‹ Petit manuel de l'amateur de livresChapitre 18 sur 72 · Dans la Nature, 29 décembre 180'i. j». T'i · texte numérisé non relu

Dans la Nature, 29 décembre 180'i. j». T'i

LE TAPIER. M

tient plus de bois mécanique ou râpé, tremble ou sapin.

« Les papiers contenant du bisulfite ou ])ois chimique sont à longues fibres, qu'il est facile de distinguer à la déchirure lente; ce succédané est solide, -mais devient cassant lorsqu'il n'a pas été blanchi ou dûment débarrassé de l'acide sulfuî^eux provenant de son Xraitement. Il est cependant bien inférieur au chiffon et manque de souplesse.

« Enfin, comme essai de résistance, on peut faire la petite expérience pratique suivante : mettre dans sa poche de côté différents types de papier à essayer, les laisser quelques jours exposés au frottement de l'habit. Alors examinez-les aux plis. Les bons papiers de chiffon seront intacts, tandis que les autres à succédanés seront en lambeaux. On saura alors de quel côté porter son choix. Quant h la transparence, c'est une grande erreur de croire que c'est une quahté. Ce /ondu ou ('pair^ n'est obtenu qu'au détriment de la solidité. »

Pour s'assurer si le papier renferme une

1 Sur ces termes, voir ci-dessus, p. 30.

W PKTIT MAM Kl. DE L'AMATEUR DE MVIIES.

trop Ibrle proportion de chlore, — les papiers de ce genre sont particulièrement sujets « à xe piquer, c'est-à-dire à se remplir, à la longue, de taches plus ou moins foncées qui brûlent et perdent, par conséquent, l'impression qu'on y a mise, » — M. Alfred Lemercier donne le conseil suivant' :

« On prend un morceau de papier, on le met dans des intercales légèrement mouillées jusqu'à ce qu'il soit, à son tour, devenu humide ; en cet état, on le pose sur une feuille de papier de tournesol : si celle-ci devient d'un ton jaunâtre, c'est une preuve que le papier conserve encore une certaine quantité d'acide; si, au contraire, la feuille de tournesol ne change pas, c'est que le papier ne contient pas un atome de chlore, et que, par cette raison, il est bon pour l'impression, sans faire courir à l'imprimeur le risque de voir la composition qui se trouve sur la pierre abîmée, et sans exposer l'éditeur à voir à la longue des épreuves (lithographi-

1. Dans le Bulletin officiel des maîtres imprimeurs de Fraiire. cité i)ar le Mémorial de la librairie française, 4 janvier 1906. p. 7.

M- PAIMKR. V,)

ques), qu'il a souvent payées fort cher, se couvrir de taches qui les détruisent. »

Dans une publication spéciale et particulièrement compétente, la Revue bihlio-icono- (priphiqiie\ M. Pierre Dauze a traité récemintnitcettequestion, « capitale pourles livres, du papier d'imprimerie, et il affirme que, étant donnés les papiers employés par les éditeurs pour leurs tirages ordinaires, on ne trouvera pluSy dans cinquante ans, que les vestiges des impressions faites denos joitrs^. Il se demande même si les papiers dits de luxe, papier de (il, de Chine, du Japon, sur lesquels on tire un certain nombre d'exemplaires de quelques livres, dureront plus que les autres. L ancien papier du Japon, fabriqué à la main, iniiquement avec des matières végétales,

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