‹ Petit manuel d'agriculture, d'horticultre et d'arboriculture [microforme]Chapitre 10 sur 10 · CULTURE DES ARBRES · texte numérisé non relu

CULTURE DES ARBRES

Q. Comment se divise l’arborisulture ?

R. L'arboriculture se divise en deux parties principales, suivant qu'on a en vue de cultiver, 1o les arbres fruttiers, 2° les arbres d’ornementation.

Q. Quelle espèce de sol convient le mieux à la culture de ces divers arbres ?

R. L'espèce de sol qui leur convient le mieux varie suivant les diverses espèces d'arbres ; ainsi, quelques-uns poussent mieux dans des terres un peu fortes ou humides, d’autres, dans des «terres légères et chaudes ; mais, avec des soins convenables, tous les sols peuvent convenir à la culture des arbres fruitiers.

Q. Lorsqu'on veut planter des arbres dans un sol

qui ne leur convient pas naturellement, quelle précaution faut-il prendre ?

R. La première précaution à prendre est d’'amender ce sol, de manière à lui donner les propriétés physiques voulues. Ces amendements pour l’arboriculture se pratiquent de la même manière que pour l'horticulture et l’agriculture.

Q. Qu'arriverait-il si l’on plantait des arbres dans un sol qui ne leur conviendrait pas naturellement, ou qui n'aurait pas été convenablement amendé ?

R. Il arriverait que ces arbres ne tarderaient pas à dépérir, ou qu’ils ne donneraient que peu de fruits ou des fruits de mauvaise qualité.

. Reproduction

Q. Comment se reproduisent les arbres ?

R. Ils se reproduisent 1° par le semis; 2° par le couchage ; 3° par le marcottage; 4° par les boutures ; 5° par les drngeons; 6° par la greffe.

Q. En quoi consiste le semis ?

R. Le semis consiste à semer les graines des plantes dans un sol convenablement préparé ; on y a rarement recours.

Q. Qu'est-ce que le couchage ?

R. Le couchage est une opération qui consiste à faire produire des racines à des branches attachées à la plante-mère. On y parvient en ployant ces branches, avec ou sans incision,en recouvrant de terre leur

part mitoyenne, et laissant exposée à l'air leur extrémité supérieure.

Q. Qu'entendez-vous par marcottage ?

R. Le marcottage consiste à faire une incision ou fente longitudinale près d’un œil d’une’ branche, à coucher ensuite cette branche, et à la recouvrir de terre à l’endroit où elle a été incisée. (Cette opération accélère la formation des racines.

Q. Qu'’entendez-vous par bouture ?

R. La bouture est une branche ou un rameau de l’année que l’on enlève à un arbre et que l’on transplante pour lui faire pousser des racines.

Q. Qu’entendez- vous par drageons ou francs de pieds ?

R. Les drageons ou francs de pieds sont les plantes qui se développent sur les racines des vieux arbres. On enlève ces jeunes plantes, en les séparant des

racines mères, et on les met à demeure ou en pépinière.

Q. Qu'entend-on par le mot greffe ?

R. La greffe est une opération qui consiste à enter sur un arbre ou sur une plante, une branche ou un écusson d’une autre plante ou d’un autre arbre. Ces

greffes produisent les fruits de l'arbre dont on les a détachés.

Du Pommier

Q. Où doit se faire l'achat des plants de pommier ? R. Chez les pépiniéristes où l’on trouve facilement

aujourd’hui, au Canada, des plants greffés de première qualité, bien meilleurs ordinairement que ceux que l’on pourrait préparer soi-même.

Q. Quels sols conviennent le mieux au pommier ?

R. Presque tous les sols lui conviennent, pourvu qu'on ait le soin de les bien préparer et entretenir.

Q. Quelles préparations exige le terrain qu’on se propose de convertir en verger ?

R. Ce terrain, de même que celui qu’on destine à tous les arbres fruitiers, doit être préalablement bien ameubli et engraissé par la culture de quelques céréales, ou mieux de légumes. Dans les terres fortes ou humides, il faut veiller soigneusement à l'égouttement par le drainage ou autrement; car l'excès d'humidité est contraire à tous les arbres fruitiers.

Q. En quel temps doit se faire la plantation des pommiers ?

R. Le plus souvent cette plantation doit se faire au printemps. Pour cela il faut avoir soin de se procurer les plants dès l'automne précédent et les conserver en jauge durant l'hiver.

Q. Comment pratiquez-vous cette mis en jauge ?

R. On pratique dans une terre meuble, sèche et bien égouttée, comme la terre d’un jardia, un trou ou une rigole ayant des dimensions suffisantes pour recevoir les racines des plants disposés en javelle. On couche les plants sur le sol, de manière que les racines et le bas des tiges soient dans le trou ou dans la rigole; on recouvre ces racines de 12 pouces de

terre au moins, et on laisse les tiges exposées à l’air et couchées sur le sol.

Q. Comment se fait la plantation au printemps ?

R. Le sol de l'emplacement ayant été bien nivelé d'avance, et les trous qui doivent recevoir les racines des plants ayant été pratiqués à des distances convenables—c'est-à-dire de 20 à 30 pieds les uns des autres en tous sens, alignés au cordeau—on y place les racines des arbres, on les recouvre de terre bien ameublie que l’on tasse légèrement avec le pied, et on assujétit chaque arbre avec un tuteur. Il faut arranger ces luleurs, ou piquets, de manière que le lien qui les retient à l'arbre ou le tuteur luimême n’écorche pas ces arbres.

Q. Quelles doivent être les dimensions des trous dans lesquels on plante les pommiers ?

R. Ces trous doivent avoir de 3 à 4 pieds de diamètre pour permettre aux racines de s’y étaler à leur aise et sans se confondre entre elles, et de 2 à 24 pieds de profondeur. Si ces trous ont été creusés l'automne avant la plantation, c’est encore mieux.

Q. Enumérez les principaux soins qu'exigent les pommiers après leur plantation, et durant les deux ou trois années qui suivent.

R. Les principaux soins consistent : 1° à les arroser de temps à autre, durant la première année surtout, à l'époque des sécheresses prolongées ; 2° à enlever l'herbe qui pousse au pied de chaque arbre, et à tenir le sol bien ameubli; 30 à répandre tous les ans un peu de fumier bien pourri, jamais vert, sur la

terre qui recouvre les racines ; 40 à {ailler ou à pincer les branches de manière à donner à chaque arbre une forme avantageuse; 5° enfin, durant les deux ou trois premières années, il faut, avant la chute de la neige, réunir les branches en faisceaux à l’aide de liens de paille ou autres, afin que ces branches ne soient pas endommagées par la neige ou par le verglas.

Q. En quoi consiste la taille des arbres ?

R. La taille consiste à couper et à enlever une plus ou moins grande longueur de l'extrémité des branches, souvent même des branches entières mortes ou gourmandes, afin de donner aux arbres une forme qui plaît mieux à l'œil, et qui leur permet en même temps de porter de plus beaux et de plus nombreux fruits.

Q. Lorsque par la taille on enlève une branche, à quelle distance du tronc de l’arbre ou de la branchemère doit être opérée la section ?

R. Cette section doit‘ toujours se faire au rez du tronc de l'arbre ou de la Lranche-mère, de manière qu'il ne reste pas de chicot.

Q. Qu'est-ce qu’une branche gourmande ?

R. Une branche gourmande est celle qui pousse en orgueil, c’est-à-dire une branche qui pousse trop au dépens de la sève de l'arbre et des autres branches qu’elle prive par là même de leur sève ou nourriture.

Q. Que doit-on faire de ces branches gourmandes ?

R. On doit les tailler, c’est-à-dire les enlever.

Q. En quel temps de l’année doit se pratiquer la taille des pommiers et des autres arbres fruitiers ?

R. C'est surtout au printemps, aux mois de mars et avril.

Q. En quoi consiste le pincement des arbres ?

R. Le pincement consiste à couper ou à pincer avec le bout des doigts un bourgeon qui se développe sur une tige ou sur une branche. Ce pincement, comme la taille, a l’effet d'empêcher une nouvelle branche de se former, ou encore celui d'empêcher une branche de croître trop au dépens de la sève destinée aux autres branches. Pratiqué à temps, le pincement, dans un grand nombre de cas, remplace avantageusement la taille.

Q. En quel temps de l’année doit se pratiquer le pincement ?

R. Le pincement doit se pratiquer en n'importe quel temps du printemps ou de l’été.

Q. Quelle hauteur de tige nue ou sans branches

doit-on donner aux pommiers ?

R. De 5 à 6 pieds.

Q. Comment parvient-on à leur donner cette hauteur ?

R. En enlevant d'année en année quelques-unes des branches du bas de l'arbre, jusqu'à ce que la tige nue ait atteint la hauteur voulue.

Q. La taille du pommier et des autres arbres fruitiers est-elle bien importante ?

R. Cette taille est tellement importante que sans

elle les arbres fruitiers ne donnent que de mauvais fruits, ou des fruits peu abondants.

Du Prunier

Q. Comment se fait la propagation du prunier ?

R. La propagation du prunier se fait par drageons, par le semis ou par la greffe; ce dernier mode est ordinairement préféré. /

Q. Quel sol convient le mieux au prunier ?

R. C’est un sol ni trop sableux ni trop argileux, et légèrement humide.

Q. Quelles préparations préalables exige le terrain qu'on destine à la plantation des pruniers ?

R. Les mêmes que pour les pommiers, à savoir : amendements, engraissement, égouttement dans les terres trop fortes ou trop humides, etc.

Q. Quels soins exigent les pruniers lors de leur plantation et après ? >

R. Les mêmes que les pommiers, avec cette exception que les pruniers exigent encore plus les soins de la taille et du pincement, à cause de leurs nombreuses branches gourmandes. Le sol au pied des arbres doit toujours être soigneusement nettoyé et ameubli par des binages et des sarclages répétés. Une fois l’an, au moins, il faut mettre au pied de chaque arbre une couche de fumier bien pourri.

Q. À quelle distance les uns des autres doivent être fixés les plants du prunier ?

R. A une distance de 12 à 15 pieds.

Q. Quelle hauteur de tige nue ou sans branches, a partir du sol, doit-on donner aux pruniers ?

R. Cette hauteur doit être de 3 à 4 pieds.

Cerisiers

Q. Quels sols couviennent le mieux aux cerisiers ?

R. Ce sont ordinairement les sols un peu secs et sableux ; mais ils viennent bien aussi dans certaines terres grasses et humides, pourvu que ces terres soient suffisamment égouttées.

Q. Quel est le mode de reproduction le plus usité ?

R. Le semis ou les plants greffés.

Q. Quels soins exigent-ils lors de leur plantation, et après ?

R. Les mêmes soins que les pommiers et les pruniers, avec cette différence que le cerisier supporte moins bien la taille. On doit se borner à enlever les branches malades et à raccourcir au printemps les pousses de l’année précédente. Toutes les plaies faites à l'arbre par la taille doivent être recouvertes de cire à greffer.

Q. Comment se prépare cette cire à greffer ?

R. On peut préparer de la manière suivante une excellente cire à greffer : on chauffe et l’on fond ensemble deux parties de cire d'abeille, deux de suif, deux de résine, une de goudron et une de cendre tamisée ou sassée

Q. Quelle hauteur de tige nue doit-on laisser à ces

arbres ?

R. De quatre à cinq pieds.

Du Groseillier

Q. Comment procède-t-on à la multiplication du groseillier ?

R. On y procède surtout par le couchage et par le marcottage.

Q. Quels soins exige le groseillier ?

R. Le groseillier exige une fumure de fumier pourri au moins tous les deux ans, et une taille fréquemment répétée. Par cette taille on enlève les branches de manière que le groseillier ait 4 à 5 tiges au rez de terre.

Q. Quel est le meilleur moyen de protéger le groseillier contre le froid et la neige durant l'hiver ?

R. Le meilleur moyen consiste à le coucher sur le sol et à le maintenir ainsi couché à l’aide de quelques pelletées de terre jetées sur l'extrémité des branches.

Q. A quelle distance doivent être plantés les groseilliers ?

R. A une distance d'environ trois pieds,

Du Gadellier

Q. Comment se reproduit le gadellier ?

R. Le gadellier se reproduit au moyen de ses pousses de l’année précédente, lorsqu'elles ont atteint une longueur de 6 à 12 pouces. On coupe ces pousses, et on les enfonce en terre où elles ne tardent pas à prendre racine,

Q. Quels soins exige le gadellier ?

R. Les mêmes que le groseillier, à savoir: arrosage dans les premiers temps, fumure de temps à autre, et taille appropriée.

Du Framboisier

Q. Comment se multiplie le framboisier ?

R. De plusieurs manières, mais surtout au moyen des drageons qui naissent de ses racines et que l’on plante à l'automne ou au printemps dans une terre bien ameublie, et qui a été bien engraissée l’année précédente.

Q. Quels soins exigent les framboisiers ?

R. Ces soins se bornent à la taille et à des fumures qui doivent être répétées tous les 2 ou 3 ans. La taille consiste à couper et à enlever les tiges qui ont déjà donné des fruits, en ayant soin de ne laisser debout que les tiges nouvelles qui n’en ont pas encore donné. Le terrain autour de chaque pied doit être fréquemment sarclé, et on doit enlever avec soin les nombreux drageons qui sortent des racines. Afin de les protéger contre le poids de la neige durant l'hiver, on les couche sur le sol comme les groseilliers.

Q. A quelle distance doivent-ils être plantés les uns des autres ?

R. A une distance de 3 à 4 pieds, et ils doivent être supportés par des appuis ou tuteurs.

=: 408 — Du Fraisier

Q. Comment se reproduit le fraisier ?

R. Il se reproduit principalement par ses stolons ou coulants enracinés et par éclats.

Q. Comment plante-t-on les fraisiers ?

R. On plante les fraisiers en lignes, Ces lignes doivent être espacées de 18 pouces à 2 pieds, et les plants doivent être à une distance de 10 à 12 pouces les uns des autres sur les lignes.

Q. Quel est le meilleur temps de l’année pour la plantation des fraisiers ?

R. C’est durant les mois d’août et de septembre. Il faut avoir soin de les arroser pendant au moins deux ou trois jours après la plantation, et plus si nécessaire.

Q. Quelle est la durée des fraisiers avec des soins convenables ?

R. Leur durée peut être de 7 à 8 ans ; mais il vaut mieux ne pas les prolonger au delà de 3 à 4 ans. Après cette dernière époque, les pieds dégénèrent, les fruits perdent de leur beauté, et il est plus éco-

nomique d’en planter des jeunes que de soigner ceux qui sont vieux,

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