‹ Petit mois des âmes du purgatoire [microforme]Chapitre 16 sur 38 · TREIZIÈME JOUR PREMIÈRE SOUFFRANCE · texte numérisé non relu

TREIZIÈME JOUR PREMIÈRE SOUFFRANCE

Peine des Sens.

S'il n’y avait, 0 mes chers morts, s’il n’y avait pour mon cœur que la à | peine de la séparation, elle serait { cruelle sans doute, mais la pensée | de communiquer avec vous par la | prière, la pensée surtout de vous | revoir au ciel, et de vous revoir plus { Saintes et plus aimantes,. adouci-

rait cette douleur ; — mais hélas!

cette même pensée qui me donne | l'espérance de vous revoir au ciel, vous montre à moi dans les flammes du Purgatoire, souffrantes et désolées,

Je ne veux pas certes écouter.

mon imagination qui pourrait m'emporter au-delà de la réalité, je veux écouter les saints, et ce qu’ils me disent de vos souffrances est

bien fait pur exciter ma compas- | sion et me porter à vous soulager.

‘« Réunissez, dit Ste Catherine de Gênes, toutes les peines que les hommes ont endurées, endurent et endureront, depuis le commencement du monde jusqu'à la fin des temps ; joignez-y tous les tourments que les tyrans et les bourreaux ont fait souffrir aux martyrs, ce ne sera | qu'une image affaiblie des tourments.

du Purgatoire; et s’il leur était per- |

| mis de choisir, à ces pauvres détenues, elles choisiraient ces supplices

pendant des milliers d'années plu- | d.

tôt que de rester un jour encore au | y

Purgatoire ; car dit S. Thomas, c'est | ‘

le même feu qui tourmente les damnés en Enfer, et ce feu, oh! qu’il est terrible !

Dieu, en choisissant le feu, a bien su trouver un vengeur digne de sa justice ! Pas de douleur, disent ceux qui ont étudié le nature du feu qui égale celle-là. ‘Si un homme, écrit | le P,. Munfort, enfermé dans une fournaise ardente pouvaït, par miracle, vivre au milieu de ses flammes sans mourir, il souffrirait par ce seul tourment plus que par tous les autres. Le feu s’insinuerait dans toutes les parties de son corps, et à tous ses membres il ferait souffrir une douleur particulière ; pénétrant la peau et la c‘ air, il entreraîit jusqu'aux entrailles : les os embrasés n'auraient plus F'epparence que d'un fer rouge qui sort de la fournaïse, les côtes en feu jetteraient de toutes parts de terribles étincelle: ;

{1e seng devenu plus ardent que Je

‘plomb fondu et l'huile bouillante | répandrait par tout le corps, une | Cnaleur dévorante; la tête, la bou-

che, les dents, charbons ardents, | brüleraient sans se consumer... concevez quelque chose de plus affreux ? ” |

Ne dites pas le corps n’est pas en Purgatoire : la douleur, dit $S. Thomas, n’est pas le coup qu'on reçoit mais le sentiment douloureux de ce.

coup. Plus il y a de délicatesse et de sensibilité dans ce sentiment plus la douleur est déchirante, et l'âme

ui est seule atteinte, éprouve à {a fois le sentiment que lui ferait éprouver chacun ‘es membres du corps atteints séparément.

Ce feu du Purgatoire, dont la nature ne nous est pas connue, étant 1 doué par Dieu d’une sorte d'intelli- 4 gence pour fouiller dans les replis Y de l'âme et y consumer tout ce que \ le péché y a laissé de rouille, agit |.

‘| en même temps et sur l’imagination | et sur la mémoire, et sur le jugement et sur la volonté.

N'allons pas plus loin mais prè.

tons l'oreille, et entendons, du fond | de cet abime de feu, venir jusqu’à |.

nous ce cri déchirant: crucior in hac flamr.a, je souffre, je souffre dans ces flammes : une goulle d'eau !

une prière, par pilié !

Mon Jésus, miséricorde. (5 fois.) Douz cœur de Marie, soye: mon salut. (5 fois.)

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