SCENE IX ROSE, PIVERT
(Pivert a vu toute celte scène.)
PIVERT, un bouquet à la main. Je VOUS dérange, madame*?
ROSE, naïvement. Pas du tout, monsieur, en quoi donc?
PIVERT, à part. A la bonue heure!... voilà ce qui s'appelle de l'aplomb...
ROSE. Eh bien, quand vous me regarderez, après?
PIVERT. Pardon, à qui ai-je l'honneur déparier?
ROSE. Jl; suis madame d'Ervilly... Est-ce que vous venez aussi pour me faire la cour, vous? (Pivert va pour ôter son paletot. Elle se lève.) Si monsieur Veut que je l'aide a ôter son paletot?
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fivERT. Madame, je ne souffrirai pas!... (A pan.) Ce ton. <:es manières! comment, c'est là madame d'Ervilly !
ROSE. Si monsieur veut me dire son nom?
pivtRT. Raptiste Pivert.
ROSE. Vous!
rivERT. Mais oui, madame, pourquoi cet étonnement?
ROSE. Allons donc, il sort d'ici. (A part.) Il y en a donc deux, madame ne m'avait pas dit cela.
rivERT. Monsieur Pivert sort d'ici?... ce monsieur qui lorsque je suis arrivé était à vos genoux, qui a laissé-là son bouquet, et s'est enfui dans cette chambre?
ROSE. D'abord, il n'était pas à mes genoux... PIVERT. Comment, pas à vos genoux?
ROSE. Non !
PIVERT. Non? — Oh ! madame !
ROSE. Eh bien ! c'était mon cordonnier, là. Etes-vous content?
(Baptiste qui avait entr'ouvert la porle au mol de cordonnier pousse un gros rire d'ivrogne et referme brusquement la porte. — Rose part (i'iin grand éclat de rire.)
PIVERT. Que signifie tout cela ! (a Ro^eqni rit toujours.) En
vérité, madame, je ne vous comprends pas de rire ainsi de l'insolence de ce malotru, de ce grossier... j'étais loin de m'attendre à une pareille réception!... C'est donc pour me mystifier que Ton m'a fait venir ici?... Voyons, madame, quel est cet homme? Répondez .
ROSE, riant toujours. Puisque je vous dis que c'est mon cordonnier.
PIVERT. Cet homme qui a pris mon nom est votre?... —
ÛO LES {;OKDO-\-MERS
mon Dieu, madame, permettez-moi de vous faire remarquer lout ce que votre rire a de blessant pour moi.
ROSE, riaut toujours. Ah! ma foi tant pis! — Je ne peux pas m'en empêclier.
PIVERT. Oh I je veux connaître l'insolent ! (Allant à la porte.) Ouvrez, monsieur '....Répondrez-vous?
(Il pousse violemment la porte et entre.) FOLLEMPEIGNE. (Il sort de l'armoire et tombe aux genoux de
Rose.) Rose^ que que c'est que lout ça veut dire? je sis trop jaloux^ vois-lu !... Pourquoi que t'es belle comme ça ? l'es donc devenue une princesse?
ROiE. Oui, que je suis une princesse.... Mais vous, que faisiez-\ous là-dedans.... Ah ! bien en voilà d'une autre I... Voulez-vous bien vous sauver !...
FOLLEiiPEiG.NE. Ah ! lu me méprises^ tu m'renies. .. Non, lu De sais pas ce que c'est que l'amour de Follempeigne! Oh! Rose ! l'as plus d'épines pour ton n'amant que ces innocentes fluuis que le printemps 1...
PIVERT, reveuaui. Per^onne ! 11 aura saule dans le jardin !
(Apercevaut FoUempeigneaux genoux de Rose.) Un aulre ! FOLLEMPEIGNE. Quclqu'uil !
(^U rentre dan» sou armoire.)
PIVERT, à Rose. Et celui-là, est-ce aussi votre cordonnier?
ROSE, riant de plus belle. Mais, oui que c'est mon cordonnier, eh bien, après?
pivEi'.T. Comment après?... Oii suis-je tombé! A-l-onjaais vu une maison pareille !
(On sonne.)
ROSE, à part. C'est madame qui me sonne.... je vais tout
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lui dire. Je ne sais pas ce que vient faire ici ce monsieur ?... (Haut). Monsieur, je vous souliuiie !e bonjour.
PIVERT. Bonjour, madame,
(Rose sort.)