M. GUSTAVE DEBRIE
J’avais lu dans un journal d’art :
Il y a à cette heure, perdu dans un coin de ce grand Paris, un homme jeune encore, quoiqu’il ait beaucoup vécu de la vie de déceptions, de luttes et de misère, et qui, au Salon prochain, sera peut-être un triomphateur. Depuis longtemps, il travaille à la réalisation d’une oeuvre qui eût absorbé un cerveau moins bièn équilibré que le sien. Cette œuvre, l’idéal à atteindre pour tout chercheur, vit à présent, et de la belle existence que donne un talent mûrement trempé. A notre
<PETIT MANUEL D’ART
sens, elle est superbe, audacieuse, humaine; elle causera assurément à son apparition un étonnement. Elle soulèvera des cris d’admiration et des cris de réprobation. Elle séduira les uns, éloignera les autres, suscitera de fortes discussions. A coup sûr, elle sera. — Eugène Montrosier.
Cet artiste est le sculpteur Gustave Debrie, mon voisin ; son œuvre, un groupe : le Chien de Montargis . J’avais vu chez l’artiste M. Léon Cogniet, M. Dumont, M. Robert Fleury, M. Tony- Robert Fleury, M. Falguière, M. Delaplanche, — déjà l’on dit: Delaplanche a-t-il quelque chose au Salon? — les jeunes peintres Gaston, Lucien Melingue, M. Melingue, M. Pipart, dont les portraits au crayon sont remarqués, M. Eugène Millet, le sculpteur Poitevin fils, M. Vetter.
Je trouvai utile de faire voir au jeune M. Lagouette un artiste au travail : cet artiste, M. Debrie. Nous entrons dans l’atelier; le groupe a reçu la dernière caresse de l’artiste : le chien mord l’homme qui se débat, l’homme est vaincu. L’artiste fait virer la selle et montre que la lumière est menée de