SUPPORTS MOBILES
Crêmaill(
1res, puisqu'il n'a pas besoin d'entrer dans .les dents des crémaillères et est toujours destiné à être soutenu par un autre tasseau qui, celui-là, est encastré dans lesdiles dents. De même, si, pour un motif quelconque, on voulait surélever un rayon sans déranger le^ tasseaux qui le soutiennent, on n'aurait qu'à se servir de deux tasseaux supplémentaires de môme hauteur, qu'on glisserait sous ce rayon, et qu'on ferait reposer sur les deux tasseaux entrés dans les crémaillères. Ajoutons qu'il est indispensable que les bandes de bois dans lesquelles les dents sont entaillées aient une épaisseur convenable, un centimètre au moins, et que ces dents soient profondes et régulières, « toutes du môme pas », comme on dit.
Outre que la pose et la stabilité des tasseaux sont souvent contrariées par le perpétuel jeu du bois, nous retrouvons, avec cej système, le même inconvénient, voire uDj inconvénient pire que dans un des systèmes précédents, où les tasseaux étaient clouéBJ aux montants, puisqu'à la saillie des tasseaux] s'ajoute maintenant celle des quatre créraail-
lères, de toute cette quantité de crans et de dents de scie, d'aspérités, disposées à souhait pour rayer ou déchirer les couvertures des volumes placés dans leur voisinage, c'est-àdire aux extrémités de chaque rayon. Aussi l'erez-vous bien, si vous employez ce mode de support, d'appliquer à ces extrémités, contre chaque couple de crémaillères, une feuille de carton assez épais, destinée à protéger le livre menacé.
Le système des clavettes ou chevilles métalliques, que nous allons examiner maintenant, — système adopté par la Bibliothèque nationale, — est, sans comparaison, de beaucoup préférable à celui des crémaillères.
Au lieu d'être munis, sur chacun de leurs bords intérieurs, de cette longue bande de bois taillée en dents de scie, les deux montants de la bibliothèque sont intérieurement revêtus d'un panneau de bois blanc, d'environ un centimètre et demi ou deux centimètres d'épaisseur, percé, dans toute sa hauleur et non loin de ses deux bords, d'une suite (le petits trous, espacés de trois en trois centimètres, et qui se correspondent tous exac-
tement. C'est dans ces trous, souvent garnis d'une petite gaine ou douille de cuivre, destinée à faciliter l'opération, qu'on introduit les chevilles, aussi en cuivre, qui doivent supporter les rayons. Pour cela, la tête de ces chevilles est aplatie et offre une surface saillante d'environ un centimètre et demi carré. Il faut évidemment quatre chevilles pour chaque rayon, deux de chaque côté, comme il fallait tout à l'heure quatre crans de crémaillère, deux par tasseau; et, de même qu'on devait avoir grand soin de choisir ces quatre crans bien en face les uns des autres, il est indispensable que les quatre trous destinés à recevoir les clavettes se correspondent bien, soient bien sur le même plan horizontal ^
1. Les quatre rangées de trous destinés aux clavettes, au lieu d'être percées parallèlement dans des panneaux de bois blanc appliqués contre les deux montants, pourraient se trouver — ce qui serait peut-être plus solide et vaudrait mieux — sur les montants mêmes, dans l'angle du fond et dans l'angle du devant, au même endroit et dans le même sens que seraient placées des dents de crémaillères. Les clavettes seraient ainsi, par couples, du même côté, disposées en face Tune de l'autre, et le rayon, au lieu de reposer sur elles par ses deux bouts, ses deux bords extrêmes, s'y appuierait par son bord antérieur et son bord postérieur, tout près, bien entendu, desdites extrémités.
Quoique l'épaisseur de la tête des clavettes soit relativement minime et ne dépasse guère trois ou quatre millimètres, il est bon, afin d'empêcher la clavette d'accrocher ou d'écorner la tête des livres, de ménager dans l'épaisseur du rayon, à ses deux extrémités, quatre échancruresoù viendront librement s'emboîter les têtes des quatre clavettes : le rayon n'en sera que plus solidement assis, et toute aspérité, toute saillie, sera supprimée. On remplace même parfois les clavettes métalliques par des clavettes de bois, auxquelles naturellement on donne plus d'épaisseur et plus de longueur, des espèces de tenons^ auxquels correspondent des mortaises pratiquées deux à deux aux extrémités et dans la surface inférieure des rayons. C'est le système employé, probablement depuis longtemps, dans certaines sections de la Laurentienne de Florence : il est moins élégant que le précédent, plus primitif, mais je ne le crois pas plus solide ni même plus économique.
Il serait certainement très avantageux de ne pas donner à votre bibliothèque-meuble une hauteur supérieure à celle où peut
atteindre la main, hauteur qui dispense d» l'emploi des échelles ou escabeaux, et esl actuellement adoptée pour les rayonnag* des principales bibliothèques publiques. Mal heureusement, et comme on ne le sait que trop, nous sommes presque toujours logé très à l'étroit; dans les grandes villes surtout, k la place nous est mesurée avec la plus extrême ' parcimonie : d'où la nécessité de n'en pas perdre un brin. La hauteur de votre bibliothèque dépendra donc de celle de votre appartement, et de la quantité de livres que vous possédez ou avez l'intention d'acquérir. De même pour la profondeur du meuble.
Il vaudrait mille fois mieux sans nul doute ne pas mettre de livres les uns derrière le autres; mais... toujours le manque de place ! Du moins, si vous êtes contraint de doubler y ou même de tripler la profondeur de vos ca- H siers, d'y installer, l'une derrière l'autre, deux, voire trois rangées d'in-lG ou d'in-18, ayez soin de les échelonner, de façon que les^ volumes placés sur le premier rang ne mas- il quent pas les titres des volumes du second rang, et ceux-ci les titres du troisième. Sure-
lUHLIOTHÈQUES ET RANGEMENT DES [JVHES 20t
levez d'un ou deux crans, ou d'un ou deux trous, — selon que votre rayonnage sera à crémaillères ou à clavettes, — le deuxième rayon et d'autant le troisième. Il va de soi que, si vous employez le rayonnage à clavettes, vous devrez, pour pouvoir disposer deux rangs de rayons en profondeur, avoir t fait préalablement percer, entre les deux rangées de trous qui bordent chacun des montants intérieurs de votre bibliothèque, une troisième rangée, dont les trous seront destinés à recevoir les clavettes supports du devant du deuxième rayon, — du rayon du fond. Si, au lieu de deux rayons, vous envoûtiez trois, il est clair de même qu'il vous faudrait une quatrième rangée de trous pour les clavettes du devant de ce rayon du fond.
On a cherché, dans ces derniers temps, à supprimer ou amoindrir le plus possible la difficulté que présente le changement de place (abaissement ou exhaussement) d'un rayon chargé de livres, que ce rayon soit appuyé sur des tasseaux ou supporté par des clavettes. Plusieurs systèmes ont été imaginés dans cette intention. M. le docteur Slaender, directeur
de la Bibliothèque royale et universitaire de Breslau, est notamment l'inventeur d'un rayon « muni à ses deux extrémités de pitons en métal montés sur tourillons mobiles. Ces pitons pénètrent dans des trous carrés percés dans les montants de chaque travée. On peut aussi remplacer, à Tune des extrémités du rayon, les pitons mobiles par des pitons fixes *. »
On fabrique actuellement divers systèmes de bibliothèques dont les montants, et parfois même les rayons, sont en métal, en tôle vernissée ou émaillée, par exemple, qui présentent ainsi de grandes garanties contre les risques d'incendie, et sont, en outre, bien plus faciles à démonter, à transporter et à nettoyer que les bibliothèques à montants de bois.
Telle est la « Bibliothèque à échelles en fer », qui se compose de quatre tringles ou
1. Graesel, op. cit.., p. 134, Pour plus de détails sur les divers systèmes de rayons mobiles, voir ce même ouvrage du docteur Graesel, pp. 1.31 et suiv.
Rayons mobiles staenider
Bibliothèque à échelles en fer
montants en fer, reliés entre eux et consolidés, non plus par un compact fond de bois, — un de ces fonds si inutiles et toujours si incommodes à cause du continuel jeu du bois et des dislocations qui en résultent, — mais par un simple croisillon, un X en fer. Ces montants sont percés de trous dans toute leur hauteur, et, dans ces trous, entrent l^s tasseaux qui supportent les rayons.
Un autre système, le système Galante, — du nom de son inventeur, — remplace les tasseaux ou les chevilles par des supports à coulisses ou coulissants, c'est-à-dire pouvant s'arrêter où l'on veut, et offrant le double avantage de supprimer toute aspérité à l'intérieur de la bibliothèque, et de permettre ensuite de disposer les rayons à la hauteur exacte qu'on désire, ce qui n'est possible ni avec les crans d€S crémaillères ni avec les trous destinés aux chevilles ou clavettes.
Voici quelques détails sur cette ingénieuse et très pratique invention.
Au lieu de crémaillères pour tasseaux ou de bandes à trous pour clavettes, deux longues tringles métalliques et lisses TT, TT fixées à
lillîLlOTHtQlES ET RAiNGEMENT DES LIVRES. 205
la base et au sommet du meuble, sont disposées parallèlement le long de chaque mon-
-UPrORT A COULISSES (SYSTÈME GALANTE).
tant : c'est sur ces tringles que s'appuient et glissent les supports ou tasseaux dont la figure ci-contre montre le mécanisme. Grâce aux deux guides H, H, qui surmontent la traverse métallique E, et sont -engagés sur les tringles, cette courte traverse, véritable tasseau de métal, peut se mouvoir à volonté le