ROMANCE DE L'INFANTE ENCHANTÉE
{Primavera y Flor de romances^ t. II, p. 74.}
la chasse va le chevalier, à la chasse comme il avait coutume de le faire. Ses chiens étaient fatigués ; il avait perdu son faucon. Il s'arrêta au pied d'un ch^e. Ce chêne était merveilleusement haut; sur
(1) Ce romance est aussi connu en Portugal sous le titre Cacador; c'est, autant que je me le rappelle, le seul où il soit question de fées, ce qui semblerait annoncer une origine étrangère, française probablement. M. d'Almeida Garrett pense cependant qu'il fut d'abord écrit en portugais, ou plutôt dans l'idiome commun aux peuples chrétiens de l'Espagne lorsqu'ils commencèrent à refouler les Mores. Ce romance n'est pas sans analogie avec un autre chant très-répandu, où une damoiselle montée en croupe d'un galant chevalier, se moque de lui en lui faisant croire qu'elle est fille de lépreux. Simple paysanne en Normandie et dans diverses provinces de France, cette espiègle voyageuse est devenue infante en Castille et en Portugal. V. à ce sujet ; Chants populaires du pays messin, p. 112. Romati' cero gênerai de Duran, t. I, p. i3o, Romanceiro portugue\^ t. II, p. 3o, PortugiesischeVolkslieder, p. 122, Vaux-de-Vires d'Olivier Basselin, Cam^oni popolari del Piemonte fasc. V, p. 178. Romancero de Champagne, Chants populaires des provinces de l*Ouestf t. II, p. 90, Noëls et chants pop. de la, Franche -Comté, p. 96, n» 2, Canti Monferrini, n" 55 Chants pop. de la Provence, t. II, p. 90, Etudes sur la poésie pop. en Normandie, p. 33, Cantos populares do Archipelago açoriano, rom. 1, II et III, Cancioneiro gérai rom^ X et XI, Volf, Proben, p. 64.
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une des branches les plus élevées, le chevalier vit une petite infante, les cheveux de sa tête couvraient tout Tarbre : — Ne t'épouvante pas, chevalier, n*aie pas si grande frayeur. Je suis fille du bon roi et de la reine de Castille. Sept fées m'ont imposé, quand j'étais dans les bras de ma nourrice, de rester sept ans seule sur cette petite montagne; aujourd'hui ou demain matin s'accomplissent les sept années. Pour Dieu, je te prie, chevalier, emmène-moi en ta compagnie, si tu me veux pour femme, sinon pour amie : — Attendezmoi, madame, attendez jusqu'à demain matin, j'irai prendre l'avis de ma mère.
La jeune fille lui répondit et ces paroles elle lui dit : — Que mal advienne au chevalier qui laisse seule la jeune fille.
Il s'en va cherçj|er conseil et elle reste sur la petite montagne. Sa mère lui conseille de^prendre la petite infante pour amie. Quand le chevalier revint, il ne la trouva plus sur la montagne. Il la vit qui s'en allait avec une grande escorte de chevaliers. Quand il vit cela, il tomba sur le sol ; lorsqu'il revint à lui, elle lui dit ces paroles : — Chevalier, qui perd un tel bien, mérite une grande peine. Je serai moi-même Palcade et je me rendrai justice. Qu'on lui coupe les pieds et les mains et qu'on le traîne par la ville.
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