RICO FRANCO
(Primavera y Flor de romances, t. II, p. 22.)
A la chasse ils allaient, ils allaient à la chasse les chasseurs du roi. Ils ne trouvaient rien, ils n'avaient rien à rapporter, ils avaient perdu leurs faucons, le roi les menace. Ils s'arrêtèrent devant un château qui s'appelait Maynez; dedans était une damoiselle très-belle et très-courtoise. Sepf comtes la demandent, et ainsi font trois rois. Rico Franco Ta enlevée, Rico Franco l'Aragonais. La demoiselle pleurait de ses yeux ; Rico Franco vint la trouver, Rico Franco l'Aragonais. — Si tu pleures ton père ou ta mère, c'est inutile, tu ne les verras plus; si tu pleures tes frères... je les ai tués tous les trois. — Je ne pleure ni mon père
(i) La poésie de tous les pays ottre de nombreux parallèles à cette donnée. Aux amateurs de ces rapprochements, j'indiqaerai entre autre» recueils : Chants populaires des provinces de l'Ouest^ 1. 11, p. 232, Can^oni popolari del Piemonte, fasc. V, p. ib2, Canti di Marcoaldi, p. 166, Volkslieder aus Venetien^ p. 47, Chants pop. d" Italie ^ p. 191, Chants pop, du Pays messin^ p. 98, Portugiesische Volkslieder^ p. 168, Canti Monferrini, p. 3, n» 2, Chants pop, des Flamands de France^ p. 142, Chants hist. de la Flandre^ p. 62, On peut encore consulter Liebrecht : Gott. gel. An\.y 1869, p. '1970, Instruction relative aux poésies populaires^ p. 40, l'Histoire de Flandre de M. Kerwyn de Lettenhove et enfin la note très-détaillée dont M. Nigra a fait suivre le chant piémontais. Le» Portugais ont un romance qui di£fère peu de celui que nous^ avons traduit : Cantos do Archipelago, p. 3i6.
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ni ma mère, ni mes trois frères, mais je pleure ma mésaventure, car je ne sais ce qu^elle sera. Prêtez-moi, Rico Franco, votre couteau, je couperai de mon manteau des ornements qui ne sont plus à porter. — Rico Franco par le manche tendit le couteau; la damoiselle, qui était adroite, le lui planta dans le sein. Ainsi elle vengea père, mère, et ses frères tous les trois.