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i\>rmat et môme souvent avec l'épaisseur du livre.

Ce qui a fait, jusqu'à ces dernières années,

jusqu'à Tinvention des machines à coudre les

livres, la vogue du grecquage, c'est l'écono-

niie de temps et d'argent qui en résultait.

Effectivement, écrivent MM. Lenormand et

Mnigno*, les trous pour passer l'aiguille so'ht

tout faits, et si une ouvrière peut coudre

I (dans sa journée) oOO cahiers non grecques

(11 les alignant et en les cousant tout du long,

I elle peut en coudre 1 500 en cousant deux ou

! trois cahiers, et en sautant un nerf à chaque

j>;isse, comme le font la plupart des femmes,

[ malgré les recommandations qu'on leur

' adresse à cet égard ^ La grecqure, ainsi ma-

. 1. Op. cit., p. 130. Voir aussi Lesné, la Reliure, \ poème didactique, noie 6 du chant I, page 115, où les Il "nies remarques se trouvent formulées à peu près dans - mêmes termes.

L Non pas « malgré », mais conformément à ces recommandations. Cette tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les ateliers de reliure. Un règlement I de 1749 porte que les ouvriers relieurs sont « tenus... I de coudre les cahiers des livres au plus à deux cahiers, li avec ficelle et vrais nerfs; de les endosser avec parchemin ot non papier.... » (Henri Bouchot, le Livre, V Illustration, Reliure, p. 292.)

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nœiivrée, diminue donc la main-d'œuvFe des quatre cinquièmes ; elle dispense l'ouvrière d'une infinité de soins, et dissimule les défauts de l'endossure. »

Aujourd'hui, fort heureusement, la machine à coudre les livres, dont il existe déjà plusieurs systèmes, a mis fin à ces défectuosité^ de travail et à ces fraudes. La description de ces divers systèmes, forcément tous très compliqués, que ce soit le système de l'Allemand Brehmer ou de l'Américain Smyth, ou celui qui porte la marque suisse Martini, excéderait les dimensions de notre ouvrage. Bornons-nous aux résultats.

On calcule qu'une machine, — la machinr Brehmer ou la machine Martini, actuellement, je crois, les plus employées, — coud 1 500 cahiers à l'heure et fait, à elle seule, la besognr de huit ouvrières; et non seulement cette besogne se fait huit fois plus vite, mais le travail est incomparablement supérieur à celui d'autrefois. Chaque cahier est percé exactement dans le pli, cousu ensuite d'un bout à l'autre, et cousu de Vintérieur à Vextérieui\ ce qui régularise la tension de la couture et

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lacilite l'encollage du dos. La coulure « tout la long » rend ainsi le volume plus solide et 11! permet de mieux s'ouvrir. Autre avantage ;na])préciable : chaque aiguille (on en emploie loux, trois, quatre..., selon les systèmes et lelon les formats) est indépendante ; en sorte !|ue, si, la reliure terminée, un fd vient à se 'ornpre, les autres n'en pâtissent pas et resenl intacts, le livre ne se découd pas.

Néanmoins, il n'est pas de mécanisme qui aille la main de l'homme. Si la reliure ordilairc vaut mieux faite avec couture à la ma- *bine qu'avec couture au grecquage, la coucffectuce à la main et « tout du long » •si toujours la meilleure, la seule qu'on emploie dans les vraies reliures d'à//, les res soignées, qui comportent des coutures iur nerfs ou sur rubans.

Ce genre de couture s'emploie spécialement pour les volumes de grands formats et de papier fort, comme les albums de musique, ^lu'on veut pouvoir ouvrir aisément et laisser ouverts à plat: on remplace les ficelles pai* lies rubans de soie ou des lacets, ou encore par des bandes de parchemin.

Quant à la couture métallique^ système qui nous vient d'Allemagne, et où les cahiers sont assemblés un à un au moyen de fils de métal (fds de fer étamés, zinguésou nickelés), i puis réunis tous ensemble, et qu'une couche ! de colle, appliquée sur le dos, adapte ensuite à la couverture, c'est, on le devine sans qu'il soit besoin d'insister, un procédé désastreux pour le livre. Ce mode de couture ne devrait servir que pour le brochage des plaquettes très minces et sans valeur, des catalogues, prospectus, etc.

Depuis longtemps, sinon dès les débuts mêmes de la reliure, on a essayé d'éluder la couture, cette opération essentielle et fondamentale de l'habillement du livre, mais peu apparente, presque cachée, facile par suite à adultérer et à truquer, toute l'importance, tous les soins étant donnés à ce qui se voit !<■ plus, à la couverture, à l'ornement du dos et des plats.

Un relieur du dix-huitième siècle, Delorme, « à l'imitation de quelques mauvais ouvriers anglais, rapporte Lesné \ rognait les livres

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