SCÈNE II
Les MÈMts, FONTAKNE, sortant du pavillon. FONTAINE, appelant.
Clémence !
CLÉMENCE, à paît.
Ail I pourquoi mon mari l'a-t-il interrompu!
FONTAINE
Ton café refroidit, ma chère; allons, viens-tu ?
CLÉMENCE
Quel supplice !
FONTAINE
Vraiment, tu n'es pas raisonnable Au moment du dessert, quoi ! tu quittes la table Et tu laisses Marcelle en faire les honneurs.
(ALéou.)
Pourquoi ne viens-tu pas goûter à mes liqueurs? J'ai là certain cognac. . .
LÉON
Non, laissez, je vous prie, Je n'ai besoin de rien.
FONTAINE
Viens-tu, ma chère amie?
CLÉMENCE
Dieu ! que vous m'ennuyez !
FONTAINE
Mais entin, nos parents. . .
Si nous les laissons seuls ne seront pas contents.
CLÉMENCE, à Fontaine.
Comment, encor!
(Elle lui tourne le dos. A Léon, en lui montrant la campagne.)
Qu'il est doux de rêver et de lire Dans ce livre de Dieu qu'en poète j'admire ! Que j'aime à contempler ces vastes horizons, Ces rochers, ces ravins, ce lac, ces frais gazons Fuyant sous ce bois sombre, et ces fertiles plaines, Et ces riants coteaux. . . J'aime ces voix lointaines Que l'on entend monter en sons clairs et joyeux Dans le calme du soir. . . Voyez-vous dans les cieux Ce nuagoqui passe. . .
FONTAINE
Eh! laisse Ion nuage...
Oh! quel esprit grossier
CLEMENCE
FONTAINE
Mais. . .
Ne peut être compris.
Pourraient bien . . .
CLEMENCE
Par vous, ce langage
FONTAINE
Mais enfin, nos parents
CLEMENCE
Plus un mot ! ... Je vais des parfums pénëlraQts Que répandent les fleurs quand tombe la roséC; Enivrer longuement mon âme reposée; Et, dans l'ombre des bois, au bord de frais ruisseaux; Loin de vos sols discours écouter les oiseaux. . .
FONTAINE
Clémence !
CLÉMENCE
Laissez-moi. (Elle son.)