LOUISE, BAYARD
BAYARD. Il entre en se retournant pour voir si on ne le suit pas. Il tient sa valise d'une main et sa guitare de l'autre. Il a ôlé son manteau el est en élégante tenue de campagne. Mademoiselle, un
seul root!
LOUISE, voulanl se relirer. Monsieur!...
BAVARD. Je suis Alcxandrc Boyard...
LOUISE. Comment? Le jeune homme auquel mon père?...
BAVARD. A écrit, oui, mademoiselle, celui qui...
LOUISE, riant. Ah ! ah! ah!... Et mon père qui vous poursuit le sabre à la main... Il faut convenir aussi, monsieur, que votre façon de vous présenter est un peu singulière.
BAVARD. C'est vrai... Arrivé celte nuit, par Vexpress, à trois heures cinquante-trois, et l'aubergiste du Lio7i cl Or n'ayant pas voulu m'ouvrir... j'ai eu la fâcheuse idée de...
(Il montre sa guitare.)
LOUISE. Idée bien fâcheuse, en effet... Nos domestiques vous ont vu... Cette aventure va se répandre... et comme à Château-du-Loir personne n'échappe à la médisance... les jeunes filles surtout !... Dieu sait tout ce que l'on dira!
BAVARD. Croyez, mademoiselle...
LOUISE. Et mon père qui se lève au milieu de la nuit... Il va avoir froid, tomber malade, et tout cela par votre faute...
BAVARD. Mais...
(Il éternue.)
LOUISE. Non, monsieur, non!
BAVARD. Je suis... (H éternue.) (A part.) Diable de rhume!
LOUISE. Permettez-moi de me relirer, monsieur... L'air est frais ce matin, et je craindrais en restant ici plus longtemps dem'enrhumer... autant que vous l'êtes.
(Elle rentre dans le pavillon.)