‹ Petit manuel de l'amateur de livresChapitre 55 sur 72 · Tage 37. (Ouvrage allribué à l'éditeur Lemerre · texte numérisé non relu

Tage 37. (Ouvrage allribué à l'éditeur Lemerre

Religieusement conservées, ces faussCj marges produiraient, en effet, d'étranges re liures, des reliures de formats carrés, inu sites, tout à fait baroques et disparates. J vaut donc mieux supprimer ces excédents d marge lorsqu'on fait relier le livre, — ou bie le garder broche. Il est bon néanmoins, c'est l'avis de tous les bibliophiles, délaissai au commencement ou à la fin des livres quelques feuillets préservés de la rognpre qu'on replie régulièrement selon les dirnei sions de la tranche et qu'on rentre à Fin h rieur du volume, comme des témoins — c'c le nom qu'on leur donne — des dimensioi primitives et authentiques du papier 2.

1. Préservés en queue et sur les marges extérieur» mais non en tête : la tête, comme nous l'avons dit il y à instant, doit être rognée, pour empêcher autant que p* sible l'intrusion de la poussière.

2. Lorsque ces excédents de marge ont été laissés j mégarde dans le cours d'un livre, par suite du pli ac dentel d'un feuillet, ils portent le nom de larrons. 1 relieurs sont tenus d'éviter les larrons, qui sont ( défauts, tandis que les témoins, toujours laissés à d sein, sont un des détails des reliures artistiques. — appelle aussi larron, en typographie, tout « morceau papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, re< l'impression » (la prend en quelque sorte comme un voir

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jl Faites toujours relier vos livres avec la couverture de la brochure, de façon que cha- (|iie volume, sous ses plats de papier, de toile ou de maroquin, conserve toute son intégrité. ' 'os couvertures sont d'ailleurs parfois très ' oquettement illustrées; la plupart contiennent au verso des annonces et indications qui peuvent servir : ne vous privez pas de ces documents, ne supprimez rien de vos livres, laissez-les toujours intacts et entiers.

Il est des relieurs qui s'étonnent de cette mode » de faire ainsi relier chaque volume \ec sa couverture, et qui en plaisantent avec lies haussements d'épaules. « Cela ne se faisait pas autrefois, maugréent-ils ; mais aujourd'hui les amateurs ont de telles exigenï ces î Ils manifestent de si inconcevables I lubies! Jusqu'où iront-ils?» Etc., etc. Il y .'ivait une excellente raison pour que « cela ne se fît pas autrefois » : c'est qu'autrefois les livres brochés n'avaient que des couver-

un larron) « et laisse un blanc « (Littré, up. cit.); et encore tout « pli qui se trouve dans une feuille de papier iiiise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression ». (Id., ibid.)

turcs muettes^ c'est-à-dire non imprimées, des couvertures, par conséquent, sans intérêt et nullement dignes d'être conservées. La couverture i//']tr/)i(ée et illustrée ne date guère que du commencement du dix-neuvième siècle, et c'est surtout à partir de 1820 qu'elle se propage et se diversifie, qu'elle prend de l'originalité, acquiert de la valeur et de l'intérêt.

Ne vous en rapportez pas à votre relieur pour les titres à inscrire au dos de vos volumes, ce qu'on appelle les titres à poux^^cr. Sans commettre ces gigantesques bourdes complaisamment relevées par les bibliographes : — Bran, tome I ; Bran, tome II; ou Bran, t. I ; Bran, t. II (pour : Brantôme, I, Brantôme, II) ; — Mrs Beecher Stowe, Uncle, tome I ; Uncle^ tome II ; ou Uncle, t. I ; Uncle, t. II (pour : Uncle Tom, I ; Uncle Tom, II) ; — Becgaria, Des lits (pour : Des délits) ; — ■ Roussel, Système ph. et moral (fémoral) de la femme (pour : philosophique et moral \ — Daffry, De la monnoie et '/c

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r expropriation (pour : Daffrydela M?>nnoie, De l'expropriation) ; — Bellot, Des minières et du régime dotal (pour : Bellot des Mimè- Ri:s, Du régime dotal) ; etc., — il est des relieurs qui pourront fort bien étiqueter ainsi les œuvres de Rabelais, de Corneille ou de Racine : De Rabelais, Œuvres; — De Corneille, Œuvres; — De Racine, Œuvres (au lieu de : Œuvres de B((belais, ou Rabelais, Œuvres ; — Gïuvres de Corneille^ ou Corneille, Oeuvres; — Ghivres de Racine, ou Racine, Œluvres).

D'autres ont une tendance, très compréhensible d'ailleurs, à toujours abréger leurs inscriptions, à supprimer notamment les prénoms qui devraient être et qui sont indissolublement joints aux noms ; ils écriront volontiers : Martin, Histoire de France (pour : Henri Martin) ; Blanc, Histoire de dix ans (pour : Louis Blanc) ; Hugo, les Misérables (pour : Victor Hugo^; Gautier, le Capitaine

1. « Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque la gloire ou la notoriété ont rendu Je nom et le prénom inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de la Légende des siècles ; V. Hugo, au lieu

Fracasse (pour : Théophile Gautier) ; Ché- NiER, Poésies (pour : André Chénier) ; Scott, Ivanhoë (pour : Walter Scott) ; etc.

Écrivez donc vous-même, sur une fiche annexée à chaque volume, le titre à pousser^ de telle sorte que votre relieur n'ait qu'à se conformer à vos indications.

Cette inscription doit-elle être faite par lui directement sur la peau ou la toile du dos du volume, ou bien indirectement, sur une étiquette en peau, une pièce, collée ensuite sur le dos de ce livre? La pièce étant de couleur différente et toujours plus foncée que celle du livre, peut sembler lui donner un aspect plus élégant, plus coquet ; en revanche, elle a Finconvénient de ne pas toujours bien adhérer au haut du volume, de se décoller, surtout aux angles. Le mieux, selon l'avis

de Victor Hugo, serait un l^arbarc. Mais il est des noms qui sont entrés sans prénom dans l'histoire. Ceux, par exemple, de Voltaire, de Diderot, de Beaumarchais, de Chateaubriand, doivent figurer sur la couverture de leurs livres sans être précédés d'une initiale qui ne ferait que jeter un doute dans l'esprit des illettrés, en leur donnant à croire qu'il y a eu plusieurs écrivains portant ces mêmes noms. X) (Charles Blanc, Grammaire des arts décoratifs, pp. 360-361.)

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Il (le personnes compétentes, est d'imiter Féti-

I queite en teignant en noir, au moyen d'encre

ordinaire non communicative, un rectangle

du dos, et de pousser directement, en let-

■ très d'or, sur ce rectangle, le titre du volume:

ï on a ainsi l'élégante apparence de l'étiquette,

sans craindre l'inconvénient qu'elle présente,

le décollage.

Autant que possible, donnez à votre relieur un modèle, c'est-à-dire un volume auquel il devra se conformer en tous points pour la reliure des livres que vous lui confiez. Vous vous épargnerez de la sorte des malentendus aussi désagréables que fréquents, et vous lui enlèverez, s'il commet des bévues, tout prétexte de discussion et toute échappatoire. Choisissez ce modèle parmi les volumes dont vous risquez le moins d'avoir besoin : par exemple, s'il s'agit de périodiques, ne donnez pas, pour faire relier l'année ouïe semestre qui vient de s'écouler, le tome de l'année ou du semestre immédiatement précédent ; prenez, comme spécimen, un tome plus ancien et que vous ne présumez pas avoir à consulter. Générale-

ment, et à part des travaux spéciaux, c'e=' dans les tomes les plus récents des périod ques, dans les années les plus rapprochée^ de l'année courante, que vous avez le plus (h probabilités d'avoir des recherches à effcr tuer.

Avant d'envoyer un train au relieur, colh tionnez chaque volume, c'est-à-dire vérifii / si toutes les feuilles s'y trouvent et si elle^ sont bien placées dans leur ordre numériqu< si, de même, toutes les planches ou gravun^sont présentes et bien à leur place. A phi^ forte raison, devez-vous vérifier vos périodi-l ques, et vous assurer que toutes les livraisons composant le volume (le plus souvent! annuel ou semestriel) sont bien réunies, bien) complètes et exactement classées. Au retour de votre train, faites le même collationnement.

S'il manque des pages dans un volume qn vous tenez à expédier chez le relieur, ayez soin de faire insérer un onglet ou des feuillels blancs à la place des pages absentes, afin de pouvoir les y intercaler plus tard, si vous lo^ retrouvez ou avez la chance de vous les pro

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curer. Prenez note par écril de ces pages manquantes, de ces défets : à Toccasion vous n'aurez qu'à vous référer à cette liste. Agissez de même pour les périodiques dont des livraisons absentes seraient épuisées, et que vous croiriez néanmoins devoir faire relier : inscrivez-les sur votre liste de défets, et remplacez-les par des feuilles blanches, auxquelles vous n'aurez qu'à substituer ces livraisons, si une heureuse rencontre les met plus tard en votre possession.

Ne donnez jamais un train important comme quantité ou qualité à un relieur que vous n'avez pas encore éprouvé et que vous ne connaissez pas. Essayez-le d'abord, au moyen de quelques volumes, de volumes communs, n'ayant pour vous qu'une minime valeur; tâtez-le, assurez-vous bien de ce qu'il sait faire. Autrement vous pourriez avoir de sérieuses et très désagréables et souvent irréparables déconvenues.

Voici, comme prix approximatifs de diverses reliures, appliquées aux formats les plus courants et que nous avons choisis

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pour types, une série de chiffres empruntés au Tarif de la Chambre syndicale de In reliure^ :

1. Supplément au n» 3 du journal la Reliure {sdius date), « organe et propriété du syndicat patronal des relieurs brocheurs, cartonneurs, doreurs sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs, » 7, rue Coëtlogon, Paris. Jo donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel ; mais je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il faut donc diminuer ces chiffres de celte somme, pour avoir le prix réel et acceptable.

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Je rappellerai, en terminant, que, d'un façon générale et exceptis excipiendis^ il n a de bons relieurs que dans les grandes ville et — laissant à part, encore une fois, la i ^ liure de luxe et d'art, — que c'est dans 1< grosses maisons, où l'outillage est mullipi et complet, que vous avez chance d'être ]•' mieux servi et au meilleur compte. Il en est, hélas ! de la reliure comme de tout le reste, comme de la chaussure et de la nouveauté, où triomphent les grands magasins, et de la guerre, où la victoire est à l'argent et aux gros bataillons.

! ayonnage, partie essentielle de la bibliothèque : rayoniii^e : 1° à supports fixes; 2" à supports mobiles ; 3" à supits hybrides, les uns fixes, les autres mobiles. — Crélaillcres et tasseaux. — Clavettes-supports. — Bibliothèques métalliques ; — à supports à coulisses ; — extensibles ; — tournantes : — de table ; etc. — Méthode nornale : classement horizontal, de gauche à droite, par 'ire alphabétique de noms d'auteur. — Méthode sprpe7i- '"lie. — En bas, les livres de grand format; au milieu, les moyens ; en haut, les petits. — Classement ad libitum : les plus beaux livres ou les plus aimés sur le devant, par '•'irière les vilains ou les moins appréciés.

Dans toute bil^liothèque, le rayonnage est la partie essentielle; le mode de support des rayons a notamment une importance capitale. C'est de ce mode de supports que dépendent, en effet, non seulement la stabilité des rayons ou tablettes, mais le bon rangement des livres, la (juantité plus ou moins

iiide de volumes qu'on peut disposer dans 1111 même espace, et surtout la facilité, aussi

plus OU moins grande, avec laquelle on peut mouvoir les rayons, les rapprocher ou les écarter l'un de l'autre, et apporter ainsi aux rangées de livres toutes les modifications jugées nécessaires.

Cette question des suppoj'ts des rayons a toujours été et est encore une des premières préoccupations de tout bibliothécaire, de tout bibliopole et de tout bibliophile. 11 va de soi que tous ceux qui possèdent des livres, qui en ont le dépôt ou la garde, doivent chercher à les ranger le plus commode- I ment et, au double point de vue de l'argent et de l'espace, le plus économiquement possible.

Le rayonnage d'une bibliothèque peut être : 1" à supports fixes ; 2'^ à supports mobiles ; 0^ à supports hybrides, c'est-à-dire à la fois à supports fixes et à supports mobiles.

Dans le premier cas, les tablettes, dont la longueur ne doit jamais dépasser 1 mètre à 1 m. 50, sont, ou adaptées directement aux montants de la bibliothèque au moyen de mortaises, ou posées sur des tasseaux cloués

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de distance en distance à l'intérieur de ces montants. Ce dernier mode est inférieur au premier, aux mortaises, à cause des aspérités et saillies que présentent les tasseaux et qui peuvent atteindre et détériorer les couvertures des volumes. Il est prudent, si on l'emploie, de clouer chaque tasseau par l'extérieur, c'est-à-dire en enfonçant le clou d'abord dans le montant, et de bien s'assurer ensuite qu'aucune extrémité de clou ne dépasse à l'intérieur et ne risque d'érafler les volumes..

Bien que, dans toute bibliothèque où les livres sont rangés par formats, — le meilleur mode de rangement pour chaque catégorie d'ouvrages, — on puisse se contenter de rayons fixes, l'emploi des rayons mobiles est généralement préféré, en raison des avantages qu'ils offrent en cas de déménagement, par exemple, ou de simple changement de place.

Mais, avant de parler du rayonnage mobile, nous dirons rapidement en quoi consiste le rayonnage à supports hybrides, à supports qui sont les uns fixes, les autres mobiles.

Supposons une bibliothèque ou une travée de bibliothèque destinée à contenir des volumes in-i, soit d'environ 0 m. 'io de largeur sur 0 m. TA de hauteur (in-4 cavalier) : il est évident que l'intervalle entre chaque rayon devra être au moins égal à la hauteur de ce format, c'est-à-dire ne pas avoir moins de 0 m. 7)1. Si ces rayons sont adaptés aux montants par des mortaises, ou s'ils reposent sur des tasseaux cloués à l'intérieur de ces montants, comme nous l'avons expliqué tout à l'heure, et qu'au lieu d'une rangée de volumes in4, on veuille placer, dans chacun de ces mômes intervalles ou cases fixes, deux rangées de volumes de dimensions moindres, des in- 18 Jésus, par exemple (0 m. 117x0 m. 18')), on pourrait se servir, pour la seconde rangée, d'un rayon de même longueur mais moitié moins large que le rayon fixe, et qu'on placerait dans le fond de la case, sur deux petits supports en forme de trépieds (ou à quatre pieds), de quelques centimètres de haut, de façon que la tôto des volumes rangés sur ce rayon du fond dépasse la tête des volumes de la rangée du devant, et que

celte rangée-ci ne masque pas les titres de celle qui se trouve derrière elle.

Au lieu d'être indépendants de leurs tablettes, ces petits trépieds pourraient y être cloués et former ainsi avec elles une sorte de long chevalet qu'on place ou qu'on retire à volonté ; mais, afin toujours d'éviter le plus possible les aspérités, il est préférable de se borner à poser, sans les clouer, les tablettes ou rayons sur les trépieds.

L'emploi de rayons mobiles, alternant ainsi avec des rayons fixes, permet de varier les rangements sans grande peine, et donne, dans nombre de cas, d'avantageux résultats.

Passons aux rayons mobiles, aux rayons à supports mobiles, pour mieux préciser, dont l'usage est recommandé par la grande majorité des bibliographes.

Ces supports mobiles sont de deux sortes : ou des tasseaux de bois reposant sur des crémaillères, ou des clavettes ou chevilles métalliques introduites dans des trous alignés le long des montants.

Le système des crémaillères a été longtemps en honneur et est encore — ce qui est

regrettable — le plus généralement employ On sait en quoi il consiste. A l'intérieur de? deuxmontants d'une bibliothèque, ou de toute travée de bibliothèque, sur le bord antérieui et sur le bord postérieur de chacun de ce: montants, sont fixées de longues bandes d( bois taillées en dents de scie et placées, au tant que possible, de telle sorte que les deiil de ces crémaillères soient exactement ei face les unes des autres. On prend des ta^ seaux, sorte de réglettes en bois dont le bouts sont coupés en biseau, et on les encaj tre, deux par deux, à la hauteur que To désire, dans les crans de ces crémaillères, < ayant soin que ces crans se corresponde!! se trouvent bien vis-à-vis, sur le même pla horizontal. S'il en était différemment, si Tu des tasseaux était plus bas ou plus haut qu l'autre, la tablette qu'on y poserait suivra évidemment cette inclinaison. On pourrai il est vrai, remédier à cet inconvénient e plaçant sur le tasseau trop bas un tassea| supplémentaire, — tasseau d'épaisseur v riable, au besoin même taillé d'un côté t languette, — un peu moins long que les ai

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