Edouard Fournier, op. cit., p
(•('Ile (lemi-reliure prend le nom de demircllurc amateur.
Les cartonnages et les emboîtages sont des reliures légères, à dos de toile, de carton ou de papier. Malgré leur ressemblance apparente, il y a', entre ces deux procédés d'habillage des livres, une différence essentielle : dans les cartonnages, la couverture est fixée au volume selon la méthode ordinaire, c'est-àdire par les ficelles qui ont servi à le coudre et qui, après avoir traversé le carton des plats de dehors en dedans, viennent s'appliquer sur les plats intérieurs, et y sont collées épointées, en d'autres termes, les pointes ou extrémités effilochées et étalées pour offrir moins d'épaisseur et plus de surface, mieux s'imbiber de colle, et mieux adhérer, par suite, au carton, sous la feuille de garde ; — dans les emboîtages, les ficelles ne traversent pas les plats et viennent simplement s'appliquer sur eux à l'intérieur, épointées comme précédemment/ puis collées et dissimulées, comme tout à
1. Ou plutôt il devrait y avoir, car celte règle ne s'observe plus toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage, finissent par se confondre.
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riieure aussi, sous une feuille de garde blanche ou de couleur.
Le cartonnage dit bradel ou à la Bvadel (nom d'un relieur français vivant au commencement du dix-neuvième siècle, qui mit à la mode ce procédé de reliure) est une véritable idemi-reliure à dos brisé, où la peau est remplacée par la toile ou le papier. Deux des xanches, gouttière et queue, sont souvent nlactes ou légèrement ébarbées, et la tête îst jaspée. Économique, commode et excelent pour une bibliothèque particulière; mais rop peu résistant pour une bibliothèque mblique, « le cartonnage à la Bradel est Irès élégant, et présente, en outre, cet avan-
îLio, que l'on peut, comme dans l'emboî-
liic, ouvrir complètement le volume, et à
lai, ce qui ne peut se faire avec les livres
Miés*».
Le cartonnage bradel est fréquemment em-
!<>yc comme moyen de conservation tem- ! aire et vêtement provisoire des livres :
iissi l'ingénieux bibliophile Octave Uzanne i-i-il très justement baptisé de ce nom, Graesel, op. cil.^ p. 373.
qui a fait fortune « la robe de chambre du livre* ».
On petit rattacher au cartonnage bradel la , reliure dite anglaise. Elle' se compose d'un j cartonnage plus souple encore que le bradc^l. et dont les plats et le dos sont recouveris d'une peau fine ou de toile, et fes trois tranches d'ordinaire en couleur. ;
La partie capitale, essentielle, de la reliure, est la coulure ; aussi, allons-nous étudier de plus près cette importante opération.
Dans un livre broché, le fil passe, simple ment, dans chaque cahier et d'un cahier à ur autre, par deux trous plus ou moins distants* et, une fois tous les cahiers ainsi réunis, or
1. Oclavo UzANXE, Des carlonnag-es à la Bradel : k\ Reliure moderne^ arlisti(jue et fantaisiste, p. 252. :
2. Il n'en est plus toujours ainsi à présent. Par suil' (le remploi des machines à coudre, dont nous parleron tout à Iheurc, la couture, môme de la brochure, a é! perfectionnée, et plusieurs fils peuvent passer par chaqn cahier et à dilïerents endroits (par cpiatrc trous, p;i exemple, pour un in-18, deux vers le haut du fond <1 livre, deux v(M's le l»as), ce qui donne au travail bien pluj de sulidih' ci il." résislaiice
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;t(!aptc, au moyen d'une couche décolle, une < ouverture de papier au dos de ces cahiers, f "est-à-dire au dos du livre.
Dans la reliure, on commence par battre au marteau ou laminer entre deux cylindres les cahiers, afin d'en rendre les pages parfaitement planes ; cette opération a aussi pour ! 'sultat de donner plus de souplesse au papieretd'amincir le volume. La couture s'effectue devant un petit appareil spécial appelé coiisoii\ ressemblant quelque peu à un métier à tapisserie, et les fils ne sont plus seulement passés dans les cahiers, mais aussi — et c'est là ce qui différencie essentiellement la cou- !ure de la reliure de celle de la brochure — autour de ficelles ou nerfs^ en nombre variable, ordinairement de trois à cinq, sur lesquelles viennent s'appuyer ou s'embrocher dans des entailles, comme nous l'avons expliqué en parlant du grerquage^ les dos des cahiers.
11 va de soi que ces entailles ou grecques, failes à la scie, doivent être aussi peu profondes que possible ; on ne doit grecquerquc très peu, dans l'intérêt môme du livre, pour
que ses marges de fond ne soient pas endommagées, ne soient pas trop réduites, que ce qu'on pourrait appeler la charnière^ du volume conserve son maximum d'amplitude.
C'est l'instante recommandation de tous les bibliographes, et nombre d'entre eux ajoutent qu'on devrait ne pas grecquer du tout et en revenir à l'ancien mode de couture, à la couture dite sur nerfs, la couture où les ficelles ou nerfs font saillie sur le dos des cahiers, et, par suite, saillie réelle et non simulée sur le dos du livre, où l'on ne triche pas, où chaque cahier est cousu, non partiellement, mais tout du long, et où le fd chaque fois entoure entièrement la ficelle. Cette dernière façon de coudre s'appelle à point arrière, par opposition à la couture à point devant, où le fil ne fait que s'appuyer contre la ficelle, l'entourer seulement sur la moitié de sa circonférence. La grosseur du fil, — qui est, comme nous l'avons dit-, du fil de lin, — ou tout au moins sa solidité augmente, bien entendu, avec le
1. No pas confondre le mot « charnière » ainsi employé, avec la charnière — synonyme de mors — du plat des livres, dont il a été question ci-dessus, p. l'iO.