CHAPITRE XV
amour celle qui définit ainsi les voleurs au jeu : — Les grecs sont des gens habiles aux jeux de hasard.
Après le joli tableau de M. Cot, le Printemps, Mlle Héloïse avait vu le joli tableau de M. Bouguereau, Nymphes et Satyres. Elle me fit cette question raisonnable : — Des deux quel est le maître de l’autre ?
Je le lui dis.
— La peinture, dit-elle, cela ne m’intéresse pas ; ce que je demande à un tableau, c’est le drame, les beaux décors. Cela me dit quelque chose, ou cela ne me dit rien.
Un tableau la fit changer de mine : le Paysan de M. Valadon, souvenir de la dernière guerre. Sensible, cette Parisienne ! Fumant une cigarette de tabac prussien, Mlle Héloïse était femme à avoir des nausées par patriotisme.
Les Mystères de Bacchus, le tableau de M. Jobbé Duval ne fut pas compris d’Héloïse. Ces grappes de femmes lascives lui firent croire à un triomphe de Vénus; je la détrompai.
TETIT MANUEL D'A R 7
— Elles ont bu du bien mauvais vin, ditelle.
Le petit auteur avait écrit à Mlle Héloïse :
« Un matin, trois hommes, un écolier, un poète, un amoureux, — l’amoureux moi, madame, — trois fous étaient aux champs. Le poëte a trouvé les beaux vers en cherchant les belles fleurs, l’écolier rapporte un bouquet, l’amoureux — moi, madame — les fleurs oubliées par l’écolier et les rimes dédaignées par le poëte. »
Mlle Héloïse avait répondu je ne sais quoi; l’amoureux vint en hâte avant l’heure dite, et ces mots charmants, ces mots de reproche lui furent dits :
— Vous n’êtes pas bien en avance.