‹ Petit manuel d'anatomie descriptive, ou, Description succincte de tous les organes de l'hommeChapitre 75 sur 97 · APPAREIL GÉNITAL DE L'HOMME · texte numérisé non relu

APPAREIL GÉNITAL DE L'HOMME

Cet appareil se compose des testicules et de leurs dépendances, des vésicules séminales et de la verge. ^

] Article premier.

DES TESTICULES ET DE LEURS DÉPENDANCES. 1°. Des Enveloppes des. Testicules.

Ces enveloppes, au nombre de cinq, superposées Pune sur l'autre, sont, de dehors en dedans , le scrotum , les dartos, la tunique eiytbroïde ou muscle crémaster , la tunique fibreuse et la tunique vaginale.

Du scrotum ou de l'enveloppe cutanée des testicules. Ilesfi formé par un prolongement de la peau de la partie interna des cuisses , du périnée et de la verge. Sa surface est brunâtre, rugueuse, couverte par des poils implantés* obliquement , traversée d'avant en arrière , depuis 1 racine de la verge jusqu'au-devant de l'anus , par un ligne saillante et médiane, nommée raphè. Sa surface interne est unie aux deux dartos par un tissu cellulaire assez serré. Le chorion du scrotum est très-mince et con tient beaucoup de follicules sébacés.

DES TESTICCLES. J ' «J

Des darios. Les dartos sont deux membrar,es d'une teinte rougeàtre , entièrement cellulaires , parcourues par un grand nombre de vaisseaux , iraplantées aux branches des ischions et des pubis , adossées en dedans l'une avec l'autre pour former une cloison qui sépare les testicules, terminées à la partie inférieure de l'urètre. Leur face externe est adhérente au scrotum ; l'interne est appliquée sur la tunique fibreuse et sur l'extrémité du muscle crém aster.

De la tunique erythroide ou du muscle crèynastcr. Il a été décrit plus haut, page i55.

De la tunique fibreuse. Mince , transparente et peu résistante , elle forme un petit sac allongé, placé dans chaque dartos , large en bas , où elle renferme le testicule etrépididyme ; remontant, sous l'apparence d'une gaine étroite , autour du cordon des vaisseaux spermatiques jusqu'à l'auneau inguinal, dont les piliers s'entrecroisent avec ses fibres.

De la tunique séreuse ou vaginale. Elle a la forme , comme toutes les membranes du même ordre , d'un sac sans ouverture ; elle tapisse toute la surface interne de la tunique fibreuse et se réfléchit sur l'épididyme et le testicule , qu'elle recouvre en entier , excepté au niveau de son bord supérieur. Sa surface externe est adhérente à la tunique fibreuse , à l'épididyme et à la membrane albugiiiée ; sa surface interne est lisse , polie et mouillée par la sérosité.

2°. Des Testicules. (Testiculi.)

Nombre. Deux, l'un à droite et l'autre à gauche. Situation. Dans les bourses. Forme. Celle d'un ovoïde comprimé transversalement, offrant deux faces latérales légèrement convexes , un bord inférieur incliné en devant , un bord supérieur tourné en arrière et côtoyé par

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i'épididyme, une extrémité antérieure regardant an haut, e* une postérieure dirigée en bas.

Organisation. Les testicules sont formés par une membrane fibreuse, un parenchyme, des vaisseaux sanguins et lymphatiques, et des nerfs.

Membrane fibreuse ou atbugtnée [périteste.) Cette membrane , analogue à la sclérotique, forte, très-résistante, d'un blanc opaque, d'un tissu serré et fibreux, enveloppe immédiatement le testicule. Sa surface externe est tapissée par la tunique vaginale; l'interne, appliquée sur le parenchyme du testicule , lui envoie des prolongemens filiformes ou aplatis qui se dirigent tous vers le bord supérieur de cet organe , et partagent l'intérieur de la tunique albuginée en plusieurs loges triangulaires occupées par les vaisseaux séminifères. En dedans de la tunique albuginée, le long du bord supérieur du testicule, on voit le corps d'Hyghmor , saillie allongée qui paraît formée par un renflement de la men:brane ellemême, à travers la partie supérieure duquel passent obliquement les principaux troncs des vaisseaux séminifères qui vont se rendre à l'épididyme.

Parenchyme. 11 est mou, pulpeux, d'une couleur jaunâtre ou grise, composé par une immense quantité de filamens très-ténus , très-flexueux , entrelacés et repliés de mille manières les uns sur les autres. Ces filamens, auxquels on donne le nom de vaisseaux ou conduits séminifères, n'ont point de cavité appréciable aux sens, présentent de distance en distance de petits renflemens, et se dirigent tous vers le bord supérieur du testicule, après avoir formé , en se réunissant, des troncs plus considérables qu'on peut injecter par l'épididyme. Ces troncs, au nombre de dix ou douze, quelquefois de vingt ou trente , traversent le corps d'Hyghmor, se dilatent un peu, et se rassemblent pour donner naissance

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au conduit que forme l'épididyme. Les testicules reçoivent les artères spermatiques et donnent naissance aux veines du même nom. On ne voit pénétrer aucun filet nerveux dans ces organes.

5°. De t'Epidldyme. ( Epididymus , parastata. )

Situation. Le long du bord supérieur du testicule. Forme. Celle d'un petit corps oblong , vermilbrme , renfle à ses extrémités, mince à sa partie moyenne, et aplati de haut en bas. Sa partie supérieure, ou sa tête, naît de l'extrémité correspondante du testicule, dont elle reçoit les troncs séminif "ères ; sa partie inlejieure , ou sa queue, très-adhérente au testicule, se continue avec le canal déférent; sa partie moyenne, ou son corps, n'^est unie au testicule que par la tunique vaginale. Organisation. L'épididyme, formé par la réunion des vaisseaux séminifères , est un conduit très - grêle , trèsflexueux, replié un grand nombre de fois sur lui-même, ayant des parois très-épaisses, relativement à sa cavité qui est fort étroite.

4°. Du Cordon des vaisseaux spermatiques. (Funiculus spermaticus.)

Ce cordon , composé par l'assemblage de l'artère et de la veine spermatiques, de vaisseaux lymphatiques, de rameaux nerveux et du canal déféi-ent, parties qui sont réunies entre elles par un tissu cellulaire lâche , et enveloppées par des gaines membraneuses , monte presque verticalement du bord supérieur du testicule jusqu'à la symphyse des pubis, se dirige en dehors et en haut, et entre dans l'abdomen par l'anneau inguinal en croi-

5l8 APl-ASEIL GJÉNITAL DE l'hOMME.

sant i'artère épigastrique : là, les organes qui le composent se séparent les uns des autres.

5". Du Canal défèrent. (Ductus deferens , Scemm.)

Ce conduit, né de la queue de l'épididyine, remonte le long de la face supérieure de cet organe , ensuite le long de la partie postérieure du cordon spermatique , jusqu'au-delà de l'anneau inguinal; parvenu dans l'abdomen , il abandonne les autres vaisseaux du cordon , descend en arrière et en dedans sur les côtés de la vessie : sous la région inférieure et postérieure de ce viscèr , il se rapprocbe de son semblable, cbange ensuite de direction, et se porte presque horizontalement, d'arrière en avant et de dehors en dedans , le long du côté interne des vésicules séminales; à la base de la prostate, il reçoit le conduit excréteur de ces vésicules et donne naissance au conduit éjcculateur. Le canal déférent a une couleur d'un blanc terne , une consistance presque cartilagineuse; assez grêle à son origine, il augmente de volume en traversant l'anneau inguinal. Sa cavité est extrêmement étroite.

Article deuxième.

1>ES VÉSICULES SEMINALES , DE LA PROSTATE , etC.

1°. Des Vésicules séminales. (Vesiculae séminales , S.)

Situation. Au-dessous de la vessie, au-devant de l'insertion des uretères, au-(^essui> du rectum, en dehors des conduits déférens , en dedans des muscles releveurs de l'anus. Forme. Celle de deux petits réservoirs membraneux de deux pouces et demi de longueur sur six on

DES VESICUtES SEMIKALES. 0 1^

sept lignes de largeur, irrégulièrement conoïdes, aplatis de haut en bas, tuberculeux et bosselés à leur surface, dirigés obliquement en dedans et un peu en bas. Leur extrémité postérieure est arrondie et assez large ; l'antérieure est allongée, étroite, terminée par un canal trèscourt ouvert dans le canal déférent. L'intérieur des vésicules présente un canal flexueux^ dans lequel viennent s'ouvrir latéralement des appendices dont le nombre varie de six à dix-sept, et qui forment les bosselures qu'on voit à l'extérieur. Organisation. Les vésicules séminales sont composées à l'extérieur par une membrane assez dense et blanchâtre , et à l'intérieur par une membrane muqueuse très-fine , presque blanche et un peu rugueuse.

2°. De la Prostate. (Prostata.)

Situation. Devant le col de la vessie, entre le rectum et la symphyse du pubis. P'oiume. Celui d'une noix ordinaire. Forme. Celle d'un cône tronqué, aplati de haut en bas, échancré à sa base, qui est en arrière. Face supérieure. Recouverte par le ligament inférieur de la vessie. Face inférieure. Appuyée sur le rectum. Base. Elle embrasse le col de la Aî^essie. Sommet. Terminé sur la portion membraneuse de l'urètre. La prostate est traversée suivant sa longueur , près de sa face supérieure , par un canal qui loge le commencement de l'urètre , et près de l'inférieure , par les conduits éjaculateurs. Organisation. La prostate est d'un blanc .grisâtre , dense et trèsrésistante , formée par un assemblage de petits follicules muqueux pleins d'un liquide visqueux et blanchâtre , lesquels donnent naissance à des conduits excréteurs, qui se rassemblent au nombre de dix ou quinze, et viennent s'ouvrir dans l'urètre, sur les côtés et à la surface du verumontanum..

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o°. Dea Glandes de Cowper ou accessoires.

Ce sont deux petits corps glanduleux, oblongs ou ar» rondis, du volume d'un pois, d'une couleur rougeâtre , d'un tissu analogue à celui des glandes salivaires, situés au-devant de la prostate , sur les côtés du canal de l'urètre et au-dessus des muscles bulbo-caverneux , ayant chacun un conduit excréteur, long de six lignes environ ^ qui se porte obliquement en dedans et en avant, et va s'ouvrir au-devant du verumontanum.

4". Des Conduits éjaculateurs. (Ducus ejacuîatoriï. )

Formés par la réunion du conduit excréteur des vésicules séminales et du canal déférent, coniques , longs d'un pouce environ, ils traversent obliquement la prostate, s'adossent l'un à l'autre et s'ouvrent dans l'urètre par deux orifices oblongs , placés sur les parties latérales et antérieure du verumontanum.

Article troisième.

DE LA VEBGE.

[Membrum virile , pénis.)

Situation. Ala partie inférieure, antérieure et moyenne de l'abdomen, au-dessous et au devant de la symphyse des pubis. Forme. Allongée , cylindroïde , un peu aplatie d'avant en arrière. Face supérieure ou dos. Tournée en avant dans l'état ordinaire , oÔrant la veine dorsale de la verge. Face inférieure. Tournée en arrière, appuyée «ur le scrotum , offrant une saillie longitudinale et

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laoyenne, fofmée par l'urètre et la continuation du raphé du périnée. Côtés. Arrondis. Extrémité postérieure. Fixée aux branches du pubis. Eictrèmitè antérieure. Formée par le gland, le prépuce et l'orifice de l'urètre.

Organisation. La verge est formée par une enveloppe cutanée, le corps caverneux, le canal de l'urètre et le gland , et par des vaiss^eaux et des nerfs.

1°. De ta Peau de la Vierge et du Prépuce.

Mince, contenant beaucoup de follicules sébacés ^ eurmontée en arrière de quelques poils, elle est unie au corps caverneux par une couche de tissu cellulaire très-lâche , et se continue avec les tégumens du scrotum et du pubis. A l'extrémité de la verge, elle forme un prolongement appelé prépuce, lequel se termine par une ouverture plus ou moins grande et envelopppe le gland. Le prépuce est formé par deux couches membraneuses : l'une est extérieure , cutanée , très-fine et privée de poils; l'autre est intérieure, de nature muqueuse, appliquée sur la surface interne de la première, à laquelle elle est unie par un tissu cellulaire très-lâche. Elle se réfléchit sur la surface du gland qu'elle tapisse-, en formant audessous de sa couronne un petit repli, appelé le frein ou filet de la verge.

2°. Du Corps caverneux. ( Corpora cavernosa , Soemsi.i

Situation. Sur les parties latérales de la verge , dont il forme à-peu-près les deux tiers du volume. Forme. Allongé, concave en bas, convexe en haut , étendu depuis la partie interne et antérieure des tubérosités sciatiques, jusqu'au gland, divisé en deux faces et deux extrémités. Face supérieure. Offrant un sillon superficiel

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dans lequel sont placées les artères et les veines dur'sales delà xergt, donnant attache en arrière au ligament suspenseur de. cet organe, faisceau fibreux, triangulaire, qui va se fixer à la partie inférieure de la symphyse du pubis. Face inférieure. Creusée par une gouttière large et profonde , qui loge ie côté supérieur du canal de l'urètre , auquel il est uni par un tissu cellulaire assez séné. Ejctrémité antérieure. Elle présente un cône tronqué , uni à la base du gland. Extrémité postérieure. Elle est formée par deux racines , fixées à la lèvre interne de la branche des ischions et des pubis, commençant au-devant de la tubérosité sciatique par une partie très-grêle, se réunissant à la partie inférieure de la symphyse du pubis et séparées entre elles par le canal de l'urètre.

Organisation. Le corps caverneux est formé par une enveloppe fibreuse et par un tissu spongieux, i". Enveloppe fibreuse. Elle est en général très-épaisse, très-résistante, d'un blanc opaque, formée par des fibres longitudinales , qui s'entre-croisent en arrière avec le périoste des os des îles. La cavité de cette membrane est partagée en deux moitiés latérales par une cloison moyenne , qui de la symphyse du pubis ne se prolonge que jusqu'à la partie postérieure du tiers antérieur du corps caverneux. 2». Tissu spongieux. Ce tissu, enveloppé par la membrane précédente , paraît être un réseau très-compliqué de vaisseaux artériels et veineux, et de petites lames fibreuses, qui forment, en s'entre-croisant entre elles , des cellules très-multipliées , lesquelles communiquent entre elles et avec les vaisseaux sanguins, et contiennent toujours une plus ou moins grande quantité de sang. Les artères du corps caverneux viennent de la honteuse inlcrne , les veines se rendent aux veines vésicales.

bE LA VERGE.

5°. De l'Urètre. (Urelhra.)

Etendue. Depuis le col de la vessie jusqu'à l'extréinité de la verge. Forme. Celle d'un canal , assez large , long de neuf à douze pouces, courbé plusieurs fois dans sa longueur. Trajet. A son origine , il est oblique en avant et en bas et traverse la protaste ; il s'engage ensuite dans la symphyse du pubis, remonte au-devant d'elle, entre les deux racines du corps caverneux, et descend dans la gouttière de la face inférieure de celui-ci jusqu'au sommet du gland, où il s'ouvre par un orifice allongé de haut en bas. On divise l'urètre en trois portions , une prostatique, une membraneuse, et la troisième spongieuse.

La portion prostatique, longue de quinze à dix-huit lignes, est située dans l'épaisseur de la prostate.

La portion membraneuse, mince, rétrécie , longue de huit à dix lignes , est unie au rectum en bas et en arrière, et est rapprochée en devant de la partie inférieure de la symphyse du pubis.

La portion spo7igieuse commence en arrière par un renflement appelé bulbe de l'urètre , lequel est placé audessous de l'angle de réunion des racines du corps caverneux. Elle est logée en haut dans la gouttière du corps caverneux et recouverte en bas par la peau ; elle s'épanouit en devant pour former le gland.

La cavité de l'urètre, assez large à son origine, se rétrécit bientôt et se dilate de nouveau au centre de la prostate ; elle est beaucoup plus étroite dans la portion membraneuse que dans le reste du canal. Elle est à-peu-près égale dans la portion spongieuse , excepte vers son extrémité ^ où elle offre une dilatation assez considérable , iiçli^lét fosse vaviculaire. L'intérieur du canal de l'urètre

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présente deux lignes médianes blanchâtres, l'une supérieure et l'autre inférieure. On y voit, en arrière et en bas , le verumontaniim , saillie allongée , arrondie , longue d'un pouce, continue en arrière avec la luette vésicale. Les orifices des conduits éjaculateurs s'ouvrent sur ses côtés; ceux de la prostate à sa surface, et ceux des glandes de Cowper au-devant de lui.

Organisation de l'urètre. L'urètre est formé par une membrane muqueuse, une membrane celluleuse et un tissu spongieux.

Membrane muqueuse. Très-fine, continue avec celle qui recouvre le gland et celle qui tapisse la vessie; elle est d'un rouge vif près de l'orifice de l'urètre , pâle et blanchâtre dans le reste de son étendue; elle est plissée sur elle-même suivant sa longueur, et offre un grand nombre de petits trous, qui sont les orifices de conduits obliques, nommés sinus de Morgagni .

Membrane cellulaire. Née vers le col de la vessie , elle sépare la membrane muqueuse du tissu de la prostate; sur la portion membraneuse de l'urètre , elle est plus dense, et fortifiée par les fibres des muscles des régions anale et génitale.

Tissu spongieux. Il entoure les trois quarts antérieurfî de la longueur de l'urètre. Assez épais au bulbe , il forme ensuite une couche mince et cylindrique jusqu'au gland , où il se renfle pour former cet organe. Les artères d€ l'urètre viennent de la honteuse interne; ses veines suivent le trajet des artères ; ses nerfs émanent des nerfs honteux et fessier inférieur.

4". Du Gland. ( Balanus; glans. )

Le gland, formé par un renflement de l'urètre , terïnine la verge, et a la forme d'un cône un peu aplati de

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