CHAPITRE XIV
Hommage rendu à un des amis du jeune M. Lagouettc.
J'ai à dire loyalement que non-seulement les amis de Lagouette goûtent l’esprit des autres, un certain genre d’esprit, mais qu'ils ont de l’esprit eux-mêmes, un esprit qui leur est propre.
Un des jeunes amis de Lagouette revenait la nuit d’un bal; il dormait dans la voiture. Il s’éveilla brusquement. Un brutal lui tenait les poignets. Un autre brutal lui prenait et sa montre et sa bourse. Doucement, il dit : Au moins laissez-moi trois francs pour payer la course.
Nouvel hommage rendu à un des amis du jeune M. Lagouette.
J’ai à dire ceci : Le goût des choses d’art est venu à quelques-uns de ces notables
TETIT MANUEL D'ART
messieurs. J’ai vu sur le coffre-fort même d’un marchand de pierres fines du quartier de la Bourse un buste de femme, un antique.
— La Minerve?
— Non, la Vénus.
Hommage rendu à un autre ami du jeune M. Lagouette. - Raphaël, médecin.
J ai à dire encore qu’un de ces jeunes messieurs conte ceci d’un beau sérieux : Proie stupide, dit-il, j’appartenais à la lubricité, j’obéissais aux appels de ma chair sans cesse martelée par le désir brutal. Je laissais hurler la bête. Je pars pour Rome. Là, Raphaël me fait entrer dans le monde de la beauté idéale et de l’absolue pureté, un monde tout peuplé de vierges et de madones ; un miracle se produisit, le rajeunissement de mon âme : Raphaël m’avait guéri !
On raconte cela dans les ateliers.