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Petit manuel d'agriculture, d'horticultre et d'arboriculture [microforme]

ExXREGISTRÉ conformément à l’acte du Parlement du Canada, en l’année mil huit cent soixante-dix huit, par HueerT LARUE, au burcau d: Ministre d'Agriculture.

Nutrition des plantes

Question.—Comment les plantes se nourrissentelles ?

Réponse.—Les plantes se nourrissent principalement par leurs racines et par leurs feuilles.

Q. Comment agissent ces racines et ces feuilles ?

R. Les racines agissent comme autant de petites bouches qui enlèvent à la terre une partie de la nourriture dont les plantes ont besoin; et les feuilles trouvent dans l'air l’autre partie de la nourriture qui est nécessaire à la vie de ces mêmes plantes.

Q. Qu'entend-on par ces mots: terre riche ou fertile, et terre pauvre ou inferlile ?

Q. On dit qu'une terre est riche ou fertile quand elle renferme en quantité suffisante les substances qui sont nécessaires à la nourriture des plantes ; on dit qu’une terre est pauvre ou infertile, quand elle ne renferme pas ces substances ou ne lès renferme qu’en petite quantité.

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Q. Pourquoi la plupart de nos terres sont-elles aujourd’hui pauvres ou infertiles ?

R. Parce qu'ayant été cultivées pendant une longue suite d'années sans fumier, sans engrais, ces terres ne contiennent plus les substances nécessaires à la nourriture et à la vie des plantes.

Espèces de terres

Q. Combien y a-t-il d'espèces principales de terres ?

R. Pour les besoins ordinaires de la pratique, on peut diviser les terres en deux espèces principales : 10 terres fortes où glaiseuses, 20 terres légères ou sableuses.

Q. Quelle différence y a-tl entre la composition d’une terre forte et celle d’une terre légère ?

R. Dans les terres fortes il y a beaucoup de glaise et peu de sable; dans les terres légères il y a beaucoup de sable et peu de glaise.

Q. Les terres fortes sont-elles toutes de la même espèce ?

R. Non; il y a des terres tellement fortes qu’elles sont tout à fait impropres à l’agriculture. Les meilleures sont celles qui sont formées d’un mélange de glaise et de sable en de justes proportions.

Q. Quel nom donnez-vous aux terres formées d’un mélange de sable et de glaise en de justes proportions ?

R. On leur donne généralement le nom de terres franches.

Q. Les terres légères sont-elles toutes de la même qualité ?

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R. Non; ily a des terres si légères, comme les sables des rivages, qu’on ne les cultive pas. Les bonnes terres légères sont celles qui contiennent une certaine quantité de glaise.

Q. Quels atantages présentent les bonnes terres légères ?

R. Les bonnes terres légères présentent les avantages suivants: 1° elles peuvent être travaillées plus aisément en toutes saisons; 20 elles exigent des travaux moins considérables ; 30 elles se laissent pénétrer facilement par leau des pluies ; 49 elles demandent peu ou point de travaux d’égouttement,

Q. Quels avantages présentent les bonnes terres fortes ou franches.

R. 1° Elles peuvent être travaillées assez facilement presque en toutes saisons; 2° elles se laissent pénétrer assez bien par Peau des pluies qu'elles conservent assez longtemps et pas en excès.

pourvu qu'elles soient suffisamment égouttées ; 30 ces terres sont celles qui conviennent le mieux à la culture de la plupart des plantes et surtout à la confection des prairies.

Q. Quels sont les défauts des terres /rop fortes ?

R. Les défauts des terres trop fortes sont les suivants: 1° ces terres sont pesantes, difficiles à labourer et à travailler, et se laissent pénétrer diffcilement par l'air, par la chaleur, et par l'eau des pluies; 2° une fois imbibées d’eau, ces terres

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la conservent longtemps, et en grande quantité, ce qui parfois fait pourrir les racines ; 3° dans les grandes sécheresses, ces terres se fendillent, se crevassent, et les racines des plantes, se trouvant par là déchaussées, exposées à l'air ou étouffées, périssent.

Q. Quels sont Les défauts des terres trop légères ?

R. Les défauts des terres trop légères sont : 1° de se laisser pénétrer trop facilement par l'air, et surtout par la chaleur du soleil ; 2 de ne pas retenir l'eau des pluies assez longtemps, et de se dessécher très-vite.

Q. Comment agissent les fumiers dans ces deux espèces de terres ?

R. Dans les terres fortes, les fumiers se décomposent lentement et font sentir leurs bons effets pendant longtemps ; dans les terres légères, au contraire, les fumiers se décomposent rapidement, et leurs bons effets sont de courte durée.

Q. Peut-on diminuer la trop grande force ou la trop grande légèreté des terres ?

R. On peut diminuer la trop grande force ou la trop grande légèreté des terres par des amendements.

Amendements

Q. Qu'entend-on par amender une terre ?

R. On dit qu'on amende une terre quand à une espèce de terre on en mêle une autre qui a des qualités différentes, ou encore quand on y ajoute certaines substances qui ont l'effet de changer ses propriétés.

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Q. Donnez des exemples d'amendements.

R. Si je charroie sur un arpent de terre trop forte de la terre légère, du sable, du tuf, des graviers, de la chaux, des cendres, de la terre de savane, etc. alors je fais un amendement. Si, sur ur arpent de terre trop légère, je charroie de la glaise ou de la terre forte, je fais encore un amendement.

Q. Les curures des fossés peuvent-elles être utilisées pour pratiquer ces amendements ?

R. Les curures des fossés devraient toujours être utilisées comme amendements. Lorsque ces curures sont composées de terre forte, on doit les jeter sur les terres trop légères ; lorsque ces curures consistent en terre sableuse ou tufeuse, on doit les jeter sur les terres {rop fortes.

Q. Que fait-on ordinairement des curures des fossés en ce pays ?

R. Les curures sont ordinairement déposées sur les rebords des fossés, et deviennent nuisibles parce qu’elles s'opposent au libre écoulement de l’eau et à l’égouttement.

Q. Lorsque vous avez transporté de la terre forte sur une terre légère, où de la terre sableuse ou légère sur une terre forte, que devez-vous faire ?

KR. On doit faire un léger labour pour bien mélanger ces deux espèces de terre ensemble,

Q. Lorsque la terre employée comme amendement est de la terre forte, doit-on faire le labour aussitôt après le charroi ?

R. Lorsque la terre employée comme amendement

est de la terre forte, il vaut beaucoup mieux la lasser sur le terrain pendant quelques mois avant de labourer, afin de donner aux mottesle tempsde se pulvériser.

Q. Les amendements, dans certains cas, peuvent-ils se pratiquer d’une manière encore plus économique ?

R. Oui, cela peut se faire, par exemple, lorsque sous une couche de terre trop forte il se trouve une couche de terre légère, ou lorsque sous une couche de terre trop légère, 11 se trouve une couche de terre plus forte.

Q. Comment alors opérez-vous l'amendement ?

R. On opère alors l'amendement par des labours profonds qui mélangent ces deux espèces de terre ensemble,

Q. Connaissez-vous quelque autre méthode pour amender les terres trop fortes ?

R. On amende encore les terres 7rop fortes par des labours et des hersages fréquents, par l'emploi des engrais verts, ct par la culture de certaines plantes, comme les navets, les carottes, les betteraves, les pommes de terre,

Q. Comment agissent les labours et les hersages fréquents, et la culture des légumes ?

R. Les labours et les hersages fréquents et la culture des légumes agissent en pulvérisant la terre et en en diminuant la consistance et la force.

Travaux de la terre

Q. Quels sont les principaux travaux à faire pour l'ensemencement des graines ?

R. Les principaux travaux à faire pour l’ensemencement des graines sont : le labour, le hersage, le roulage, l’'égouttement, les fumures.

Labour

Q. A quoi servent les labours ?

R. Les labours servent {0 à ameublir la terre ; 2° à détruire les mauvaises herbes ; 30 à mêler la terre avec les amendements et les engrais.

Q. Quelles sont les principales espèces de labours ?

R. Les principales espèces de labours sont : les labours profonds et Les labours superficiels ou légers ; les labours d'automne et les labours du printemps.

Q. Qu'entendez-vous par labours profonds et par labours superficiels ?

R. On dit qu’un labour est profond quand la charrue est enfoncée à 7 ou 8 pouces dans la terre ; on dit qu'un labour est léger quand la charrue n’est enfoncée qu'à quatre ou cinq pouces.

Q. Pratique-t-on, dans certains cas, des labours encore plus profonds que ceux que vous venez d’indiquer ?

R. Oui, dans certains cas, on pratique des labours de 9 à 10 pouces de profondeur. On donne à cette espèce de labour le nom de défoncement. Le défoncement se pratique à l’aide de charrues particulières qu’on nomme charrues sous-sol.

Q. Les labours profonds conviennent-ils également à toutes les espèces de terres ?

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R. Les labours profonds conviennent à toutes les terres qui ne sont pas déjà trop légères.

Q. Quels sont les effets des labours profonds dans les terres fortes ou franches ?

R. Les effets des labours profonds dans les terres fortes ou franches sont d’ameublir et de pulvériser une couche de terre plus épaisse.

Q. Quels sont les principaux effets de cet ameublissement profond ?

R. Les principaux effets de cet ameublissement profond sont : 1° de permettre aux racines des plantes de se frayer plus aisément un chemin à travers le sol pour y puiser leur nourriture ; 20 de permettre à l’eau des pluies de pénétrer plus profondément dans la terre, ce qui a l'effet d'empêcher cette eau de s'accumuler autour des ratines dans les années pluvieuses.

Q. Comment l’eau, lorsqu'elle est en trop grande abondance autour des racines, peut-elle les endommager ?

R. Lorsque l’eau est en trop grande abondance autour des racines, elle les fait pourrir et détruit les plantes.

Q. Les labours profonds sur les terres fortes ontils de bons effets en temps de sécheresse ?

R. Les labours profonds sur les terres fortes ont de bons effets en temps de sécheresse, parce qu’alors l’eau remonte du fond à la surface, et vient humecter les racines.

Q. Dans quel cas les labours légers conviennentils le mieux?

R. Les labours légers conviennent le mieux 1° dans les terres trop légères, parce qu'ici on ne doit pas chercher à ameublir des terres déjà trop meubles; 2e dans les cas où la couche de bonne terre arable est mince, et qu'au-dessous il se trouve du tuf, des graviers, etc.

Q. Dans quels cas les labours d'automne conviennent-ils le mieux ?

R. Leslabours d'automne conviennent le mieux dans les terres fortes ou franches, dans celles, surtout, qui ont été longtemps en friche ou en prairies.

Q. Quels sont les bons effets de ces labours d’au- Lomne ? |

R. Les bons etlets de ces lubours d'automne sont que les tranches de terre soulevées par la charrue, se trouvant exposées à l'air et à la gelée, deviennent friables et s'ameublissent ; en outre, ces labours d'automne donnent une grande avance pour les travaux du printemps, ce qui est d’une grande importance avec nos courtes saisons.

Q. Dans quels cas les labours d'automne ne convienuent-ls pas ?

R. Les labours d'automne ne conviennent pas dans les terres trop légères et trop meubles, parce que l’action de l'air et de la gelée les‘ameublirait d'avantage.

Q. Les labours d'automne ont-ils encore d’autres inconvénients dans les terres trop légères ?

R. Oui ; dans les terres trop légères qui sont en pente les fortes pluies de l'automne et du printemps emportent au loin la glaise qui est plus légère que

le sable, et entraînent cette glaise dans les ruisseaux et dans les fossés.

Q. Quel nom donne-t-on généralement à cet effet produit par les grosses pluies sur les labours d’automne ? |

R. On dit généralement alors que la terre se dégraisse Ou se lave.

Q. A quels signes reconnait-on qu’un labour est bien fait ?

R. On reconnait qu’un labour est bien fait aux signes suivants : 1° Les tranches de terre coupées par la charrue sont droites, d’égale épaisseur et d’égale largeur ; 2 ces tranches sont toutes renversées régulièrement les unes sur les autres, de manière qu’elles se supportent également ; 30 les planches sont toutes de même largeur ; 4° les raies qui les séparent sont étroites et sont droites.

Q. Quel inconvénient présente une tranche de labour qui ne s'appuie pas également sur une autre ?

R. Si une tranche de labour ne s'appuie pas également sur lPautre, il se produit des enfoncements, des trous, dans lesquels l'eau s'accumule, ce qui a l'effet de faire périr les plantes par lexcès d'eau qui noie les racines, ou par les gelées ; en outre, le grain n'étant pas enterré à la même profondeur ne lève pas également et ne mürit pas en même temps.

Q. Quelle est la meilleure largeur à donner aux planches ?

R. La meilleure largeur à donner aux planches est généralement de 12 à 18 pieds dans les terres fortes,

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et plus dans les terres légères ; cela, cependant, peut varier dans certains Cas. |

Q. Quelle est la meilleure direction à donner aux planches dans les terres fortes ?

R. La meilleure direction à donner aux planches dans les terres fortes est celle qui facilite le mieux leur égouttement, c’est-à-dire, la direction qui va suivant la pente naturelle de la pièce.

Q. Pourquoi les raies qui séparent les planches doivent-elles êtres droites ?

R. D'abord, parce que des planches avec raies droites présentent une plus belle apparence à l'œil, et ensuite, parce que l’égouttement se &it mieux.

Q. Un bon labour a-t:1l une bien grande influence sur le rendement d’une pièce de terre ?

R. Oui, sans un bon labour, il ne peut guère v avoir de bonnes récoltes ni de bonnes prairies.

Q. Enumérez les principaux défauts des labours, tels qu’on les voit en ce pays.

R. Les principaux défauts sont les suivants: 1° les tranches de terre sont mal renversées, de sorte que bien souvent, au lieu de s'appuyer les unes sur les autres également, elles sogt couchées à plat; 2 le milieu de la planche, au lieu d'être un peu plus élevé que les bords, est souvent plus bas, ce qui permet à l’eau d'y séjourner et de faire périr les plantes ; 30 d’autres fois, le milieu de la planche est beaucoup trop élevé, de sorte que si cette planche est étroite, elle a la forme d’un pain de sucre ; 4° les planches sont trop étroites, ce qui augmente inutilement le

nombre des raies et occasionne une perte de terrain ; 5° les planches sont loin d’avoir toutes la même largeur : ainsi l’on voit, sur la même pièce, des planches de trois pieds de large, et à côté des planches de douze à quinze pieds; 6° les raies sont généralement en zig-zag, de sorte que l’eau s'écoule mal, et que la pièce présente à l'œil la plus mauvaise apparence.

Hersage

Q. Quels sont les effets du hersage ?

R. Les effets du hersage sont 1° d’ameublir et d'égaliser la terre ; 29 d’enterrer les graines à une profondeur convenable.

Q. Quelles sont les principales variétés de herses ?

R. On donne aux herses plusieurs formes différentes ; les principales variétés sont les suivantes : herses simples, herses doubles, herses à dents de Rois et herses à dents de fer.

Q. Quelle différence y a-til entre les herses simples et les herses doubles ?

R. Les herses doubles sont au moins deux fois plus larges que les simples, de sorte que dans le même temps, on fait avec les doubles beaucoup plus d’ouvrage,

Q. Le mème attelage convient-il aux herses simples et aux herses doubles ?

R. Pour les herses simples un seul cheval suffit ; pour les herses doubles il faut deux chevaux.

Q. Les herses à dents de bois et les herses à dents de fer conviennent-elles également à tous les terrains ?

R. Les herses à dents de bois peuvent suffire pour les terres légères ou sableuses qui ne contiennent pas trop de mauvaises herbes ; mais pour les terres fortes, les herses à dents de fer sont indispensables, parce qu’elles s’enfoncent mieux dans le sol et Pameublissent davantage. |

Q. Un seul hersage est-il toujours suffisant ?

R. Un seul hersage suffit ordinairement dans les terres bien légères ; mais dans les terres fortes il en faut souvent deux, quelquefois trois, et même plus.

Q. Quand on fait deux hersages sur une terre forte, quelle est la meilleure méthode à adopter ?

R. La meilleure méthode à adopter est d’en faire un sur le long, et l’autre sur le travers.

Q. Quel temps doit-on choisir de préférence pour le hersage ?

R. On doit choisir le temps où la terre n’est ni trop humide, ni trop sèche,

Q. Le hersage est-il une opération bien importante ?

R. Le hersage est une opération des plus importantes. Non-seulement il à leffet d'enterrer les graines, mais encore 11 détruit les mauvaises herbes, ameublit la.terre, et permet aux tiges des plantes de sortir avec plus de facilité,

Q. Quels sont les principaux défauts des hersages, tels que pratiqués en ce pays ? ‘

R. Trés-souvent ces hersages sont pratiqués sans nul soin. Dans maintes paroisses encore on ne connait pas l'usage des herses à dents de fer, et le plus souvent on se contente de pratiquer un seul

hersage là où il en faudrait deux ou trois. Les dents de herses ne sont pas entretenues et appointies, et la terre alors, au lieu d’être hersée, n’est qu'égratignée, de sorte qu’on voit encore toutes les tranches du labour. Grand nombre de pièces ne produisent presque rien à cause d’un défaut de hersage suffisant,

Roulage

Q. Comment s'exécute le roulage ?

R. Le roulage s'exécute en promenant sur la terre, après le hersage, des rouleaux de bois, de pierre ou de fer; ces rouleaux sont tirés par des chevaux.

Q. Quels sont les effets du rowlage sur les terres fortes ?

R. Sur les terres fortes le roulage a l'effet de briser les mottes, de les réduire en poussière, et, par conséquent, d’ameublir la terre. Sur cés terres on emploie souvent les rouleaux dentelés (rouleaux Croskill), qui brisent mieux les mottes et empêchent la terre de se croûter.

Q. Quels sont les effets du roulage sur les terres légères ?

R. Sur les terres légères le passage du rouleau a l'effet de tasser la terre, de lui donner plus de consistance et plus de force. Par là, l'humidité du sol est mieux conservée, l'air et la chaleur y pénètrent moins facilement et les racines sont moins exposées à se déchausser. Plus le rouleau sera pesant, plus le travail sera avantageux.

Q. Quel est le meilleur temps pour pratiquer le rowage sur les terres fortes ?

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R. Pour pratiquer le roulage sur les terres fortes, il faut choisir le temps où la terre n’est ni trop humide, ni trop durcie par la sécheresse. Lorsque la terre est trop humide, les mottes, au lieu de se réduire en poudre sous le rouleau, ne font que s'aplatir ; et, en outre, le passage du rouleau forme une croûte qui se durcit et s'oppose à la sortie des plantes. Lorsque la terre est trop sèche, les mottes durcies ne se brisent pas sous le poids du rouleau,

Q. Que faut-il faire si la terre se croûte après le roulage ?

R. Si, à la suite d’un orage, la terre se croûte après le roulage, il fant herser pour briser cette croûte ; autrement, le grain périrait en grande partie. Ce hersage re nuit aucunement aux grains, même après qu'ils ont levé.

Q. Le roulage est-il bien utile sur les terres fortes ?

R. Le roulage est très-utile sur les terres fortes ; il complète l’ameublissement commencé par le labour et par le hersage.

Égouttement

Q. Qu'entend-on par égouttement ?

R. On entend par égouttement toutes les opérations qui ont pour objet d'enlever l'excès d’eau où d’humidité contenu dans la terre.

Q. Comment se pratique l’égouttement ?

R. L’égouttement se pratique de deux manières : 1° par les raies, les rigoles et les fossés ouverts ; 2° par le drainage.

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Q. Comment agissent les raies, les rigoles et les fossés ?

R. Les raies reçoivent l'excès d’eau ou d'humidité qui se trouve sur les planches ; les rigoles reçoivent l'eau des raies et la déversent dans Îles fossés,

Q. À quels signes reconnaissez-vous qu’une raie est bien faite ?

R. On reconnaît qu’une raie est bien faite aux signes suivants : 1° elle est légèrement et également en pente, de manière à permettre à l’eau de s’écouler librement vers la rigole ou vers le fossé ; 2° elle est droite, parce que l’eau s'écoule mieux en suivant une ligne droite ; 3° il n’y a dans cette raie ni buttes, ni mottes de terre, ni pierres, ni morceaux de bois qui s'opposent à l'écoulement facile de Peau ; 4° ces raies ne doivent pas être trop creuses, surtout lorsqu'on se propose d'employer les faucheuses ou les moissonneuses.

Q. Est-il important que l'égouttement soit bien conditionné ?

R. En vain le labour, le hersage et le roulage seraient sans reproche ; si la terre est mal égouttée, elle restera infertile, et les mauvaises herbes de toutes espèces prendront la place du bon grain. Sur les prairies mal égouttées leau se prend en glace qui congèle les racines du foin. Enfin, les terres mal égouttées ne peuvent être ensemencées que fort tard au printemps.

Q,. Mentionnez un des principaux effets d’un bon égouttement sur une terre forte et froide.

R. Un des principaux effets d’un bon égouttement sur une terre forte et froide est de la rendre plus chaude : cela permet non-seulement d'ensemencer plus tôt au printemps, mais encore de récolter plus tôt à l'automne ; et en outre, le rendement est bien plus considérable,

Q. A quelle époque doit-on surtout corriger les défauts des fossés, des raies et des rigoles ?

R. C'est avant les pluies d'automne qu’il convient de nettoyer les fossés ; les raies et les rigoles doivent être nettoyées à fur et à mesure qu'on laboure ; pour les pièces ensemencées en grains où en légumes, il faut encore corriger ces défauts aussitôt après l'en. semencement ; pour les prairies, c'est surtout l’automne avant les gelées.

Q. Quel est le meilleur temps pour constater les défauts des raies et des rigoles ?

R. Le meilleur temps est après les grosses pluies ; on voit bien alors les endroits où l'eau séjourne, et lon comprend mieux les causes qui empêchent l'égouttement.

Q. Quelle est la meilleure forme à donner aux raies, rigoles et fossés ?

R. La meilleure forme est celle qui consiste à leur donner des bords légèrement inclinés. Quand les bords sont taillés à pic, ils s'éboulent et les fossés se bouchent constamment.

Q. Quels défauts remarque-t-on dans nimes tel que pratiqué dans ce pays ?

R. Il s’en faut que l’on apporte dans l’égouttement

tout le soin désirable. Le plus souvent, au lieu d'être droites, les raies et les rigoles sont tortueuses ; au lieu d'avoir une pente uniforme et égale, elles sont obstruées par des pierres, des mottes de terre, des morceaux de bois. La terre qui provient des fossés, au lieu d'être employée comme amendement, est jetée de chaque côté des fossés où elle forme des abotteaux qui bouchent lFextrémité des planches et des raies, et s'opposent à l'égouttement.

Q. Conunent pratiquez-vous Île Front

R. On peut Diane le drainage de plusieurs majières. Mais, quelle que soit la méthode qu'on emploie,oncommence par ouvrir des fossés dont la pente est dans ia direction d'un fossé principal plus profond qu'on nomuie collecteur.

Q. Que faites-vous ensuite ?

R. Ensuite on introduit dans ces fossés, et bout à bout, des tubes de terre cuite qu'on recouvre de terre ; on on à ces tubes le nom de tuiles (*}.

Au licu de tubes de terre cuite, peut-on emns d'autres substances ?

R. Au lieu de tubes de terre cuite, on peut emplover les pierres, les cailloux dont quelques-unes de nos lerres sont garnies, pourvu qu'ils ne soient pas Lr'Op gros.

Q. Peut-on employer le bois pour le drainage, et comment ? *

(*) Ces tubes coûtent à Montréal, chez Bulmer et Sheppard, huit piastres le mille; et mille pieds, dans les circonstances ordinaires, suffisent pour le drainage d’un arpent,

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