles différences y a-t-il entre ces deux espèces de cendres ?
R. Les cendres vives sont en nature, c'est-à-dire, telles qu'elles sortes des prëles et des fourneaux ; les cendres éteintes sont celles qui ont servi à la fabrication de la potasse, du savon, ou à la lessive,
Q. Les cendres vives sont-elles toutes de la même force ?
R. Ces cendres varient dans leur force et dans leur valeur suivant les bois dont elles proviennent, Ainsi, les cendres de bois franc ont plus de force que les cendres de bois mou; les cendres de bois, franc ou mou, ont plus de force que les cendres de terre de savane ou de houille (charbon de terre).
Q. Quelle est la valeur, comme engrais, des cendres vives cu éteintes ?
R. Les cendres, vives ou éteintes, sont un des meilleurs engrais qu'on puisse employer ; leur action est trèsprompte.
Q. A quelle espèce de plantes conviennent-elles surtout ?
R. Elles conviennent à toutes les plantes, surtout au blé, au seigle, à l'orge, à l’uvoine, au mil et au trèfle, etc.
Q Comment se fait l'épandage de ces cendres ?
R. Cet epandage se fait à la main ou à la pelle, après la semence et sur le hersage.
Q. Quelle quantité de cendres emploie-t-on à l’arpent?
R. On emploie de 30 à 60 minots à l'arpent, suivant la force et la valeur des cendres, et suivant l'effet qu'on veut en obtenir.
Q. Dans quels cas recommanderiez-vous, surtout, l'emploi des cendres ?
R. Je le recommanderais, surtout, sur les pièces destinées à être converties en prairies, et je les répandrais sur ces pièces aussitôt après les avoir ensemencées en graines de mil et de trèfle, et après le hersage,
Plâtre.
Q. A quelle espèce de plantes convient le plâtre ?
R. Le plâtre convient surtout au trèfle, anx pois, au tibac, aux choux, au chanvre, au lin, et au sarrazin.
Quel est l'effet du plâtre sur les céréales, comme le blé, l'orge, le seigle, ete. ?
R. Son effet sur ces plantes est à peu près nul.
Q. Comment s'emploie le plâtre ?
R. La meilleure manière d'employer le plâtre est de le répandre sur les feuilles des plantes, lorsqu'elles sont sorties de terre, On choisit de préférence, pour cet épanduge, le temps où les feuilles sont humides, comme le matin après la rosée, ou après une petite pluie.
Poissons, Varech.
Q. En quelle partie du pays le poisson et le varech sont-ils employés comme engrais ?
R. Le poisson et le varech sont employés coume engrais dans le bas du fleuve principalement, car là ils sont très-abondants,
Eaux sales.
Q. Comment pouvez-vous utiliser les eaux sales comme engrais ?
R. Le cultivateur soigneux doit toujours avoir, à une certaine distance de sa maison, un tas de terre ordinaire, de terre de savane, etc., sur lequel il ordonne de jeter toutes les eaux sales de la maison: eaux de plancher, eaux de cuisine, savonnures de toute espèce, urines, etc.
Q. Connaissez-vous un excellent moyen pour empêcher ces tas d'exhaler de mauvaises odeurs ?
R. Oui; ce moyen consiste à jeter, de temps en temps, quelques pelletées de terre sur ces tas, De cette manière les tas grossissent rapidement, et ne donnent pas de mauvaises odeurs,
Q. Les tas de terre imprégnés de toutes ces caux forment-ils de bons engrais ?
R. Ces tas de terre constituent d'excellents engrais qu'on ne devrait jamais négliger d'employer.
Engrais chimiques.
Q. Qu'entendez-vous par ce mot engrais chimiques ?
KR. On entend par ce mot certains engrais fabriqués artificiellement, qui sont destinés à remplacer les engrais ordinaires, notamment le fumier d'étable,
Q. Quel est l'engrais chimique le plus apprécié aujourd'hui ?
R. L'engrais chimique le plus apprécié est le superphoshate de chaux qui est préparé avec les os broyés et avec de l’huile de vitriol,
Q. Ces engrais ont-ils aujourd’hui une grande valeur ?
R. Ces engrais ont, aujourd'hui, une très grande valeur, et en acquièrent, tous les jours, une plus grande.
Appropriation des semences aux terrains.
Q. Toutes les variétés de terre conviennent-elles également bien à toutes les espèces de graines de semences ?
R. Non; chaque variété de terre convient à telle ou telle espèce de semences, et ne convient que peu, ou pas du tout, à d'autres,
Q. Quelle espèce de graines convient-il de semer dans les terres fortes ou franches ?
R. Les graines qu'il convient de semer dans les terres fortes ou franches sont surtout : le blé, l'avoine, l'orge, certains kigumes, les navets, les carottes, les navets de Suède (choux de Siam), les choux, cte. Ces terres conviennent surtout au trèfle et au mii, et ce sont elles que l’on doit se hâter de convertir le plus tôt possible en prairies,
Q. Est-ce que la préparation de In terre est la même
ur toutes ces espèces de semences ?
R. Il s’en faut que la préparation de la terre sait la même pour toutes ces espèces de semences, Aïin-i, pendant que l’avoine pousse bien dans une terre forte peu ameubiie, l'orge, au contraire, les navets, les navets de Suède (choux de Siam), les carottes et les choux ne viendront bien dans ces terres que quaud elles auront été parfaitement aweublies.
Q. Donnez des exemples.
R. Sur un seul labour, dans une prairie de terre forte, l'avoine donnera un bou rendement ; pour obtenir, au contraire, une bonne récolte d'orge ou de légumes sur la même pièce, il faut auparavant que cette pièce ait été soumise à plusieurs labours, et à des hersages et roulages répétés.
Q. Quelles sont les semences qui conviennent le mieux aux terres légères ?
R. Les semences qui conviennent le mieux aux terres légères sont surtout Île seigle, le sarrazin, les pois, les fêves, l'orge et les betteraves; et parmi les légumes, les pommes de terre, les carottes, les navets de Suède, ete,
Q. Ces sols conviennent-ils pour les prairies ?
R. Ces sols ne conviennent pas pour les prairies. Le trèfle et le mil n'y poussent qu'à force d'engrais; et ces prairies sont de courte durée,
Q. Quels sont les principaux défauts que l'on remarque en ce pays, dans l'appropriation des semences aux terrains ?
R. On voit un grand nombre de cultivateurs faire, tous les ans, des pertes considérables de temps, d'engrais et d’argent, uniquement parce qu'ils confient des semences à des terrains qui ne leur conviennent pas.
Q, Donnez des exemples.
R, Ainsi, on en voit qui essaient de cultiver les navets, le blé ou l’avoine dans des terres trup k; ères et sablenses ; de l'orge, dans des terres qui ne sont pus ussez ameublies,
és M de
etc. On en voit souvent qui s’épuisent à vouloir faire ag le foin sur des terres sèches, tandis qu'ils ont à eur disposition de belles pièces de terres fortes ou franches qui ne demanderaient que peu de soins pour être converties en bonnes prairies de longue durée.
- Ensemencements et récoltes.
Q. Quels soins doit-on apporter dans le choix des graines de semence ?
KR. Ou doit apporter le plus grand soin dans le choix des graines de semence, et les meilleures graines doivent être employées à cet objet.
Q. A quoi doit-on s'attendre quand on sème de mauvaises graines ?
R. On doit s'attendre à une pauvre récolte, parce que les mauvaises graines jetées sur la terre sont perdues, vu qu'elles ne peuvent germer.
Q. Quel est le défaut le plus général, en ce pays, par rapport à l’ensemencement ?
R. A part 16 peu de soin qu'on apporte dans le choix des graines de semences, on peut dire que le défaut le plus général est qu’on sème ou trop clair ou trop fort.
Q. Quelles sont les graines que on doit semer jort ?
KR. Les principales graines que l’on doit semer fort, sont: ie blé, l’avoine, l'orge, le seigle, le mil et le trèfle.
Q. Quelles sont les graines qu'on doit semer clair ?
R. Les graines que l'on doit semer clair sont le sarrazin, et les légumes qui doivent être suffisamment espacés,
Q. La quantité de graines à semer doit-elle varier suivant les qualités du sol ?
R. Oui, dans les terres bien engraissées, la semence doit être plus claire; dans les terres peu engraissées, la semence doit être plus forte,
Q. Quelle quantité de blé doit-on semer dans un arpent de bonne terre ?
Environ un minot ct demi par arpent,
Quelle qantité d'orge ?
D'un minot et quart à un minot et demi.
Quelle quantité d'avoine ?
De deux minots et demi à trois minots par arpent. Quelle quantité de seigle ?
D'un minot et quart à un minot et demi par arpent. Quelle quantité de sarrazin ?
D'un demi-minot à trois-quarts de minot par ar-
TOO ROZ
Quelle quantité de mil et de trèfle ?
La quantité de mil doit être d’un quart de minot mêlé à deux livres de trèfle rouge,
Q. A quels signes reconnaît-on qu’il est temps de couper le blé, l'orge, l’avoine, le seigle et le sarruzin ?
R. Tous ces graas doivent être coupés un peu avant leur complète maturité, Ainsi, le blé est bon à couper lorsque le grain n'étant plus en lait, est néanmoins assez tendre pour se laisser rayer par l’ongle. Dans cet état, la paille est encore verte auprès des nœuds. Tous les autres grains doivent être aussi coupé avant qu'ils soient complétement mûrs,
Q. Quel inconvénient y a-t-il à couper ces grains trop tard, et lorsqu'il sont très-mûrs ?
R. Il y a alors l'inconvénient que les grains égrènent, et qu’une grande quantité de ces graines reste sur la terre, où elles sont perdues.
Q. Y at-il quelques précautions à prendre après la coupe du blé, du seigle et de l'orge ?
. Le blé et l'orge doivent être engerbés et liés aussitôt après avoir été coupés, et disposés en moyettes ou quintaux.
Q. Dites comment vous feriez ces moyettes ou quintaux.
R. On commence par mettre une gerbe debout, les épis en haut, Autour de cette première gerbe et un peu inclinées, de manière À s'appuyer sur elle, on dispose
HA. us
1 uatre autres gerbes avec les épis également en haut. Sur ces cinq gerbes ainsi disposées, on place une grosse gerbe les épis en bas, et la moyette est prâûte.
| Q. Quels avantages présentent ces moyelles ou quin- | taux ? LE
| R. Les avantages que présentent ces moyettes ou quin-
taux sont considérables. Le grain ainsi disposé peut
rester dehors, et par tous les temps, pendant plusieurs semaines, sans êtré nullement endommagé. Bien plus, disposé de cette façon, le grain continue à se nourrir et
à mûrir,
Q. Est-il aussi nécessaire de disposer l’avoine en quintaux ?
R. Il n’est pas aussi nécessaire de disposer l’avoine en quintaux, parce que l’avoine germe difficilement, et peut endurer beaucoup de mauvais temps avant de se détériorer. Mais le blé, le seigle et l’orge germent si facilement et si promptement, qu'on doit toujours les mettre en guintaux, à mesure qu’on les coupe. Dans les annéees pluvieuses, le seul moyen de sauver même l’avoine est de la mettre aussi en guintaux.
Culture des légumes.
Q. Quels sont les principaux légumes cultivés en Canada ?
R. Les principaux légumes cultivés en Canada sont : la pomme de terre (patate), les navets, les choux, les carottes, les betteraves, etc.
Q. Quelle espèce de terre convient le mieux à la culture des pommes de terre ?
R. L'espèce de terre qui convient le mieux à la culture des pommes de terre est la terre légère, sableuse ou tufeuse.
Q. Que pensez-vous de la culture des pommes de terre dans les terres franches ou fortes ?
R. Ces pommes de terres sont toujours agueuses, et
sujettes À pourrir promptement. Néanmoins, elles peuvent être employées avec avantage pour les engrais d'automne, ou pour la nourriture des animaux à l'étable, jusqu’au milieu de l'hiver.
. aus quelle espèce de terre cultive-t-on ordinairement les navets, les carottes, les betteraves et les choux ?
R. La culture de ces légumes, servant ordinairement à préparer la terre pour la culture des grains ei pour la confection des prairies, se fait, de préférence, dans la terre franche ou forte.
Q. Les divers travaux de préparation à donner à la terre pour la c''cre de ces divers légumes diffèrent-ils beaucoup
R. Ces travaux sont les mêmes pour tous.
Q. Ea quoi consistent ces travaux de préparation ?
R. Ces travaux de préparation consistent en labours profonds et scumert »£nétés, suivis de hersages et de roulages nombreux nenr bien ameublir et pulvériser la terre. Les pièce: qui doivent être ensemencées avec ces légumse doivent au:st recevoir une fumure considérable.
Q. Supposant que vous vetil: 4 susemencer en légumes une pièce de prairie usée et vieillie, quels travaux préparatoires feriez-vous ?
R. La première chose à faire est un premier labour d'automne, aussi profond et aussi bien conditionné que possible. Le printemps suivant, cette pièce doit être ensemencée en avoine ou en blé. Le deuxième automne, nouveau labour profond ; le deuxième printemps, nouvelle semence en avoine, mais pas en blé, si la pièce a porté du blé l’année d’auparavant. Ie troisième automne, nouveau labour ; le troisième printemps, un, deux, et même trois labours, avec autant de hersages et de roulages, suivant la force de la terre. Lorsque l’ameublissement est bien complet, la pièce est prête À recevoir la semence et l’engrais,
Q. Quelle quantité de fumier faut-il mettre à l’arpent pour la culture de ces légumes ?
R. Il faut mettre à l’arpent 60 voyages ou plus de fuwier,
Q. Quel famier emploie-t-on à cet usage ?
R. On emploie ordinairement le fumier de l'hiver. Si ce fumier a commencé à pourrir avant d'être employé, cela vaut mieux.
Q. Que faites-vons ensuite ?
R. On procède ensuite de deux manières différentes, suivant qu'on sème la graine, ou qu'on plante les légumes eux-mêmes, après qu'ils ont levé dans les couches chaudes,
Q- Toutes ces variétés de léguines peuveat-elles être plantées ?
R. Les choux et les navets de Suède /choux de Siam) se transplantent; les navets ordinaires, les carottes se sèment à demeure; les betteraves se sèm nt ou se transplintent, mais il vau mieux les semer.
Q. Quel nom donne-t-on à la transplantation des léumes ?
R. On donne à la transplantation des légumes le nom de repriquage.
Q. L'ensemencement des graines de navets, de carottes et de betteraves, présente-ii quelque différence ?
R. L'ensemencement de ces trois espèces de graines est le même.
Q. Coinment se fait cet ensemencement ?
R. Ilse fait par rangs on à lu volée.
Q. Quelle est la meilleure de ces deux méthodes ?
R. La meilleure est celle qui consiste À taire le semis par rangs ; le semis à lu volée duit être laissé complétement de côté.
Q. Comment procédez-vous au semis par rangs ?
KR. La terre ayant été bien ameublie et pulvérisée comme il à été dit plus haut, reçoit un dernier labour, de manière à être toute divisée par plates-bandes étroites
qu'on appelle billons ; ces billons sont séparés par des raies. Dans chacune de ces raies on dispose le fumier également. Un trait de charrue passé dans le milieu de la longueur des deux plates-bandes ou billons qui avoisinent la raie, fait tomber la terre dans la raie et recouvre le fumier; de sorte que là où était le billon l'instant d'auparavant, se trouve une raie, et |à où était une raie se trouve un billon, Quand tout le fumier a été ainsi recouvert et que les billons sont formés, on passe le rouleau, de manière à aplatir un peu leur surface, Les billons, alors, sont prêts à recevoir la graine.
Q. Comment semez-vous la graine dans ces billons ?
R. La graine dans ces billons se dépose à la mair, ou mieux à l’aide de petits instruments peu coûteux qu’on appelle semoirs.
Q. Décrivez la manière de semer à la main.
R. On prend une cheville pointue, ou un bois garni de plusieurs de ces chevilles placées à une distance de 10 pouces les unes des autres. Avec cette cheville, ou avec ce bois garni de plusieurs chevilles, on fait dans la plate-bande des trous ayant à peu près un pouce de profondeur, Chacun de ces trous doit être, au moins, à la distance de 10 pouces l’un de l’autre. Dans chacun de ces trous on dépose deux ou trois graines. Ces trous sont ensuite remplis, et les graines sont enterrées avec la main, avec un râteau, ou avec une pièce de bois qu’on promène sur la plate-bande.
Q. Quel inconvénient présente cette méthode ?
R. Cette méthode est longue, fait perdre beaucoup de temps, et ne fait pas un semis régulier.
Q. Combien y at-il d'espèces de semoirs ?
R. Il y a deux espèces principales de semotirs : le semoir-brouette, ou à bras, et le semoir-à-cheval.
Q. Quel eri celui qui convient le mieux pour les usages ordinaires ?
Ha]
A‘. Qi
R. Pour les usages ordinaires, le semoir à bras convient le mieux.
Q. Décrivez ce semoir à bras.
R. Ce semoir n’est autre chose qu’une petite brouette contenant une boîte où l’on met la graine, et un petit coutéau ou rayonneur qui trace sur les billons les lignes où la graine doit être déposée. La boîte à graines étant remplie, il suffit de promencr le semoir sur les billons, et les lignes se tracent, et la graine se dépose d’elle-même, suivant la quantité voulue, et aux distances convenables. Un petit mécanisme placé dans le semoir permet d’obtenir tous ces résultats. Les graines sont enterrées par le semoir lui-même.
Q. Combien de temps faut-il aux diverses graines de légumes pour lever ?
R. Le temps nécessaire pour les faire lever varie beaucoup, avec les différentes espèces. Ainsi, pendant que les navets sont sortis de terre 8 ou 10 jours après leur ensemencement, les carottes, bien souvent, n’apparaissent qu’au bout de 30 à 40 jours.
Q. Une fois que les navets sont sortis de terre, quels soins exigent-ils ?
R. Aussitôt que les navets sont sortis de terre, et qu'ils ont deux feuilles un peu larges, on donne un premier sarclage pour détruire les mauvaises herbes.
Q. Comment faites-vous ces sarclages ?
R. Ces sarclages se font, ou à la main, à l’aide de pioches, grattes, &c., ou mieux, avec un instrument peu coûteux qu’on appelle houe à cheval.
Q. La houe à cheval opère-t-elle le sarclage sur la ligne même où se trouvent les navets ?
R. La houe à cheval n'opère pas le sarclage sur ces lignes ; il faut le pratiquer à la main avec une espèce de gratte appelée houe à la main.
ë. En même temps qu’on opère le sarclage sur ces lignes, que faut-il faire ?
R. En même temps qu'on opère le sarclage sur les
du 88
lignes, on éclaircit, c'est-A dire qu'on arrache tons les plante de navets qni se tronvent dans le même trou, moins un; celui qu'on laisse doit être le plus vigoureux. Cet éclaireissement se fait à ln main.
Q Que faut-il faire ensuite ?
R. Q 1inze jours, ou trois semaines après ce dernier sarclage, on en fait un deuxième, si le besoin s’en fait sentir, pour détruire de nouveau les mauvaises herbes qui ont pan pousser durant cet intervalle. Quand les feuilles sont bica dévelonpées et qu'elles couvrent tout le terrain, où ne sarcle plus, et on laisse la végétation se faire jusqu'a moment de la récolte,
Q. Si, durant les premiers surelares, vous vons apercevez que la levée des graines mauque en certains endroits, que devez-vous fire ?
R. On doit seruer d> nouvelles graines dans ces endro ts. ce qni peut su faire jisque vers la fin de juillet.
Q. Quand se fuit la récolte des navets ?
R. Les navets que l'on duit semer, en ce pays, entre le 10 et lo 20 de juillet, sont bons à récolter à la fin d'octobre.
Q. Comment se fait l’arrachage des navets ?
R. Cet arrachige se tait oudinairement à la main.
Q. Comment se conservent les navets ?
R. On les conserve de plusieurs manières: parfois, dans des caves fraîches, d'autres fuis en silos, c’est-à-dire, en les recouvrant de terre,
Q. Quel est l'usage des navets ?
R. Les navets sont vendus, ou mieux employés pour la nourriture des animaux.
Q. Quelles préparations fant-il faire subir à la terre pour la culture des navets de Suède (choux de Siam) ?
R. Absolument les mêmes que pour la culture des navets.
Q. Exigent-ils des soins particuliers ?
R. Les soins qu'ils exigent sont «absolument les mêmes que pour les navets, avec cette exception, qu'au lieu de
les semer, on les transplante. Cette transplantation ou repiquage est le meilleur moyen à +dopter pour ce lézume,
Q. Comment se fair cette transplantation ou re-
ignage ?
R. Elle se fait absolument comme pour les choux. On choisit de préférence un temps pluvieux ou sombre, et on met les plants à uue distance de LU pouces les uns des autres.
Q. En quel temps doivent être plantés les navets de Suède ?
R. Ils doivent être plantés vers la fin de mai ou le commencement de jui.
Q. Comment les conserve-t on ?
R. On les conserve comme les navets, Tls présentent, sur ces derniers, l’avantazsc de chuutfer moins aisément, et de se conserver tout l'hiver aveu tacuhté,
Prairies.
Q. Attachez-vous une grande importance à la préparation des prairies ?
R. Oui; car le cultivateur qui à de nombreuses et bonnes prairies et qui récolte beaucoup de foin, est toujours un cultivateur à l'aise, &t même riche,
Q. Quelles sont les pièces de terre qui conviennent le mieux pour les prairies {
R. Les pièces qui conviennent le mieux pour les prairies sont les pièces de terre forte ou franche. Les terres légères ne peuvent être converties en prairies qu’à force d'engrais, et eucore sont-elles toujours de courte durée.
Q. Comment vous y prendriez-vous pour faire une belle et bonne prnésie } ?
R. La première chose à faire est de choisir une pièce de terre convenuble, c'est-à-dire une pièce de terre forte ou franche, et ensuite de ia bien égoutter, en pratiquant
ln
Ju EE
ou creusant des fossés, si micux l’on n’aime avoir recours au drainnge, Ueci étant fait, les moyens à prendre sont de deux espèces; suivant qu'on veuille préparer la pièce à l’uide seule des labours, où qu'on vewile la préparer à l’aide de la culture des légumes,
. Décrivez la methode à employer uvec l’aide seule des labours.
R. Supposant que la pièce queje veux traiter soit une prairie vicilh+, couverte de mousse et usée, ]a première chose à faire est un bon labour d'automne, Le printemps suivant, semence en avoine ou en bié, avec Wwil et trèfle, et vigoureux hersage.
Q. Que pensez-vous de cette méthode ?
R. Cette méthode est de toutes la plus économique, vu qu'elle exige peu de travail et nul engrais. Dans les terres très-bonnes et fertiles par elles-mêmes, cette méthode suffit pour façonner d'ussez bonnes prairies qui durent pendant cinq ou six ans. C’est la méthode que peuvent employer les cultivateurs trè8-pauvres qui n'ont que trèspeu ou point d'engrais, et n'ont pas les moyens de s'en procurer. Le grand inconvénient de cette méthude est que les mauvaises herbes ue tardent pas à pousser.
Q. Pouvez-vous, à peu de frais, améliorer cette méthode?
R. On peut, sans beaucoup de frais, améliorer cette méthode, en ayant recours à l’une ou à l’autre des deux espèces de chaulages qui ont été décrits e1-devant, Avec ces chaulages, l4 prairie rendra beaucoup plus, et beaucoup plus longteinp».
Q. Supposons que le cultivateur puisse disposer de trente à quarante voyages de fumier, peut-il, en suivant cette méthode, utiliser ce fumier pour augmenter le rendement de sa prairie ct sa durée ?
R. Oui,et cu qu'il a de mieux à faire alors, est de laisser pourrir ce fumier avec les précautions données plus haut. Aussitôt après que le grain aura été enlevé, il étendra ce fumier bien également sur sa prairie; et bientôt 1l verra le trèle ct le muii reprendre une vigueur
recours prendre parer ja uille {a
e seule
er soit la pre- & Le
, avec
jue, vu terres éthode lurent uvent C trèsle s'en de est
hode ?
Cette deux Avec beau-
er de ivant » le
st de nées levé, ; et 1eur
ea
extraordinaire. S'il ne pouvait faire cette couverture la première année, il pourrait la faire la seconde ou la troisième, si la terre n’était pas trop compacte.
Q. Le fumier peut-il être sad en couverture Sur toutes les espèces de terres ?
R. Le fumier en couverture n’agit bien que sur les terres ameublies; sur les terres trop compactes, le jus du fumier ne peut pas pénétrer dans la terre et s'écoule dans les raies, les rigoles et les fossés.
Q. Comment préparez-vous une prairie à l’aide de la culture des légumes ?
R. Pour préparer une prairie à l’aide des légumes, on procède d’abord comme il a été dit plus haut à propos de leur culture. Le printemps qui suit la récolte, on laboure, on ensemence en orge, en avoine, ou en blé, avec graine de mil et trèfle Une prairie faite de cette manière pousse avec une vigueur extraordinaire, donne de trois à quatre cents bottes à l’arpent, et dure sept, huit et dix ans.
Q. Quels inconvenients rencontre t-on dans la préparation des prairies, surtout lorsque la terre n'est pas préparée d'avance par la culture des légumes ?
R. Les inconvénients que l’on rencontre sont, d’abord,
la difhiculté de bien conditionner le labour, le hersage
et le roulage, vu que ces opérations, ayant lieu de bonne heure le printemps, ou tard lautomne, l'humidité trop grande du sol s'oppose à ce que ces travaux soient bien üis, casuite, par la culture des légumes, la terre est bien mieux ameablie, et surtout mieux débarrassée des mauvaises herbes de toute espèce.
Q. Connaissez-vous un moyen économique qui permet de remédier à ces inconvénients ?
R. Un moyen qui permet de remédier à ces inconvénients et qui, en même temps, nous met en état de faire de belles et bonnes prairies, est la inéthode dite de jachère,
Q. Décrivez cette méthode,
CNE 20
R. Supposant qu'il s'agisse de traiter en 71chère une prairie déjà viclle et usée, on commence par en tirer deux récoltes d'avoine, à l'aide de labours d'automne, comine il a été dit plus haut. Après la deuxième récolte d'avoine, nouveau labour J'au'omne : et le troisième printemps, cette pièce est hersée, mais pas ensemencée. Durant la morte saison de l'eté, au mois d'août, on Jaboure de nouveau cette terre, on la herse et on ia roule,
Q. Quel est l'objet de tous ces labours, hersages et roulagcs ?
R. L'objet de tous ces labours, hersages et roulages est 19 de bien ameubir la terre; 27 de détruire toutes les mauvaises plantes qui, étant déchaussées à mesure qu'elles poussent, se trouvent expüsees à l'action du solex qui les détruit ?
Que feriez-vous ensuite ?
KR. Après le dernier iabour, vers le milieu où la fin d'août on ensemence cette pièce en mil et trefle, à raison de + de minot de mil et 2 livres de trèfle, bien mêlés euseiuble, à l’arpent, La graine est enterrée par un hersage. Si, durant deux ou trois des labours qui ont précédé, le cultivateur a pu faire un chaulage, où s'il peut répandre sur ce terrain, ea couverture, iumidinitement sur la semence, 20 ou 30 tombereaux de fumier pourri, il est sûr de faire une prairie de premier ordre, et qui durera longtemps.
Q. Quelle est votre opinion sur la valeur de toutes ces méthodes ?
R. La première méthode avec un seul labour, sans chaulage et sans couverture, et celle par la j rchère sans chuulage et sans couverture, ne conviennent qu'aux cul tivateurs tellement pauvres qu'ils ne peuvent pas disposer de quelques voyages de fuuier, ou de quelques piastres pour l'achat de cinq ou six b: rriques do ch: IUX ; et ces cas sont rares, La première méthode avec chau- Jage ou fumier en couverture, et la methode par la juchère avec chaulage, ou fumier en couverture, sont
une irer iné, olte dime cée,
on ule.
y et
utes suré olex
, fin son 1êlÉs