‹ Petit théatre de salon; proverbesChapitre 44 sur 99 · SCÈNE IX BAYARD, seul · texte numérisé non relu

SCÈNE IX BAYARD, seul

BAYARD, seul. Comment!... il me laisse là, avec ma valise... Ah! mais il commence à me donner sur les nerfs, cet homme-là... Ce n'est pas un notaire... c'est un lurco... (Il ouvre sa valise.) Aussitôt que je reçois sa lettre, je dévaUse Boissier, je me ruine en gants Jotivin... les voilcà! quatre francs soixante -quinze la paire, avec les tirets... je passe la nuit en chemin de fer, je m'enrhume, Dieu sait comme!... et, je ne me suis pas plutôt présenté, que l'on me reçoit d'un : « Ah! vous n'èle.s pas miliiaire!... Mais, alors, que venez-vous faire ici? Ma fille ne voudra jamais de vous. ). (Se retournant du côté par lequel est sorti Filoche.) Morbleu! capitaine! il fallait me le dire plus lot... C'est fâcheux! mademoiselle Filoche est charmante. Elle a tout pour elle : une belle taille, de beaux yeux, une belle dot : cent mille francs comptant, et des espérances... une vieille tante sans enfant!... Remettons ma guiiare dans ma valise; TelTet est produit... C'est égal, ma petite cousine Marie est mieux qu'elle!... Ah! pourquoi faut-il que j'aie ma charge à payer!.,. Chère Marie!... que d'heureux moments j'ai passés près d'elle!... Je la vois encore le soir de mon départ... c'étaient mes dernières vacances d'étudiant... je ne devais plus la revoir!... J'étais caché dans le jardin, elle élail à sa fenêtre. Comme elle paraissait triste, tandis que je lui adressais ces adieux :

(Il chaule fn s'uccoinpaijniiut sur sa guitare.)

Marie, adieu ! je vais partir!

Mais ne crains pas que je t'oublie, Je garde, en mon âme ennoblie, Comme un parfum, ton souvenir, Marie, adieu ! je vais partir !...

Je retourne au pays latin; Ce soir peut-être es-tu rêveuse, Mais demain tu seras joyeuse.

Rien ne ternit ton gai matin...

Je retourne au pays latin !

LOUISE, sortant du pavillon. Comment! c'esl encore lui!

(Elle se niel à rire.) BAYARD, sans voir Louise.

Je pars le cœur plein de regrets !

— Je n'ai pas osé le le dire, Enfant, tu n'aurais fait qu'en rire.

Mais je sens là que je t'aimais...

Je pars le coeur plein de regrets !

(Il met sa guilaie dans sa valise.)

SCEiNE X

BAYARD, LOUISE, puis BAPTISTE.

LOUISE^ à part. Mais c'est charmant ce qu'il dit-là... Pauvre garçon, comme il m'aime déjà ! (Haut.) Monsieur!

BAYAUD. Mademoiselle !

LOUISE. Que failes-vous donc là?... Vous ne songez pas à partir, je pense?...

BAYAUD. 11 est inutile que je reste ici plus longtemps... je ne suis pas militaire !

LOUISE, avecjoie. Quoi? Vous n'êles pas militaire? BAYARD. Hélas ! non.

LOUISE, à part. Et moi qui croyais... (Haut. Baissant les yeux).

Je suis loin de partager les goîits de mon père, monsieur.

BAYARD. Comment ! il se pourrait!... mais alors?...

LOUISE, à Baptiste. Que voulez-vous?

BAPTISTE. Monsieur désire parler à mademoiselle.

LOUISE. C'est bien... (A Bayard.) Mille pardons, monsieur. (A Baptiste.) Vous allez porter la valise de monsieur dans la chambre bleue. On déjeunera ici.

(Elle sort.)

BAPTISTE, preuaiit la valise. Si monsieur veut me suivre. BAYARD^ à pari. Je rcstel... La partie n'est pas perdue.

(Ils sortent.)

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