PRATIQUE DE L'APOSTOLAT
10. Nous venons d'indiquer les conditions dont l’uccomplissement suffit pour assurer la jouissance de tous les avantages propres à l’Apostolat de la Prière. On vo't que ces conditions sont d’une simplicité extrême, et qu'il n’est pas de position tellement occupée à laquelle elles ne puissent s'adapter, sans entraîner la moindre gêne.
Mais si l’Apostolat de la Pridre n’impose par luimême aucune pratique, il n’est pas de pratique qu’il n’aspire à vivifier de son esprit, et dont il ne puisse par là-même accroître de beaucoup le mérite, S'il n'impose aucune charge, il propose une grande perfection à acquérir et en rend l'acquisition bien facile.
Il n’est pas de bonne œuvre, soit de piété, soit de mortification, soit de charité spirituelle ou corporelle, il n’est pas de devoir d'état, ou même de récréation légitime qui, animée des intentions de l’Apostolat, c'est-à-dire, des intentions mêmes du Cœur de Jésus,
ne devienne par là même une œuvre apostolique, et n’acquière la vertu de sauver les âmes.
Il n’est point d'exercice de piété que l’on ne soit assuré de faire beaucoup mieux et avec beaucoup plus de mérite, si, en l’accomplissant, on se pénètre des nobles et touchants motifs que l’Apostolat nous présente: Dieu à glorifier, le sang de Jésus-Christ à féconder, l’agonie de son cœur à soulager, ses désirs les plus ardents à combler, l'Eglise notre Mère à défendre contre ses ennemis, les âmes à sauver, l’enfer à fermer et le ciel à ouvrir.
Il n’est pas de faute que nous n’évitions plus facilement, il n’est pas de défaut que nous ne corrigions avec plus d'énergie, si nous permettons à l’Apostolat de nous rappeler plus habituellement qu’en nous privant de très grands mérites, ces fautes et ces défauts privent de malheureuses âmes des grâces avec lesquelles elles se sauveraient peut-être, et sans lesquelles elles se perdront. Si donc on veut recueillir dans toute leur étendue les fruits de l’Apostolat de la Prière, il faut en faire l’œuvre de toute notre vie: il faut s’en revêtir comme d’un vêtement qui ne nous quitte jamais, en faire notre pain quotidien, l’aspirer et le respirer comme on aspire et on respire l'air. Puisque les intentions de l’Apostolat ne sont autres que les intentions mêmes du Cœur de Jésus, le pratiquer de la sorte ce sera remplir dans toute sa perfection le grand précepte de l’Apôtre : Ressentez en vous-même les sentiments de Jésus-Christ.
20. Il est des personnes, amies de la simplicité, auxquelles la pratique que nous venons d'indiquer sufht, et qui ne pourraient même s’enrôler dans l’Apostolat si on leur demandait davantage. Ce sont surtout
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les personnes pieuses déjà chargées de diverses bonnes œuvres qui absorbent tout leur temps, ce sont encore les Religieux ou Religieuses auxquels Pesprit ou même la lettre de leur règle, interdit l'adoption de pratiques plus ou moins compliquées et l’entrée dans les Associations qui imposent ces pratiques.
Quand donc on désirera faire entrer dazs V’Apostolat ces deux classes de personnes, qui en seront incontestablement les membres les plus utiles, il faut avoir soin de leur faire bien saisir ce caractère tout spécial de notre œuvre. Il n’est sûrement pas de règle si étroite qui puisse interdire à des âmes religieuses d Css dans une grande ligue de prières en faveur de l'Eglise, et de s'engager à unir tous les jours leurs œuvres aux intentions du Cœur de Jésus. Il n’est pas de vraie Religieuse qui ne s'impose spontanément cette ue obligation. Il n’y a done pour elles, en entrant . l’Apostolat, absolument aucune charge nouvelle à sul . ; il n’y a que de nouvelles grâces à ;agner. Aussi les Communautés les plus att:chées à leurs règles, comme celles de la Visitation et du Carmel, qui avaient pu être d'abord arrêtées par la crainte dont nous Lei de parler, n’ont pas plutôt connu la vraie net e l’Apostolat qu'elles se sont empressées de s’y enrôler. Il en sera de même, nous n’en doutons pas, de toutes les communautés auxquelles on réussira à bien faire comprendre les précautions qui ont été prises de L côté pour que l’Apostolat puisse s'adapter à op es conditions, et embrasser dans la largeur de ses « res tous ceux qui désirent l’avènement du règne de Dieu.
30. Cependant il est d’autres classes de personnee auxquelles cette extrême simplicité de notre œuvre ns
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conviendrait pas également, ct qui seraient exposées à oublicr la direction d'intentions qui en constitue l’essence, si quelque signe sensible ne venait chaque jour la leur rappeler. Ce sont surtout les enfants, les personnes moins accoutumées À la réflexion et occupées d'œuvres manuelles etc. Il en est d’autres encore, qui aiment qu'on leur fixe certaines pratiques, par lesquelles elles puissent réaliser les bonnes pensées qu’on leur sugeère. Pour ces âmes, la multiplication de ces pratiques est bien moins à craindre que le vague dans lequel elles resteraient, si on ne déterminait avec précision ce qu'elles ont à faire.
En faveur de ces deux classes de personnes, nous avons indiqué dans la 2° et la 3° partie de ce Manuel les pratiques et prières qui nous semblent les plus utiles, pour entretenir et accroître l’esprit dont l’Apostolat doit nous animer,