Le JuurwiL ÎG février
52 rKTlT MANUKL DK L'AMATEUH DE IJVRES.
« Les publications imprimées sur papiei de dernière qualité ne servent guère plus d( douze à treize mois; les éditions à bon mar ché sur papier ordinaire sont complètemen détériorées au bout d'une quarantaine d'an nées.
« A quoi cela tient-il? Au blanchiment d papier et à ses procédés actifs. Les fabri cants de papier abusent des agents chimique à l'action violente, qui brûlent le peu d fibres contenues dans la pâte. On pourrai leur adresser les mêmes reproches qu'à no blanchisseurs, qui brûlent notre linge pou le blanchir plus vite. Il faudrait blanchir 1 papier comme le linge, avec lenteur, modér tion, prudence.
« Outre cet inconvénient, un autre, no moindre, réside dans les détériorations ol tenues parla désagrégation et par l'altéra tic des couleurs.
« La désagrégation résulte des altératioi produites dans les fibres du papier sous l'eff d'actions chimiques ultérieures. La pâte < bois, de plus en plus employée comn matière première, est obtenue chimiquemen
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elle se dévore elle-même dans les réactions iniilliples, mais d'un effet sûr et rapide.
« Quant à l'altération des couleurs, caractérisée généralement par le brunissement, elle est la résultante de l'action de l'air ambiant : les livres exposés souvent à la lumière du gaz brunissent rapidement. Mais ce qui surtout détériore la couleur du papier, c'est le collage à la résine où cette dernière domine; alors que, normalement, cette colle ne devait contenir que 2 pour 100 de résine, cette proportion est presque décuplée; or, plus il y a de résine, plus vite brunit le papier.
< Les fabricants ajoutent aussi beaucoup de charge dans le papier : on appelle ainsi les substances minérales, à la tête desquelles on peut placer le kaolin. Quand le papier contient plus de 10 pour 100 de charge, les fibres ont delà peine à retenir cette force, on augmente le collage, mais on n'arrive ainsi iiu'à produire une résistance factice. Dès que le papierest séché et qu'il a été unpeumanipulé, il perd vite la cohésion qu'il semblait Dosséder'. »
'tstnos, tlevue des sciences cl de leurs applications
5'i PETIT MAM Kl. DE L AMATEUR DE LIVRES.
Pour parer à ce danger si universellement reconnu, à l'anéantissement plus ou moins rapide delà plupart des impressions (livres et périodiques) d'aujourd'hui, M. Gaston Menier, député de Seine-et-Marne, a récemment saisi la Chambre d'une proposition tendant à modifier la loi sur la presse, et stipulant que « les exemplaires des imprimés destinés aux collections nationales ou au dépôt légal devront être tirés sur un papier spécial, dont les conditions de fabrication auront été indiquées par le ministère de l'Intérieur, et portant une vignette d'authenticité' ».
Il a été question aussi, dans une intention analogue, de demander aux ministères et établissements publics de ne comprendre, sur| leurs listes de souscription et d'achat, quelesj ouvrages tirés sur bon papier et convenablement édités.
Enfin Balzac proposait, lui, un moyen bion
autrement radical et d'une bien plus certaine
15 septembre 1900, p. 320; et Revue bihlio-ieono'ji phifjue, avril 1001, p. 206-207.
1. Le journal le Temps, dans la Revue bihlio-icûno- (jraphique, juin 1903. p. 313,
efficacité. Constatant que tous les bons papiers s'en vont, que « le papier de Hollande n'existe plus », il ajoute, par la voix de l'imprimeur David Séchard', que, « tôt ou tard, il faudra, sans doute, ériger une manufacture royale de papier, comme on a créé les Gobelins, Sèvres, la Savonnerie et l'Imprimerie royale, qui, jusqu'à présent, ont surmonté les coups que leur ont portés de vandales bourgeois ».
1. Illusions perdues, t. II, Eve et David, p. 349. (Paris, Michel Lévy, 1864.)
, qu'on entend par/'ormoL — Ceqiiesignilienllesmots/om^', Diurne, plaquette, brochure, pièce. exemplaire, tirarje, édition, ■ iilion princeps, édition originale, édition ne varietur, etc. Il serait préférable de désigner les formats par leurs dimensions métriques, et non plus par les termes archaï- (jues : Jésus, raisin, écu, etc., et in-octavo ou in-huil, indouze, in-seize, etc. — Confusion des formats : comment les distinguer. — Tableau des principaux formats des livres, avec leurs dimensions métriques. — Ligne de nueue, ligne de pied, folio, signature, réclame, asseni- '>lage, etc. — Imposition typographique; cahiers, carions mu encarts. Tableau des signatures. — Formats des premiers livres. — Formats les plus appréciés par les lecteurs. — Le plus commode et le meilleur des formels. — Concordance des formats avec les matières traitées dans les livres.
Nous venons, en paillant du papier, d'étudier le fond et la base du livi-e ; nous allons examiner à présent le format^ qui, dépendant ilu pliage du papier, se rattache de très près au chapitre précédent, et n'en est, pour ainsi dire, que le complément. Nous passerons ensuite «^ Vlnipresxion.
On appelle format diin livre la dimension
de ce livre, « dimension déterminée par le nombre de pages que renferme chaque feuille' )'. On comprend, en effet, que plus la feuille renfermera de pages (c'est-à-dire plus elle sera pliée sur elle-même), plus ces pages seront restreintes en hauteur et en largeur, plus, par conséquent, le volume sera petit ; et, inversement, moins la feuille renfermera de pages (c'est-à-dire moins elle aura été pliée), plus sera étendue la surface de chacune de ces pages, plus grand par suite sera le volume. Quant à l'épaisseur, c'est-à-dire au nombre de feuilles que le volume contient, il n'en est pas question ; elle n'entre pas en ligne de compte dans la détermination du format; celui-ci ne dépend, encore une fois, que de la superficie, et n'indique que la hauteur et la largeur du volume.
On confond souvent les expressions tome et volume. Le tome (t6(ji.oç, section) est une partie d'un ouvrage, une division, plus ou moins rationnelle, faite par l'auteur lui-même, division analogue à celle de l'ouvrage en li-