‹ Petit manuel d'art, a l'usage des ignorantsChapitre 48 sur 117 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

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«Je marchais devant avec le père Fiers, qui souffrait des dents et interrompait -sa conversation avec moi par des « Oh ! » douloureux. C’était un bien brave homme que Fiers, malin et naïf; il avait des mots à lui ; ainsi, me montrant la vallée, il me dit d’un air ravi : « Que c’est joli! n’est-ce pas? Moi, je trouve « ça gentil, très-gentil. » Et alors* baissant la voix avec une expression impossible à rendre, me montrant Jules Dupré qui venait plus loin : « Il n’aime pas ça, lui ! Il lui faut des a choses (et son bras décrivit plusieurs cercles); « mais moi, j’aime bien ça.... Oh! aïe! les « dents ! »

« Le soleil disparaissait quand nous rentrâmes en ville. .

« A. Besnus. »

N’est-ce pas là un tableau achevé, où Jules Dupré, le brave homme et l’artiste, se montre?

Le narrateur aimable est un véritable artiste, lui aussi. Les paysages de Besnus sont d’ordinaire tenus dans une gamme blonde,

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TETIT MANUEL D'ART

tranquille; là, pas d’effet cherché : la nature adorée, adorable, observée d’un œil bien ouvert par un artiste clairvoyant. Les tableaux de Besnus donnent l’impression douce que produit la sensibilité d’un homme d’esprit (i).

( i ) Salon de 1 874 : Un Matin à la Ferté-sous-Jouarre.

L'Abreuvoir (Soirée d’automne), Poitou.

Le Puits de Jeanne.

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