II. — LE CULTE DES DOULEURS DE MARIE
— “ Les hommes ne comprendront jamais, dit la Très- Sainte Vierge à sainte Brigitte, quelles furent les angoisses de mon âme. Sur la croix, mon Fils fut si attristé de ma douleur que cette tristesse lui fit, pour ainsi dire, oublier ses propres souffrances. Et pourtant, bien peu de Chrétiens prennent part à mes douleurs, et le plus grand nombre les oublie tout-à-fait.— Mes yeux, lui dit-elle encore, interrogent les cœurs de tous les hommes pour voir s’il en est qui se souviennent de mes douleurs ; et combien peu ils en rencontrent qui me donnent cette marque d'amour! — Pour toi, Con-
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serves-en fidèlement le souveniret compâtis à mes peines.” ( Révél. de sainte Brig. liv. 2. ce. 24.)
Notre Seigneur lui-même dit, un jour, à la Bienheureuse Véronique de Binasco : — ‘ Les larmes qu’on répand au souveuir de mes douleurs me sont très-agréable ; mais, par un effet de l'amour immense que j'ai pour ma Mére, j’aime mieux que l’on médite sur ce qu’elle souffrit lors de ma Passion.” Vie de la Bienh.—Acta Sunctorum. (3 janv.) |
—S$Saint Jean l’Evangéliste désirant revoir la Très- Sainte Vierge après sa glorieuse Assomption, cette grâce lui fut accordée. Marie lui apparut et il l’entendit demander à Jésus, son divin Fils, quelles grâces particulières il accorderait à celui qui honorerait les douleurs de sa Mère. Jésus répondit : ‘“ Je lui donnerai de faire, avant sa mort, une sincère pénitence de ses péchés ; — je l’assisterai dans ses tribulations et surtout à l’heure de sa mort ; —je graverai dans son cœur le souvenir de ma Passion, et le récompenserai, dans le ciel de n'avoir pas oublié ce que j'ai souffert pour lui ; —je remettrai spécialement aux mains de ma Mère le soin de son âme, afin qu'Elle en dispose au gré de son affection maternelle.” (Saint Liguori. Les douleurs de Marie.)