LA BELLE INFANTE
• {Primaveray Flor de romances^ t. II, p. 21.)
LA. belle infante était à Tombre d'un olivier, un peigne d'or dans ses mains; elle arrangeait bien ses cheveux. Elle leva les yeux au ciel en sens contraire de l'endroit où le soleil montait; elle vit venir une fuste armée sur le Guadalquivir, contre le courant. Dedans venait Alfonso Ramos, amiral de Castille : — Sois le bien venu, Alfonso Ramos ; bonne soit ta venue. Quelle nouvelle m'apportes-tu de ma flotte bien armée? — Je vous apporte des nouvelles, madame, si vous me garantissez la vie. — Donne-les, Alfonso Ramos, ta vie est assurée. — Les Mores de la Barbarie la mènent là-bas en Castille. — Si je n'avais pas promis, je te ferais couper la tête. — Si tu me coupais la mienne, cela te coûterait la tienne.