SCÈNE VIT MARCELLE, LÉON
LÉON
Oui, Marcelle, c'est moi. .J'ai manqué le départ;
Mais Vexpress doit passer dans une heure au plus tard,
Et...
MARCELLE
Tu partiras...
LÉON
Oui.
MAPxCELLE.
Pour la Chine?
LÉON
Peut être.
D'agir comme il me plaît ne suis-je pas le maître? Irai-je en Amérique, en Chine ? je ne sais ; Mais je veux près de vous ne revenir jamais.
74 DNE BOUDERIE
MARCELLE
Par nos Français, la femme en Chine s'apprivoise; Mariez-vous en Chine avec une Chinoise.
D'ailleurs, sans vous flatter, vous avez, mon cousin, Tout ce qu'il faut pour faire un joli mandarin: Vous êtes bachelier, c'est un précieux litre: De la Chine bientôt, vous deviendrez l'arbitre. Coupez donc vos cheveux, une touH'e suffit ; Contre une robe jaune échangez votre babil. Âhl vous serez charmant, peint sur la porcelaine !
LÉON
Maréelle, vous raillez.
MARCELLE, à part.
Il me fait de la peine; Il ne faut pas non plus trop le désespérer. Oh ! comme il a Pair triste ! Il faut tout réparer.
LÉON
Adieu, Marcelle, adieu, de partir voici l'heure.
MARCELLE
Mon cher Léon !
LÉON
Marcelle ?
MARCELLE
Un seul instant demeure.
LÉON, s'en allant.
Vous ferez mes adieux à ceux que j'ai connus.
MARCELLE, allaiU à lui.
Quoi sérieusement ?
LÉON
Ah ! lu ne m'aimes plus !
MARCELLE
Mais je l'aime toujours. Peux-lu bien, je te prie, Te fàclier à ce point d'une plaisanterie? Veux-tu faire la paix? Vois, je te tends la main.
LÉON
Laissez-moi.
MARCELLE
Mon ami !
LÉON
Mais ce monsieur Martin,
Ce notaire?...
MARCELLE
Jaloux ! — tu peux être tranquille; Si mon père demain famène de la ville, C'est pour notre contrat.
LÉON
11 se pourrait! Pourquoi Me tourmenter toujours? C'est donc plus fort que toi !
MARCELLE
Suis-je donc si méchante ?
LEON
Oli ! lu n'es pas trop bonne !
Mais reçois ce baiser, c'osl mon l'œur qni le donne.
(Ils s'embrassent.) MARCELLE.
J'enlends quelqu'un. Adieu. Je vais à nos parents
Procurer du boslon les plaisirs innucenis.
(Elle soit.)