SCENE VI
MARCELLE, seule.
Pauvre Léon I Pourquoi Tai-je ainsi tourmenté ?
Il s'en va furieux, jaloux et dépilé.
Je l'ai fait trop souffrir par ma coquetterie...
S'il parlait néanmoins, s'il quittait sa patrie
Et s'éloignait de moi pour ne plus revenir?...
J aurais dû, je le sens, ici le retenir ;
Ne m'eût-il pas suffi d'une seule parole?
Pauvre Léon! — Vraiment, je suis méchante et folle.
(Elle s'assied et regarde le jardin.
Dans ces hauts châiaignicrs, quand nous étions petits, . Nous grimpions tous les deux pour dénicher des nids; Nous voulions vivre alors sous un toit de feuillages, Dans un lointain pays, comme de vrais sauvages. Ne rentrant au logis qu'à l'heure du diner, Dans les vergers voisins nous allions butiner. Étions-nous bons amis 1 — 11 m'appelait sa femme, Nous avions mêmes jeux, même désirs, même âme, Nous formions entre nous mille projets charmants
Qui devaient s'accomplir quand nous serions plus grands... Celte sotte querelle à présent me chagrine !
(Apercevant Léon.)
Tiens, te voilà déjà revenu de la Chine ?